N’enterrez pas trop vite le candidat anti-système

Posté par grosmytho le 24 février 2017

Avez-vous bien profité du répit ? Depuis deux semaines, le discours de droite sur les affreux assistés était mis en sourdine. En pause, les chômeurs pantouflards se gobergeant sans aucune vergogne sur les grasses subventions. Mollo, les smicards simulant la maladie à qui-mieux-mieux pour assécher les caisses de la Sécu trop naïve.

PénélopeFinies les vacances ! On découvre aujourd’hui, horrifiés, sur France2, que les « arnaques aux allocs » sont évaluées à 275 millions par an ! Bien sûr ça ne représente que 0,3% du budget de la Sécu ou de la fraude fiscale qui est évaluée à peu près au même montant… Mais c’est de ceci qu’on parle, pas de cela ! 275 millions, c’est beacoup plus que n’a détourné Mâme Fillon, finalement !  

Si la presse revient au marronnier de l’arnaque à la Sécu, c’est signe que Fillon démasqué « pense avoir trouvé la parade. Fragilisé par les soupçons d’emplois fictifs pesant sur sa famille et qui minent sa campagne, François Fillon ne cherche plus à créer un engouement autour de sa seule personne. Lucide, il sait que les révélations ont sérieusement écorné l’image de « candidat honnête » qu’il s’était patiemment forgée.

Alors, pour pousser ses électeurs à lui rester fidèle dans la tourmente, le candidat du parti Les Républicains (LR) a choisi de décliner un nouvel argument : même s’il n’est pas « un saint », lui seul serait en mesure d’assurer une alternance de droite.» Le Monde 10/2/17.Mr F

Après le trou d’air, le candidat Ripoublicain reprend des couleurs et rattrape Macron.

Les joies de la démocratie. Toujours les mêmes. Alors comme ça le peuple est censé flairer, détecter, sélectionner le meilleur pour diriger ? Mais pas du tout. Ce qui se noue est un pacte, un marché de dupes, un arrangement mafieux institutionnalisé. C’est pour ça que les pires sont si souvent réélus, les Balkany, les Dassault, au niveau local ça passe comme une lettre à la boîte : ils détournent du fric mais partagent avec leur région, leur ville, leur « fief » comme on dit… C’est pareil au niveau national : Fillon a perdu son image de M. Propre ? Il se rallie au réalisme, regarde la France dans les yeux, lui dit : « Vous voulez que le CAC40 continue de cartonner ? Que l’immobilier continue de flamber ? Qu’on vous protège de ces salauds de pauvres flemmards et revendicards ? Qu’on mette au chômage 500 000 fonctionnaires ? Eh ben c’est ce que je vous propose, et personne d’autre aussi bien que moi. Oui, je suis un salaud, un profiteur, oui j’aime le fric et les belles bagnoles. Mais je sais que vous aussi, et je suis prêt à partager avec ceux qui m’aideront. »

Et ça marche ! Comme toujours ! La démocratie c’est 1° élisez-moi parce que l’autre est pire, et 2° si vous m’élisez, votre petite catégorie de privilégiés restera privilégiée. Et surtout, 3°, après l’élection, le déluge. La pire punition, si l’élu démérite vraiment trop, c’est de ne pas être réélu. Personne ne parle d’annuler les gardes du corps, les voitures de fonction, les conférences, les royalties, les opportunités de pantouflage, la retraite dorée au bout.

Miss FFillon démasqué se pose en candidat anti-système ! C’est à mourir de rire mais, comme disait l’autre, plus c’est gros plus ça passe ! Ecoutez-le à Poitiers, affirmer : « Un second tour Macron-Le Pen, c’est ce que veut le système ! »

Heureusement qu’on a notre Che Guevara de la Sarthe, ancien député, ancien sénateur, ancien ministre, ancien premier ministre, cumulard de retraites sorti de nulle part, quoi, pour faire tout péter ! Avec lui, le système peut numéroter ses abatis !

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L’arnaque du revenu universel

Posté par grosmytho le 4 février 2017

De même que l’homme fut longtemps en lutte contre la nature avant de finalement se mettre à la protéger, on continue de considérer le travail comme un fléau à éradiquer, avant de s’apercevoir (peut-être, un jour, bientôt ?) qu’il s’agit d’un bien à entretenir. « Moi président » tire sa révérence, les travailleurs fêtent dix ans de régime Dukon à base de couleuvres, et voilà relancée la parade des charlatans experts et des recettes miracles. Qui a raison ? La droite ou la gauche ?  placard

Ah, qu’il me débecte ce discours de gauche inspiré de la Genèse « pour ta punition tu devras travailler et gagner ta croûte à la sueur de ton front ! » 35 heures, lutte contre le travail de nuit, lutte contre le travail le dimanche, lutte contre tout ce qui peut arranger ces salauds de patrons ! Pour ces Jean Jaurès d’opérette, c’est toujours la lutte des classes. Moins de boulot pour le même blé, ça ne sort pas de là…

