Plantu se plante, Haski sait p’Haski dit!

Posté par grosmytho le 20 février 2015

Hilarante controverse entre Plantu et Haski. L’un semble se Plantu à skis, tandis que l’autre ne récolte p-Haski l’a planté !

merkel sous écouteJe résume pour ceux qui n’ont pas suivi : acte 1, l’ami Plantu se plante en direct dans une interview à la gazette israélienne Haaretz (attention lien payant), où il compare tout bonnement internet à l’armée allemande qui occupait la France (et d’autres pays j’imagine) et les gens-connectés-à-la-toile-mais-pas-d’accord-avec-lui à des nazis. Bref le genre de comparaison bancale à souhait. Un genre de point Godwin auto-décerné, phénomène fréquent chez les artistes du raccourci qui comparent par commodité à Hitler tout ce qui leur déplaît. snowden-nsa-2013

Plantage de Plantu immédiatement relevé par le grand manitou Haski, qui lui tombe dessus H-à bras-raccour-ski ! Acte 2, dans sa précipitation pour bien faire, l’ami Pierre se prend lui aussi un peu les pieds dans le tapis. Ce n’est pas internet qui occupe la France, nous informe le chef du « premier média internet de France », puisque les hordes terroristes nous terrorisaient déjà avant l’apparition de ce média, cf Salman Rushdie et la fatwa iranienne. Occupation oui, donc, mais pas à cause d’internet.

Gros Mytho arrive sur ces entrefaites pour renvoyer dos à dos nos deux comparateurs.

stop spyingN’en déplaise à Pierre, on peut bien parler d’occupation numérique de la France aujourd’hui, alors qu’on apprend, avec des détails chaque jour plus ahurissants, à quel point, avec quel systématisme, nos amis d’outre-Atlantique ont pris le contrôle total, absolu, monopolistique, de notre environnement numérique. Si c’est pas de l’occupation (de territoire numérique), ça, je ne sais pas ce que c’est. D’ailleurs, preuve de leur pouvoir d’occupation, Google, Facebook et consorts se moquent ouvertement du fisc français qui aboie bien timidement dans leur direction…

N’en déplaise à Plantu, même si les « islamistes » (aidés de quels mystérieux commanditaires ?) parviennent parfois à nous frapper, et douloureusement, comme en janvier, on ne peut pas sans quelque mauvaise foi comparer cela à une occupation. EA moins d’accréditer la thèse du « Grand remplacement » de Renaud Camus et d’Eric Zemmour. En fait d’occupation, il faudrait plutôt parler des guerres que nous menons (avec nos alliés) mondialement contre des ennemis assez vaguement identifiés (si vaguement qu’il s’agit le plus souvent de personnes neutres à, voire amies de, notre « cause »). Notre cause entre guillemets, tant elle est mal définie…  Caricature_Algerie

La propagande perd-elle de son efficacité lorsqu’elle recourt à des contre-vérités trop flagrantes ? Ou alors « plus c’est gros, plus ça passe » ? Les deux écoles n’ont pas fini de s’affronter. Le seul bénéficiaire de cet affrontement est le complexe militaro-industriel.

« Ils nomment zèle leur propension vers la malignité et violence ; ce n’est pas la cause qui les échauffe, c’est leur intérêt ; ils attisent la guerre non parce qu’elle est juste, mais parce que c’est la guerre. » (Montaigne, Essais)

 

NSA

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Charlie tu nous manques déjà…

Posté par grosmytho le 8 janvier 2015

C’est affreux cette histoire. GM comme presque tout le monde en France pleure l’assassinat de quelques-uns des esprits les plus brillants et les plus courageux du pays. Des plus nécessaires aussi, parce que franchement on se demande bien qui va les remplacer.

charbUne petite controverse nous avait opposé à Charlie à l’époque. Vous vous rappelez l’affaire Dieudonné-Valls. Valls voulait « faire taire » Dieudo « par tous les moyens ». Et Charlie-la-liberté-d’expression avait pris contre toute attente le parti de Valls-la-dérive-sécuritaire… GM n’avait pas pu s’empêcher de prendre son clavier et d’envoyer un petit mot à Charlie pour s’étonner de ce paradoxe. Charb avait répondu très fermement que non, certaines opinions mortifères doivent être exclues du débat public. Plus curieusement encore, il affirmait que Dieudonné l’antisémite devait lui aussi (en sa qualité d’antisémite) être interdit d’accès aux médias …

Question éternelle : si l’on doit exclure untel ou unautretel du débat parce que ses idées sont mauvaises, où place-t-on la limite ? Qui d’autre doit-on exclure ? Comment sait-on qu’untel-aux-idées-nauséabondes ne va pas aujourd’hui faire amende honorable et se rallier à celles que vous représentez ? La seule réponse possible est donc que toutes les opinions, toutes les expressions, tous les avis doivent être permis. Il faut séparer les actes des paroles. L’appel au meurtre (pour prendre un cas extrême) n’est pas un meurtre. Les délires de Zemmour, les fantasmes de Houellebecq, les blagues de Dieudonné ne sont pas des meurtres. Ils ne sont ni coupables, ni complices, ni inspirateurs de qui ou de quoi que ce soit. Ils font leur job d’humoristes et de romanciers.charb dernier dessin

On avait échangé quelques mails fort polis mais sans réussir à se mettre d’accord. La position de GM était et reste que ce ne sont pas les idées mais les actes qui tuent. Ceux qui ont tué Charb et Charlie Hebdo, ce n’est pas Dieudo, ce ne sont pas les antisémites, pas plus que les islamistes radicaux. Ceux qui ont tué, ceux qui ont du sang sur les mains, ce sont les deux (ou trois?) tueurs et leurs commanditaires, quels qu’ils soient.

