L’arnaque du revenu universel

Posté par grosmytho le 4 février 2017

De même que l’homme fut longtemps en lutte contre la nature avant de finalement se mettre à la protéger, on continue de considérer le travail comme un fléau à éradiquer, avant de s’apercevoir (peut-être, un jour, bientôt ?) qu’il s’agit d’un bien à entretenir. « Moi président » tire sa révérence, les travailleurs fêtent dix ans de régime Dukon à base de couleuvres, et voilà relancée la parade des charlatans experts et des recettes miracles. Qui a raison ? La droite ou la gauche ?  placard

Ah, qu’il me débecte ce discours de gauche inspiré de la Genèse « pour ta punition tu devras travailler et gagner ta croûte à la sueur de ton front ! » 35 heures, lutte contre le travail de nuit, lutte contre le travail le dimanche, lutte contre tout ce qui peut arranger ces salauds de patrons ! Pour ces Jean Jaurès d’opérette, c’est toujours la lutte des classes. Moins de boulot pour le même blé, ça ne sort pas de là…

Ah, que je déteste ce discours de droite qui fait du salarié une bête de somme feignante et simulatrice, trop chère, poule de luxe, toujours susceptible de grève, d’absentéisme, de sabotage et qu’il faut à tout prix remplacer par des machines ou des esclaves du bout du monde. Moins de blé pour le même boulot, voilà leur panacée…

diminution-temps-travailA la jonction des deux, on a Hamon et son revenu universel. Hamon est un personnage historique : l’inventeur de l’ultime trahison des travailleurs par la gauche. Son revenu universel leur donne le coup de grâce : il les transforme en purs consommateurs, en fait des tributaires à de l’aumône publique, ôte leurs derniers arguments à ceux qui luttent pour l’emploi, donne raison à 100% à ceux qui dénoncent les feignants assistés qui « ne veulent pas bosser sinon ils en trouveraient, du boulot ». Sur le front de l’emploi, après tous ceux qui pendant quarante ans ont fait semblant de chercher des solutions, il est celui qui dit « laissons tomber ! »

De ce point de vue, on a raison de dire que la gauche et la droite, c’est kif-kif. Leur erreur est la même : faire du travail l’ennemi. Trop cher pour les uns, trop dur pour les autres, elles se relaient efficacement pour le laminer. Pas étonnant que le chômage augmente, avec l’alternance gauche-droite qui souffle le chaud et le froid ! Unies dans le culte du PIB qui affirme que la croissance seule créera l’emploi. La consommation est au taquet, les gens bardés d’iPhones et de tablettes s’endettent pour acheter leur troisième bagnole. De quelle croissance parle-t-on ? Jusqu’où peut-on accroître la consommation ? Le salarié occidental, déjà surmené au travail, est en plus un marathonien du loisir et un forcené des soldes. Doit-il se doper à la cocaïne-red bull pour faire encore mieux et plus ?

A quand un gouvernement d’extrême-clairvoyance qui lira Piketty et acceptera l’évidence ? La croissance à 3 ou 4 ou 5%, la croissance boostée par la consommation, c’est fini. Apprenons à vivre avec une croissance zéro. Et surtout, qui dépoussiérera ces études déjà plus toutes jeunes sur la sociologie du travail ? Qui redécouvrira que le travail est le meilleur lien social ? Que le lien social est indispensable aux citoyens ? Que ceux-ci, s’ils en sont privés, s’étiolent et végètent ? Deviennent dépressifs ? Agressifs ? Que le travail bien dosé, ni trop ni trop peu, assorti d’un stress modéré et de gratifications équitables, est un facteur de développement personnel, d’estime de soi et d’équilibre psychologique ?  valeur-travail

Trop nombreux sont ceux qui pointent la délocalisation vers les pays à bas salaires et l’automatisation comme des fléaux et des signes avant-coureurs de la fin du monde…

La délocalisation n’est pas, pour nos pays, la catastrophe que l’on nous décrit. Et d’une, elle débarrasse nos salariés de toute une foule de travaux dangereux, salissants, aliénants qu’ils ne peuvent ni ne veulent effectuer. Et de deux, elle a permis de réduire le prix de bien des babioles que peu de gens pourraient se payer si elles étaient fabriquées en France. Et de trois, 80% du prix de détail d’une babiole faite en Chine tombe en moyenne dans des poches françaises, qu’il s’agisse de la grande distribution, de l’Etat (impôts & taxes), des transporteurs, des concepteurs, des publicitaires, des commerciaux, etc. La question est de mieux répartir cette manne qui a tendance à tomber majoritairement dans quelques poches, toujours les mêmes.

L’automatisation et la mécanisation ne sont pas non plus le diable incarné. Il faut les considérer avec lucidité : dans certains cas ils sont néfastes à la santé, destructeurs d’emplois, anxiogènes. C’est par exemple le travail à la chaîne, les bornes automatiques, les horribles centres d’appels. Mais dans d’autres cas ils sont au contraire libérateurs, protecteurs, ergonomiques. Citons les grues et nacelles qui évitent aux maçons de se casser le dos à coltiner des briques ou l’informatisation qui permet de conserver et de brasser efficacement des données. Ne jetons pas le bébé avec l’eau du bain, automatisons intelligemment.

Mais surtout, révisons notre jugement sur le travail. Que l’on soit de gauche ou de droite, il faut évoluer. Le revenu universel ? Ridicule et néfaste : c’est gaspiller notre ressource la plus précieuse, l’énergie et la créativité des gens, pour en faire de purs consommateurs. C’est, par un procédé nouveau, détruire des emplois chez nous pour en créer en Chine.