Ah, que je déteste ce discours de droite qui fait du salarié une bête de somme feignante et simulatrice, trop chère, poule de luxe, toujours susceptible de grève, d’absentéisme, de sabotage et qu’il faut à tout prix remplacer par des machines ou des esclaves du bout du monde. Moins de blé pour le même boulot, voilà leur panacée…

diminution-temps-travailA la jonction des deux, on a Hamon et son revenu universel. Hamon est un personnage historique : l’inventeur de l’ultime trahison des travailleurs par la gauche. Son revenu universel leur donne le coup de grâce : il les transforme en purs consommateurs, en fait des tributaires à de l’aumône publique, ôte leurs derniers arguments à ceux qui luttent pour l’emploi, donne raison à 100% à ceux qui dénoncent les feignants assistés qui « ne veulent pas bosser sinon ils en trouveraient, du boulot ». Sur le front de l’emploi, après tous ceux qui pendant quarante ans ont fait semblant de chercher des solutions, il est celui qui dit « laissons tomber ! »

De ce point de vue, on a raison de dire que la gauche et la droite, c’est kif-kif. Leur erreur est la même : faire du travail l’ennemi. Trop cher pour les uns, trop dur pour les autres, elles se relaient efficacement pour le laminer. Pas étonnant que le chômage augmente, avec l’alternance gauche-droite qui souffle le chaud et le froid ! Unies dans le culte du PIB qui affirme que la croissance seule créera l’emploi. La consommation est au taquet, les gens bardés d’iPhones et de tablettes s’endettent pour acheter leur troisième bagnole. De quelle croissance parle-t-on ? Jusqu’où peut-on accroître la consommation ? Le salarié occidental, déjà surmené au travail, est en plus un marathonien du loisir et un forcené des soldes. Doit-il se doper à la cocaïne-red bull pour faire encore mieux et plus ?

A quand un gouvernement d’extrême-clairvoyance qui lira Piketty et acceptera l’évidence ? La croissance à 3 ou 4 ou 5%, la croissance boostée par la consommation, c’est fini. Apprenons à vivre avec une croissance zéro. Et surtout, qui dépoussiérera ces études déjà plus toutes jeunes sur la sociologie du travail ? Qui redécouvrira que le travail est le meilleur lien social ? Que le lien social est indispensable aux citoyens ? Que ceux-ci, s’ils en sont privés, s’étiolent et végètent ? Deviennent dépressifs ? Agressifs ? Que le travail bien dosé, ni trop ni trop peu, assorti d’un stress modéré et de gratifications équitables, est un facteur de développement personnel, d’estime de soi et d’équilibre psychologique ?  valeur-travail

Trop nombreux sont ceux qui pointent la délocalisation vers les pays à bas salaires et l’automatisation comme des fléaux et des signes avant-coureurs de la fin du monde…

La délocalisation n’est pas, pour nos pays, la catastrophe que l’on nous décrit. Et d’une, elle débarrasse nos salariés de toute une foule de travaux dangereux, salissants, aliénants qu’ils ne peuvent ni ne veulent effectuer. Et de deux, elle a permis de réduire le prix de bien des babioles que peu de gens pourraient se payer si elles étaient fabriquées en France. Et de trois, 80% du prix de détail d’une babiole faite en Chine tombe en moyenne dans des poches françaises, qu’il s’agisse de la grande distribution, de l’Etat (impôts & taxes), des transporteurs, des concepteurs, des publicitaires, des commerciaux, etc. La question est de mieux répartir cette manne qui a tendance à tomber majoritairement dans quelques poches, toujours les mêmes.

L’automatisation et la mécanisation ne sont pas non plus le diable incarné. Il faut les considérer avec lucidité : dans certains cas ils sont néfastes à la santé, destructeurs d’emplois, anxiogènes. C’est par exemple le travail à la chaîne, les bornes automatiques, les horribles centres d’appels. Mais dans d’autres cas ils sont au contraire libérateurs, protecteurs, ergonomiques. Citons les grues et nacelles qui évitent aux maçons de se casser le dos à coltiner des briques ou l’informatisation qui permet de conserver et de brasser efficacement des données. Ne jetons pas le bébé avec l’eau du bain, automatisons intelligemment.

Mais surtout, révisons notre jugement sur le travail. Que l’on soit de gauche ou de droite, il faut évoluer. Le revenu universel ? Ridicule et néfaste : c’est gaspiller notre ressource la plus précieuse, l’énergie et la créativité des gens, pour en faire de purs consommateurs. C’est, par un procédé nouveau, détruire des emplois chez nous pour en créer en Chine.

Une croyance s’est implantée qui dit que seules les entreprises sont créatrices d’emploi. Ce mensonge a coûté assez cher, il faut le faire cesser. L’Etat doit retrouver son rôle d’acteur économique et social. Son job est aussi de créer des emplois. Pas forcément rentables à 100% mais utiles. Utiles à la société, à l’écologie, au lien social, à la culture, au bien-être, à l’agriculture à l’ancienne, à la sécurité routière, à la réinsertion, à la prévention de la délinquance, que sais-je. Cela coûtera toujours moins cher de payer des gens à faire quelque chose d’utile qu’à s’ennuyer. 

Le chômage qui s’étend et se généralise dans certaines catégories de la population engendre la désœuvrance, une maladie mentale qui fait faire les pires conneries à des personnes qui voudraient trouver un sens à leur vie et dépenser cette énergie qui bout dans leurs veines. Tout aussi redoutable est le surmenage et la dépression qui frappent ceux qui « ont la chance de travailler ». Sous prétexte de concurrence sur le marché du travail, on leur impose des conditions de travail inhumaines, des cadences folles, des objectifs inatteignables. Résultat : burning-out, affections liées au boulot, voire suicides chez ces « privilégiés ».

