Crimée : tous à poil !

Posté par grosmytho le 18 mars 2014

C’est le printemps, il fait beau, et on a envie de chanter, avec JF Copé : tous à poil ! A poil l’Ukraine ! A poil l’UE ! A poil les USA ! A poil la presse !

crimea

 

L’aventure criméenne est un test en plusieurs dimensions.

Test avant tout pour l’Ukraine : son aptitude à évoluer vers la démocratie. Depuis son indépendance c’est le pays d’ex-URSS où l’expérience démocratique était la plus profonde mais aussi la plus chaotique. Contrairement aux pays baltes qui ont pris le pli assez facilement et sans grosses déconvenues, de l’intégration-éclair dans l’Otan à l’intégration dans l’UE, voire même pour l’Estonie et la Lettonie l’adoption de l’Euro. Contrairement aux « stans » (Kazakhstan, Kyrgizstan, Ouzbékistan, Turkménistan, Tadjikistan) qui ont tous opté pour des formes de dictature assez dure et généralement peu éclairée par les anciens chefs du PC régional reconvertis au capitalisme autocratique. Comme en Russie, en Arménie, en Géorgie, la démocratie se cherche en Ukraine. Il y a des germes et il y a des rechutes. Des élections généralement entachées de fraude et de coups de théâtre, des bagarres au parlement, les populismes toujours à fleur de peau. C’est un test d’aptitude de l’Ukraine à l’indépendance politique (envers la Russie, mais aussi l’Otan, l’UE), économique (gaz, aide internationale). Un test d’aptitude de l’Ukraine à cicatriser ses blessures territoriales et à reprendre une vie équilibrée après.

Un test pour la Russie. Oubliez ces histoires de minorités menacées : en Russie comme en Crimée, les deux minorités les plus importantes sont les Ukrainiens et les Tatars. Ces gens cohabitent depuis des siècles, en Russie, en Crimée, en Ukraine. La langue non plus n’est pas le problème : tous parlent russe (mais se réclament de cultures nationales différentes). Les questions sont autres. La Russie réussira-t-elle à intégrer rapidement la Crimée avec laquelle elle n’a pas de frontière terrestre ? Que se passera-t-il à Kharkov et à Donetsk ? Où passe réellement la frontière entre les peuples de Kiev et de Moscou ?

Sur ce test s’en greffent d’autres. La Crimée nous ramène à une véritable conférence de Yalta. La Russie vient à nouveau de gagner un coup de poker (après l’affaire géorgienne en 2008, après le sauvetage in extremis de la Syrie en 2013) : elle renaît donc en grande puissance capable de défendre ses intérêts contre la volonté d’une communauté mondiale soudée. L’Occident va-t-il prendre acte de ce changement et accepter la Russie comme acteur incontournable ? Ou va-t-il (comme c’est apparemment le cas aujourd’hui) la ranger dans la catégorie des Etats-parias contre lesquels on empile sanctions et menaces (Cuba, Corée du Nord, Iran, Syrie, Chine etc) ? Ces Etats que l’on n’ose pas attaquer militairement et contre lesquels on défoule une vertueuse et permanente indignation ?

L’Occident va devoir réévaluer la place de la Russie dans les affaires du monde, et cela peut conduire à une forme de découplage. Les USA vont sûrement refuser de prendre en compte les intérêts de la Russie en Europe de l’Est et continuer d’avancer leurs pions avec l’Otan : Kiev est la prochaine pièce à prendre sur cet échiquier. Mais l’Europe va retrouver ses choix déchirants d’autrefois entre amis (d’outre-Atlantique) et famille (Russie). Fin de la leçon d’anglais : on retrouve les réalités du gaz, des marchés en croissance, des opportunités de coopération technologique, militaire et même politique. L’Allemagne a la première compris cela – elle ne votera pas les sanctions.

La presse occidentale va elle aussi devoir évoluer ! Notre presse n’est libre que dans les limites qui vont de l’atlantisme modéré à extrême. Dans le cas de la Crimée, on l’a vue hésiter ; le challenge propagandistique était trop gros. Lisez les articles du Monde, et ensuite déroulez les commentaires : quand la ficelle est trop grosse, les contradictions trop évidentes, le public ne suit plus. Poutine n’est pas Hitler, les Criméens ne sont pas les Sudètes, un référendum n’est pas un crime contre l’humanité. Allons plus loin : les inquiétudes étasuniennes ne sont pas démocratiques mais géostratégiques ; le gouvernement putschiste de Kiev largement coopté par Washington n’est pas légitime ; la lumière doit être faite sur ces mystérieux snipers qui tiraient sur la foule et sur la police sur la place Maïdan.

