Qui veut de la démocratie à la chinoise ?

Posté par grosmytho le 10 janvier 2014

A l’heure de la démocratie en phase terminale, nos sociétés sont confrontées à un choix : préserver le modèle européen ou adopter le modèle chinois.

Je ne vous ai pas caché ma tendresse pour l’ambiance relax qui existe en Chine pour tous ceux qui renoncent à participer aux jeux politiques : le Parti s’efforce d’assurer un progrès régulier dans une stabilité maximale, aux citoyens de s’enrichir de la façon qui leur convient le mieux (dans les limites de la loi). OK, on n’a pas encore vu ce que donnerait ce système dans une récession … mais si ça tombe, c’est justement ce système qui fait la réussite du pays. L’Etat s’occupe de la stabilité et des infrastructures, le populo s’occupe de faire bouillir la marmite. Pas con ! Chez nous c’est le gouvernement qui doit vous trouver du boulot, et vous qui devez dire au gouvernement comment gouverner ! Pas étonnant que ça coince.

Face à la réussite insolente de la Chine qui se maintient, on voit le camp occidental tiraillé entre sa foi démocratique (le pire des systèmes à l’exception de tous les autres) et l’évidence de sa désintégration (le désintérêt des citoyens pour un système de plus en plus clairement aux mains d’oligarques se mue en colère). Emmanuel Todd qui a prédit successivement la fin de l’URSS et celle de l’empire étasunien dresse une fois de plus un diagnostic pessimiste : cette fois c’est pour la démocratie en Europe (Après la démocratie, 2008). L’un des deux scénarios qu’il prédit est celui d’un système ‘à la chinoise’ alors que « l’opposition entre population et classe dirigeante s’exaspère, et il devient de plus en plus difficile de neutraliser le suffrage universel par le spectacle ».

Fin de la démocratie participative ? D’après lui, c’est ce qui nous pend au nez.

La prise de conscience ne date pas d’hier ! Robert Kaplan a écrit en 1998 qu’après avoir comparé les systèmes russe et chinois, il est arrivé à la conclusion que “Parfois, l’autocratie donne naissance à la liberté”. Contrairement à la Russie qui a adopté en une nuit tous les oripeaux de la démocratie libérale (multipartisme, privatisation, élections, etc) mais a vu son économie dépecée par les excès du capitalisme primitif, la Chine a su orchestrer une transition douce qui a préservé les acquis du socialisme (entreprises d’Etat, agriculture, éducation) tout en ouvrant la porte à l’entreprenariat privé.

Greg Sheridan avait enfoncé le clou dans son article de 2005 ‘Chinese Model Passes the Test’, où il déclarait que la Chine démontre que l’on peut avoir la liberté économique sans la liberté politique, deux choses qu’on avait toujours cru aller de pair. Dans le New York Times (pourtant peu suspect de tendresse excessive envers la Chine) l’éditorialiste Thomas Friedman déclarait ‘être parfois jaloux du système politique chinois où les leaders peuvent simplement ordonner que l’on résolve un problème’.

Obama qui vient de passer 6 ans à mettre en place une réforme médicale largement amputée en cours de route, Hollande qui a tiré toutes ses cartouches sur le mariage pour tous et achèvera son quinquennat à genoux devant le MEDEF, ne peuvent qu’opiner.

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