Pavlov et la liberté d’expression

Posté par grosmytho le 24 mars 2017

L’art moderne qui veut faire réagir le spectateur nous en révèle beaucoup aussi sur ses auteurs. Comme cette résidence d’artistes polonais au Centre Ullens d’art moderne du 798 à Pékin. Ils ont un espace de liberté à remplir d’expression : deux murs blancs immenses plus le sol qui les sépare. Des pinceaux et des pots de peinture sont à la disposition des artistes et du public, et donc les murs se recouvrent de graffiti. 

polonais libres d'expression

Liberté d’expression ? en Chine ? L’expérience aurait pu être intéressante, malheureusement elle est tout de suite tombée dans le banal et le prévisible.

Que font des artistes (donc des provocateurs, des libres-penseurs, des anarchistes) en Chine lorsqu’on leur dit qu’ils sont libres d’agir à leur guise ? Ils commencent par dessiner (ils se sentent surveillés), mais ensuite, rapidement leur pente naturelle est de chercher à marquer les esprits, donc à passer aux slogans et aux caricatures. On aurait pu imaginer (j’ai en tout cas imaginé) que ces ex-communistes allaient montrer cet art subtil de la subversion au second et au troisième degré qui s’est développé à un tel niveau dans leur pays, par des allusions transparentes qui passent sous les radars de la censure instiller le doute dans les esprits préparés. Qu’ils allaient essayer de parler aux citoyens chinois qui vont visiter l’exposition tout en échappant à la vigilance des surveillants chargés de l’ordre public. En affichant, par exemple, des slogans exagérés qui imitent et ridiculisent l’optimisme de commande des systèmes communistes. 

25 years of freedomMais non : leur culture eurocentrée ne comprend rien à la Chine. Loin de chercher à parler aux gens, ils choisissent de jouer de leur immunité diplomatique (leur statut d’étrangers les protège de toute inquiétude) pour asticoter les autorités. Ils se contentent de ces slogans de panurge atlantistes qui ne signifient rien ici. Evidemment il y a l’inévitable « Free Tibet » (ce n’est pas politique, parce que ces gens ne connaissent rien à la problématique tibétaine) ; c’est simplement moutonnier, ça fait partie du jeu. Mais ce pavlovisme se heurte à celui des autorités chinoises : pendant la nuit, le slogan « pro-tibétain » est recouvert de peinture blanche ! Indignation des artistes qui me relatent, mi-excités et mi-indignés que leur astuce ait si bien fait réagir les autorités, le déroulement de l’affaire. « Pourquoi Free Tibet ? » je leur demande, faussement curieux. Pourquoi pas « Free Iraq » ou « Free Afghanistan » ? Je connais la réponse mieux que ces apprentis géopoliticiens qui m’approuvent mollement sans réellement saisir la contradiction : le soft power étasunien est maître dans leurs têtes et ils adhèrent sans réserve au partage officiel du monde en pays gentils et méchants. Le Tibet, pays ‘gentil’ ne peut pas faire partie de la Chine, pays ‘méchant’, et a donc vocation à être « libre » ; alors que les peuples d’Irak ou d’Afghanistan, au contraire, vivant dans des pays ‘méchants’, ne peuvent que bénéficier de la bienveillante tutelle de l’Oncle Sam …

les pinceaux

Plus étonnant, on voit aussi, barbouillé en grosses lettres, « 25 ans de liberté en Pologne ». Vraiment ? Leur enthousiasme démocratique est encore si fort, si jeune, si dépourvu de déconvenues, qu’ils le clament comme au premier jour. Je note : leur nouveau colonisateur leur plaît évidemment mieux que l’ancien : il faut en tenir compte. C’est humain : on est plus facilement consommateur que citoyen. On échange facilement deux barils de choix au supermarché contre un baril de liberté.

Liberté, vraiment ? C’est sûr, on ne risquerait rien (pas même la censure) en Pologne à écrire des slogans du style « US go home » ou bien « Free Irak ». Les autorités savent très bien tolérer l’ultra-minorité humaniste qui souffre et s’indigne (modérément) des crimes que l’on commet en son nom. Mais que se passerait-il s’ils représentaient le petit Jésus en train de sucer la bite du pape, ou la Vierge Marie en train de faire le trottoir ? Est-ce qu’on ne recouvrirait pas ces affreux blasphèmes au nom de la sauvegarde de l’ordre public ? Bien sûr que si. On est toujours fiers de bafouer les tabous des autres, parce qu’on n’a pas de tabous, nous autres. Nous, c’est des valeurs qu’on a. Faut pas confondre ! Et surtout pas question de les bousculer, hein, sinon gare ! 

vue d'ensemble

Où l’on apprend à distinguer la liberté ressentie et la liberté objective. L’adhésion aux thèses du colonisateur fait que l’on renonce à la seconde pour se repaître de la première.

Tiens ça pourrait faire un sujet pour le bac de philo: « La liberté existe-t-elle ou  bien n’est-elle que le choix d’un asservissement consenti ? »

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Quand le storytelling craque de partout…

Posté par grosmytho le 16 décembre 2016

Rue89 vient de publier un article qui fera date. Sous le titre « Dans sa nouvelle vie, Pierre Le Corf défend le régime syrien sur Facebook » on a une journaliste parisienne, Nolwenn Le Blevennec, le cul bien au chaud dans son bureau parisien, qui nous explique placidement que le malheureux Pierre Le Corf, à Alep, ne comprend rien à la situation en Syrie.