Une croyance s’est implantée qui dit que seules les entreprises sont créatrices d’emploi. Ce mensonge a coûté assez cher, il faut le faire cesser. L’Etat doit retrouver son rôle d’acteur économique et social. Son job est aussi de créer des emplois. Pas forcément rentables à 100% mais utiles. Utiles à la société, à l’écologie, au lien social, à la culture, au bien-être, à l’agriculture à l’ancienne, à la sécurité routière, à la réinsertion, à la prévention de la délinquance, que sais-je. Cela coûtera toujours moins cher de payer des gens à faire quelque chose d’utile qu’à s’ennuyer. 

Le chômage qui s’étend et se généralise dans certaines catégories de la population engendre la désœuvrance, une maladie mentale qui fait faire les pires conneries à des personnes qui voudraient trouver un sens à leur vie et dépenser cette énergie qui bout dans leurs veines. Tout aussi redoutable est le surmenage et la dépression qui frappent ceux qui « ont la chance de travailler ». Sous prétexte de concurrence sur le marché du travail, on leur impose des conditions de travail inhumaines, des cadences folles, des objectifs inatteignables. Résultat : burning-out, affections liées au boulot, voire suicides chez ces « privilégiés ».

Le travail c’est la santé, apprenons à le cultiver ! La croissance est une drogue, apprenons à nous en passer !

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Comment voter sans se trumper ni provoquer l’hillaryté?

Posté par grosmytho le 28 septembre 2016

 

Bien des gens dans le monde considèrent la démocratie comme un système précieux et insurpassable, apanage de quelques peuples supérieurs. Ils devraient considérer d’un peu plus près l’élection présidentielle américaine.

 November 5, 2014

Si l’on en croit la liturgie officielle, le peuple américain est appelé aux urnes pour se choisir un nouveau président, et ainsi définir les grandes orientations de la politique pour les quatre ans à venir. Vraiment ?

 

On peut en douter devant la bataille de gougnafiers qui oppose les deux partis uniques. Certains font remarquer que les deux candidats sont impopulaires dans leurs camps respectifs. N’est-ce pas paradoxal, alors que l’on est en démocratie, que le peuple souverain se retrouve ainsi à choisir entre la peste et le choléra ? N’est-ce pas étonnant, dans un pays rempli de personnalités brillantes et charismatiques, que les seuls candidats restants soient un milliardaire ignorant, raciste et misogyne, et une vieille sorcière rongée par l’ambition ?

 Hillary

S’il n’y avait que les candidats ! Le niveau du débat lui-même est abyssal. Au lieu de discuter des problèmes du pays, dieu sait s’ils sont nombreux, les candidats se jettent à la figure insultes et insinuations. Hillary soupçonne Donald de dissimuler le niveau réel de sa fortune (qui serait en réalité plus importante, ou moins, on ne sait pas trop), Donald accuse Hillary de cacher la vérité sur sa terrible maladie (laquelle ?)

 

Donald Trump se pose en candidat anti-système (un grand classique) qui veut expulser les migrants et réduire la fiscalité des riches. Hillary Clinton, qui campe l’empathie démocrate, entend réduire les impôts des pauvres et aider les étudiants endettés. Mais on sait bien ce qui se passera, quel que soit le vainqueur ! Le républicain veut mettre fin aux guerres ruineuses dans lesquelles le pays se lance et s’embourbe depuis 2001, la démocrate aussi. Mais on sait déjà que, dès janvier 2017, le nouveau leader du monde libre annoncera une campagne de bombardements humanitaires dans quelque nouveau pays musulman assoiffé de démocratie.

 Trumpstupid

Si encore il y avait un processus de réflexion politique… mais toutes les déclarations des candidats sont calibrées dans le but unique de disqualifier l’adversaire et de grappiller quelques voix « indécises. » Jamais, au grand jamais, il ne s’agit de l’annonce réelle d’un programme.

 

Et la presse démocratique dans tout ça ? Joue-t-elle son rôle d’éclairage, de déchiffrage, d’investigation ? Entièrement acquise à la cause d’Hillary, elle semble hypnotisée comme un papillon dans la lumière. Elle a dissimulé avec la dernière énergie la maladie de la candidate avant d’admettre à contrecœur et avec bien du retard, le 11 septembre, qu’elle souffrait d’une « pneumonie. » Elle traîne Trump dans la boue depuis le début de la campagne, le traite de « bouffon » et d’« ignorant », des qualificatifs qu’il mérite, certes, mais qui semblent impuissants à freiner sa progression dans les sondages.

 

Sick & tiredC’est là le côté surprenant de cette campagne : le rouleau compresseur Clinton, qui pensait avoir verrouillé, intimidé ou acheté l’ensemble des forces politiques du pays, qui a dans sa poche les pontes du parti démocrate et une bonne partie de ceux du camp adverse, plébiscité par les milieux économiques, qui se prévaut du vote de pratiquement toutes les minorités, qui dépense des milliards en publicité pour salir l’adversaire républicain, peine à écraser celui qui devait jouer un simple rôle de méchant hollywoodien pour s’effacer théâtralement vers la fin.

 

Comme un os en travers de la gorge, l’épouvantail refuse de tirer sa révérence ! Pire, l’unanimité des experts et des médias qui dénoncent avec suffisance le populisme agace les électeurs. Loin de calmer le jeu, elle attise le vote protestataire dans une Amérique profonde qui, loin des studios de télé où les élites papotent entre elles, balance entre colère et désespoir…      

 GOP-Minimum-Wage

Si le système de manipulation des esprits échoue, recourra-t-on, comme en 2000, à la manipulation des urnes ? C’est là l’unique suspense d’une démocratie usée qui révèle ses mécanismes tordus.