Qui sont les commanditaires ?  Le professionnalisme des exécutants suggère des commanditaires professionnels et dotés de moyens importants. Et sans doute d’une stratégie de brouillage des pistes. Entre la carte d’identité oubliée dans la voiture, le terroriste qui se rend à la police mais qui finalement n’en est pas un, les tireurs cernés dans l’est de Paris puis en cavale en Picardie… pas facile d’affirmer quoi que ce soit pour l’instant.

A qui profite le crime ? Aux ennemis de Charlie. Des ennemis, malheureusement, Charlie en avait beaucoup.

Et pas que des islamistes…antimilitariste

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Le Super-U du XXè siècle

Posté par grosmytho le 20 décembre 2014

Revenu du SuperU (enfin c’était il y a quelques jours) avec deux bonnes nouvelles qui réchauffent le cœur. C’était mieux avant, certes, mais ce mieux et cet avant repointeraient-ils timidement leurs nez bien amochés ? Je ne m’y attendais pas, mais force est de constater.

Ma montre pas chère, made in China, précise, avec alarme et éclairage, au bracelet caoutchouc curieusement solide (normalement c’est ce qui cède en premier) et au cadran d’une résistance aux rayures étonnante, m’avait tout de même lâché : pas trop grave, c’est l’un de ces petits tuyaux métalliques à ressort qui fixent le bracelet, voyez ? Frappé par une branche que je coupais, il a cédé. Tordu, il ne se remet pas en place. A la caisse de SuperU, la dame m’informe, désolée, que « Non, les bracelets, on ne fait plus… » Mais aussi que « attendez, il m’en reste quelques-uns, de quand on faisait encore, je vais voir si j’ai la bonne taille ». Et de sortir la boîte, et de trifouiller, sans mentir, dix minutes, pour en essayer plusieurs et trouver le bon.montre

La dame n’est plus toute jeune : elle est plus vingtième siècle que vingt-et-unième, voyez ? Elle a le temps, elle le prend, elle cherche à rendre service, transposant un peu de son savoir-vivre civil sur son lieu de travail (ça se faisait au vingtième siècle : prendre un café, discuter un peu, offrir un café, même, que personne ne payait  grâce à la carte personnel du magasin, pas comptabilisée). Au vingt-et-unième siècle, pour chaque centime, c’est l’abus de biens sociaux. Une minute passée avec un client qui n’achète rien, techniquement c’est du vol, du détournement de fonds (temps=argent), du bénévolat non autorisé par la hiérarchie. Alors pensez, dix ! Faute professionnelle, de quoi l’envoyer chez Paul Emploi sans préavis). Bref. Elle me trouve le bitoniau de la bonne taille mais n’arrive pas à l’enfiler.

 

Au bout d’un moment, le XXIème siècle planant, menaçant comme un drone, au-dessus de sa tête, elle me dit : « C’est la bonne taille, je vous le donne, si vous avez la patience, vous pourrez l’installer vous-même ? » et d’aller chercher un bout de scotch (pas facturé, çui-là non plus) pour le fixer au fond de ma montre. Je remercie bien bas, je m’éloigne sourire aux lèvres. Et à la maison, en deux minutes, je l’installe. Réparation gratuite ? Sur le temps de travail de la préposée à l’info ? Je sais, je sais, au vingtième siècle, ça ne surprenait personne. Au vingt-et-unième, c’est carrément de la science-fiction.

Ah oui je disais deux surprises : la seconde c’est au rayon « boîtes de thon ». Je suis fan des boîtes de thon, que je trouve assez réussies esthétiquement, et puis j’en aime la contenance (104 g, juste bien pour un, mais ça peut faire en salade pour deux aussi, voire plus), le goût (j’aime mieux les « à l’huile » que les « au naturel » ; l’huile d’olive a ma préférence, je me dis que poisson + huile d’olive… c’est pratiquement le menu crétois pour 2 Euros – manque la bouteille de vin rouge, quand même). Bref : tout à mon exercice de recherche de la boîte idoine (toutes choses égales par ailleurs, je préfère les « miettes » qui font plus « déchets, si tu prends pas on les jette », que « thon entier » qui m’inspire l’impression « ah bordel aujourd’hui il a fallu en jeter cinq avant d’en avoir un bon »), mais curieusement il arrive (et c’est pas rare) que les miettes soient plus chères au kilo que les entiers… mystère. Est-ce parce que l’huile d’olive est recyclée à base d’hydrocarbures usagées pour les entiers, et première pression, effectuée par une vierge effarouchée, à froid pour les miettes ? Dans ces cas-là, je ne vous dis pas le cas de conscience… mais là, ce jour-là, celui de la bonne nouvelle, mes yeux tombèrent sur une mention qui me remplit d’allégresse (avant que mon allégresse ne se contamine d’une petite dose fielleuse de doute cynique, et vous savez comme moi qu’une goutte de fiel suffit à contaminer toute une barrique d’eau de source…). Bref : la mention dit « pêché à la canne ».

miettes de thonOui, vous m’avez bien entendu. Du vingt-et-unième siècle, celui où l’on arrache, au filet raclant le fond, tout ce qu’un coin d’océan contient de bouffable, avant de faire le tri sur le pont et de rebalancer 90% à la mer, pour garder qui les thons, qui les ailerons de requin et qui les morues, on repasse carrément au XIXème, celui où l’on partait en mer avec des cannes à pêche et des appâts, pour tirer de la flotte des poissons carnivores (thons, espadons, que sais-je, je crois que la morue aussi, à l’époque, se pêchait comme ça). Eh bien si j’en crois l’étiquette de SuperU, cette époque revient, et (ce qui me fait quand même douter un peu) ce n’est même pas plus cher que le thon « normal », celui qu’on sélectionne au milieu de tonnes et de tonnes de poissons comestibles mais rejetés morts parce que, ici et maintenant, c’est du thon qu’on pêche (quotas, etc).