Le cas criméen braque le projecteur sur les contradictions du monde occidental qui se voit toujours en chevalier blanc démocratique, parce que soudain les rôles sont renversés. C’est la Russie qui intervient et l’Occident qui se trouve face au fait accompli. Le droit des peuples à l’autodétermination fonctionnerait pour tous (l’Ecosse prépare un référendum en septembre), sauf lorsqu’ils choisissent la Russie ? L’intervention militaire dans des pays souverains serait toujours morale (Yougoslavie, Irak, Afghanistan, Libye, Mali, Centrafrique, la liste est trop longue) et légitime, sauf quand c’est la Russie ?

Aujourd’hui la Russie, demain la Chine, après-demain le Brésil et l’Inde : le monde est redevenu multipolaire. La réunion du G8 de Sotchi ne sera pas annulée : elle va servir de nouveau Yalta.

 DERNIERE MINUTE: le dossier le plus détaillé à lire pour ceux qui veulent vraiment comprendre la situation ukrainienne est là avec texte, vidéos, infographies et tout.

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Le jihad de François est illégal, finalement

Posté par grosmytho le 9 mars 2014

Le tribunal correctionnel de Paris vient d’envoyer en prison 3 jeunes hommes interpellés à l’aéroport de St Etienne alors qu’ils prenaient le chemin de Damas.

Hollande qatar On comprend ce jugement du point de vue de l’émotion générale et des craintes suscitées : volonté de décourager les velléités jihadistes parmi les désœuvrés de l’Hexagone, volonté de montrer après la calamiteuse affaire Merah que l’Etat désormais suit, prévient, surveille et sévit. Du point de vue juridique, il est simplement aberrant. Il punit une intention, un crime qui n’a pas été commis, sur la foi de preuves bien maigres (visite de sites « faisant l’apologie de la violence »…).hollande jihad

Finalement, Youssef, Salah-Eddine et Fares vont en prison pour leur état d’esprit (« radicalisés » par la « propagande islamiste »)… qui était aussi celui de François Hollande ! Rappelez-vous, notre belliqueux Don Juan voulait, entre deux saillies officieuses rue du Cirque, aller punir Bachar El Assad et soutenir la guérilla islamiste qui met la Syrie à feu et à sang !

Dans les pays (France et Royaume Uni surtout) qui se sentaient des fourmis dans les jambes, c’est désormais l’alerte maximale : apparemment des centaines de jeunes s’embarquent pour le jihad syrien. La crainte est qu’ils en reviennent aguerris, endurcis, rompus à la clandestinité. Et se lancent dans un jihad européen… Comme quoi, en géopolitique comme dans les affaires familiales, on gagne à s’occuper de ses fesses plutôt que de celles de la voisine.

François l’Infidèle a eu de la chance de tourner casaque à temps ! Radicalisé lui aussi par ces sites internet de propagande atlantiste qui diabolisent Assad, mais privé du soutien de son ami Barack, il a finalement décidé de renoncer à son projet de jihad sur la Syrie. Bien lui en a pris !Jihad africain

On imagine que sinon il serait en train de croupir en prison avec ses jeunes collègues…

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L’Ukraine – le test de nullité pour Obama et Hollande ?

Posté par grosmytho le 6 mars 2014

Certains admettent presque, à contrecœur et du bout des lèvres, que Poutine n’a pas tiré un coup de feu en Crimée.

Et puis bon, quand la Russie parle d’intérêts stratégiques pressants, c’est un peu plus convaincant, non, qu’Obama  qui nous sort la même tous les ans ? Un coup c’est sur les différents entre la Chine eukraine 2t Taïwan, un autre sur le Tibet ou le Yemen, puis sur le conflit entre Soudan du Nord et du Sud, après entre le Pakistan et l’Afghanistan ? Il a vraiment des intérêts vitaux partout, çui-là ?

Comme Hollande au Mali, en Centrafrique, au Niger ? Vitaux, vraiment, les intérêts ?

Madame Merkel rapporte sa conversation avec Poutine à Obama en disant « Il a perdu tout sens des réalités, il vit dans son monde… ». Remarque intéressante !