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L’encerclement (des cons par les salauds et réciproquement)

Posté par grosmytho le 11 janvier 2016

J’ai regardé sur les conseils d’un pote le documentaire sur les méfaits du capitalisme qui date déjà un peu, puisqu’il est sorti en 2008, appelé l’Encerclement, du Canadien Richard Brouillette.50 years of capitalism

C’est drôle ce documentaire ; comme il donne la parole aux uns et aux autres, on s’aperçoit d’une chose rarement vue (puisqu’on écoute normalement un camp et qu’on déteste l’autre comme la peste). Libertariens et altermondialistes ont peur de la même chose, qu’ils voient arriver de deux côtés opposés.

Leur hantise : qu’on leur prenne leur bien. Mais ils soupçonnent deux entités différentes.

la-crise-financiere-expliquee-aux-nulsLes premiers, les libertariens, ont peur d’un Etat totalitaire, confiscatoire, qui leur « vole », pour le redistribuer à d’autres, aux parasites, le produit de leurs efforts. Les altermondialistes partagent la même peur, en sens inverse : celle des corporations, des monopoles, des monstres mutants du CAC40 qui leur vendent sous forme privatisée, à des prix astronomiques, les services qui étaient autrefois assurés gratuitement ou presque, éducation, santé, etc. Ou qui du moins étaient largement encadrés, modérés par l’Etat, garantis aux plus démunis. Or avec la privatisation de la sncf, de l’électricité, de l’eau, bientôt des logements sociaux, toutes ces garanties s’envolent les unes après les autres.

 

Il est évidemment plus facile de compatir avec les seconds qu’avec les premiers.nature-humaine-capitalisme

D’abord, parce que les premiers ont le vent en poupe. Dans le monde entier l’Etat recule, cède à leurs caprices, le vent du libre-échange et de la privatisation souffle à tout va. Législation, barrières tarifaires, réglementation du travail, tout craque, s’effondre, cède à leurs exigences insatiables. Je m’engage à pleurer sur le sort des riches lorsque le balancier repartira dans l’autre sens, qu’ils seront expropriés et parfois fusillés (les riches lâchent moins volontiers leur magot que les pauvres, qu’il suffit souvent d’effrayer ou de distraire).

 

Deuxièmement parce que la vision des premiers, conformément à leur théorie d’ailleurs, est très simpliste : occupés à faire de l’argent dans leur domaine d’expertise, ils n’ont que peu de temps à consacrer aux rébarbatives études de sociologie et d’économie, aux interactions et aux implications. Ils se contentent d’un slogan simple, qui est « l’Etat me vole pour donner mon argent aux pauvres, l’assistanat ruine le pays ». Alors que les altermondialistes, occupés à être chômeurs ou étudiants, disposent de temps pour aller sur internet, fouiller les forums, échanger des idées, refaire le monde, recalculer etc. D’où un discours bien plus diversifié, fouillé, argumenté, convainquant.

Troisièmement, enfin, parce que les premiers sont peu nombreux, minoritaires, souvent cyniques, brutaux, égomaniaques, tandis que les seconds représentent la foule, le pays, le monde, l’humanité finalement, dans sa diversité et sa touchante stupidité moutonnière.  

néo capitalisme

Reste qu’ils ont peur de la même chose : la perte matérielle, les uns par l’excès d’Etat, par l’insuffisance d’Etat pour les autres. Comment se fait-il que personne ne constate l’évidence ? Qu’il faut trouver un juste milieu ? Marre des balanciers qui tantôt arment les bolcheviks au couteau entre les dents, et tantôt les 200 familles ! Ce qu’il nous faut c’est un Etat fort, redistributeur, libéral avec les petites entreprises, vigilant avec les grosses, capable de tenir la bride des banques et des multinationales, comme de lâcher un peu la grappe aux PME. 

affiche_crisecapitalisme

Petite remarque complotiste pour conclure : comme à chaque fois qu’un film touche une question qui remet en cause la pensée unique, il est réalisé de façon à repousser le public. Plans fixes interminables, noir & blanc, intervenants au saut du lit qui expliquent, hésitent, se reprennent, se grattent le nez… des titres de chapitres et des résumés affichés sur fond noir et accompagnés de grincements sinistres… Jamais une image ou un graphique, un exemple, quelque chose d’autre que ce texte ultra-académique parlé ou écrit. Comme plus récemment Citizen four, il rafle les prix confidentiels du cinéma alternatif, mais n’atteint pas le public plus large. Seuls les altermondialistes les plus convaincus s’infligeront le visionnage intégral de ce monument de soporifisme qui dure 2h40…

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Le blaireau qui valait 100 milliards

Posté par grosmytho le 30 décembre 2015

Tim Cook devrait prendre exemple sur François Hollande : lorsqu’on a le charisme d’un blaireau, il vaut mieux la fermer, parce que tout ce que vous dites finit par se retourner contre vous.

Qu’a dit le nouveau patron d’Apple ? Dans une récente interview, il s’est affirmé prêt à rapatrier le magot de 100 milliards de dollars qui dort dans les paradis fiscaux, le jour où l’imposition US qui serait aujourd’hui de 40% tomberait en dessous de 10%.Tim Cook

Ajoutant comme argument imparable que « le système fiscal est né de l’ère industrielle, il est inadapté à l’ère d’internet »… Ce que Tim Cook fait, par cette interview, c’est une proposition aux autorités fiscales étasuniennes : « je veux bien payer ce que je vous dois, si vous me consentez une ristourne de 75 à 80%. »

Son argument tient-il la route ? Je dis que non, et je diagnostique chez Monsieur Cook un syndrome psychiatrique : il se prend pour dieu.