 

Peut-être qu’un jour on renoncera même à l’heure d’hiver (héritage débile et contre-productif d’une période où, le pétrole renchérissant spectaculairement, il fallait bien annoncer quelque mesure elle aussi spectaculaire) ?

Je suis un optimiste prudent (donc caché).

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Le Poing sur la Chine

Posté par grosmytho le 7 décembre 2014

Je cherchais à retrouver ce graphique ! Bordel où l’avais-je vu ce graphique dont l’entrefilet explicatif expliquait exactement le contraire ! Celui où j’ai dû me frotter les yeux, incrédule, prendre ma calculette, me refrotter les yeux, et me rendre à l’évidence : ils nous mentent, ils nous mentent sans rougir ! Ils disent le contraire de la vérité, comme ça, avec naturel, comme si ça allait de soi ! Bref la pièce à conviction qui illustrait mes préventions contre la presse mainstream bien d’chez nous…

Bouleversant mes cartons où s’entassent papelards qui pourraient servir et vieux journaux, magazines poussiéreux et gazettes mangées aux mites, j’aboyai à Amandine de fouiller une fois de plus les internets à la recherche de quelque chose d’approchant.

Eh ben figurez-vous, ça n’arrive que dans les blogs, ces histoires-là, on a trouvé en même temps ! Poussant un rugissement victorieux en brandissant la coupure toute jaunie, j’entendais Amandine dans le salon qui glapissait d’excitation !

Bon, moi d’abord : observez ce graphique, intitulé l’Empire du Milieu lâche un peu de lest. Vous voyez comme moi que, de 8,25 yuans pour 1 dollar à 6,80 yuans, la monnaie chinoise s’est fortement appréciée vis-à-vis du dollar américain : de 21% exactement en 5 ans. Par rapport à l’Euro, c’est moins net puisque celui-ci aussi se renforçait sur cette période par rapport à la monnaie étasunienne.

Lisez maintenant l’explication, le « déchiffrage », puisque c’est ainsi que s’appelle la rubrique du cahier « économie » du Point de la semaine du 1Le Point 1jul2010er juillet 2010 : à en croire les économistes-déchiffreurs, le yuan n’aurait au contraire « cessé de se dévaloriser par rapport au dollar » ! Ce qui agace les Occidentaux, bla-bla-bla. Admirez un peu le tour de passe-passe ! Ce qui agace les Occidentaux, en réalité, c’est que la Chine ne saborde pas son économie en réévaluant d’un coup, brutalement, sa monnaie. Qu’elle choisisse de la réévaluer progressivement, pour accompagner en douceur le mouvement de modernisation de son industrie, voilà qui a le don d’ « agacer » voire même d’exaspérer les « Occidentaux » (en fait les Etats-Unis, qui souhaiteraient voir augmenter fortement le prix des babioles qu’ils importent à crédit par containers entiers et qu’ils n’ont de toute manière aucune intention de payer).

Amandine avait trouvé aussi ! Mais pas la même chose : Le Point aussi, la Chine aussi, mais dans un tout autre contexte. Le Point était condamné pour racisme antichinois suite à un article caricatural sur les pratiques des immigrants chinois en France. « L’humour n’est pas passé » aurait déclaré le rédac’-chef. Un argument recevable lorsque c’est un humoriste comme Zemmour ou Dieudonné qui se fait épingler ; un peu facile pour un « newsmagazine » hebdomadaire qui se veut sérieux.

Le point veut-il faire le point sur l’actualité ou entretenir les préjugés d’un autre âge? A quand une réédition des caricatures antichinoises de l’époque des guerres de l’opium?

chine G8

 

 

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Un centenaire bien mal en point…

Posté par grosmytho le 22 octobre 2014

impotsLes commémorations ont du bon : elles permettent de mettre le nez sur des choses auxquelles on ne fait pas attention normalement. En 2014, on commémore les 100 ans de la Grande guerre… et aussi de l’impôt sur le revenu !

Ce n’est pas anodin, de mettre    en place un truc pareil. Imaginez un peu : jusque-là, votre salaire était à vous. Pas épais, sans seuil minimal, mais au moins vous pouviez le boire en bonne conscience. Le produit de votre travail, la France était encore largement agricole, était maigre, peut-être, mais il était à vous. C’était pour ça qu’on avait fait 1789 : le droit de propriété, la fin des privilèges, l’abolition de la taille et de la gabelle. Dans la France des 200 familles, aux inégalités plus fortes qu’aujourd’hui, il y avait un impôt sur le patrimoine (la fameuse taxe sur les portes et les fenêtres). Mais le revenu était sacré ! La sueur de votre front ! En donner la moitié à l’Etat ? Pas fou, non ? Il aura fallu les Boches, les fleurs au fusil, l’ivresse patriotique pour instaurer ça.

Apparemment l’Etat y avait déjà un peu réfléchi. Lorsque les Allemands sont arrivés, la défense des frontières, pas prête, a été enfoncée, mais l’impôt sur le revenu, lui, il est sorti flambant neuf des cartons. Fin prêt à l’emploi !

augmentation des impôtsEt aujourd’hui, comment se porte-t-il, l’ancêtre ? Disons que ça ne va pas bien fort, mais il n’a pas l’air de vouloir casser sa pipe de sitôt. D’une part, tout le monde a admis qu’il est nécessaire et normal de verser à l’Etat une partie de son revenu, pour payer les routes et les écoles (de moins en moins) et rembourser la dette (de plus en plus).