En fait, le monde réel est tout autour de nous, à nos portes, et nous, les Occidentaux, vivons dans une sorte de fable éducative made in Hollywood. Nous au moins, quand on bombarde humanitairement des pays lointains, c’est bon pour la démocratie ! Pas comme ces salauds de terroristes ! Des gens se retrouvent pris sous les décombres de leur immeuble, d’autres sont soudain menacés de mort par des islamistes sponsorisés par la liberté importée par nos amis Saoudis et Qataris … mais au moins, c’est pour la bonne cause ! Histoire d’aider le processus démocratique, on balance quelques missiles Hellfire par-ci par-là ! Sur la foi d’algorithmes qui n’établissent même pas l’identité de la cible !ukraine

C’est la technologie de la lasagne Findus appliquée à la politique étrangère : délocaliser le sale boulot à des partenaires étrangers, garder le marketing et la vente. La boucherie aux mains propres. En Syrie, au Mali, en Libye, en Centrafrique, on finance des groupes séparatistes et terroristes pour la partie sanglante, en gardant le marketing/ la télé/ les soldats héroïques. On distribue les bons points, on désigne les gentils et les méchants, des spots télévisés expliquent sous couvert d’info la nécessité d’une intervention…

C’est le bordel en Ukraine. Poutine, qui vit dans le monde réel, prend des mesures pragmatiques : manœuvres militaires dans le sud, sécurisation du territoire de la Crimée (où se trouvent ses bases navales et une population ethniquement russe qui l’accueille avec ferveur), présence sur le terrain… Pas des bombardements de drones : des soldats sans étiquette qui gardent les points stratégiques, aéroports, ports, gares, croisements, pour éviter les débordements. Pas de victime collatérale : juste une présence armée et organisée contre le chaos et l’hystérie ambiante. Même pour ceux qui ne sont pas forcément enthousiastes à l’idée d’être rattachés à la Russie, ça doit être rassurant en ces temps de panique démocratique, quand on-ne-sait-pas-trop-qui prend le pouvoir, on-ne-sait-pas-trop-comment ni pour combien de temps.

ukraine_3Dites-moi ce que vous en pensez : avec les dernières infos qui tombent (les mêmes snipers qui ont tiré sur la foule ET sur la police à la place Maïdan, le référendum en Crimée prévu pour le 16 mars), l’intervention de Poutine paraît de plus en plus claire, carrée, réfléchie. Plus constructive en tout cas que les stupides trémolos démocratiques de l’UE, ou que les menaces de Monsieur le Nobel de la Paix avec ses drones humanitaires … et son caniche Hollande qui promet des « sanctions » (après les « punitions » pour Assad) ! Ah bon on va se passer du gaz russe ? Ah bon les agences de notation vont punir la Russie ? Gageons que Poutine tremble dans ses braies !

Le plus drôle, c’est quand Obama en appelle au droit international ! Le coussin sur lequel il s’assied si confortablement d’habitude. Une fusillade sur la place centrale, un putsch qui renverse un président (antipathique, certes, mais élu), un nouveau gouvernement sorti d’un chapeau qui fait une large place à des extrémistes suprémacistes armés, qui refuse d’enquêter sur la fusillade, tout ça c’est ‘conforme à la constitution’. Mais que le parlement de Crimée organise un référendum, là c’est quasiment un crime contre l’humanité ! Soyons sérieux.

Sans aller jusqu’à dire que le président russe a raison d’occuper militairement la Crimée, reconnaissons qu’il la joue responsable et pragmatique là où les dirigeants démocratiques paraissent contradictoires et hystériques. Ils ont sponsorisé le bordel sous prétexte de démocratie et maintenant ne savent pas quoi en faire. Ils ont fait miroiter l’association mais sans l’intégration à l’UE, la démocratie mais sans le financement, l’amitié mais sans engagement. Poutine, lui, a observé le désordre qui se formait et en a tiré les avantages qu’il a pu trouver.

Ça a fait comme pour l’Iran avec l’invasion US en Irak. Ou comme le Pakistan avec l’invasion US de l’Afghanistan. Le grand frère trouve son intérêt lorsque l’inspecteur Harry vient semer la pagaille chez son rival de toujours.

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Le nouveau service de Google

Posté par grosmytho le 1 mars 2014

« Une Américaine agressée parce qu’elle portait des GoogleGlass » titre Bigbrowser. Parce qu’elle les portait ? Ou parce qu’elle les utilisait sur des inconnus dans un bar ? Cet incident indécent soulève toutes les questions de ce début de siècle. Les possibilités techniques augmentent les pouvoirs des personnes et obligent à redéfinir les frontières entre droits et devoirs. google-glass-banned-sign

Imaginez qu’on puisse acheter et piloter un exosquelette métallique d’une puissance et d’une rapidité telles que vous risquez de tuer quelqu’un à la moindre fausse manœuvre. Il faudrait réglementer leur usage, encadrer leur vente et leur entretien, etc. Tiens, justement ça existe déjà : la voiture. Le code de la route, le permis de conduire. La gendarmerie, les alcootests, les radars automatiques.