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« Ce jeune Breton, qui témoigne sincèrement de ce qu’il voit autour de lui, mais qui n’a ni les moyens ni la volonté d’accéder à une vue d’ensemble, commence tout juste à s’interroger sur sa responsabilité. »

Le « jeune Breton » ne prétend pas fournir un tableau d’ensemble, simplement il rend compte de ce que lui disent les Syriens qu’il côtoie. Pleine de mansuétude, la Bretonne beaucoup plus expérimentée, recherche dans la courte biographie du globe-trotteur Le Corf les éléments qui peuvent expliquer sa confondante naïveté. Le jeune Breton, sensible et émotif, est « imprégné malgré lui par la propagande du régime de Damas » affirme la Parisienne, sans s’interroger une seule seconde sur sa propre imprégnation par la propagande du « régime » de Paris.Afficher l'image d'origine

Et pourtant, cinq ans après le début de cette horreur, il serait temps de se poser quelques questions. Le vernis propagandiste craque de toutes parts. On sait depuis des années que le « printemps arabe » syrien est dès le début un soulèvement armé financé par l’Arabie Saoudite et le Qatar avec le soutien des Américains pour une histoire de gazoduc dont Assad n’a pas voulu. Il est clair depuis longtemps que le camp occidental, en dépit de ses échecs et de ses crimes en Irak, en Afghanistan, en Libye, au Yémen, souhaite répéter une fois de plus sa stratégie du changement de régime en Syrie. Le flou entretenu par les Américains et les Européens sur leur soutien aux « rebelles modérés » ne tient plus : on comprend depuis au moins un an que les Russes disaient vrai lorsqu’ils affirmaient que l’Occident aidait en armes et en informations Al-Qaeda et Daech en Syrie, tout en prétendant les combattre dans le reste du monde. A partir de là, il est raisonnable de se demander, comme le faisait Poutine, si les préoccupations humanitaires affichées par l’Occident à grand renfort de trémolos, et même sa volonté de combattre le terrorisme à coups de « convois humanitaires », étaient bien sincères.

Des révélations lancées par Wikileaks, Sputnik news, Russia Today, le Canard enchaîné ou le blog d’Olivier Berrurier, remplies d’indices concordants et de faits irréfutables, documentent la déroute de l’information officielle. Toutes ces informations montrent que parmi les dirigeants démocrates, l’obsession anti-Bachar a balayé toute autre considération ; trahisons historiques, victimes civiles, crimes de guerre, mensonges énormes, alliances contre-nature, tout est considéré comme nécessaire, voire souhaitable (on se rappelle de Fabius et le « bon boulot » d’Al-Qaeda en Syrie). Personne ne se pose d’ailleurs sérieusement la question, au-delà de l’objectif de « faire partir Assad », du sort de la Syrie future.

Afficher l'image d'origineLes mensonges officiels s’effondrent les uns après les autres comme un château de cartes, on pourrait s’attendre à un mea-culpa de la part de la presse démocratique similaire à celui qui avait suivi les charniers de Timisoara. C’est le contraire qui se produit. Une offensive propagandiste sans précédent, une sorte de « mère de toutes les batailles » médiatiques, est lancée. Baroud d’honneur ou début d’aveu ?

Le storytelling réagit avec ses armes, montant en épingle des situations ponctuelles (parfois totalement falsifiées, parfois simplement isolées de leur contexte) pour tirer les larmes du public. On a ces tweets de la fille de sept ans qui raconte dans un anglais parfait l’agonie de sa famille dans Alep-Est « bombardée par le régime » ;  on a ces histoires répétitives de « dernier hôpital bombardé » ; on a John Kerry qui en appelle à « la compassion » de Poutine pour qu’il accepte un cessez-le-feu au lieu de mener à son terme la reconquête d’Alep. La propagande de guerre est assiégée à Alep-Est. Va-t-elle se rendre à l’évidence et capituler ?

Voyez cet article surprenant des « Décodeurs » du Monde qui commencent à mettre prudemment un peu d’eau dans leur vin en avouant : « la désinformation n’est pas l’exclusivité d’un camp ou de l’autre. »

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Le vrai-faux scoop de John Oliver

Posté par grosmytho le 10 avril 2015

 

 

snowden interviewOn n’est pas toujours à la hauteur de sa réputation. On n’est pas tous les jours en forme. John Oliver, qui expose presque toujours avec talent des problèmes dont les gens devraient se préoccuper un peu plus, a raté son coup. Exprès.

 

A la vue du titre de la vidéo, je me réjouissais de son coup de maître, qui allait remettre un peu d’actualité (le public se lasse si vite des questions difficiles) sur les questions posées par Edward Snowden.

Il soulève quelques interrogations valides…: « existe-t-il un risque de divulguer des infos qui pourraient dans certaines circonstances compromettre la sécurité nationale ? » (exemple du slide ppt que des spécialistes ont pu « décaviarder » et sur lequel se trouvait une info relative à une opération illégale de la CIA au Yémen… mais bon, difficile de supposer qu’Al-Qaeda dispose de services secrets comparables à la NSA, qui collectent, analysent, déchiffrent, synthétisent, corrèlent, en temps réel, toute info qui dépasse…). Son erreur est d’en faire la question centrale de toute la problématique.

assange-zuckerbergOccultant entièrement la VRAIE question centrale : les services secrets sont-ils au-dessus de la loi, ou doivent-ils agir dans le cadre de la loi ?

