Si c’était à refaire…

Posté par grosmytho le 4 novembre 2018

Qui nous débarrassera de ces deux inséparables ? Désormais c’est l’une contre l’autre. Tout contre, pour paraphraser Sacha Guitry. Ségolène publie un livre où elle décrit le quinquennat Hollande tel qu’elle l’a cauchemardé. Réponse méritée à François qui tantôt décrivait son quinquennat rêvé… Leçons du pouvoir : à un espace, un s et une cédille près, on serait d’accord avec lui. Malheureusement la cédille est là, le s aussi, et l’espace manque.   

Le con du pouvoirSon livre propose deux choses : la première lisible dans les lignes, l’autre lisible entre les lignes. Le texte officiel, c’est un autosatisfecit. Les réformes courageuses, il les a menées à bout, les réformes importantes aussi, et les impopulaires, il ne s’y est pas dérobé. La leçon du pouvoir est simple : le meilleur président est celui qui laisse le pays en meilleur état qu’il ne l’a trouvé. Et, doit-on comprendre, qui laisse à son successeur paresseux et pusillanime la joie de tirer les marrons du feu : chômage enfin en [très légère] baisse, déficit en-dessous des 3%, des régions compétitives, etc (pas la Coupe du monde, qui n’était pas encore gagnée au moment de mettre sous presse !). Pour les durs de la comprennette, il enfonce le clou : « Je ne me plains pas que ces fruits péniblement acquis, ce soit Emmanuel Macron qui les récolte » (enfin un peu quand même).

Il s’explique sur l’apparente contradiction entre le fameux ‘Discours du Bourget’ et son programme : « j’ai déjà mon idée. Je l’ai formulée dès le discours du Bourget. Le désordre européen est trop périlleux pour que la France ne prenne pas les mesures nécessaires, fussent-elles difficiles. Nous mangerons d’abord notre pain noir. Une fois le redressement accompli, nous procéderons aux redistributions attendues. » Et puis, évidemment, le redressement prend un tout petit peu plus longtemps que prévu, et les mesures de gauche passent à la trappe… Comprenez : ça n’enlève rien à mon mérite.Résultat de recherche d'images pour "consigne de vote hollande au premier tour mai 2017"

En filigrane, subtile, flotte l’idée qu’il a eu bien tort de ne pas se représenter, et que finalement, 2023, ce n’est pas si loin que ça, il n’y aura pas besoin de le supplier longtemps pour qu’il décide de s’y recoller (il paraît qu’il était prévu d’intituler ce pavé Si c’était à refaire…).

François Hollande l’incompris… Il revient avec amertume sur « l’acharnement moutonnier » des journalistes contre lui. « Le succès éditorial supposait de me représenter avec une montre à l’envers, le cheveu décoiffé, le regard perdu ou la cravate de travers. » En effet. Difficile de ne pas constater, par contraste, le culte de la personnalité que la presse réserve à Jupiter… « Dans le livre-déballage du linge sale Un président ne devrait pas dire ça (il paraît que le titre original était Hollande devrait fermer sa gueule) on découvrait avec stupéfaction le Tartuffe de l’Elysée, son incompétence éternellement satisfaite, ses étonnements naïfs sur la méchanceté du monde, ses hargnes aussi soudaines que sans objet…

Amer, il ressasse les mensonges officiels qu’il a clairement assimilés au point d’y croire sur le terrorisme et la politique étrangère de la France. Amertume contre le « revirement d’Obama » qui devait autoriser le bombardement de la Syrie fin août 2013… bizarre : si c’est l’Amérique qui autorise et interdit, si notre diplomatie et notre politique étrangère ne nous appartiennent pas, si nous ne faisons qu’exécuter les ordres d’Obama, pourquoi s’occuper de juger de ce qui est bien et mal ? Si l’on n’est pas responsable, à quoi bon se tourmenter sur les conséquences de nos actes ? Ainsi qu’il ressortait déjà du livre de Davet et Lhomme, François fait sienne la délirante « théorie de la radicalisation » que personne de sérieux ne pouvait prendre au sérieux. « Le processus de radicalisation n’est pas continu. Il peut être très rapide (…) mais il est souvent progressif (…) favorisé par l’adhésion au salafisme, par la fréquentation de leaders engagés depuis longtemps dans le prosélytisme islamiste dans les quartiers, dans les mosquées ou en prison. » Tout de même, il avoue en sourdine que « notre intervention au Mali » et « notre engagement en Syrie » pouvaient avoir un rapport de cause à effet, éloigné, ténu, bien sûr, avec les violences qui parfois s’exercent ici ou là contre nos ressortissants… Un rapport qui bien sûr ne pourra pas entraîner le moindre ralentissement de nos actes de guerre humanitaire !

il a un don

Réécriture du quinquennat ? Les dix-huit chapitres intitulés chacun d’un verbe retracent pourtant (inconsciemment ?) la descente aux enfers que fut la présidence Hollande : après la tonalité majoritairement active, positive des premiers (présider, décider, voyager, vivre, choisir), la seconde moitié comprend surtout des verbes négatifs (regretter, punir, rompre, renoncer…) Le livre se termine sur un bien mièvre ‘espérer’… Qu’espère François Hollande pour la France ? Pour sa postérité personnelle ? Pas grand-chose, si l’on en juge par la volée de bois vert qu’il assène à son successeur en guise de plan média pour la sortie de son opus…

Le livre reprend et développe l’incroyable « Macron m’a trahi ». On reste submergé, épaté, bluffé par la mauvaise foi hollandaise : non seulement l’ennemi de la finance a nommé le financier au gouvernement ; une fois déclaré son renoncement à se présenter, une fois décrété le refus de Macron à se plier à la discipline de la primaire, il accable Hamon de camouflets méprisants et tire à boulets rouges sur la gauche et Mélenchon. Dignité présidentielle, me direz-vous ? Dès le soir du premier tour il monte au créneau pour soutenir, sans ménager ses grimaces ni ses déhanchements, le « traître » MacronRésultat de recherche d'images pour "consigne de vote hollande au premier tour mai 2017"

François Hollande, c’est le digne élève de Mitterrand : la trahison comme art et comme mode de vie. Après avoir trahi ses engagements puis nommé de nouveaux traîtres de classe à sa succession, il trahit ses successeurs en dénonçant leur action qui s’inscrit pourtant dans la continuité de la sienne. Après avoir servi Mitterrand, l’ancien ministre vichyste qui livra le pays à la finance, il aura fait la courte échelle à Macron, le banquier thatchéro-reaganien dissimulé sous la même pelisse socialiste que lui. Macron est un Hollande qui ose. Trahi, François Hollande ? Seulement par lui-même.  

Ennuyeuse, prévisible, cette autobiographie constitue un document historique précieux. Elle documente l’ampleur du malentendu entre un président qui observe dans le rétroviseur le pays des « sans-dents » et la France réelle livrée au hollandisme décomplexé.

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