D’autre part, l’IRPP (Impôt sur le revenu des personnes physiques), enjeu de toutes les batailles politiques, n’a cessé depuis cent ans de se complexifier. Tous les intérêts corporatistes, toutes les politiques natalistes, toutes les péripéties régionales ou sociétales ont laissé leur empreinte, sous la forme d’une loi ou au moins d’un décret d’application, dans le Code des impôts. D’une exonération, d’un abattement, d’un plafond, d’une déduction, d’une réintégration, d’une majoration différée, d’une décote, enfin bref d’une des centaines de petites conduites dérivées qui font la magnifique usine à gaz que nous connaissons aujourd’hui. L’Impôt sur le revenu est l’encyclopédie des revendications et des batailles catégorielles de ces cent dernières années.

impôts-hollandeProgressif dans son esprit, dégressif dans la réalité, vous lirez Piketty pour plus de détails. Progressiste dans ses intentions (l’impôt se veut redistributif), réactionnaire dans son essence (l’ « inquisition fiscale » qui frappe les classes moyennes). Je ne vous livre qu’un chiffre, celui qui m’a abasourdi. Excédé par tous les arguments de tous les tenants du moins d’impôt, fatigué par les jérémiades des tenants du « mieux d’impôt », je me suis procuré le chiffre de tous les revenus en France (salaires, dividendes, retraites etc) que j’ai divisé par la somme que l’impôt sur le revenu rapportait aux caisses de l’Etat. Tenez-vous bien, ça secoue : le taux moyen d’imposition, en France, toutes catégories de revenu confondues, est d’environ 4%.

déclarationComparez ça à ce que vous payez, et posez-vous les questions qui se bousculent forcément. Mais surtout imaginez : si l’on payait tous, chacun, qu’il pleuve ou qu’il vente, qu’on aime ça ou pas, 10% de ce que l’on gagne. Milliardaires, pauvres, sans distinction de race, de couleur de cheveux ou de quotient intellectuel. Raisonnable, non ? Et surtout, le produit de l’IRPP serait multiplié par 2,5. Elle serait pas belle, la vie ? 

Plus de casse-tête des déclarations ! Plus de jalousies de classe ! Plus d’accusations d’assistanat ! Et, cerise sur le gâteau: le budget de l’Etat, rééquilibré, recevrait les louanges mérités de Bruxelles…

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#Not in my name

Posté par grosmytho le 28 septembre 2014

Des fois je me demande jusqu’où dans l’absurde va se prolonger la glissade de l’inversion des valeurs… verra-t-on la courbe des valeurs se réinverser dans l’autre sens jusqu’à redevenir normale ?

Al#Not in my name dans Propagande la-grosse-manip-300x144ors que les fanatiques de l’EI égorgent un leur troisième victime en quelques jours, l’opinion occidentale semble devenir folle, décapitée elle aussi, on la voit courir comme un poulet sans tête et se heurter à tous les obstacles conceptuels.

Voilà qu’on demande aux musulmans de s’afficher avec le hashtag #Not in my name. Paradoxe bien taclé et souligné par Rue89, qui est pour une fois tout seul contre le flot de louanges et de la bien-pensance du reste de la presse mainstream. A quel niveau de racisme décomplexé sommes-nous tombés s’il faut désormais que les musulmans se désolidarisent publiquement de criminels décapiteurs ? Pas étonnant que Sarko se frotte les mains et parle de revenir ! Quels remugles agitent l’inconscient collectif s’il met dans un même sac l’épicier arabe du coin, l’étudiant algérien dans le bus, et les guerriers de l’EI ? Quelle crise de nerfs traverse le pays s’il croit que toute une partie de la population se réjouit secrètement de crimes qui révulsent la not in my namemajorité ? La dictature de l’opinion en est-elle déjà à exiger l’autocritique des musulmans de France ? Et que fera-t-on à ceux qui ne se prêtent pas à cette mascarade ?

Notre société est-elle si proche de l’explosion ? De la guerre civile ? Faut-il acheter des armes et stocker des vivres ? Ah non, vous voyez bien : les musulmans sortent dans la rue pour protester : ils sont, eux aussi, contre les décapitations. On respire ! Quel soulagement !

Mais… qu’est-ce qui fait qu’on ne respire tout de même pas si bien que ça ? Qu’est-ce qui reste quand même un tout petit peu oppressant ? Ne manque-t-il pas quelque chose à notre bonheur ?

not-in-my-name-what-300x170 drone dans SocioAh j’y suis. Les chrétiens. Quand verra-t-on apparaître des hastags contre les bombardements que nous déversons une fois de plus sur un pays musulman ? Quand verra-t-on les chrétiens de ce pays se réunir et protester, #Not in my name, contre l’usage belliqueux qui est fait de nos impôts ? Contre l’ingérence occidentale qui s’abat sans cesse sur ces pays et les maintient dans une guerre permanente, génératrice de terrorisme ? Irak, Libye, Syrie, mais aussi Afghanistan, Pakistan, Yémen…

slogan-incompris-300x200 guerreParce que bon, barbarie, horreur, abomination… je veux bien. Décapiter des gens, c’est pas sympa. Mais enfin, il s’agit de trois personnes décapitées par une poignée de fanatiques. En gros, trois faits divers. A mettre en perspective, peut-être, un tout petit peu, avec bientôt quinze ans de bombardements quotidiens dans ces pays. Une destruction méthodique, coûteuse, soignée, méticuleuse, pleine de sang-froid et d’ingéniosité scientifique, de tout, infrastructures, fierté nationale, liens amicaux et familiaux, absolument tout ce qui pourrait servir de terreau à un progrès quelconque dans ces sociétés. Que leur a-t-on laissé, en dehors du désespoir ? Que leur reste-t-il, sinon la haine enivrée de religion ? Derrière les discours larmoyants et les considérations sentimentales de nos grands prédicateurs, on ne cesse d’attiser des guerres civiles dans ces pays. Le survol constant des drones, le financement des milices extrémistes, et à l’occasion une petite opération de bombardement humanitaire. Prend-on seulement le temps d’imaginer quel doit être le ressenti sur place ? Et après on fait semblant de s’étonner que les guérilleros qui y prolifèrent soient de plus en plus méchants ? On proteste, la main sur le cœur, après avoir armé et financé ces mouvements ! On pousse de petits cris d’horreur et de dégoût comme si on n’y était pour rien !