Joy-of-Tech-Glass-vs-iWatchÇa va faire pareil avec les caméras et les Google glass. On a le droit de filmer dans les lieux publics : ça semble logique. Vous êtes touriste, vous filmez la rue, les monuments, vous-même dans un bar etc. A priori personne ne conteste. Petit distinguo tout de même : la loi parle de sujet principal et de sujets secondaires. Vous filmez la cathédrale, un quidam traverse le parvis, OK. Vous suivez ce quidam avec votre caméra dans les rues pour voir où il va, qui il rencontre, où il habite : pas OK.

L’idée de base, c’est que la rue est à tout le monde. Les gens s’attendent à être vus et éventuellement photographiés. Ils sont habillés et se comportent normalement. Quid dans un bar ? Bourrés, en train de chahuter avec leurs potes ? En train de draguer extra-conjugalement ? Au karaoké, en train de chanter faux ? Il y a des situations limite où on veut bien être vu mais pas filmé par des tiers. Mais il n’y a pas de mécanisme pour l’empêcher. On va dire que cela relève de l’appréciation de chacun.

Ce qui est interdit clairement, c’est la diffusion publique payante. Le droit à l’image, retrouver les quidams pour leur faire signer une autorisation de diffusion, les cinéastes amateurs ou professionnels connaissent bien ça. Photos de manifs, d’accidents : c’est le droit d’informer qui prend le dessus sur le droit à l’image.

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La vraie question, celle qui n’est pas résolue apparemment, c’est la diffusion gratuite. Autorisée ? Interdite ? Qui va empêcher et contrôler la mise de ces vidéos sur Facebook et sur Youtube ?  Le désagrément d’être vu bourré ne justifie probablement pas le fait de passer sa vie à traquer l’apparition de LA vidéo sur internet (d’autant qu’on a chacun quelques dizaines de cas où…). Donc il faut vivre avec ? Apparemment c’est une nouveauté qui ne plaît pas à tout le monde : la fille aux GoogleGlass illustre le cas d’école. Elle filme des gens, les gens lui demandent d’arrêter, l’agressent verbalement, elle poste la vidéo sur internet. Tout en se posant en victime d’ « agression », elle leur donne finalement raison : elle était bel et bien en train de les filmer, et elle a bel et bien posté le film sur internet, sans leur consentement.

Ça va finir comme avec la voiture : avec la généralisation des GG, les altercations de ce type vont disparaître du fait de l’égalisation des pratiques. Une fois que tout le monde filmera, plus personne ne s’indignera. Les gens non équipés seront comme les piétons d’aujourd’hui : on leur ménagera un territoire-alibi, des « trottoirs numériques » et des « cyber-passages cloutés », zones d’ombre où ils pourront se réfugier.  Des cas limite seront définis (relations sexuelles ? exhibitionnisme ? propos racistes ?) et des amendes seront fixées pour leur diffusion. Et puis la main invisible va vous caresser dans le sens du poil : des agences de gestion de votre image numérique vous proposeront leurs services. Vous signez, elles filtrent le net en permanence pour trouver les vidéos compromettantes de vous, elles engagent les procédures, récoltent les amendes et vous en reversent (ou non) une partie…

La protection de votre vie privée : le nouveau service de Google ! Ça va s’appeler GoogleParadox©.

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Le pacte du choc de la simplification compétitive

Posté par grosmytho le 15 février 2014

On simplifie tellement qu’il y a de quoi être choqué ! Le « pacte » de François Hollande et du Médef est tout bonnement incroyable. L’Etat renonce à 100 milliards d’Euros sur 5 ans, tandis que le patronat (« l’offre ») s’engagerait, peut-être (mais qui, juridiquement ?) à créer 1 million d’emplois.

en direct

100 milliards pour 1 million : 100 patates par emploi créé ! Apparemment ça va être des emplois dorés sur tranche ! Même en comptant les cotisations (pardon, les « charges ») et les impôts (les « confiscations »), 100 000 balles par emploi, ce n’est plus de l’emploi aidé, c’est carrément de l’assistanat caractérisé. Evidemment, ça dépend sur quelle durée c’est calculé. Si on reste sur la période de cinq ans du départ, ça fait 20 000 Euros par an et par chômeur embauché. Un peu chère, non, cette « politique de l’offre » ? Pourquoi donner tout cet argent aux patrons ? A ce prix, c’est l’Etat qui pourrait embaucher directement, au moins on serait sûr du résultat. Alors que là…