Le travail c’est la santé, apprenons à le cultiver ! La croissance est une drogue, apprenons à nous en passer !

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Le blaireau qui valait 100 milliards

Posté par grosmytho le 30 décembre 2015

Tim Cook devrait prendre exemple sur François Hollande : lorsqu’on a le charisme d’un blaireau, il vaut mieux la fermer, parce que tout ce que vous dites finit par se retourner contre vous.

Qu’a dit le nouveau patron d’Apple ? Dans une récente interview, il s’est affirmé prêt à rapatrier le magot de 100 milliards de dollars qui dort dans les paradis fiscaux, le jour où l’imposition US qui serait aujourd’hui de 40% tomberait en dessous de 10%.Tim Cook

Ajoutant comme argument imparable que « le système fiscal est né de l’ère industrielle, il est inadapté à l’ère d’internet »… Ce que Tim Cook fait, par cette interview, c’est une proposition aux autorités fiscales étasuniennes : « je veux bien payer ce que je vous dois, si vous me consentez une ristourne de 75 à 80%. »

Son argument tient-il la route ? Je dis que non, et je diagnostique chez Monsieur Cook un syndrome psychiatrique : il se prend pour dieu.

Lorsqu’il dit « le système fiscal vient de l’ère industrielle » il a raison. A l’ère industrielle, on a vu des gens employer des dizaines, voire des centaines de milliers de personnes, les maintenir à un niveau de tout-juste subsistance, et amasser des fortunes colossales. Il a bien fallu inventer, mettre au point un système de redistribution pour permettre à l’Etat d’exercer son rôle et aussi de fournir les services que ces capitaines d’industrie ne fournissaient pas à leurs employés : retraites, écoles, routes, etc. Cela dit, les industries aussi redistribuaient directement une partie de leurs profits : employant des milliers de travailleurs, la masse salariale (même si elle était maigre) entretenait une grande partie de la population. Souvent les usines construisaient des logements, conduisaient des programmes de charité ou de bienfaisance.

apple poorQuid de l’ère internet selon Monsieur Cook ? Ressemble-t-elle à un système de type agraire, où la redistribution était automatique et donc l’impôt, inutile ? Bien au contraire, on arrive à une époque où plus rien n’est redistribué. C’est moins vrai pour Apple, qui a encore un pied dans l’industriel et qui fournit du hardware. C’est plus vrai pour Google, Twitter, LinkedIn, Amazon etc : des petits génies brevettent une idée, la mettent en œuvre par des contrats de service, font mouliner des algorithmes, font travailler gratuitement les internautes par le « crowdsourcing », et finalement bâtissent en dix ou quinze ans des empires pesant des centaines de milliards de dollars.Apple-Taxes

Des génies ? Certes. Des dieux ? N’exagérons pas. Certes ils sont génialement parvenus à mettre en place des systèmes qui emploient des centaines de milliers de personnes (très peu de salariés, surtout des prestataires), et à capter les sous de centaines de millions de clients. Formidable, génial, admirable, tout ce que l’on voudra. Mais leur système fonctionne parce que la société est là, développée, technologique, que des gens ont été alphabétisés, que des systèmes informatiques ont été inventés et mis au point par des programmes de recherche financés sur fonds publics, des infrastructures de télécoms sont en place, etc.

Et ils voudraient, Tim Cook, et ses copains actionnaires, être les seuls bénéficiaires ? Ils affirment sans rougir que leur idée et leurs 10 ans de travail valent 100 milliards de dollars, tandis que le reste, la société, l’Etat, les centaines de millions de gens qui travaillent gratuitement (à déchiffrer des captcha, liker, commenter, produire des contenus), les milliards de personnes qui cèdent gratuitement leurs données personnelles, tout cela compte pour du beurre ?

Monsieur Cook devrait s’estimer heureux, et non pas lésé, d’être imposé au tarif industriel. Si j’étais à la place du fisc américain, je serais moins tendre et je ferais passer ce taux à 80%.  

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Le Super-U du XXè siècle

Posté par grosmytho le 20 décembre 2014

Revenu du SuperU (enfin c’était il y a quelques jours) avec deux bonnes nouvelles qui réchauffent le cœur. C’était mieux avant, certes, mais ce mieux et cet avant repointeraient-ils timidement leurs nez bien amochés ? Je ne m’y attendais pas, mais force est de constater.