iraq-demo-2003-300x187 LibyeAh oui le monde était terrible avec Saddam ! Kadhafi, quel salopard ! Oh et puis Assad, quel affreux jojo ! Mais depuis qu’on les a renversés, depuis qu’on a bombardé les villes et détruit les routes et les ponts, les gares, les ports, depuis qu’on a financé par l’intermédiaire du Qatar et de l’Arabie saoudite des mouvements islamistes, ces pays ont-ils fait beaucoup de progrès vers la démocratie ? Se sont-ils rapprochés de notre mode de vie et de nos valeurs ? Non ? Comme c’est surprenant…

Alors comme d’habitude on nous dit : la recette qui a tout envenimé va tout résoudre cette fois, suffit d’augmenter les doses ! S’ils deviennent fous dans ces pays, c’est parce qu’on ne les a pas suffisamment bombardés. CQFD.

#Not in my name

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Le Royaume Désuni

Posté par grosmytho le 20 septembre 2014

Resultat-EcosseLes Ecossais se sont prononcés : à 55% c’est non.

Dommage, serait-on tenté de penser. Le divorce semblait naturel entre l’Ecosse social-démocrate, scandinave de cœur, opposée aux guerres coloniales et assoiffée de protection sociale, et l’Angleterre à la mentalité anti-pauvres, sa financiarisation à outrance et sa volonté de participer à toutes les petites guerres victorieuses de l’allié Etasunien.

Avec une unanimité suspecte, tout ce que le monde compte de chefs, de dignitaires et de dirigeants s’était prononcé contre l’indépendance écossaise. Obama promettait des catastrophes, minaudait que l’Ecosse indépendante risquait de ne pas être accueillie au sein de l’Otan. Les poupées gigognes de l’UE avaient prévenu que l’Ecosse, en tant que pays neuf, serait jetée hors de l’Union et devrait suivre la procédure longue et humiliante réservée aux pays candidats… avec la quasi-certitude d’un veto de l’Espagne, du Royaume-Uni, de la Belgique.  David Cameron avait pour sa part prononcé des discours aussi insipides que larmoyants, alternant menaces et promesses pour essayer de faire changer d’avis ces irascibles voisiEu for indepns du Nord. Evidemment, avec tout ce beau monde engagé vent debout contre l’indépendance de l’Ecosse, il fallait s’attendre à des manœuvres peu reluisantes. CIA, NSA, MI5, d’autres encore, devaient être sur les dents pour discréditer les dirigeants indépendantistes, tenter de brouiller le message régionaliste, jeter le doute et le discrédit sur l’avenir de la Calédonie…

Immédiatement après l’annonce des résultats, j’ai demandé à Amandine de fouiller les internets à la recherche de nouvelles de manifs monstres, de soupçons de trucage des votes, etc. Il y a bien ici et là des vidéos youtube montrant des urnes bourrées et des surveillances relâchées ; mais c’est facile à mettre en scène ailleurs et ne constitue pas vraiment une preuve. J’avais rencontré (à Pékin !) des indépendantistes convaincus, et ils étaient enthousiastes et sûrs de gagner. Croyez-moi, s’il y avait le moindre soupçon de fraude, ceux-là seraient aujourd’hui sur les barricades, en train d’incendier des bus et de lancer des tomates sur la BBC. Mais non : il faut se rendre à l’évidence, les Ecossais sont sont désappointés, mais convaincus du résultat. C’est la gueule de bois et non l’indignation qui règne…

Que s’est-il passé?    yes

Pour moi c’est clair : les indépendantistes ont péché par manque de professionnalisme.

Et pourtant ce n’était pas évident de faire pire, dans la surenchère grotesque, que la campagne « Better Together ». Le mépris affiché de Cameron pour un référendum qu’il croyait gagné d’avance, puis ses promesses fébriles de dernière minute lorsque les sondages indiquaient que le Oui pouvait l’emporter, ont pu faire vomir l’Ecossais le plus loyaliste.

Mais ils ont pourtant réussi. independenceAlex Salmond (le chef du parti indépendantiste) est parvenu à dérouter son électorat en ne préparant aucune réponse à la question que tout le monde se posait : quelle monnaie pour l’Ecosse indépendante ?    

Lorsqu’on lui posait LA question, celle qui inquiétait tous les Ecossais, qu’ils soient pour ou contre, il répondait par des affirmations vagues et trahissait son manque de préparation. « On continuera d’utiliser la Livre anglaise, et advienne que pourra » qu’il avait balancé ! Cela alors que Londres clamait haut et fort qu’il n’en était pas question, que la banque centrale d’Angleterre s’y opposerait, etc. Alors que l’UE affirmait haut et fort que l’Ecosse devrait se passer de l’Euro ! Sur une question aussi capitale pour l’électorat, il était criminel de ne pas présenter un scénario, un schéma, un truc qui tienne debout. D’ailleurs l’analyse des intentions de vote le montre: ont voté massivement pour le Oui, les jeunes sans le sou, les étudiants, toutes ces racailles d’assistés au compte perpétuellement dans le rouge. Alors que les retraités, eux, ont eu un sursaut de dernière minute: qui va payer les retraites ? Et avec quoi ?

catalans

On nous dit maintenant que l’exemple écossais va donner des idées à la Catalogne ou à la Bavière ? Permettez-moi d’en douter : une bonne équipe de foot, un bon potentiel touristique et un accent régional ne suffisent pas à nourrir le combat pour l’indépendance. L’exemple écossais le montre : il faut beaucoup, beaucoup plus que ça pour faire une nation. Rendez-vous le 9 novembre à Barcelone !