En fait, c’est le dogme reaganien bien connuhollande-gattaz-obama des « trickle down economics ». Donnez encore plus de fric aux riches (non pardon aux « créateurs d’entreprise et donc de richesse »), ils consommeront encore plus, et au final, c’est l’homme de la rue et le chômeur qui vont en bénéficier. Les résultats de la politique reaganienne (« reaganomics ») sont débattus jusqu’à aujourd’hui. Ses admirateurs soulignent qu’il a fait baisser l’inflation et réduit un peu le chômage (pas de beaucoup : de 7,1 ils sont passés à 5,5%, mais avec des pics sporadiques à 10%), que son « choc de confiance » a donné un coup de fouet à l’investissement et fait reculer un peu la pauvreté. Mais ses détracteurs pointent l’endettement de l’Etat, qui a bondi de 997 milliards à 2,5 trillons de dollars, une augmentation jamais vue. Comme toujours : sur les 1500 milliards dépensés, quelques millions ont finalement bénéficié aux pauvres…

Le résumé de Gros Mytho : Oncle Sam a boosté spectaculairement l’économie avec des dollars fraîchement imprimés. Une recette qui a été reprise par ses successeurs (les républicains un peu plus que les démocrates), et qui approche maintenant de son inéluctable conclusion : la faillite.

François Hollande a-t-il raison d’imiter Reagan ? Je crois le pari risqué.

socialiste-hollande-Pierre-Gattaz-patronD’abord parce que Hollande n’a pas le charisme de Reagan. On peut réellement parler d’un « choc d’optimisme » avec la rhétorique reaganienne : son approche, très discutable d’un point de vue rationnel, a indiscutablement impressionné son auditoire. Le « grand communicateur » peut se vanter d’avoir enthousiasmé une grande partie de ses ouailles et suscité un regain de confiance. Le contraste avec notre Hollande hésitant, « mou », empêtré dans ses histoires de famille, ne pourrait pas être plus grand.

Ensuite parce que la planche à billets est une recette réservée aux USA. La France ne peut pas imprimer des signes monétaires et asseoir dessus une soudaine expansion économique. Même si on revenait au Franc, imprimer de la monnaie en quantités excessives ne servirait qu’à miner la confiance internationale et au final au collapse et à l’hyperinflation (un phénomène qui attend nos amis d’outre-Atlantique à moyen terme)..

 

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Les 4 vérités qu’on ne dira pas à Obama

Posté par grosmytho le 24 janvier 2014

Qu’un responsable politique s’envole pour la Chine, et la presse française lui imprime systématiquement une feuille de route : « Tibet, droits de l’homme, yuan sous-évalué, prisonniers politiques, vous devez dire à Xi Jinping ses quatre vérités ». La Chine est menaçante, la Chine est agressive, la Chine est dangereuse : la presse française instruit en permanence contre la Chine le procès qu’elle n’ose pas faire aux USA.

Caporal Pieds dans l'platLe 11 février, c’est un François Hollande à la situation sentimentale clarifiée (espérons) qui s’envolera pour les Etats-Unis. Voici les quatre vérités que François Hollande doit dire à Barack Obama. Pour que la France reste un allié inconditionnel des Etats-Unis, il faut que ce pays :

Renoue avec le respect du droit international. Depuis 2003 et l’invasion de l’Irak qui s’asseyait sur les résolutions de l’ONU, la politique étrangère des Etats-Unis semble avoir complètement occulté ce paramètre. Décomplexé par sa supériorité technologique et son prix Nobel, le pays multiplie les bombardements humanitaires et les frappes chirurgicales dans des pays souverains. Quand la Chine rappelle au monde le principe de non-ingérence, on s’indigne et on crie au cynisme. Comme si les aventures militaires occidentales de la dernière décennie avaient permis, au moins parfois, au moins partiellement, de rétablir la paix civile dans les pays visés ! A chaque fois, le volontarisme humanitaire affiché a précipité une catastrophe que les civils continuent de payer dix ans plus tard. Il est temps pour nos alliés de tirer les leçons de ces échecs et de ramener leur politique internationale dans le giron de la légalité.

Respecte les Droits de l’homme. La victoire du candidat Barack Obama, juriste, spécialiste du droit constitutionnel, avait suscité bien des espoirs pour la cause des droits de l’homme aux Etats-Unis. Il allait mettre fin au scandale des prisons extra-territoriales, des enlèvements et des détentions arbitraires, peut-être même au scandale d’être le seul pays démocratique pratiquant la peine capitale. Malheureusement, la réalité est juste à l’opposé. En 2011, le président Obama a prorogé pour une période de quatre ans le tristement célèbre Patriot Act qui autorise les détentions arbitraires et que dénoncent toutes les ONG de défense des droits. Il vient de prendre une position plus que lénifiante sur le scandale PRISM et les écoutes systématiques aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays, de dirigeants alliés aussi bien qu’ennemis. Ici encore, le charisme du président nobélisé, son habileté rhétorique, masquent et justifient des pratiques indiscutablement illégales.