Ma montre pas chère, made in China, précise, avec alarme et éclairage, au bracelet caoutchouc curieusement solide (normalement c’est ce qui cède en premier) et au cadran d’une résistance aux rayures étonnante, m’avait tout de même lâché : pas trop grave, c’est l’un de ces petits tuyaux métalliques à ressort qui fixent le bracelet, voyez ? Frappé par une branche que je coupais, il a cédé. Tordu, il ne se remet pas en place. A la caisse de SuperU, la dame m’informe, désolée, que « Non, les bracelets, on ne fait plus… » Mais aussi que « attendez, il m’en reste quelques-uns, de quand on faisait encore, je vais voir si j’ai la bonne taille ». Et de sortir la boîte, et de trifouiller, sans mentir, dix minutes, pour en essayer plusieurs et trouver le bon.montre

La dame n’est plus toute jeune : elle est plus vingtième siècle que vingt-et-unième, voyez ? Elle a le temps, elle le prend, elle cherche à rendre service, transposant un peu de son savoir-vivre civil sur son lieu de travail (ça se faisait au vingtième siècle : prendre un café, discuter un peu, offrir un café, même, que personne ne payait  grâce à la carte personnel du magasin, pas comptabilisée). Au vingt-et-unième siècle, pour chaque centime, c’est l’abus de biens sociaux. Une minute passée avec un client qui n’achète rien, techniquement c’est du vol, du détournement de fonds (temps=argent), du bénévolat non autorisé par la hiérarchie. Alors pensez, dix ! Faute professionnelle, de quoi l’envoyer chez Paul Emploi sans préavis). Bref. Elle me trouve le bitoniau de la bonne taille mais n’arrive pas à l’enfiler.

 

Au bout d’un moment, le XXIème siècle planant, menaçant comme un drone, au-dessus de sa tête, elle me dit : « C’est la bonne taille, je vous le donne, si vous avez la patience, vous pourrez l’installer vous-même ? » et d’aller chercher un bout de scotch (pas facturé, çui-là non plus) pour le fixer au fond de ma montre. Je remercie bien bas, je m’éloigne sourire aux lèvres. Et à la maison, en deux minutes, je l’installe. Réparation gratuite ? Sur le temps de travail de la préposée à l’info ? Je sais, je sais, au vingtième siècle, ça ne surprenait personne. Au vingt-et-unième, c’est carrément de la science-fiction.

Ah oui je disais deux surprises : la seconde c’est au rayon « boîtes de thon ». Je suis fan des boîtes de thon, que je trouve assez réussies esthétiquement, et puis j’en aime la contenance (104 g, juste bien pour un, mais ça peut faire en salade pour deux aussi, voire plus), le goût (j’aime mieux les « à l’huile » que les « au naturel » ; l’huile d’olive a ma préférence, je me dis que poisson + huile d’olive… c’est pratiquement le menu crétois pour 2 Euros – manque la bouteille de vin rouge, quand même). Bref : tout à mon exercice de recherche de la boîte idoine (toutes choses égales par ailleurs, je préfère les « miettes » qui font plus « déchets, si tu prends pas on les jette », que « thon entier » qui m’inspire l’impression « ah bordel aujourd’hui il a fallu en jeter cinq avant d’en avoir un bon »), mais curieusement il arrive (et c’est pas rare) que les miettes soient plus chères au kilo que les entiers… mystère. Est-ce parce que l’huile d’olive est recyclée à base d’hydrocarbures usagées pour les entiers, et première pression, effectuée par une vierge effarouchée, à froid pour les miettes ? Dans ces cas-là, je ne vous dis pas le cas de conscience… mais là, ce jour-là, celui de la bonne nouvelle, mes yeux tombèrent sur une mention qui me remplit d’allégresse (avant que mon allégresse ne se contamine d’une petite dose fielleuse de doute cynique, et vous savez comme moi qu’une goutte de fiel suffit à contaminer toute une barrique d’eau de source…). Bref : la mention dit « pêché à la canne ».

miettes de thonOui, vous m’avez bien entendu. Du vingt-et-unième siècle, celui où l’on arrache, au filet raclant le fond, tout ce qu’un coin d’océan contient de bouffable, avant de faire le tri sur le pont et de rebalancer 90% à la mer, pour garder qui les thons, qui les ailerons de requin et qui les morues, on repasse carrément au XIXème, celui où l’on partait en mer avec des cannes à pêche et des appâts, pour tirer de la flotte des poissons carnivores (thons, espadons, que sais-je, je crois que la morue aussi, à l’époque, se pêchait comme ça). Eh bien si j’en crois l’étiquette de SuperU, cette époque revient, et (ce qui me fait quand même douter un peu) ce n’est même pas plus cher que le thon « normal », celui qu’on sélectionne au milieu de tonnes et de tonnes de poissons comestibles mais rejetés morts parce que, ici et maintenant, c’est du thon qu’on pêche (quotas, etc).

 

Peut-être qu’un jour on renoncera même à l’heure d’hiver (héritage débile et contre-productif d’une période où, le pétrole renchérissant spectaculairement, il fallait bien annoncer quelque mesure elle aussi spectaculaire) ?

Je suis un optimiste prudent (donc caché).

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Un centenaire bien mal en point…

Posté par grosmytho le 22 octobre 2014

impotsLes commémorations ont du bon : elles permettent de mettre le nez sur des choses auxquelles on ne fait pas attention normalement. En 2014, on commémore les 100 ans de la Grande guerre… et aussi de l’impôt sur le revenu !

Ce n’est pas anodin, de mettre    en place un truc pareil. Imaginez un peu : jusque-là, votre salaire était à vous. Pas épais, sans seuil minimal, mais au moins vous pouviez le boire en bonne conscience. Le produit de votre travail, la France était encore largement agricole, était maigre, peut-être, mais il était à vous. C’était pour ça qu’on avait fait 1789 : le droit de propriété, la fin des privilèges, l’abolition de la taille et de la gabelle. Dans la France des 200 familles, aux inégalités plus fortes qu’aujourd’hui, il y avait un impôt sur le patrimoine (la fameuse taxe sur les portes et les fenêtres). Mais le revenu était sacré ! La sueur de votre front ! En donner la moitié à l’Etat ? Pas fou, non ? Il aura fallu les Boches, les fleurs au fusil, l’ivresse patriotique pour instaurer ça.