Et la question subsidiaire, maintenant que nous savons qu’ils agissent effectivement à leur guise, stockent des infos qu’ils sont censés ne pas stocker, écoutent des chefs d’Etat étrangers, y compris alliés, hackent et croisent des infos hors de tout contrôle judiciaire : doit-on mettre en place un contre-pouvoir ou non ? Doivent-ils être encadrés ou non ?

 

monbeaunombriltraitriotL’un des points valides que soulève John est que le public s’en contrebat les valseuses. A un point rarement soupçonné. En dehors d’une poignée d’anarcho-gauchistes (sans doute déjà fichés, cartographiés et mis sur écoute 24/24), les vraies gens ont complètement adopté le principe de Panurge selon lequel « gouvernement totalitaire ou islamo-fascisme, j’ai choisi ». Pire : le public s’en fout, choisissez pour lui, franchement ces questions sont trop sérieuses et complexes pour l’intéresser. Un aspect bien compris par les autorités qui poussent leur avantage exactement aussi loin que le permettent la technologie et l’apathie de leurs ouailles.

Tout de suite après, John recentre la question et pose les limites du débat : Julian Assange est le diable incarné (puisque lui ne se préoccupait pas des conséquences de ses fuites), Snowden peut être éventuellement pardonné (puisqu’il fait très attention à cet aspect). Exit les agissements illégaux des autorités, la menace pour les libertés publiques, les services agissant hors de tout contrôle.

 

don't be google

John Oliver clarifie sa position : ridiculisant Snowden de son ton de censeur pas convaincu, l’interrompant à chaque phrase un peu longue avec des « non, non, non : là je crois entendre l’informaticien de service, je ne comprends rien, je ne veux rien comprendre », rappelant sans arrêt cet exemple (apparemment le seul) d’info « sensible » compromise… finissant avec sa ridicule histoire de photos de bites, il discrédite entièrement la démarche du sonneur d’alerte. Il transforme Edward en gamin turbulent qui a fait une bêtise mais peut être ramené dans le droit chemin.

whistleLe sonneur d’alerte, c’est celui qui, suivant le principe établi par les procès de Nuremberg, alerte le monde sur des agissements et des ordres illégaux venant de sa hiérarchie. Qui sort de l’argument invoqué à l’époque par les fonctionnaires nazis « je n’ai fait qu’obéir aux ordres » et invalidé par le tribunal. Snowden n’a pas « obéi aux ordres » et a révélé au monde, preuves à l’appui, ce que tout le monde soupçonnait sans preuve. C’est un héros, point. John essaie de le faire passer pour un bouffon, comme l’avaient fait à chaud ses collègues Letterman et Steward (« Snowden avait un bon job, un bon salaire, des perspectives de carrière, et maintenant voyez-le, réfugié dans la zone de transit de l’aéroport de Moscou : quel idiot ! »).

Blague subtilement reprise par John qui soulève un rideau pour nous montrer le bâtiment du KGB de l’autre côté de la place… d’allusions en humour noir, il donne à son interview un air de rencontre conspirative sur laquelle plane l’ombre du méchant Poutine. Oubliant que Snowden s’est justement réfugié en Russie pour échapper à la persécution qui s’abattrait sur lui dans son pays natal ! Qu’il bénéficie en Russie du statut de réfugié, donc libre de ses mouvements ! Qu’il ne peut pas rentrer sauf à se retrouver en prison à perpétuité ! S’il y a une ombre qui plane, ce serait plutôt celle du méchant Obama !Yes we scan

John Oliver : on ne peut pas toujours avoir raison, on ne peut pas toujours être drôle. Mais cette fois-ci, vous avez été inquiétant.

 

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Sorcellerie sur internet

Posté par grosmytho le 14 mars 2015

Signalé par Thierry Meyssan : le PS a commandé un rapport sur le complotisme en France pour amorcer la réflexion demandée par François Hollande sur la menace conspirationniste.

Pour entamer sainement une réflexion, rien de tel que d’interroger ses amis. C’est donc  à un certain Rudy Reichstadt que l’on a confié le boulot. N’est-il pas l’animateur d’un site de « chasse aux conspirationnistes » ? (l’Etat demande toujours aux chasseurs des rapports sur l’écosystème).URSS

Le rapport de 11 pages commence fort habilement par expliciter les mécanismes psychologiques qui poussent tout un chacun à chercher un sens caché aux événements, à étudier les liens de causalité possibles, à identifier des bénéficiaires et des complices éventuels. Transgression, anticonformisme, amour des énigmes, méfiance envers les élites, toutes ces motivations sont absolument légitimes, et je dirais même citoyennes ! Mais l’auteur du rapport y voit de dangereuses pathologies, qu’il met tout de suite en relation avec des exemples délirants, sans oublier d’aller sortir le poussiéreux « Protocole ». C’est la faute à la société… on est proche ici de la sortie de route. La société est pleine de psychopathes en puissance, apparemment. Mais si ç’a toujours été le cas, pourquoi devrions-nous nous alarmer ?

menace internetC’est que, nous signale l’auteur, « la montée en puissance de l’internet » a levé les barrières qui empêchent ces gens de s’exprimer dans les médias traditionnels. Encore une fois, Rudy frise le but contre son camp en affirmant, finalement, que la liberté d’expression « sans comptes à rendre à personne » serait dangereuse… Bon nous y voilà : l’internet, l’impossibilité de censurer les contenus, l’expression libre de tout et de n’importe quoi, favorise la diffusion des thèses malades et donc la « radicalisation ». En résumé, tant que les gens étaient des psychopathes isolés, on pouvait facilement les faire taire ; mais là, les pathologies en ligne deviennent collectives et donc plus dangereuses.