Cesse de manipuler le dollar. C’est bien l’imprudence monétaire des Etats-Unis et non le yuan manipulé qui menace la finance mondiale d’une crise sans précédent. On est passé très près de la catastrophe en 2008-2009, et rien n’a été fait depuis pour réduire les risques. Les Etats-Unis ont décuplé leur production monétaire au lieu de chercher à réduire leur déficit. Résultat : un endettement record qui ne sera jamais remboursé et des échanges internationaux libellés en assignats. Le jour où les USA feront défaut, un tsunami monétaire aux conséquences encore imprévisibles s’abattra sur le monde. N’attendons pas la catastrophe pour sortir de la logique « le dollar, c’est notre monnaie et votre problème ». Il faut trouver enfin des solutions équitables au niveau mondial. Yes we scan

Renonce à persécuter les whistleblowers. En 2007, le candidat Obama avait invité les personnes qui en avaient connaissance à s’élever contre les actions illégales de l’administration. Dénoncer les errements de son pays pour qu’on puisse y remédier, c’est une façon positive d’être patriote. Et pourtant Manning, Snowden, Assange, tous ceux qui se sont indignés des violations par les Etats-Unis de leurs principes fondateurs sont désormais recherchés ou emprisonnés pour trahison, comme les dissidents et les activistes politiques le sont dans des pays non démocratiques.

Il ne s’agit pas de diaboliser les Etats-Unis ni d’en faire le Grand Satan. Ce grand pays et cette grande démocratie ont un rôle éminent à jouer dans le concert des nations. Mais notre allié d’outre-Atlantique jouera d’autant mieux sa partition qu’il aura pris le temps de réaccorder un peu son piano.

Ces principes de liberté, de légalité, d’équité, ont fait sa force et la nôtre. Ce sont ces principes qui donnaient au camp occidental son autorité et son aura auprès des pays en développement. Il est à notre portée de renouer avec eux.

Voici ce que François Hollande ne dira pas à Barack Obama. Mais il va sans doute s’expliquer sur le scandale Closer.

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Crucifiez Snowden !

Posté par grosmytho le 18 janvier 2014

Internet remplace la religion : désormais c’est vers Google que se tournent les gens pour résoudre leurs problèmes et trouver des réponses à leurs questions. Comme le curé du village, Facebook collecte les confessions des pécheurs et organise les groupes de catéchisme. Amazon essaie de monopoliser le Livre, YouTube de le mettre en images. D’autres acteurs essaient de connecter les objets qui vous entourent, font la promotion d’une vidéosurveillance toujours plus totale, organisent la collecte et l’exploitation de vos métadonnées. On suit à la trace vos portables. On stocke les copies de tous vos e-mails, on connaît tous vos contacts. Dans certains pays, on analyse vos données pour décider si vous devez ou non être frappé par un drone. Chaque jour renforce un peu l’omniprésence d’internet, et on sait aujourd’hui que ses adeptes auront la vie (numérique) éternelle. snowden-demande-asile-r

Internet n’est pas humain : invisible, silencieux et omniscient, il vous suit partout. C’est Yahvé ! Il ne dit rien mais vous juge, il sait quand vous vous masturbez, et il sait que vous avez menti sur votre âge et vos qualifications lors de l’entretien d’embauche.

Dieu-Internet a envoyé son fils sur terre. Edward Snowden n’est pas né dans une crêche à Bethlehem, mais il est venu parmi nous pour prêcher la bonne nouvelle. Les rois mages Poutine, Morales et Hu se sont penchés sur son berceau. « Ceux qui croient en moi auront une place sur le Net qui ne connaît pas l’oubli des données » va-t-il répétant. Et nombreux sont ceux qui suivent ses préceptes.

Encore plus nombreux sont les Pharisiens et les Samaritains qui se méfient de lui. Obama-Ponce Pilate, qui aurait pu l’absoudre, vient de s’en laver les mains ! « Une enquête est en cours, je ne m’attarderai pas sur les actes de M. Snowden ou sur ses motivations » vient-il de lâcher, six mois après, dans son premier discours sur l’affaire ! Autrement dit, il laisse ses services le pourchasser, ses barbouzes le traquer, et le jour où il se retrouvera devant un tribunal US accusé de haute trahison, il le laissera emprisonner.