Lorsqu’il dit « le système fiscal vient de l’ère industrielle » il a raison. A l’ère industrielle, on a vu des gens employer des dizaines, voire des centaines de milliers de personnes, les maintenir à un niveau de tout-juste subsistance, et amasser des fortunes colossales. Il a bien fallu inventer, mettre au point un système de redistribution pour permettre à l’Etat d’exercer son rôle et aussi de fournir les services que ces capitaines d’industrie ne fournissaient pas à leurs employés : retraites, écoles, routes, etc. Cela dit, les industries aussi redistribuaient directement une partie de leurs profits : employant des milliers de travailleurs, la masse salariale (même si elle était maigre) entretenait une grande partie de la population. Souvent les usines construisaient des logements, conduisaient des programmes de charité ou de bienfaisance.

apple poorQuid de l’ère internet selon Monsieur Cook ? Ressemble-t-elle à un système de type agraire, où la redistribution était automatique et donc l’impôt, inutile ? Bien au contraire, on arrive à une époque où plus rien n’est redistribué. C’est moins vrai pour Apple, qui a encore un pied dans l’industriel et qui fournit du hardware. C’est plus vrai pour Google, Twitter, LinkedIn, Amazon etc : des petits génies brevettent une idée, la mettent en œuvre par des contrats de service, font mouliner des algorithmes, font travailler gratuitement les internautes par le « crowdsourcing », et finalement bâtissent en dix ou quinze ans des empires pesant des centaines de milliards de dollars.Apple-Taxes

Des génies ? Certes. Des dieux ? N’exagérons pas. Certes ils sont génialement parvenus à mettre en place des systèmes qui emploient des centaines de milliers de personnes (très peu de salariés, surtout des prestataires), et à capter les sous de centaines de millions de clients. Formidable, génial, admirable, tout ce que l’on voudra. Mais leur système fonctionne parce que la société est là, développée, technologique, que des gens ont été alphabétisés, que des systèmes informatiques ont été inventés et mis au point par des programmes de recherche financés sur fonds publics, des infrastructures de télécoms sont en place, etc.

Et ils voudraient, Tim Cook, et ses copains actionnaires, être les seuls bénéficiaires ? Ils affirment sans rougir que leur idée et leurs 10 ans de travail valent 100 milliards de dollars, tandis que le reste, la société, l’Etat, les centaines de millions de gens qui travaillent gratuitement (à déchiffrer des captcha, liker, commenter, produire des contenus), les milliards de personnes qui cèdent gratuitement leurs données personnelles, tout cela compte pour du beurre ?

Monsieur Cook devrait s’estimer heureux, et non pas lésé, d’être imposé au tarif industriel. Si j’étais à la place du fisc américain, je serais moins tendre et je ferais passer ce taux à 80%.  

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Le jihad de François est illégal, finalement

Posté par grosmytho le 9 mars 2014

Le tribunal correctionnel de Paris vient d’envoyer en prison 3 jeunes hommes interpellés à l’aéroport de St Etienne alors qu’ils prenaient le chemin de Damas.

Hollande qatar On comprend ce jugement du point de vue de l’émotion générale et des craintes suscitées : volonté de décourager les velléités jihadistes parmi les désœuvrés de l’Hexagone, volonté de montrer après la calamiteuse affaire Merah que l’Etat désormais suit, prévient, surveille et sévit. Du point de vue juridique, il est simplement aberrant. Il punit une intention, un crime qui n’a pas été commis, sur la foi de preuves bien maigres (visite de sites « faisant l’apologie de la violence »…).hollande jihad

Finalement, Youssef, Salah-Eddine et Fares vont en prison pour leur état d’esprit (« radicalisés » par la « propagande islamiste »)… qui était aussi celui de François Hollande ! Rappelez-vous, notre belliqueux Don Juan voulait, entre deux saillies officieuses rue du Cirque, aller punir Bachar El Assad et soutenir la guérilla islamiste qui met la Syrie à feu et à sang !

Dans les pays (France et Royaume Uni surtout) qui se sentaient des fourmis dans les jambes, c’est désormais l’alerte maximale : apparemment des centaines de jeunes s’embarquent pour le jihad syrien. La crainte est qu’ils en reviennent aguerris, endurcis, rompus à la clandestinité. Et se lancent dans un jihad européen… Comme quoi, en géopolitique comme dans les affaires familiales, on gagne à s’occuper de ses fesses plutôt que de celles de la voisine.

François l’Infidèle a eu de la chance de tourner casaque à temps ! Radicalisé lui aussi par ces sites internet de propagande atlantiste qui diabolisent Assad, mais privé du soutien de son ami Barack, il a finalement décidé de renoncer à son projet de jihad sur la Syrie. Bien lui en a pris !Jihad africain

On imagine que sinon il serait en train de croupir en prison avec ses jeunes collègues…

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Dehors les étrangers !

Posté par grosmytho le 7 novembre 2013

Les misérables petits marchandages de l’affaire Leonarda (elle peut revenir, mais sans sa famille; elle peut revenir avec famille, mais sans son père voleur de poules; elle peut suivre des cours de français par correspondance; etc) ont été tranchés par un sondage: 74% des Français veulent qu’elle reste chez elle!

On les comprend, les pauvres !

Les étrangers sont partout ! C’est bien ça qui les rend insupportables : si encore il y en avait moins… si encore on pouvait, de ci-de là, échapper à leur présence envahissante et à leur haleine fétide… on s’en accommoderait. S’ils restaient l’exception… mais là, partout, nombreux, majoritaires, même, c’est plus possible ! On n’est plus chez soi nulle part !