Apparemment l’Etat y avait déjà un peu réfléchi. Lorsque les Allemands sont arrivés, la défense des frontières, pas prête, a été enfoncée, mais l’impôt sur le revenu, lui, il est sorti flambant neuf des cartons. Fin prêt à l’emploi !

augmentation des impôtsEt aujourd’hui, comment se porte-t-il, l’ancêtre ? Disons que ça ne va pas bien fort, mais il n’a pas l’air de vouloir casser sa pipe de sitôt. D’une part, tout le monde a admis qu’il est nécessaire et normal de verser à l’Etat une partie de son revenu, pour payer les routes et les écoles (de moins en moins) et rembourser la dette (de plus en plus).

D’autre part, l’IRPP (Impôt sur le revenu des personnes physiques), enjeu de toutes les batailles politiques, n’a cessé depuis cent ans de se complexifier. Tous les intérêts corporatistes, toutes les politiques natalistes, toutes les péripéties régionales ou sociétales ont laissé leur empreinte, sous la forme d’une loi ou au moins d’un décret d’application, dans le Code des impôts. D’une exonération, d’un abattement, d’un plafond, d’une déduction, d’une réintégration, d’une majoration différée, d’une décote, enfin bref d’une des centaines de petites conduites dérivées qui font la magnifique usine à gaz que nous connaissons aujourd’hui. L’Impôt sur le revenu est l’encyclopédie des revendications et des batailles catégorielles de ces cent dernières années.

impôts-hollandeProgressif dans son esprit, dégressif dans la réalité, vous lirez Piketty pour plus de détails. Progressiste dans ses intentions (l’impôt se veut redistributif), réactionnaire dans son essence (l’ « inquisition fiscale » qui frappe les classes moyennes). Je ne vous livre qu’un chiffre, celui qui m’a abasourdi. Excédé par tous les arguments de tous les tenants du moins d’impôt, fatigué par les jérémiades des tenants du « mieux d’impôt », je me suis procuré le chiffre de tous les revenus en France (salaires, dividendes, retraites etc) que j’ai divisé par la somme que l’impôt sur le revenu rapportait aux caisses de l’Etat. Tenez-vous bien, ça secoue : le taux moyen d’imposition, en France, toutes catégories de revenu confondues, est d’environ 4%.

déclarationComparez ça à ce que vous payez, et posez-vous les questions qui se bousculent forcément. Mais surtout imaginez : si l’on payait tous, chacun, qu’il pleuve ou qu’il vente, qu’on aime ça ou pas, 10% de ce que l’on gagne. Milliardaires, pauvres, sans distinction de race, de couleur de cheveux ou de quotient intellectuel. Raisonnable, non ? Et surtout, le produit de l’IRPP serait multiplié par 2,5. Elle serait pas belle, la vie ? 

Plus de casse-tête des déclarations ! Plus de jalousies de classe ! Plus d’accusations d’assistanat ! Et, cerise sur le gâteau: le budget de l’Etat, rééquilibré, recevrait les louanges mérités de Bruxelles…

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Les amis vs la famille

Posté par grosmytho le 2 septembre 2014

« On choisit ses amis, on ne choisit pas sa famille » – oui, enfin ça c’est le cas général : lorsqu’on se marie, lorsqu’on décide d’avoir des enfants, lorsqu’on divorce, on remodèle bien quand même sa famille suivant ses choix. A contrario, quand on est ami avec le parrain de la mafia, on n’a pas toujours le choix, il faut rester pote avec lui… ou aller nourrir les poissons.

Au niveau des Etats, c’est presque pareil. Je vous parlais récemment des choix déchirants à venir entre amis (d’outre-Atlantique) et famille (Russie) pour la France et l’UE. On y est.

Nos amis étasuniens qui n’ont pas d’intérêt économique en Russie (0,5% de leurs échanges) poussent l’Europe à plus de sanctions. Obéissante, l’UE obtempère. Mais à chaque tour de vis supplémentaire, cent articles se demandent plaintivement : « La Russie risque-t-elle de riposter ? Et si elle décrétait un embargo sur nos pommes, nos radis et nos choux ? Aïe, aïe, aïe ».mistral en travers

Nos amis russes, qui n’ont pas tellement la fibre de l’économie, sont moins naïfs que nous en termes de géopolitique. La presse chez eux s’étonne ouvertement de cette mitraille gros calibre que l’Europe semble décidée à s’envoyer dans le pied. Alors que leur pays, pressentant un coup de tabac, prend méthodiquement le rythme d’une économie de guerre froide. OK, certaines marchandises vont faire défaut, certains produits de luxe seront plus chers…   Faire ceinture ? Ils n’ont pas encore complètement perdu l’habitude.