C’est là que le rapport perd un peu les pédales : il faut bien répertorier ces groupes « radicalisés » et « complotisés », et la liste de cette « mouvance hétéroclite » est longue. « Admirateurs d’Hugo Chávez et inconditionnels de Vladimir Poutine. Un milieu interlope que composent anciens militants de gauche ou d’extrême gauche, ex- »Indignés », souverainistes, nationaux-révolutionnaires, ultra-nationalistes, nostalgiques du IIIe Reich, militants anti-vaccination, partisans du tirage au sort, révisionnistes du 11-Septembre, antisionistes, afrocentristes, survivalistes, adeptes des « médecines alternatives », agents d’influence du régime iranien, bacharistes, intégristes catholiques ou islamistes ». Presque toute la société, finalement ! Il balance quelques noms aussi, comme par exemple celui d’Etienne Chouard. On peut ne pas être d’accord avec toutes les conclusions de l’économiste, mais Rudy est un peu léger de le balancer lui aussi dans la cellule de dégrisement complotiste où croupissent déjà Thierry Meyssan, Dieudonné, Alain Soral, etc.islamo fascisme

Enfin, il faut expliquer : quel danger représentent ces individus ? L’agitation d’idées n’est-elle pas une tradition nationale ? Base de la démocratie ? Pourquoi faut-il à tout prix combattre des idées, même éventuellement fausses ? Réponse de FH en personne dans son discours à Auschwitz : le danger fasciste ! La NSDAP est à nos portes !

Voilà donc l’image d’ensemble que devait brosser le rapport : le complotisme est en fait un antisémitisme mal déguisé. Celui-ci fourbit bien sûr (il ne sait rien fourbir d’autre) ses armes redoutables, qui ne pourront manquer de le porter à nouveau au pouvoir. On nous en menace depuis la fin de la guerre, JF Revel s’était déjà ému contre cette curieuse obsession des pouvoirs démocratiques qui toujours et partout voient, redoutent, et finalement créent, un « danger fasciste » largement fantasmé.

Le président Hollande, son parti socialiste, ont donc commandité un chasseur de complotistes proche de Caroline Fourest pour diagnostiquer ce « milieu interlope » constitué de toutes ces mouvances « hétéroclites » et le rassembler en une menace unique et catastrophique, celle du fascisme ! Suivant une tradition bien établie, ils traitent de fascistes tous ceux avec qui ils ne sont pas d’accord.

L’Etat en personne fait du complotisme ! L’idée que véhicule le rapport est que toute personne qui refuse de croire la version officielle sur un événement est classé conspirationniste (ou « révisionniste en temps réel » : jolie formule). Quiconque traite de menteur un dépositaire de l’autorité est automatiquement démasqué comme un dangereux paranoïaque. Wikileaks, Swissleaks, les armes de destruction massive, les viols de Kadhafi, l’aventure ukrainienne, ne démontrent rien : nos dirigeants sont toujours sincères, jamais il ne leur viendrait à l’idée de nous berner, tout soupçon est insultant à l‘encontre de personnes qui nous ont si systématiquement démontré leur absolue, universelle et permanente bonne foi.les bobards volent en escadrille

François Hollande en personne fait du révisionnisme ! A propos des camps de concentration, il dit «prendre conscience que les thèses complotistes prennent leur diffusion par internet et les réseaux sociaux. Or nous devons nous souvenir que c’est d’abord par le verbe que s’est préparée l’extermination». En gros, la Shoah n’aurait pas pu se produire si on avait censuré internet à temps… 

Cette lutte idéologique est finalement bien plus simple qu’elle n’en a l’air. Un grand classique : la religion établie cherche, par des procès en sorcellerie, à se débarrasser de ses concurrents.

A quand la Sainte inquisition numérique ?  

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Charlie tu nous manques déjà…

Posté par grosmytho le 8 janvier 2015

C’est affreux cette histoire. GM comme presque tout le monde en France pleure l’assassinat de quelques-uns des esprits les plus brillants et les plus courageux du pays. Des plus nécessaires aussi, parce que franchement on se demande bien qui va les remplacer.

charbUne petite controverse nous avait opposé à Charlie à l’époque. Vous vous rappelez l’affaire Dieudonné-Valls. Valls voulait « faire taire » Dieudo « par tous les moyens ». Et Charlie-la-liberté-d’expression avait pris contre toute attente le parti de Valls-la-dérive-sécuritaire… GM n’avait pas pu s’empêcher de prendre son clavier et d’envoyer un petit mot à Charlie pour s’étonner de ce paradoxe. Charb avait répondu très fermement que non, certaines opinions mortifères doivent être exclues du débat public. Plus curieusement encore, il affirmait que Dieudonné l’antisémite devait lui aussi (en sa qualité d’antisémite) être interdit d’accès aux médias …