Bien d’accord avec tous les Valls du monde entier ! Dehors les indésirables ! La preuve qu’ils ont raison, c’est qu’ils disent la même chose dans tous les pays. En Europe, en Asie, en Australie même, un seul slogan se décline dans toutes les langues, avec des variations, mais dont le sens général reste le même : « la barque est pleine, fermez les écoutilles ». De gauche comme de droite, en France comme en Angleterre ou en Russie, écoutez-les rivaliser de fermeté, inventer chaque jour des mesures plus radicales pour débarrasser le monde de ce fléau !

Dehors les étrangers ! dans Propagande valls

Endiguer les flux migratoires, parquer et policer les étrangers, renvoyer dans leurs pénates ces indésirables qui prolifèrent, réglementer sévèrement la métèque-attitude qui menace nos belles traditions : les voici, les thèmes universels de toute élection démocratique !

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Quoique… il existe un pays où l’on ignore pratiquement la notion d’étranger.

securite corruption dans Socio

Justement ça tombe bien, c’est un pays sans campagnes électorales. Peut-être est-ce lié ? Ou alors est-ce parce qu’il s’agit DU pays qui compte le plus grand nombre compatriotes, et par voie de conséquence, fait face au plus petit nombre d’étrangers ? Avec 1,3 milliard de Chinois, la Chine n’a à faire face qu’à 6 étrangers par citoyen. Autant dire rien ! Comparez ce chiffre aux 112 étrangers qui menacent et encerclent chaque Français, et vous comprendrez mieux pourquoi on est hystérique ici et flegmatique là…

Force est de le constater : la Chine est le pays où les étrangers sont le mieux traités (bon là c’est fini, vous n’allez plus me croire ni même me lire – cette fois GM-la-provoc’ a dépassé toutes les bornes pourtant assez extensibles du persiflage et les limites bien mal délimitées du sophisme au rabais. J’en conviens volontiers ! Mais laissez-moi encore le bénéfice d’un petit paragraphe, j’essaie de toutes mes forces de me racheter). En Chine on reçoit les étrangers avec une stupéfiante indifférence. Il n’y sont pas traités du tout. On n’y trouve (en général, hein : le pays est grand et tous les cas de figure se produisent à l’occasion) ni cette obséquiosité un peu nourrie d’arrière-pensées qu’on rencontre parfois dans les pays pauvres ou touristiques, qui fait du racisme à l’envers. Où l’on pare l’étranger de toutes les vertus et le compatriote de toutes les verrues. Ni cette condescendante « tolérance » qui dans nos pays accueille l’étranger en lui suggérant de repartir, qui « accepte la différence » tout en le sommant de s’en débarrasser, qui veut « qu’ils s’intègrent » tout en les tenant à l’écart.

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Ni favoritisme, ni ostracisme. Etrangers et concitoyens sont logés (en gros) à la même enseigne : celle du chacun pour soi, certes, celle du capitalisme pur & dur, celle où il n’y a pas vote des étrangers parce qu’il n’y a pas non plus vote des nationaux, celle où il n’y a pas d’assistanat pour les uns parce qu’il n’y en a pas non plus pour les autres.

france-aux-racistes étrangers

Rien de tout ça ici : « Vous êtes étranger ? Grand bien vous fasse, je m’en fous ». Tout au plus cherchera-t-on ici ou là à profiter un peu de votre pouvoir d’achat supposé supérieur à la moyenne en gonflant un peu le prix de départ. Ou de votre infériorité dans la maîtrise de la langue de Confucius pour aménager quelque peu les conditions de la vente. C’est de bonne guerre (économique). Pas de racisme là-dedans, juste un peu d’opportunisme commercial.

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Souveraineté et compétitivité

Posté par grosmytho le 30 octobre 2013

Il y avait autrefois, il y a fort longtemps, un pays fort lointain, qui a un jour brusquement cessé d’exister. Comment ? Pourquoi ?

Souveraineté et compétitivité dans Emploi communistes-ou-capitalistes-300x124

Il n’a pas été envahi par un voisin belliqueux (son armée était réputée bien entraînée et motivée, équipée de matériel dernier cri). Il ne fut pas non plus noyauté par la CIA (le contre-espionnage de ce pays faisait l’envie et l’admiration des autres pays de la région). En crise économique, ce pays a baissé pavillon. Pas compétitif, il a préféré se suicider.

consommateurs-ou-cons-tout-court chômage dans Propagande

Ses habitants, qui bénéficiaient de l’école, l’université, du logement et de la santé gratuits, n’étaient pas satisfaits. Ils auraient préféré du Coca et de la pornographie payants ! Las, ces biens et services si éminemment désirables & nécessaires, le Parti communiste refusait absolument de les leur fournir. C’est le dilemme de toute société socialiste : ses industries sont peu compétitives et ses produits de consommation, médiocres. On peut à la rigueur les importer, mais l’hémorragie de devises finit par mettre le pays sur la paille. On essaie de les interdire, mais on s’aperçoit qu’on provoque alors une hémorragie de citoyens. Les habitants du pays ont tellement envie de ces babioles qu’ils partent vendre leur âme au capitalisme étranger : déserter, quitter le navire, s’établir à l’étranger, à tout prix, illégalement s’il le faut, quitte à y faire des sales boulots, tout ça pour bouffer avec Ronald McDonald et conduire une bagnole étrangère ! Que voulez-vous, l’être humain est ainsi fait.

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C’est ce qui s’est passé en RDA, puis dans tous les autres pays socialistes d’Europe de l’Est. C’est ce qui se passe à Cuba. Et c’est ce qui se passera, forcément, en Corée du Nord.