Et ils ont aussi du répondant. Sans parler des mesures extrêmes, comme couper le gaz, il y a les petites mesures vexatoires. L’espace aérien russe nous sépare de nos marchés d’avenir, en Asie, pourrait se fermer. Les négociations laborieuses avec l’Iran ou la Syrie, ou la Corée du Nord, pourraient s’arrêter. Et puis la Russie, c’est quand même un gros débouché pour l’Europe (8,2% des échanges extérieurs de l’UE) et dans certains secteurs, comme l’agroalimentaire ou le tourisme, ça peut faire mal. Ou dans celui du spatial, où l’Euro-GPS vient de subir un sale revers à cause des Russes (l’ont-ils fait exprès ?).

Mais il y a pire.russia-wants-war-look-how-close-they-put-their-country-to-our-military-bases

Il y a les Mistral. Oubliez les indignations vertueuses de nos pucelles effarouchées « on ne peut pas livrer des armes à un pays en guerre ! ». Pipeau. D’abord, on le fait tout le temps. Deuxièmement, les armes (surtout les Mistral) sont en service pendant des décennies, qui peut garantir la paix sur une aussi longue période ?

Oubliez aussi les exposés pseudo-cartésiens de nos économistes diplômés : 3000 emplois, 1,6 milliard d’Euros, emplois induits, etc etc. Pipeau encore.

Le vrai problème, qu’a compris mais pas résolu Molasson 1er, c’est la crédibilité de la France en tant que partenaire géopolitique. Le Mistral, c’est le cas emblématique qu’observent tous les ministres de la défense de tous les pays, et qui va conditionner nos ventes d’armes pour les décennies à venir. Pas convaincus ? Je m’explique.

Lorsqu’on vend des systèmes d’armes complexes, on s’engage sur la durée : opter pour des Mistral ou pour des Rafale, c’est faire le pari que la France sera là pour les pièces détachées, pour les réparations et l’entretien, coûte que coûte, quelle que soit la situation (notamment en situation de crise). A chaque fois qu’un pays organise un appel d’offres pour des avions de chasse, au-delà du prix d’achat et du rapport coût-performance, ce qui importe c’est la viabilité du partenariat stratégique. Si le Brésil, l’Inde, d’autres encore, examinent nos Rafale, ce n’est pas pour leurs formes affutées ni pour leur prix tellement attractif. C’est parce qu’ils seront fournis par un pays, la France, qui n’est pas les USA, et qui sera moins susceptible que ces derniers d’utiliser le chantage (aux pièces détachées, voire pire) pour les contraindre à quelque nouvelle aventure militaire, à quelque deal économique foireux, ou que sais-je. affaires étrangères

Le cas des Rafale illustre bien la situation : si on n’arrive pas à en vendre un seul, c’est tout simplement parce que la France est perçue (par l’Inde, par le Brésil) comme un partenaire peu fiable, trop obéissant à Oncle Sam, trop susceptible de servir de courroie de transmission aux imprévisibles caprices de ce dernier.

Voyez ce que dit l’affaire Mistral sur notre offre en matériel militaire : un contrat signé par la France en 2011, avec acomptes payés rubis sur l’ongle, peut être remis en question sur un simple froncement de sourcils étasunien. Obama fait sa grosse voix, et voilà déjà qu’on pétoche et qu’on cherche des prétextes pour ne pas livrer à nos partenaires ce que l’on s’est engagé à leur fournir.

Quand on vend des armes, on vend bien sûr un produit, mais on vend aussi la politique étrangère qui va avec. C’est pour cela que la Russie a repris la seconde place sur ce marché, que la Chine progresse à grands pas, alors que la France voit ses positions traditionnelles s’effriter. (Attention, les estimations varient grandement d’une source à l’autre. Normal, pour des machins qui se négocient en secret. Mais bon, la tendance reste nette).

 

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Le pacte du choc de la simplification compétitive

Posté par grosmytho le 15 février 2014

On simplifie tellement qu’il y a de quoi être choqué ! Le « pacte » de François Hollande et du Médef est tout bonnement incroyable. L’Etat renonce à 100 milliards d’Euros sur 5 ans, tandis que le patronat (« l’offre ») s’engagerait, peut-être (mais qui, juridiquement ?) à créer 1 million d’emplois.

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100 milliards pour 1 million : 100 patates par emploi créé ! Apparemment ça va être des emplois dorés sur tranche ! Même en comptant les cotisations (pardon, les « charges ») et les impôts (les « confiscations »), 100 000 balles par emploi, ce n’est plus de l’emploi aidé, c’est carrément de l’assistanat caractérisé. Evidemment, ça dépend sur quelle durée c’est calculé. Si on reste sur la période de cinq ans du départ, ça fait 20 000 Euros par an et par chômeur embauché. Un peu chère, non, cette « politique de l’offre » ? Pourquoi donner tout cet argent aux patrons ? A ce prix, c’est l’Etat qui pourrait embaucher directement, au moins on serait sûr du résultat. Alors que là…

En fait, c’est le dogme reaganien bien connuhollande-gattaz-obama des « trickle down economics ». Donnez encore plus de fric aux riches (non pardon aux « créateurs d’entreprise et donc de richesse »), ils consommeront encore plus, et au final, c’est l’homme de la rue et le chômeur qui vont en bénéficier. Les résultats de la politique reaganienne (« reaganomics ») sont débattus jusqu’à aujourd’hui. Ses admirateurs soulignent qu’il a fait baisser l’inflation et réduit un peu le chômage (pas de beaucoup : de 7,1 ils sont passés à 5,5%, mais avec des pics sporadiques à 10%), que son « choc de confiance » a donné un coup de fouet à l’investissement et fait reculer un peu la pauvreté. Mais ses détracteurs pointent l’endettement de l’Etat, qui a bondi de 997 milliards à 2,5 trillons de dollars, une augmentation jamais vue. Comme toujours : sur les 1500 milliards dépensés, quelques millions ont finalement bénéficié aux pauvres…

Le résumé de Gros Mytho : Oncle Sam a boosté spectaculairement l’économie avec des dollars fraîchement imprimés. Une recette qui a été reprise par ses successeurs (les républicains un peu plus que les démocrates), et qui approche maintenant de son inéluctable conclusion : la faillite.