Question éternelle : si l’on doit exclure untel ou unautretel du débat parce que ses idées sont mauvaises, où place-t-on la limite ? Qui d’autre doit-on exclure ? Comment sait-on qu’untel-aux-idées-nauséabondes ne va pas aujourd’hui faire amende honorable et se rallier à celles que vous représentez ? La seule réponse possible est donc que toutes les opinions, toutes les expressions, tous les avis doivent être permis. Il faut séparer les actes des paroles. L’appel au meurtre (pour prendre un cas extrême) n’est pas un meurtre. Les délires de Zemmour, les fantasmes de Houellebecq, les blagues de Dieudonné ne sont pas des meurtres. Ils ne sont ni coupables, ni complices, ni inspirateurs de qui ou de quoi que ce soit. Ils font leur job d’humoristes et de romanciers.charb dernier dessin

On avait échangé quelques mails fort polis mais sans réussir à se mettre d’accord. La position de GM était et reste que ce ne sont pas les idées mais les actes qui tuent. Ceux qui ont tué Charb et Charlie Hebdo, ce n’est pas Dieudo, ce ne sont pas les antisémites, pas plus que les islamistes radicaux. Ceux qui ont tué, ceux qui ont du sang sur les mains, ce sont les deux (ou trois?) tueurs et leurs commanditaires, quels qu’ils soient.

Qui sont les commanditaires ?  Le professionnalisme des exécutants suggère des commanditaires professionnels et dotés de moyens importants. Et sans doute d’une stratégie de brouillage des pistes. Entre la carte d’identité oubliée dans la voiture, le terroriste qui se rend à la police mais qui finalement n’en est pas un, les tireurs cernés dans l’est de Paris puis en cavale en Picardie… pas facile d’affirmer quoi que ce soit pour l’instant.

A qui profite le crime ? Aux ennemis de Charlie. Des ennemis, malheureusement, Charlie en avait beaucoup.

Et pas que des islamistes…antimilitariste

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Les 4 vérités qu’on ne dira pas à Obama

Posté par grosmytho le 24 janvier 2014

Qu’un responsable politique s’envole pour la Chine, et la presse française lui imprime systématiquement une feuille de route : « Tibet, droits de l’homme, yuan sous-évalué, prisonniers politiques, vous devez dire à Xi Jinping ses quatre vérités ». La Chine est menaçante, la Chine est agressive, la Chine est dangereuse : la presse française instruit en permanence contre la Chine le procès qu’elle n’ose pas faire aux USA.

Caporal Pieds dans l'platLe 11 février, c’est un François Hollande à la situation sentimentale clarifiée (espérons) qui s’envolera pour les Etats-Unis. Voici les quatre vérités que François Hollande doit dire à Barack Obama. Pour que la France reste un allié inconditionnel des Etats-Unis, il faut que ce pays :

Renoue avec le respect du droit international. Depuis 2003 et l’invasion de l’Irak qui s’asseyait sur les résolutions de l’ONU, la politique étrangère des Etats-Unis semble avoir complètement occulté ce paramètre. Décomplexé par sa supériorité technologique et son prix Nobel, le pays multiplie les bombardements humanitaires et les frappes chirurgicales dans des pays souverains. Quand la Chine rappelle au monde le principe de non-ingérence, on s’indigne et on crie au cynisme. Comme si les aventures militaires occidentales de la dernière décennie avaient permis, au moins parfois, au moins partiellement, de rétablir la paix civile dans les pays visés ! A chaque fois, le volontarisme humanitaire affiché a précipité une catastrophe que les civils continuent de payer dix ans plus tard. Il est temps pour nos alliés de tirer les leçons de ces échecs et de ramener leur politique internationale dans le giron de la légalité.

Respecte les Droits de l’homme. La victoire du candidat Barack Obama, juriste, spécialiste du droit constitutionnel, avait suscité bien des espoirs pour la cause des droits de l’homme aux Etats-Unis. Il allait mettre fin au scandale des prisons extra-territoriales, des enlèvements et des détentions arbitraires, peut-être même au scandale d’être le seul pays démocratique pratiquant la peine capitale. Malheureusement, la réalité est juste à l’opposé. En 2011, le président Obama a prorogé pour une période de quatre ans le tristement célèbre Patriot Act qui autorise les détentions arbitraires et que dénoncent toutes les ONG de défense des droits. Il vient de prendre une position plus que lénifiante sur le scandale PRISM et les écoutes systématiques aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays, de dirigeants alliés aussi bien qu’ennemis. Ici encore, le charisme du président nobélisé, son habileté rhétorique, masquent et justifient des pratiques indiscutablement illégales.

Cesse de manipuler le dollar. C’est bien l’imprudence monétaire des Etats-Unis et non le yuan manipulé qui menace la finance mondiale d’une crise sans précédent. On est passé très près de la catastrophe en 2008-2009, et rien n’a été fait depuis pour réduire les risques. Les Etats-Unis ont décuplé leur production monétaire au lieu de chercher à réduire leur déficit. Résultat : un endettement record qui ne sera jamais remboursé et des échanges internationaux libellés en assignats. Le jour où les USA feront défaut, un tsunami monétaire aux conséquences encore imprévisibles s’abattra sur le monde. N’attendons pas la catastrophe pour sortir de la logique « le dollar, c’est notre monnaie et votre problème ». Il faut trouver enfin des solutions équitables au niveau mondial. Yes we scan

Renonce à persécuter les whistleblowers. En 2007, le candidat Obama avait invité les personnes qui en avaient connaissance à s’élever contre les actions illégales de l’administration. Dénoncer les errements de son pays pour qu’on puisse y remédier, c’est une façon positive d’être patriote. Et pourtant Manning, Snowden, Assange, tous ceux qui se sont indignés des violations par les Etats-Unis de leurs principes fondateurs sont désormais recherchés ou emprisonnés pour trahison, comme les dissidents et les activistes politiques le sont dans des pays non démocratiques.

