Denuclearization ou 비핵화 ? nuance !

Posté par grosmytho le 16 mai 2018

D’un côté ou de l’autre du Pacifique, le terme de dénucléarisation n’a pas la même signification. Alors que du côté des faucons américains on se réjouit un peu vite de l’apparente volonté de Kim Jong-un de négocier la paix, la presse mainstream fait semblant d’ignorer le nœud de l’affaire : vers quel traité de paix va-t-on ?

la presse se déchaînePar denuclearization de la péninsule de Corée, les Américains envisagent bien évidemment une Corée du Nord renonçant de façon vérifiable à ses armes nucléaires, aux lanceurs et à toutes les technologies coûteuses qu’elle a mis quelques décennies à perfectionner au prix de sacrifices immenses. Une Corée qui ouvrirait aux observateurs américains (plutôt qu’à ceux de l’ONU ou de l’AIEA) l’accès permanent, 24h/24 à toutes ses installations de recherche ou d’expérimentation, dûment démantelées. Une Corée potentiellement réunifiée, mais qui bien évidemment continuerait de bénéficier de la « garantie de souveraineté »… C’est à dire d’abriter les bases aériennes et navales où sont stationnés 28 000 soldats américains, qui organisent annuellement de colossales manœuvres militaires sur terre, sur mer et dans les airs à quelques encablures de Pékin et de l’Extrême Orient russe !

Mais voilà qu’aujourd’hui intervient un nouveau coup de théâtre : la Corée du Nord pourrait revoir les conditions d’un accord, voire même annuler la fameuse rencontre au sommet prévue entre MM. Kim et Trump ! Que s’est-il passé ? Toujours soucieuse de renforcer la thèse du dirigeant nord-coréen mentalement instable, la presse en rajoute des tonnes : « il souffle le chaud et le froid » (on avait entendu ça au sujet de Saddam aussi) ; il se focalise sur des éléments mineurs pour remettre en cause les avancées (comme l’affirme Le Monde). Mineurs, vraiment ?  qui a le plus fou

Il y a eu d’abord la sortie de John Bolton le 29 avril. Le tout nouveau conseiller à la sécurité affirmait sans la moindre vergogne que les Etats-Unis se baseront sur le « modèle libyen » dans leurs négociations avec la Corée du Nord. Celui où l’on a, en 2004, obtenu de Kadhafi qu’il renonce à tout programme nucléaire, avant de fomenter des soulèvements dans son pays qui ont conduit à son élimination en 2011. On aurait pu croire à une maladresse de la part d’un va-t-en-guerre notoire. Mais une semaine plus tard, c’est son chef en personne qui en remettait une couche, dénonçant unilatéralement l’accord passé avec l’Iran, réaffirmant une fois de plus le principe historique : les accords signés par les Etats-Unis ne valent pas le papier sur lequel ils sont écrits. Et puis là, on vient d’apprendre que les manœuvres militaires USA-Corée du Sud, avec exercices de débarquement et participation de bombardiers B-52 capables d’emporter des charges nucléaires, allaient reprendre prochainement, après la « retenue » observée lors des JO et pendant les négociations récentes.

peaceAlors Kim veut-il « mettre des bâtons dans les roues d’un processus diplomatique en jouant de quelque chose qui semble minime », comme le suggère un expert cité par Le Monde ? Ou veut-il simplement souligner l’évidence qu’avec leurs bombardiers stratégiques stationnés à quelques îles de là, les Etats-Unis se réservent le droit de renucléariser la péninsule coréenne, à tout moment et à leur profit exclusif. Donc de vider de sa substance l’accord éventuel.

Fidèles à leur tradition de la négociation asymétrique, les Etats-Unis traitent le reste du monde comme autrefois les Peaux-rouges, l’histoire l’a amplement montré : par des traités iniques quand c’est possible, par la guerre ou les couvertures infectées au typhus s’il le faut. La parole donnée n’est respectée que face à un adversaire trop dangereux pour être méprisé. C’est pourquoi d’autres partenaires doivent entrer dans le processus. Il faut au minimum que les Etats-Unis acceptent de fermer leurs bases sur le territoire coréen, et que la Chine et peut-être la Russie jouent le rôle de garants de la sécurité de la péninsule. Ce n’est qu’à ces conditions qu’on peut espérer une paix durable.  sont ils cons

Kim est-il fou à lier, ainsi que l’affirme de longue date la presse internationale ? Pour le vérifier, il suffira d’examiner le résultat des négociations pour l’instant encore prévues pour le 12 juin. Si Kim accepte de céder son arsenal dans un accord bilatéral, c’est clair, il est mûr pour l’hôpital psychiatrique.

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