François Hollande a-t-il raison d’imiter Reagan ? Je crois le pari risqué.

socialiste-hollande-Pierre-Gattaz-patronD’abord parce que Hollande n’a pas le charisme de Reagan. On peut réellement parler d’un « choc d’optimisme » avec la rhétorique reaganienne : son approche, très discutable d’un point de vue rationnel, a indiscutablement impressionné son auditoire. Le « grand communicateur » peut se vanter d’avoir enthousiasmé une grande partie de ses ouailles et suscité un regain de confiance. Le contraste avec notre Hollande hésitant, « mou », empêtré dans ses histoires de famille, ne pourrait pas être plus grand.

Ensuite parce que la planche à billets est une recette réservée aux USA. La France ne peut pas imprimer des signes monétaires et asseoir dessus une soudaine expansion économique. Même si on revenait au Franc, imprimer de la monnaie en quantités excessives ne servirait qu’à miner la confiance internationale et au final au collapse et à l’hyperinflation (un phénomène qui attend nos amis d’outre-Atlantique à moyen terme)..

 

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Mister Netherlands fucked up good

Posté par grosmytho le 14 janvier 2014

F.H. aurait pu être président de la France, mais comme Sarkozy avant lui, il a préféré être Proconsul of France. Plutôt que d’appliquer son programme, prendre ses ordres à Washington, administrer comme un préfet une parcelle de l’empire.

Non mais vous avez entendu sa déclaration, celle où il allait enfin nous annoncer sa politique ?

« Politique économique de l’offre ». En guise de scoop, Monsieur le Proconsul nous sert la traduction mot à mot du dogme reaganien de la « supply side economics », c’est-à-dire la politique (qu’il avait critiquée quand Sarkozy la menait) qui consiste à mettre l’Etat au service du CAC40 et des multinationales. Réduire les impôts des milliardaires n’est rien ! Il faut autoriser le lobbying effréné, voter des lois en cachette pour déréglementer l’agriculture, faire des guerres en Afrique pour protéger les mines d’uranium d’Areva, comme on avait donné à Total les puits de pétrole de Kadhafi. La politique désastreuse de George W Bush continuée par Barack Obama est désormais entrée dans les mœurs chez nous. Entièrement désindustrialisés, il ne nous reste que l’armée et les marchands de canons ; pas compétitifs économiquement, on va dévaliser les peuples du tiers monde sous de vagues prétextes humanitaires.

Francois-HollandeLes circonvolutions qu’il utilise pour expliquer sa nouvelle politique au peuple de gauche sont pathétiques ! Un « pacte » avec le patronat ? Comment l’Etat peut-il passer un pacte avec le patronat ? Chaque patron est maître à bord de son entreprise, et heureusement. Il a sa stratégie de développement, qui consiste peut-être à embaucher mais le plus souvent non. En vertu de quoi serait-il lié par un accord entre Mister Netherlands et le Medef ?

Comment l’obligera-t-on à embaucher ? Ça va faire comme avec la TVA des restaurateurs : on baisse leurs charges, puis on attend. Eux ne diront même pas merci : continuant de vomir sur le socialisme à la française, ils vont intégrer ces nouvelles données à leur comptabilité et peut-être améliorer un peu leur marge. Qui va chercher et trouver ceux qui devraient embaucher, comment va-t-on les obliger à le faire ?

Attention Mister Netherlands : vous ne parlez pas l’anglais, sans doute n’avez-vous pas compris les détails du deal. Je vous les traduis : « Politique de l’offre et pas de vie privée ! » Vous n’avez pas voulu aider Snowden ? Vous n’avez pas protégé la vie privée des Français, pourquoi eux devraient soudain respecter la vôtre ? Maintenant que vous avez été « caught with your pants down », vous allez subir l’ordalie de l’impeachment comme Clinton à l’époque !  

 

DERNIERE MINUTE – Paul Krugman, économiste nobélisé, abonde dans mon sens et explique mieux que moi le scandale Hollande (pas celui avec l’actrice, celui avec l’économie). A lire en anglais ici ou en français là.

 

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Qui veut de la démocratie à la chinoise ?

Posté par grosmytho le 10 janvier 2014

A l’heure de la démocratie en phase terminale, nos sociétés sont confrontées à un choix : préserver le modèle européen ou adopter le modèle chinois.