Il ne s’agit pas de diaboliser les Etats-Unis ni d’en faire le Grand Satan. Ce grand pays et cette grande démocratie ont un rôle éminent à jouer dans le concert des nations. Mais notre allié d’outre-Atlantique jouera d’autant mieux sa partition qu’il aura pris le temps de réaccorder un peu son piano.

Ces principes de liberté, de légalité, d’équité, ont fait sa force et la nôtre. Ce sont ces principes qui donnaient au camp occidental son autorité et son aura auprès des pays en développement. Il est à notre portée de renouer avec eux.

Voici ce que François Hollande ne dira pas à Barack Obama. Mais il va sans doute s’expliquer sur le scandale Closer.

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2014 : l’année de la quenelle!

Posté par grosmytho le 22 décembre 2013

Vous avez vu un peu le buzz ? Dieudonné défraie la chronique !quenelle d'or

Insultante, la quenelle ? « L’insulte est un contrat: pour qu’il y ait insulte, il faut accord entre deux parties, nommées insulté et insulteur. L’insulté qui pousse les hauts cris, qui réplique, qui éructe, signe par ces manifestations le contrat qui le lie à l’insulteur et confère au contrat tacite sa validité et son opposabilité aux tiers. L’insulté qui accepte l’insulte se place sur un terrain d’égalité avec l’insulteur : compatibilité d’humeur, de langage et de moyens verbaux employés. Le conflit est alors réputé licite et peut valablement commencer ». (Extrait du Code Civil du Préhau et des Vestiaires art. 163 al. 3)

Donc oui, mais si et seulement si quelqu’un se sent visé. Apparemment il y a des cosignataires: ils se bousculent même au portillon. On (qui?) crie surtout à l’antisémitisme.

Antisémite, la quenelle ? C’est aller un peu vite en besogne : popularisée par Dieudo, lui-même décrété antisémite pour quelques amitiés douteuses et quelques blagues fumeuses (à moins que ce ne soit le contraire), la quenelle tombe-t-elle sous le coup de la loi ? Attention aux raisonnements circulaires : « C’est antisémite puisque c’est Dieudonné qui le fait ». Bientôt sur vos écrans : « Dieudonné est antisémite puisqu’il fait la quenelle ! »

Je ne suis ni spécialement fan, ni spécialement remonté contre Dieudonné. Je le comprends trop pour le blâmer : humoriste, il voulait penser un peu plus loin que l’humour. Dans le PAF il était seul. Il a voulu mélanger, parler de choses dont le PAF ne parle pas. La fatwa est tombée, plus lourde et plus unanime sans doute qu’il ne l’attendait (dans un pays dit « d’expression libre » – on n’est pas en Corée du Nord, tout de même). Il a dit que c’était de l’humour, qu’on l’avait mal compris ; le PAF a rétorqué : c’est de l’humour pas drôle. Tous ses amis d’hier se sont détournés pour protéger leur carrière.

Dieudonné est le symptôme des deux problèmes de la liberté d’expression à la française : premier problème, la liberté d’expression n’est pas absolue, donc où mettre les limites ? La diffamation ? L’appel au meurtre ? OK. Mais les lois mémorielles ! Telle catastrophe historique est sacrée, telle autre ne l’est pas. On peut rire de la répression à Madagascar, mais pas dire qu’il n’y a pas eu de génocide arménien. On peut faire des blagues sur les mains coupées de Léopold au Congo, mais pas sur les camps de concentration allemands. Deux poids deux mesures. Dieudo n’est pas en phase avec ça, il proteste, et il a raison.la malédiction de la quenelle

L’autre problème, c’est la solidarité un peu trop absolue des médias et de la classe politique. On a une presse pluraliste, et plein de chaînes de télé concurrentes ? Sur certains problèmes et sur certaines questions, on dirait qu’une autorité supérieure dit à tous ce qu’il faut dire et surtout ce qu’il faut penser. Dieudo est exclu à vie du PAF, interdit d’antenne, et même Valls, qui tenait des propos DLC dépassée sur les Roms, en fait une affaire personnelle.

Que peut faire Dieudonné ? S’enfoncer dans l’outrance et la caricature pour essayer de faire le buzz sur internet malgré l’omerta. Puisqu’on ne l’invite plus à la rubrique idées, il flirte avec la rubrique faits divers.

  quenelle géante  

C’est dommage, parce qu’il a des choses à dire et des gens pour l’écouter. Mais qu’il arrête de déguiser ça pour de l’humour : c’est beaucoup plus sérieux.