SnowdenIl ferait mieux de le faire crucifier. Snowden martyrisé, ressuscité, béatifié, c’est ça qui nous manque, à nous les nouveaux adeptes ! Un bouc émissaire pour racheter tous nos cyberpéchés (vantardise, luxure, colère, gourmandise) !

Alors tous les internautes pourront se demander avant chaque étape cruciale de leur vie : « What would Edward do ? ».

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Gros Mytho écrit à Charlie !

Posté par grosmytho le 15 janvier 2014

Gros Mytho a écrit à Charlie. Et Charlie a répondu, ce qui est tout à son honneur. Une petite douzaine d’arguments ont été échangés, chacun est bien sûr resté sur ses positions. Charlie dit en résumé: « Dieudonné doit être condamné pour ses idées nauséabondes et mortifères ». Gros Mytho dit en résumé: « Les idées ne tuent pas, limitons la censure à la diffamation et à l’appel organisé au meurtre ».

Je vous mets juste la lettre de départ:

Sujet: Charlie perd les pédales

Cher Charlie,

Deux unes sur la quenelle ! Bon. On ouvre : des quenelles partout ! L’accroche en titre n’a pas menti : « Quenelle partout, pensée nulle part ».Charlie Hebdo quenelle

Où est passé Charlie Hebdo, le journal qui défendait la liberté d’expression ? La provoc’ ? Qui bousculait les tabous et remettait en question les valeurs ? Qui chamboulait les idées ?

Finalement, on n’a le droit de taper que sur le prophète et les burqas alors ? Cibles commodes. Vous n’êtes pas les premiers sur ce juteux filon : Sarkozy, Le Pen, Copé y avaient déjà pensé aussi. Comment se conformer à la pensée unique en faisant semblant de vomir l’establishment. Aujourd’hui, entre Valls et Dieudonné, Charlie donne raison à Valls. Paradoxe ! Manuel se refait une virginité en mettant la quenelle à Charlie. Ô tempora ! Ô mores !

Charlie-Hebdo-Dieudonne

Dieudonné dit « la quenelle n’est pas antisémite, elle est antisystème », mais Charlie rétorque « personne n’est dupe : quand il parle du système, en fait il parle des juifs ! ». Evidemment, vu comme ça… Charlie est aussi obsédé par les juifs que Dieudonné ! Sinon plus.

Une fois qu’il est décrété qu’untel est antisémite, tout ce qu’il peut dire ou rectifier ne fait plus que renforcer la fatwa. Vous voyez bien, il se justifie, c’est bien la preuve qu’il est coupable !

Charlie, réveille-toi ! Reviens ! Militons pour la liberté d’expression ! Toutes les libertés de toutes les expressions ! La liberté des cons de dire des conneries !

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Mister Netherlands fucked up good

Posté par grosmytho le 14 janvier 2014

F.H. aurait pu être président de la France, mais comme Sarkozy avant lui, il a préféré être Proconsul of France. Plutôt que d’appliquer son programme, prendre ses ordres à Washington, administrer comme un préfet une parcelle de l’empire.

Non mais vous avez entendu sa déclaration, celle où il allait enfin nous annoncer sa politique ?

« Politique économique de l’offre ». En guise de scoop, Monsieur le Proconsul nous sert la traduction mot à mot du dogme reaganien de la « supply side economics », c’est-à-dire la politique (qu’il avait critiquée quand Sarkozy la menait) qui consiste à mettre l’Etat au service du CAC40 et des multinationales. Réduire les impôts des milliardaires n’est rien ! Il faut autoriser le lobbying effréné, voter des lois en cachette pour déréglementer l’agriculture, faire des guerres en Afrique pour protéger les mines d’uranium d’Areva, comme on avait donné à Total les puits de pétrole de Kadhafi. La politique désastreuse de George W Bush continuée par Barack Obama est désormais entrée dans les mœurs chez nous. Entièrement désindustrialisés, il ne nous reste que l’armée et les marchands de canons ; pas compétitifs économiquement, on va dévaliser les peuples du tiers monde sous de vagues prétextes humanitaires.

Francois-HollandeLes circonvolutions qu’il utilise pour expliquer sa nouvelle politique au peuple de gauche sont pathétiques ! Un « pacte » avec le patronat ? Comment l’Etat peut-il passer un pacte avec le patronat ? Chaque patron est maître à bord de son entreprise, et heureusement. Il a sa stratégie de développement, qui consiste peut-être à embaucher mais le plus souvent non. En vertu de quoi serait-il lié par un accord entre Mister Netherlands et le Medef ?