Je ne vous ai pas caché ma tendresse pour l’ambiance relax qui existe en Chine pour tous ceux qui renoncent à participer aux jeux politiques : le Parti s’efforce d’assurer un progrès régulier dans une stabilité maximale, aux citoyens de s’enrichir de la façon qui leur convient le mieux (dans les limites de la loi). OK, on n’a pas encore vu ce que donnerait ce système dans une récession … mais si ça tombe, c’est justement ce système qui fait la réussite du pays. L’Etat s’occupe de la stabilité et des infrastructures, le populo s’occupe de faire bouillir la marmite. Pas con ! Chez nous c’est le gouvernement qui doit vous trouver du boulot, et vous qui devez dire au gouvernement comment gouverner ! Pas étonnant que ça coince.

Face à la réussite insolente de la Chine qui se maintient, on voit le camp occidental tiraillé entre sa foi démocratique (le pire des systèmes à l’exception de tous les autres) et l’évidence de sa désintégration (le désintérêt des citoyens pour un système de plus en plus clairement aux mains d’oligarques se mue en colère). Emmanuel Todd qui a prédit successivement la fin de l’URSS et celle de l’empire étasunien dresse une fois de plus un diagnostic pessimiste : cette fois c’est pour la démocratie en Europe (Après la démocratie, 2008). L’un des deux scénarios qu’il prédit est celui d’un système ‘à la chinoise’ alors que « l’opposition entre population et classe dirigeante s’exaspère, et il devient de plus en plus difficile de neutraliser le suffrage universel par le spectacle ».

Fin de la démocratie participative ? D’après lui, c’est ce qui nous pend au nez.

La prise de conscience ne date pas d’hier ! Robert Kaplan a écrit en 1998 qu’après avoir comparé les systèmes russe et chinois, il est arrivé à la conclusion que “Parfois, l’autocratie donne naissance à la liberté”. Contrairement à la Russie qui a adopté en une nuit tous les oripeaux de la démocratie libérale (multipartisme, privatisation, élections, etc) mais a vu son économie dépecée par les excès du capitalisme primitif, la Chine a su orchestrer une transition douce qui a préservé les acquis du socialisme (entreprises d’Etat, agriculture, éducation) tout en ouvrant la porte à l’entreprenariat privé.

Greg Sheridan avait enfoncé le clou dans son article de 2005 ‘Chinese Model Passes the Test’, où il déclarait que la Chine démontre que l’on peut avoir la liberté économique sans la liberté politique, deux choses qu’on avait toujours cru aller de pair. Dans le New York Times (pourtant peu suspect de tendresse excessive envers la Chine) l’éditorialiste Thomas Friedman déclarait ‘être parfois jaloux du système politique chinois où les leaders peuvent simplement ordonner que l’on résolve un problème’.

Obama qui vient de passer 6 ans à mettre en place une réforme médicale largement amputée en cours de route, Hollande qui a tiré toutes ses cartouches sur le mariage pour tous et achèvera son quinquennat à genoux devant le MEDEF, ne peuvent qu’opiner.

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Souveraineté et compétitivité

Posté par grosmytho le 30 octobre 2013

Il y avait autrefois, il y a fort longtemps, un pays fort lointain, qui a un jour brusquement cessé d’exister. Comment ? Pourquoi ?

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Il n’a pas été envahi par un voisin belliqueux (son armée était réputée bien entraînée et motivée, équipée de matériel dernier cri). Il ne fut pas non plus noyauté par la CIA (le contre-espionnage de ce pays faisait l’envie et l’admiration des autres pays de la région). En crise économique, ce pays a baissé pavillon. Pas compétitif, il a préféré se suicider.

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Ses habitants, qui bénéficiaient de l’école, l’université, du logement et de la santé gratuits, n’étaient pas satisfaits. Ils auraient préféré du Coca et de la pornographie payants ! Las, ces biens et services si éminemment désirables & nécessaires, le Parti communiste refusait absolument de les leur fournir. C’est le dilemme de toute société socialiste : ses industries sont peu compétitives et ses produits de consommation, médiocres. On peut à la rigueur les importer, mais l’hémorragie de devises finit par mettre le pays sur la paille. On essaie de les interdire, mais on s’aperçoit qu’on provoque alors une hémorragie de citoyens. Les habitants du pays ont tellement envie de ces babioles qu’ils partent vendre leur âme au capitalisme étranger : déserter, quitter le navire, s’établir à l’étranger, à tout prix, illégalement s’il le faut, quitte à y faire des sales boulots, tout ça pour bouffer avec Ronald McDonald et conduire une bagnole étrangère ! Que voulez-vous, l’être humain est ainsi fait.

capitalistes-ou-communistes démocratie dans Socio

C’est ce qui s’est passé en RDA, puis dans tous les autres pays socialistes d’Europe de l’Est. C’est ce qui se passe à Cuba. Et c’est ce qui se passera, forcément, en Corée du Nord.

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En Chine, on a trouvé la parade : puisque les citoyens communistes sont prêts à se prostituer et à entrer en esclavage à l’étranger capitaliste, et que l’étranger capitaliste a de moins en moins envie de leur donner des visas, on invite les sociétés étrangères à se délocaliser. Comme ça tout le monde y gagne : le citoyen chinois peut travailler comme un esclave pour Apple et se payer un iPhone comme les prolétaires capitalistes les plus aliénés. Le pays, couvert d’usines à capital et technologie étrangers, devient super-compétitif. Il ne se suicide plus faute de devises étrangères : il les accumule jusqu’à ce qu’un jour, ce soient ses débiteurs qui demandent grâce.

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