Que dit Dieudo ? Que, concernant les catastrophes et les grands crimes, les médias se tiennent à une affligeante politique de doubles standards. Les victimes appartenant au monde occidental ont un prix cent fois, mille fois plus élevé que les victimes appartenant au Tiers-monde. Y a-t-il du racisme ou de l’antisémitisme à constater cela ? Y a-t-il de la mauvaise foi ou de l’exagération à le dénoncer ? Faut-il faire taire le seul  qui contredit à la télé tous les Zemmour, les Bruckner, tous ces anti-flagellationnistes qui se trouvent sans cesse à la limite du révisionnisme historique ?

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Césaire ne disait pas autre chose. Dans son Discours sur le colonialisme il met sur le même plan colonialisme et nazisme ; il voit dans le second l’inévitable punition du premier ; les méthodes appliqués aux non-Européens se répètent sur un peuple européen. Il proteste : c’était acceptable dans les colonies, c’est criminel en Europe ? 

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Vous me direz: la colonisation, c’est le passé. Arrêtons de ressasser les crimes anciens et essayons de dépasser tout ça. Oui, mais les attitudes de double standard se perpétuent et finiront par nous retomber sur la gueule. Que dira Obama le jour où un drone pakistanais larguera une bombe sur un immeuble aux USA ? Que dira Nétanyahou le jour où l’un de ses voisins annexera la moitié de son territoire ?

Tout ça et bien d’autres rebondissements encore plus inattendus, c’est pour bientôt ! 2014, année de la quenelle ?

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La vie privée ? C’est démodé !

Posté par grosmytho le 5 septembre 2013

Encore une fois, avec une unanimité suspecte, la presse arrive à la rescousse des politiciens pour nous raisonner. Ecore une fois, au lieu de les presser et de leur faire rendre gorge, elle apaise le jeu.

 « Allons, allons, pourquoi cet affolement ? Pourquoi cette indignation ? Les méchants Etasuniens espionnent vos données ? Mais rassurez-vous, il n’y a rien là que de très normal ! D’ailleurs la preuve, vous voyez bien, les Français, les Anglais, tous, tout le monde et partout, le font aussi ! » La vie privée ? C'est démodé ! dans Propagande tintin11-261x300

Merci la presse ! C’est vrai qu’avec l’histoire Snowden, d’abord ses révélations, puis l’affreuse chasse à l’homme qui a suivi, on avait failli s’inquiéter. Aborderions-nous une fois de plus les fameuses « heures les plus sombres de notre histoire » ?

 

Celles où des citoyens dénoncent d’autres citoyens, celles où nos dirigeants se posent en sauveurs de la Patrie en danger mais en réalité s’aplatissent et lèchent les bottes de l’occupant, celles où on abdique toute dignité et toute souveraineté nationale au profit d’une belliqueuse puissance étrangère ?
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Mais non, fausse alerte ! Ouf ! C’est juste qu’il n’y a plus de vie privée, voilà tout. Ça ne va pas vous priver : pour ce que vous en faisiez quand elle existait encore… Pensez donc : des flics étasuniens, français, mais aussi chinois, australiens et pakistanais suivent à la trace vos faits et gestes, stockent des données sur vos appels téléphoniques, prennent note indélébile de tout votre carnet d’adresse e-mail. Broutilles ! Ils font comme (et avec) les sociétés privées Google, Yahoo et consorts ! C’est pour votre bien : les uns ne cherchent qu’à vous protéger des terroristes, et les autres à vous vendre des biens et des services mieux adaptés à vos préférences!

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Grâce à eux, grâce à cette incroyable entraide public-privé, on entre dans le meilleur des mondes. Celui où plus une amende ne sera oubliée, où plus un faux pas ne sera ignoré, où chaque achat sera idéalement calibré en fonction de votre humeur du moment.

C’est le tournant du XXIème siècle : le préventif au lieu de l’empirique. Vous arrêter pour un crime que vous avez commis, c’est démodé. Vous laisser déambuler dans un centre commercial en attendant qu’une marchandise vous tente, c’est has-been. Désormais on vous cerne virtuellement, on vous ceinture avant que vous n’ayez eu le temps de passer à l’acte. On vous fourgue des produits dont vous n’avez même pas encore eu le temps de rêver.

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La démocratie en référé

Posté par grosmytho le 2 août 2013

Finalement la liberté est ce qui se glisse entre les rouages imparfaits & grinçants de la société. Ce n’est pas la démocratie, mais l’imperfection, acceptée & assumée, de la société, qui produit la liberté. Et la super-démocratie qu’on nous prépare n’a rien d’utopique. 

La démocratie en référé dans Emploi big-data-mining

Avec Prism, Hadopi et autres ACTA, nos chères sociétés tendent vers la démocratie parfaite, ultime, où les lois parfaitement démocratiques et respectueuses des libertés constitutionnelles seront exécutées avec une efficacité parfaite (sans retards ni exceptions). On n’en est pas si loin déjà ! Sarkollande (leurs politiques sont si semblables qu’il est impossible de détacher ces frères siamois) y travaillent : Hadopi, écoutes téléphoniques, tolérance zéro, caméras & radars partout, bientôt drones au-dessus des cités. Tout va vers une collecte de plus en plus exhaustive et une analyse de plus en plus fine de nos faits & gestes. Quelle société nous prépare-t-on ?

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Imaginons que l’effort sécuritaire en cours atteigne ses objectifs : qu’obtiendrait-on une fois que toutes les infos de tous les ordinateurs/portables/smartphones/etc seront piratées par les services secrets ? La plus grosse collection de porno de l’histoire, OK. Mais encore?