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En Chine, on a trouvé la parade : puisque les citoyens communistes sont prêts à se prostituer et à entrer en esclavage à l’étranger capitaliste, et que l’étranger capitaliste a de moins en moins envie de leur donner des visas, on invite les sociétés étrangères à se délocaliser. Comme ça tout le monde y gagne : le citoyen chinois peut travailler comme un esclave pour Apple et se payer un iPhone comme les prolétaires capitalistes les plus aliénés. Le pays, couvert d’usines à capital et technologie étrangers, devient super-compétitif. Il ne se suicide plus faute de devises étrangères : il les accumule jusqu’à ce qu’un jour, ce soient ses débiteurs qui demandent grâce.

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Les parois extérieures de la civilisation

Posté par grosmytho le 23 octobre 2013

La civilisation ! Rentré à Pékin hier de bon matin j’ai rarement éprouvé un tel soulagement de retrouver mes chères pénates d’adoption & pour une fois, ce n’est pas un effet de style : ce week-end je me suis heurté aux limites extérieures de la civilisation.

Ça aurait pu être n’importe où. Ce fut à Novosibirsk où je faisais escale pour aller voir des potes à Tomsk que j’ai, bien malgré moi, fait une visite hors des limites du monde dit civilisé. Des limites, moins géographiques que conceptuelles d’ailleurs, que je viens de sonder pour vous. Figurez-vous que je me lançai samedi, par le vol de minuit, vers une aventure qui aurait bien pu signer la fin de ces petits carnets qui vous amusent tant. Une brève excursion hors de l’atmosphère confinée de la civilisation.

Les parois extérieures de la civilisation dans Propagande novosib

Ah, la civilisation ! Y a-t-il dans les petit Robert et autres Larousse mot plus galvaudé ? Moins compris, plus employé ? Comment la définiriez-vous ?

Un ensemble de valeurs partagées ? La conviction que la vie, la santé et la dignité de l’individu sont au-dessus de tout ? L’égalité des personnes devant le droit, la solidarité entre congénères humains ? Détrompez-vous mes chers amis. Rien de tout cela n’existe dans le monde réel. Ce que nous appelons la ‘civilisation’ n’est en réalité qu’un club de riches dont vous possédez de naissance la carte. Votre vie, votre santé et votre dignité ne sont reconnus qu’en échange d’espèces sonnantes & trébuchantes (ou du moins votre capacité à accéder à celles-ci). Retrouvez-vous comme moi ce samedi dans une ville où vous ne connaissez personne, sans argent, et vous verrez : la civilisation pour vous cesse d’exister. Je vous dis cela sans amertume et sans jugement moral ; mais vous ferez bien, comme moi à l’avenir, d’y regarder à deux fois avant de tenir pour acquise votre appartenance à la civilisation. Ses portes se ferment plus facilement et plus impitoyablement que vous ne le pensez. D’ailleurs si la civilisation s’est construite au fil des siècles, le chemin inverse est infiniment plus rapide : j’ai depuis longtemps la conviction que tout dandy n’ayant pas mangé ni dormi pendant trois jours retrouve sans coup férir les manies et la façon de penser de l’homme des cavernes.

automne-siberien chômage dans SocioL’autre jour je pris donc l’avion pour Novosibirsk, d’où je méditais de rejoindre Tomsk (deux charmantes bourgades sibériennes éloignées de 300 km environ l’une de l’autre) en bus (aucun avion ne connecte Tomsk, sauf à repasser par Moscou – regardez sur une carte, c’est le délire). Bref ; arrivé à six heures du mat’ après une nuit fort courte, je me mis en devoir de pomper un peu de cash au distributeur de l’aéroport. Le cerveau engourdi par le manque de sommeil, j’ai le malheur de composer trois fois un code pin erroné. Et me voilà parti pour des aventures passionnantes : coincé à Novosib, ville d’une glaciale modernitude, sans presque un rond en poche, CB kéblo. Je rejoins le centre ville grâce aux quelques roubles qui traînaient dans mon portemonnaie, j’avise l’hôtel ‘Novosibirsk’ (les noms d’hôtel brillent rarement par leur originalité en Russie : il y en a un qui porte le nom de la ville, un autre celui de la région (Sibir’), le troisième, celui de la rivière ou du fleuve local (l’Ob’) ; les autres ont le choix entre Sovietskaya, Yubileynaya et Tsentralnaya). Je vous passe les tracasseries, démarches, négociations et supplications diverses pour dresser le bilan en début de soirée :

Le verre est à moitié plein parce que :

-j’ai un billet de bus pour Tomsk pour le lendemain ; j’y rejoins mes potes avec qui il y aura moyen de s’arranger

-mon téléphone fonctionne

-je suis en communication avec le Crédit Agricole qui est ouvert -courtesy décalage horaire

-le lobby de l’hôtel est chauffé et fournit le wifi gratos (d’où recherche possible de numéros de téléphone etc).

centre-ville-300x181 démocratie

D’abord amusé par cette situation à la McGiver (ce GM, vous allez me dire, un rien l’amuse) je commence à déchanter alors que je découvre la moitié vide du verre :

-potes absents de chez eux et injoignables au portable (mauvais numéro ?)

-carte bleue bloquée définitivement

-la banque contactée ne peut la remplacer sans que je passe personnellement à l’agence

-l’hôtel ne peut pas me fournir de chambre sans prépaiement

-la Sberbank Novosib ne peut me délivrer de l’argent déposé à la Sberbank Moscou (si, mais ça prend plusieurs jours, c’est le WE, etc)

-je ne connais personne à Novosib

-il fait -5°C dehors (température clémente pour la saison, mais bon).