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Les amis vs la famille

Posté par grosmytho le 2 septembre 2014

« On choisit ses amis, on ne choisit pas sa famille » – oui, enfin ça c’est le cas général : lorsqu’on se marie, lorsqu’on décide d’avoir des enfants, lorsqu’on divorce, on remodèle bien quand même sa famille suivant ses choix. A contrario, quand on est ami avec le parrain de la mafia, on n’a pas toujours le choix, il faut rester pote avec lui… ou aller nourrir les poissons.

Au niveau des Etats, c’est presque pareil. Je vous parlais récemment des choix déchirants à venir entre amis (d’outre-Atlantique) et famille (Russie) pour la France et l’UE. On y est.

Nos amis étasuniens qui n’ont pas d’intérêt économique en Russie (0,5% de leurs échanges) poussent l’Europe à plus de sanctions. Obéissante, l’UE obtempère. Mais à chaque tour de vis supplémentaire, cent articles se demandent plaintivement : « La Russie risque-t-elle de riposter ? Et si elle décrétait un embargo sur nos pommes, nos radis et nos choux ? Aïe, aïe, aïe ».mistral en travers

Nos amis russes, qui n’ont pas tellement la fibre de l’économie, sont moins naïfs que nous en termes de géopolitique. La presse chez eux s’étonne ouvertement de cette mitraille gros calibre que l’Europe semble décidée à s’envoyer dans le pied. Alors que leur pays, pressentant un coup de tabac, prend méthodiquement le rythme d’une économie de guerre froide. OK, certaines marchandises vont faire défaut, certains produits de luxe seront plus chers…   Faire ceinture ? Ils n’ont pas encore complètement perdu l’habitude.

Et ils ont aussi du répondant. Sans parler des mesures extrêmes, comme couper le gaz, il y a les petites mesures vexatoires. L’espace aérien russe nous sépare de nos marchés d’avenir, en Asie, pourrait se fermer. Les négociations laborieuses avec l’Iran ou la Syrie, ou la Corée du Nord, pourraient s’arrêter. Et puis la Russie, c’est quand même un gros débouché pour l’Europe (8,2% des échanges extérieurs de l’UE) et dans certains secteurs, comme l’agroalimentaire ou le tourisme, ça peut faire mal. Ou dans celui du spatial, où l’Euro-GPS vient de subir un sale revers à cause des Russes (l’ont-ils fait exprès ?).

Mais il y a pire.russia-wants-war-look-how-close-they-put-their-country-to-our-military-bases

Il y a les Mistral. Oubliez les indignations vertueuses de nos pucelles effarouchées « on ne peut pas livrer des armes à un pays en guerre ! ». Pipeau. D’abord, on le fait tout le temps. Deuxièmement, les armes (surtout les Mistral) sont en service pendant des décennies, qui peut garantir la paix sur une aussi longue période ?

Oubliez aussi les exposés pseudo-cartésiens de nos économistes diplômés : 3000 emplois, 1,6 milliard d’Euros, emplois induits, etc etc. Pipeau encore.

Le vrai problème, qu’a compris mais pas résolu Molasson 1er, c’est la crédibilité de la France en tant que partenaire géopolitique. Le Mistral, c’est le cas emblématique qu’observent tous les ministres de la défense de tous les pays, et qui va conditionner nos ventes d’armes pour les décennies à venir. Pas convaincus ? Je m’explique.

Lorsqu’on vend des systèmes d’armes complexes, on s’engage sur la durée : opter pour des Mistral ou pour des Rafale, c’est faire le pari que la France sera là pour les pièces détachées, pour les réparations et l’entretien, coûte que coûte, quelle que soit la situation (notamment en situation de crise). A chaque fois qu’un pays organise un appel d’offres pour des avions de chasse, au-delà du prix d’achat et du rapport coût-performance, ce qui importe c’est la viabilité du partenariat stratégique. Si le Brésil, l’Inde, d’autres encore, examinent nos Rafale, ce n’est pas pour leurs formes affutées ni pour leur prix tellement attractif. C’est parce qu’ils seront fournis par un pays, la France, qui n’est pas les USA, et qui sera moins susceptible que ces derniers d’utiliser le chantage (aux pièces détachées, voire pire) pour les contraindre à quelque nouvelle aventure militaire, à quelque deal économique foireux, ou que sais-je. affaires étrangères

Le cas des Rafale illustre bien la situation : si on n’arrive pas à en vendre un seul, c’est tout simplement parce que la France est perçue (par l’Inde, par le Brésil) comme un partenaire peu fiable, trop obéissant à Oncle Sam, trop susceptible de servir de courroie de transmission aux imprévisibles caprices de ce dernier.

Voyez ce que dit l’affaire Mistral sur notre offre en matériel militaire : un contrat signé par la France en 2011, avec acomptes payés rubis sur l’ongle, peut être remis en question sur un simple froncement de sourcils étasunien. Obama fait sa grosse voix, et voilà déjà qu’on pétoche et qu’on cherche des prétextes pour ne pas livrer à nos partenaires ce que l’on s’est engagé à leur fournir.

Quand on vend des armes, on vend bien sûr un produit, mais on vend aussi la politique étrangère qui va avec. C’est pour cela que la Russie a repris la seconde place sur ce marché, que la Chine progresse à grands pas, alors que la France voit ses positions traditionnelles s’effriter. (Attention, les estimations varient grandement d’une source à l’autre. Normal, pour des machins qui se négocient en secret. Mais bon, la tendance reste nette).