On ne pourra pas éradiquer le terrorisme. Quand ils ne sont pas cornaqués par les services secrets (alliés ou ennemis ? allez donc vous y retrouver, vous !), les terroristes sont le plus souvent des illuminés suicidaires agissant seuls et sans prévenir. Des psychopathes difficiles à repérer avant leur passage à l’acte. On va enfermer préventivement 100 gugusses qui se promènent sur les sites conspirationnistes et le lendemain, le 101ème, qui n’avait ni internet, ni portable, ni même profil FesseBouc, attaquera une caserne à la kalachnikov.

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En revanche ce sera la fin des micro-infractions. Suivre vos moindres faits et gestes a un coût, il faudra bien un jour rentabiliser cette activité (avant de la privatiser). Un km/h au-dessus de la vitesse limite, votre compte est débité de la somme de l’amende. Un e-mail vous expose (photos à l’appui) les circonstances de votre délit. Vos déclarations d’impôt sont magiquement majorées de tous les petits détails que vous aviez oublié de mentionner. A chaque fois que vous écoutez une musique que vous aimez, une obole est prélevée sur votre compte pour entretenir les majors du disque (pardon, la « création artistique ») ; idem chaque fois que vous copiez un article ou une photo sur internet. Chaque fois que vous brûlez une voiture ou graffitez un mur, la somme correspondant aux dommages occasionnés, majorés des amendes, pénalités, taxes et frais de dossier, est retirée de votre compte.

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Ça se perfectionnera de plus en plus ! Chaque fois que vous discriminez à l’embauche ou à la location, votre décision est renversée et vous êtes pénalisé d’un mois de salaire ou de loyer (ah ben oui, les électeurs UMP, qu’est-ce que vous croyiez ? Que toutes les lois sont en votre faveur ? Dans votre pays super-démocratique, il y a des lois pour absolument tout). Les policiers qui arrêtent et mettent en garde à vue au faciès sont démis de leurs fonctions dans la seconde qui suit. Pareil pour les passages à tabac de suspects. Les banquiers voleurs et les politiciens corrompus voient leurs émoluments confisqués instantanément et sans possibilité de recours.

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Plus de juges, plus d’avocats, plus de procédures contradictoires longues & coûteuses. Tout cela peut et doit être automatisé pour aller plus vite et économiser les deniers publics. Ça devient techniquement faisable : toutes les lois s’appliquent immédiatement et idéalement. Amende pour tous les délits, prison dès que le solde de votre compte ne suffit plus. La prison elle-même remplit tous les critères légaux : cellule individuelle, traitement conforme à la loi et aux droits de l’homme.

Explosion des incarcérations, privatisation du système pénitentiaire : un gisement d’emplois en prime ! Choc de compétitivité : avec 3 millions de détenus en plus, on pourra relocaliser l’assemblage des iPhones, des sex-toys et autres babioles.

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La démocratie en référé ! C’est le paradis sarkoziste ! Comme tous les utopistes, Nicolas a rêvé d’un monde d’où les faiblesses et les égarements humains sont bannis.  Où le système est si parfaitement ajusté qu’il oblige tout le monde à être parfait. Où la vidéoprotection finit par protéger chacun en permanence de lui-même, jusque dans les chiottes. Où l’Etat devient le surmoi collectif qui rappelle à chacun ses devoirs.

George Orwell a eu raison trop tôt : pour des raisons techniques, 1984 arrivera en 2014.

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Villages de Potemkine et/ou presse censurée ?

Posté par grosmytho le 10 juillet 2013

Corruption généralisée, bureaucratie, népotisme et favoritisme, atlantisme servile : on croyait avoir tout vu en Europe. Il manquait les villages de Potemkine, les devantures repeintes et la fausse prospérité pour donner aux leaders l’illusion qu’ils dirigent un pays à l’économie florissante. C’est désormais chose faite : Fermanagh et Dublin (Irlande) investissent dans les PME et le petit commerce de proximité, avec des affiches taille réelle collées sur les devantures des magasins fermés. Ils ont fait illusion le temps que passent les limousines du G8.

Villages de Potemkine et/ou presse censurée ? dans Eco fake-shop fake-shop2 censure dans Emploi

C’est drôle parce que ces pauvres subterfuges, qui avaient cours dans les dernières années de faillite du système communiste en Roumanie ou en Russie, ne faisaient pas illusion même à l’époque, malgré la presse censurée et alors que n’existait pas internet. On se moquait des gazons peints en vert et des arbres morts sur lesquels on agrafait de fausses feuilles vertes pour Ceaucescu sans même avoir vu les photos ! Aujourd’hui, il suffit d’ouvrir l’internet pour avoir tous les détails !

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Comment ça vous n’en avez pas entendu parler ?

Hé oui, le scoop ce n’est pas le G8 qui a recours aux méthodes de Ceaucescu, c’est que la presse libre se transforme en Pravda ! Silence assourdissant de la presse libre : tapez ‘G8 fausses devantures’ et toutes les variantes possibles dans le moteur de recherche du Monde ou du Figaro ou de Libération… On vous répond « Aucun résultat trouvé ». On nous fait le coup du mépris. Pas une info. Un non-événement. C’est quand même surprenant, non ?

Imaginez la même chose en Chine ou en Iran ou en Corée du Nord ? Les gros titres pendant une semaine ?

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