Comment l’obligera-t-on à embaucher ? Ça va faire comme avec la TVA des restaurateurs : on baisse leurs charges, puis on attend. Eux ne diront même pas merci : continuant de vomir sur le socialisme à la française, ils vont intégrer ces nouvelles données à leur comptabilité et peut-être améliorer un peu leur marge. Qui va chercher et trouver ceux qui devraient embaucher, comment va-t-on les obliger à le faire ?

Attention Mister Netherlands : vous ne parlez pas l’anglais, sans doute n’avez-vous pas compris les détails du deal. Je vous les traduis : « Politique de l’offre et pas de vie privée ! » Vous n’avez pas voulu aider Snowden ? Vous n’avez pas protégé la vie privée des Français, pourquoi eux devraient soudain respecter la vôtre ? Maintenant que vous avez été « caught with your pants down », vous allez subir l’ordalie de l’impeachment comme Clinton à l’époque !  

 

DERNIERE MINUTE – Paul Krugman, économiste nobélisé, abonde dans mon sens et explique mieux que moi le scandale Hollande (pas celui avec l’actrice, celui avec l’économie). A lire en anglais ici ou en français là.

 

Publié dans Emploi, Propagande, Socio | 1 Commentaire »

Qui veut de la démocratie à la chinoise ?

Posté par grosmytho le 10 janvier 2014

A l’heure de la démocratie en phase terminale, nos sociétés sont confrontées à un choix : préserver le modèle européen ou adopter le modèle chinois.

Je ne vous ai pas caché ma tendresse pour l’ambiance relax qui existe en Chine pour tous ceux qui renoncent à participer aux jeux politiques : le Parti s’efforce d’assurer un progrès régulier dans une stabilité maximale, aux citoyens de s’enrichir de la façon qui leur convient le mieux (dans les limites de la loi). OK, on n’a pas encore vu ce que donnerait ce système dans une récession … mais si ça tombe, c’est justement ce système qui fait la réussite du pays. L’Etat s’occupe de la stabilité et des infrastructures, le populo s’occupe de faire bouillir la marmite. Pas con ! Chez nous c’est le gouvernement qui doit vous trouver du boulot, et vous qui devez dire au gouvernement comment gouverner ! Pas étonnant que ça coince.

Face à la réussite insolente de la Chine qui se maintient, on voit le camp occidental tiraillé entre sa foi démocratique (le pire des systèmes à l’exception de tous les autres) et l’évidence de sa désintégration (le désintérêt des citoyens pour un système de plus en plus clairement aux mains d’oligarques se mue en colère). Emmanuel Todd qui a prédit successivement la fin de l’URSS et celle de l’empire étasunien dresse une fois de plus un diagnostic pessimiste : cette fois c’est pour la démocratie en Europe (Après la démocratie, 2008). L’un des deux scénarios qu’il prédit est celui d’un système ‘à la chinoise’ alors que « l’opposition entre population et classe dirigeante s’exaspère, et il devient de plus en plus difficile de neutraliser le suffrage universel par le spectacle ».

Fin de la démocratie participative ? D’après lui, c’est ce qui nous pend au nez.

La prise de conscience ne date pas d’hier ! Robert Kaplan a écrit en 1998 qu’après avoir comparé les systèmes russe et chinois, il est arrivé à la conclusion que “Parfois, l’autocratie donne naissance à la liberté”. Contrairement à la Russie qui a adopté en une nuit tous les oripeaux de la démocratie libérale (multipartisme, privatisation, élections, etc) mais a vu son économie dépecée par les excès du capitalisme primitif, la Chine a su orchestrer une transition douce qui a préservé les acquis du socialisme (entreprises d’Etat, agriculture, éducation) tout en ouvrant la porte à l’entreprenariat privé.

Greg Sheridan avait enfoncé le clou dans son article de 2005 ‘Chinese Model Passes the Test’, où il déclarait que la Chine démontre que l’on peut avoir la liberté économique sans la liberté politique, deux choses qu’on avait toujours cru aller de pair. Dans le New York Times (pourtant peu suspect de tendresse excessive envers la Chine) l’éditorialiste Thomas Friedman déclarait ‘être parfois jaloux du système politique chinois où les leaders peuvent simplement ordonner que l’on résolve un problème’.

Obama qui vient de passer 6 ans à mettre en place une réforme médicale largement amputée en cours de route, Hollande qui a tiré toutes ses cartouches sur le mariage pour tous et achèvera son quinquennat à genoux devant le MEDEF, ne peuvent qu’opiner.

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