 

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Mon cher Vladimir,

Posté par grosmytho le 11 mai 2014

J’habitais à Moscou depuis déjà quelques années lorsque tu as pris le pouvoir en 2000. Je faisais partie de la petite minorité de gens qui étaient catastrophés par ta victoire. Et je reste convaincu que celle-ci était entachée de manœuvres particulièrement cyniques de la part des services secrets que tu dirigeais peu de temps avant. Des attentats utilisés comme prétexte à l’ « opération antiterroriste » en Tchétchénie etc.

Obama UkraineJ’étais à l’époque indigné par la rhétorique de guerre froide que tu déployais, par le serrage de boulons généralisé qui allait à rebours des progrès démocratiques de ton prédécesseur Eltsine. La presse démocratique n’avait pas de mots assez durs pour ton attitude de défi à l’Otan et aux « ONG de défense des droits de l’homme » que tu soupçonnais toujours de noirs desseins…

L’unité territoriale de la Fédération de Russie était ton obsession. Tu n’as pas hésité à organiser des massacres absolument épouvantables en Tchétchénie et ne cessais jamais d’indiquer, par des allusions transparentes, que le séparatisme de la « République d’Itchkérie » bénéficiait du soutien actif de mystérieuses puissances étrangères qui voulaient détruire la Russie. Ta paranoïa envers tout ce qui pouvait de près ou de loin ressembler à une ingérence étrangère primait sur tout. Ni la loi, ni le jeu démocratique encore hésitant, ni les libertés individuelles ne pouvaient à tes yeux exister s’il existait le moindre risque qu’ils puissent servir à accroître l’influence étrangère dans le pays. D’où tes campagnes impitoyables contre NTV (la chaîne de télé privée de Gousinski), contre certains oligarques rebelles (Berezovski, Khodorkovski), la censure impitoyable qui s’est abattue sur la presse, les limogeages, les élections truquées ou du moins « arrangées ».

Poutine Ukraine1 Poutine Ukraine2

J’étais scandalisé et je m’indignais. Quel cynisme, quelle paranoïa ! Alors que l’Ouest se réjouissait sous Eltsine des avancées démocratiques, qu’il encourageait comme il pouvait (investissements, ONG, relations diplomatiques, intégration au G8, etc), toi Vladimir tu me semblais le dernier des ingrats !

UkrainePourtant mes amis qui t’admiraient cherchaient à m’ouvrir les yeux : les avancées de l’Otan dans les pays de l’ex-URSS, violant la promesse faite à Gorbatchev en échange de la dissolution du Pacte de Varsovie. La guerre en Yougoslavie (ou plutôt contre la Serbie), malgré les vétos et les mises en garde de la Russie.

C’est au moment de la guerre en Géorgie (en 2008, donc) que j’ai pour la première fois pris la mesure du cynisme occidental envers ton pays. L’Occident démocratique n’hésite pas à fomenter des coups d’Etat et des soulèvements « populaires » dans les pays où passent ses intérêts pétroliers ou autres. Ni à lancer des opérations terroristes et/ou militaires dans des pays souverains tout en accusant les dirigeants en place des pires crimes. En dépit des protestations de la Russie comme en Libye ou en Syrie.russiasputininukraine

C’est à partir de là que j’ai commencé à tout reconsidérer : les révolutions colorées en Ukraine n’étaient pas si idéalistes que ça finalement. Les Timoshenko et Iouchtchenko, à qui l’Ouest avait forgé une image de petits angelots démocratiques, montraient leur vrai visage : celui de dirigeants mafieux occupés à dépecer le pays et désormais à s’entre-déchirer. L’Otan « non agressif » s’apprêtait à installer des batteries de missiles en Pologne et en République tchèque. A intégrer l’Ukraine et la Géorgie. A resserrer, comme un boa constrictor, son étreinte pacifique autour de la Russie…

Poutine Ukraine4Cette dernière crise ukrainienne a fait tomber les masques. On accuse la Russie de « masser des troupes sur son propre territoire proche de l’Ukraine », tandis qu’agents de la CIA, secrétaires d’Etat, agitateurs béhachéliens et personnels militaires étasuniens s’y ébattent en toute quiétude ! Des « observateurs de l’OCDE » se révèlent en fait être des conseillers militaires ! Un putsch organisé et soutenu de l’étranger nous est vendu comme une avancée démocratique, alors que des referenda tenus localement sont quasiment considérés comme des crimes de guerre ! La machine de propagande occidentale, d’habitude si habile à habiller d’oripeaux humanitaires d’inqualifiables ingérences armées a cette fois connu des ratés. Elle est tombée sur un os et révèle ses peu avouables mécanismes !

Poutine Ukraine3

Le Monde titre « Entre apaisement et démonstration de force, à quoi joue Poutine ? ». Il joue à défendre l’intérêt de la Russie contre les agissements violents et illégaux de l’UE et des USA en Ukraine.

C’est toi qui avais raison, Vladimir. Pas sur les homos, pas sur le contrôle des médias. Mais sur la géopolitique. Le monde occidental est en guerre contre ton pays et ce dernier ne peut avoir de priorité plus haute que de sauvegarder coûte que coûte sa souveraineté et son indépendance.   

Une position d’ailleurs énoncée avec clarté, même si elle est un peu longuette (pour faire la place à tous les arguments, citations, références au droit international et comparaisons historiques), dans ton discours du 18 mars devant les deux chambres du Parlement russe. Le Monde et Marie Jégo (qui certainement dormait) n’y ont vu que « mise en scène du triomphe » et des « salves anti-occidentales », là où en fait il y avait a) un cours magistral de géopolitique qui met l’Occident devant ses contradictions ; b) un rappel des faits qui mentionne les agissements irresponsables et illégaux des puissances occidentales en Ukraine ; c) des assurances formulées sur l’avenir  de la Crimée et des relations avec l’Ukraine ; d) un appel aux Occidentaux à respecter le droit international, assorti il est vrai d’une mise en garde tout de même assez modérée.