Tout en hochant la tête en mimant une infinie compassion, les divers membres du chœur de cette tragi-comédie grecque répètent chacun à leur tour et à leur façon le refrain « oui, certainement, je vous comprends, mais malheureusement je ne peux pas vous aider. Essayez de demander à … [votre banque, votre hôtel, etc] ». Sans mettre en doute ma sincérité, ni éluder les conséquences inacceptables de leur refus, tous ces charmants personnages se réfugiaient derrière leur statut de simple rouage d’un système qui les dépasse pour se défausser sur quelque hypothétique tierce personne. Mention particulière au Crédit Agricole dont je dois reproduire ici quelques répliques :

-vous comprenez, ça ne va pas être possible (je les mets en demeure de débloquer immédiatement cette putain de carte), notre système doit assurer la sécurité des dépôts…

-même si cela met en danger la sécurité physique de vos déposants ? sans argent, je suis bon pour passer la nuit dehors, c’est l’hiver, il fait -10°

-ah ben là oui, malheureusement… c’est un cas de figure assez rare…

Ah, la civilisation. Si vous ne pouvez pas vous passer d’elle, sachez qu’elle ne demande qu’à se passer de vous. Il vous suffit de vous retrouver, pour une raison x, y ou z, dans l’impossibilité de prouver votre qualité de civilisé (le solde de votre compte en banque) au moment où cela vous est demandé, pour être aussitôt rejeté comme un corps étranger. Son système immunitaire est réglé de façon à empêcher les intrusions, tant pis s’il faut de temps à autre accepter qu’un passager légitime soit jeté par-dessus bord…

vue-de-la-fenetre-du-8e-300x175 étrangers

Je m’installai donc dans le lobby du fameux hôtel pour profiter des quelques infrastructures gratuites disponibles de jour (chiottes, chauffage, fauteuil, prise de courant, wifi) et donc rester civilisé encore quelques heures avant de me voir signifier par le vigile (qui commence déjà à effectuer des cercles de plus en plus rapprochés autour de mon QG) « vous comprenez Monsieur, ici on fait dans le gîte payant, le camping est interdit ». A tout hasard je dressai la liste des deux bars 24h/24 de la ville en les repérant sur une carte (pas trop loin à pied, je suis au centre ville) où je pourrai éventuellement faire durer trois ou quatre cafés jusqu’au matin. Pas brillant le plan d’action alors que j’ai peu dormi et que je me sens déjà piquer du nez à 10 h du soir. Je crains le moment où il me faudra quitter la tiède quiétude de l’hôtel pour affronter les rues nocturnes. Le plus gros risque étant (paradoxalement peut-être pour vous les civilisés?) la police. Police qui trouve sa pitance dans les situations semi-légales (pas d’enregistrement du lieu de villégiature) et difficilement explicables (« comment ça sans un sou en poche ? un grand étranger comme vous ? allons au poste voir ça si vous voulez bien »). Et donc écume tous les endroits chauffés et gratuits de la nuit (halls de gare, etc) à la recherche de cas sociaux à détrousser.

Ici comme chez nous, la civilisation est avant tout un mécanisme d’exclusion des non-civilisés.

Allez, je vous fais l’épilogue, je vous vois prêts à tourner de l’œil ! Je finis par téléphoner systématiquement, par ordre alphabétique, à tous mes potes, collègues, etc susceptibles d’avoir un contact local. A la cinquième tentative, je fais mouche : mon ancien collègue m’indique l’adresse de sa vieille mère qui (coup de bol) habite à deux pas de là. Pendant que j’affronte le blizzard et que je tourne autour des patés de maisons identiques à la recherche du bon pod’ezd, il l’appelle pour l’enjoindre de m’ouvrir la porte et de me soigner comme si j’étais son propre fils retrouvé après une longue absence : douche, repas, plumard, tout. Ah, chère Raissa Emelyanovna ! Si vous saviez : ce soir-là, à vous seule, vous avez remplacé pour moi toute cette saloperie de civilisation.

En guise de morale de cette brève nouvelle, cette traduction approximative d’un proverbe russe : « aie cent poteaux, pas cent euros » (ça rime en russe aussi).

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A potasser pour la rentrée !

Posté par grosmytho le 29 juillet 2013

Ah, l’école. Pas un quinquennat qui n’ambitionne pas de la réformer de fond en comble. Et toutes ces réformes ambitieuses qui se soldent invariablement par de ridicules histoires d’horaire, de cantine ou de date des vacances !

 A potasser pour la rentrée ! dans Fiches de lecture le-verbe-contre-la-barbarie A tous ceux qui la vouent aux gémonies ou au contraire la parent de toutes les vertus, je conseille la lecture d’un livre qui n’a pas pour sujet l’école, mais qui pourtant aborde de façon très intéressante son rôle, ses possibilités, et aussi quelques-unes des missions impossibles dont on l’accable.

Le verbe contre la barbarie d’Alain Bentolila, prof de linguistique à Paris-V, tente une approche chronologique de la façon dont l’enfant acquiert les compétences linguistiques dont il aura besoin dans la vie… en même temps Alain Bentolila examine ce qui se produit lorsque l’école, qui avait pour objectif de former 25% d’une classe d’âge préparée et sélectionnée pour cela, se voit brusquement confier l’ensemble de cette classe d’âge… avec la même mission et les mêmes moyens. alain-bentolila-300x164 chômage dans Socio

Il décrit l’insécurité linguistique des enfants dont le vocabulaire appauvri par la télé et les récentes évolutions sociétales (familles monoparentales, disparition des grands-parents du cercle familial, ghettoïsation des immigrés, etc) ne leur permet pas de faire face à l’apprentissage mis au point dans un contexte totalement différent. Encore et surtout, Alain Bentolila souligne ce qui est oublié à force d’être évident : la maîtrise du langage est un pouvoir, et sa non-maîtrise un esclavage. Le verbe contre la barbarie, c’est comment la parole souple et précise permet de résoudre les problèmes de la vie en société, et comment son absence mène inéluctablement à la confrontation physique.