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Obama, Hollande et les bastonours

Posté par grosmytho le 10 avril 2014

Hollande et Obama nous le promettent : cette fois, trop, c’est trop ! Poutine est allé trop loin, il va s’en mordre les doigts ! On va enfin découvrir cette fermeté chantée par les poètes épiques, si habilement dissimulée jusqu’ici par Molasson 1er et Barack-le-compromis-bipartisan.

Comme tous les grands mollassons, ils choisissent pour leur inattendu coming-out l’adversaire le plus redoutable, le plus féroce, le plus dur, le plus impitoyable. Poutine, vraiment ? Avouons qu’ils ne manquent pas d’air, nos apprentis-Matamore ! On aurait pu croire qu’ils allaient commencer par s’entraîner sur quelque roitelet africain, sur quelque dictateur chauve et édenté du proche-Orient, sur le dirigeant inexpérimenté d’un pays facilement contournable. Mais non ! Quelle n’est pas la surprise de leurs aficionados qui voient leurs deux picadors favoris descendre dans l’arène dans leur costume de lumière, pour attraper par les cornes le toro le plus retors, le plus féroce et le plus expérimenté. Ils jouent leur va-tout.Russie crimée

Désolé, malgré tout mon patriotisme occidental, je ne mise pas sur le duo de clowns contre la bête féroce.

Washington a mis en garde contre la violation du droit international que constitue le référendum en Crimée. « Le référendum sur l’avenir de la Crimée viole la Constitution ukrainienne et le droit international. Toute discussion sur l’avenir de l’Ukraine doit inclure le gouvernement légitime » du pays, a affirmé Barack Obama lors d’une brève intervention à la Maison Blanche. Légitime ? Un gouvernement composé dans l’urgence des coups de feu, un gouvernement qui fait plus de place aux vœux de la diplomatie étasunienne qu’à ceux des Ukrainiens ?

Crimée

Désolé, cher Barack : l’Ukraine ne possède pas aujourd’hui de gouvernement légitime. Dans ces conditions, chacun des peuples & territoires qui la composent doivent réfléchir, pacifiquement, aussi démocratiquement que possible, à leur avenir.

Les appels des Etats-Unis ont ceci de particulier qu’ils reviennent toujours à réajuster les principes du droit international aux intérêts des USA contre ceux de ses rivaux, en particulier de la Russie, de la Chine, de l’Iran, du Venezuela, des pays arabes : du reste du monde, quoi. Dans le cas de la Yougoslavie, l’urgence était de découper le pays en petites républiques indépendantes (91-00). Dans la crise géorgienne (2008), au contraire, il était capital de conserver le pays intact. Dans le cas du Soudan du Sud, il fallait partitionner (2010 ?). Cette fois en Ukraine, le mot d’ordre est à nouveau l’intégrité territoriale. Et à chaque fois, c’est au nom du droit international. Pourquoi ?

Le droit international comprend deux principes potentiellement contradictoires : il y a d’un côté le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes et d’un autre l’inviolabilité de la souveraineté nationale. Le droit des gens, et le droit des Etats.

Lorsque ces deux principes cohabitent, tout va bien : le peuple x vit heureux dans les frontières du pays x et l’Etat se charge, dans le respect le plus absolu des droits de l’homme et du citoyen, de faire respecter la souveraineté et l’indépendance nationales.

Crimée 1945 2014Malheureusement, ce cas est relativement rare. Dès que cohabitent plusieurs peuples aux langues et aux cultures différentes, dès que des minorités veulent faire entendre une différence, ces deux principes entrent en conflit. Un conflit potentiellement violent.

Ces principes se contredisent dans de nombreux pays : minorités aspirant à l’autonomie, voire à la sécession ; mouvements révolutionnaires (terroristes/résistants) réprimés ou tolérés par les autorités en place ; minorités privées de territoire lorgnant vers un rattachement aux minorités du pays voisin. C’est indémerdable si les populations sont mélangées ; c’est explosif si elles sont concentrées dans différentes parties du territoire.

Le problème n’est pas le droit international (qui comprend les deux principes) mais son interprétation. Lequel des deux doit prendre l’ascendant sur l’autre ? Privilège de la domination médiatique : la réponse est toujours fournie par les USA, en fonction de leurs intérêts ; réponse reprise en chœur par leurs alliés occidentaux. C’est pour cela que l’on a eu la partition de la Yougoslavie, puis de la Serbie (alliés proches de la Russie), celle du Yémen, celle du Soudan, etc. Si au contraire c’est une partition qui arrange la Russie, on entonne le chant de « l’intégrité territoriale », comme avec le cas de la Crimée.

Ce serait drôle si ce n’était pas si tragique : les pays occidentaux doivent leur belle unité territoriale à mille ans de guerres et de génocides qui ont uniformisé les peuples et redessiné les frontières. D’autres pays plus récents n’ont pas cette « chance » : leurs frontières encore fraîches n’ont pas eu le temps de cicatriser. Elles traversent des territoires et des régions ethniquement semblables, ignorent des minorités locales, méprisent des réalités incontournables sur le terrain. Le processus qui nous paraît si inacceptable chez les autres se produisait chez nous voici à peine quelques décennies. Il s’agissait des fameuses « heures sombres » de notre histoire. Si sombres qu’on a parfois du mal à croire qu’elles ont réellement existé…

La Crimée devait bientôt être rebaptisée: avec les larmes et les trémolos qu’elle suscite, on va l’appeler désormais la Lacrymée.

 

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