Parler à ceux que l’on aime ne suffit pas : il faut apprendre à parler à ceux que l’on n’aime pas, construire une argumentation solide et faire valoir légalement ses droits. Ceux qui, faute d’une préparation adéquate à l’âge pré-scolaire, et faute d’un suivi adapté à l’école, se retrouvent en état de détresse linguistique, sont désarmés dans la société moderne. Marché du travail, code civil, administrations, tout leur semble conçu exprès pour les perdre et les embrouiller, d’où révolte qui ne peut s’exprimer que par la violence. Brûler des voitures ou caillasser des voitures de police : moyens d’expression spectaculaires mais peu efficaces, qui sont reçus avec mépris par les autorités.

Le pouvoir ne se donne pas, il se prend, c’est bien connu. Sauf à l’école « laïque et républicaine », où (pour l’instant) on veut encore le distribuer à tous équitablement.

Et le pouvoir (politique) est avant tout le pouvoir de la parole (à la télé). M. Bentolila décrypte le discours politicien : une simple analyse grammaticale permet de détecter une proportion anormale de phrases formulées au passif (sur le modèle « toutes les promesses faites seront tenues »), conçues pour noyer le poisson et éluder les questions précises (quelles promesses ? faites par qui ? tenues par qui et quand ?). La langue de bois alterne habilement avec le « moi je » et « moi seul » du bonimenteur de foire. Encore un exemple de la vertu émancipatrice du langage : questionnons les politiciens sur leur programme et leur bilan, au lieu d’entrer dans leur jeu de la télé-réalité axés sur la mise en scène du fait divers.

Bref la lecture de l’été, au lieu et en place de la télé.

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La politique ou le bizness, il faut choisir !

Posté par grosmytho le 19 juillet 2013

La politique ou le bizness, il faut choisir ! dans Eco laurence-la-sorciereLaurence Parisot, la sorcière réactionnaire qu’adorent détester les gens de gauche (et qui semble décidée à garder sa place dans leurs cœurs) fait allusion à sa reconversion  prochaine : sur Europe 1, elle confirme vouloir rester « à la frontière de l’économique et du politique« . La proximité des grands fauves l’aura décomplexée : avant, pendant, mais surtout après la politique, le fric ! Faire du fric est désormais un objectif politique avouable… et avoué!

Et la séparation des pouvoirs ? les-200-familles chômage dans Emploi

Montesquieu a vu et décrit la nécessité de séparer les trois pouvoirs : exécutif, législatif, judiciaire. Celui qui fait la politique et celui qui écrit les lois doivent être à la merci, le cas échéant, des juges, comme tout autre citoyen. Ça nous paraît évident aujourd’hui, c’est depuis et grâce à Montesquieu.

Et pourtant ce grand bourgeois n’a rien dit de la nécessité de partager le pouvoir entre riches et démunis. A l’époque on comprenait la démocratie de façon censitaire, comme les Grecs anciens : égalité des droits et des chances pour la classe moyenne supérieure, mais pas question de faire voter les gueux, ou d’écouter les interminables jérémiades de la plèbe. Depuis la Révolution, on a régulièrement ergoté sur le quatrième pouvoir, celui de la presse. Peut-il, doit-il, être mis sur le même pied que les trois autres ? Mais finalement on s’est aperçu qu’il n’existait pas vraiment. Les journaux appartiennent toujours à quelqu’un, et ce quelqu’un paie les salaires des journalistes. Le pouvoir des journalistes est soumis au pouvoir économique.

Le vrai quatrième pouvoir, c’est celui du fric. Il est grand temps de le séparer, lui aussi. Mais il est peut-être déjà trop tard.

les-200-familles2 corruption dans Socio

Non seulement il existe, mais il se renforce de jour en jour. Je ne vous refais pas le topo, les banquiers qu’on renfloue au lieu de les mettre en prison ; les riches dont on fait baisser les impôts, en Europe comme aux US, sous des gouvernements de droite comme de gauche ; le CAC40 qui ne connaît pas la crise et bat record après record ; l’enrichissement spectaculaire des très riches depuis que la crise plombe les revenus salariés.

Comment se fait-il qu’en France, deux catégories seulement de personnes voient leur pouvoir d’achat exploser, tandis que les autres sont déchirées entre précarité et austérité ? C’est que ces deux catégories n’en font qu’une: la mafia du politique-business.

C’est l’enseignement des récentes affaires politico-financières qui se bousculent et engorgent les tribunaux. Le mal n’est ni à gauche, ni à droite. Il n’est ni dans la politique, ni dans le business. Ce n’est même pas la faute à l’Euro ! Le mal, c’est ce berlusconisme décomplexé qui fait qu’on mêle les deux. Qu’on est chef d’entreprise et chef d’Etat, lobbyiste et fonctionnaire, sénateur et marchand de canons, propriétaire de télé/radio/journaux et politicien. Qu’on achète les juges et qu’on intimide les journalistes (ou alors le contraire) pour leur faire dire à tous qu’on est le meilleur et le plus honnête politicien du monde.

Soit on travaille pour sa gueule, soit on travaille pour le bien public. Confondre les deux, c’est se tromper soi-même et tromper le public. Chez les autres, on appelle ca de la corruption. Mais chez nous, c’est different : conflit d’intérêt, indélicatesse, risque éthique… Sommes nous, oui ou non, le pays de l’euphémisme-roi ?

 

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La politique ou l’économie, il faut choisir ! Les deux sont (ou devraient être) éminemment nécessaires et respectables, mais pas d’inceste, s’il vous plait.

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