Pavlov et la liberté d’expression

Posté par grosmytho le 24 mars 2017

L’art moderne qui veut faire réagir le spectateur nous en révèle beaucoup aussi sur ses auteurs. Comme cette résidence d’artistes polonais au Centre Ullens d’art moderne du 798 à Pékin. Ils ont un espace de liberté à remplir d’expression : deux murs blancs immenses plus le sol qui les sépare. Des pinceaux et des pots de peinture sont à la disposition des artistes et du public, et donc les murs se recouvrent de graffiti. 

polonais libres d'expression

Liberté d’expression ? en Chine ? L’expérience aurait pu être intéressante, malheureusement elle est tout de suite tombée dans le banal et le prévisible.

Que font des artistes (donc des provocateurs, des libres-penseurs, des anarchistes) en Chine lorsqu’on leur dit qu’ils sont libres d’agir à leur guise ? Ils commencent par dessiner (ils se sentent surveillés), mais ensuite, rapidement leur pente naturelle est de chercher à marquer les esprits, donc à passer aux slogans et aux caricatures. On aurait pu imaginer (j’ai en tout cas imaginé) que ces ex-communistes allaient montrer cet art subtil de la subversion au second et au troisième degré qui s’est développé à un tel niveau dans leur pays, par des allusions transparentes qui passent sous les radars de la censure instiller le doute dans les esprits préparés. Qu’ils allaient essayer de parler aux citoyens chinois qui vont visiter l’exposition tout en échappant à la vigilance des surveillants chargés de l’ordre public. En affichant, par exemple, des slogans exagérés qui imitent et ridiculisent l’optimisme de commande des systèmes communistes. 

25 years of freedomMais non : leur culture eurocentrée ne comprend rien à la Chine. Loin de chercher à parler aux gens, ils choisissent de jouer de leur immunité diplomatique (leur statut d’étrangers les protège de toute inquiétude) pour asticoter les autorités. Ils se contentent de ces slogans de panurge atlantistes qui ne signifient rien ici. Evidemment il y a l’inévitable « Free Tibet » (ce n’est pas politique, parce que ces gens ne connaissent rien à la problématique tibétaine) ; c’est simplement moutonnier, ça fait partie du jeu. Mais ce pavlovisme se heurte à celui des autorités chinoises : pendant la nuit, le slogan « pro-tibétain » est recouvert de peinture blanche ! Indignation des artistes qui me relatent, mi-excités et mi-indignés que leur astuce ait si bien fait réagir les autorités, le déroulement de l’affaire. « Pourquoi Free Tibet ? » je leur demande, faussement curieux. Pourquoi pas « Free Iraq » ou « Free Afghanistan » ? Je connais la réponse mieux que ces apprentis géopoliticiens qui m’approuvent mollement sans réellement saisir la contradiction : le soft power étasunien est maître dans leurs têtes et ils adhèrent sans réserve au partage officiel du monde en pays gentils et méchants. Le Tibet, pays ‘gentil’ ne peut pas faire partie de la Chine, pays ‘méchant’, et a donc vocation à être « libre » ; alors que les peuples d’Irak ou d’Afghanistan, au contraire, vivant dans des pays ‘méchants’, ne peuvent que bénéficier de la bienveillante tutelle de l’Oncle Sam …

les pinceaux

Plus étonnant, on voit aussi, barbouillé en grosses lettres, « 25 ans de liberté en Pologne ». Vraiment ? Leur enthousiasme démocratique est encore si fort, si jeune, si dépourvu de déconvenues, qu’ils le clament comme au premier jour. Je note : leur nouveau colonisateur leur plaît évidemment mieux que l’ancien : il faut en tenir compte. C’est humain : on est plus facilement consommateur que citoyen. On échange facilement deux barils de choix au supermarché contre un baril de liberté.

Liberté, vraiment ? C’est sûr, on ne risquerait rien (pas même la censure) en Pologne à écrire des slogans du style « US go home » ou bien « Free Irak ». Les autorités savent très bien tolérer l’ultra-minorité humaniste qui souffre et s’indigne (modérément) des crimes que l’on commet en son nom. Mais que se passerait-il s’ils représentaient le petit Jésus en train de sucer la bite du pape, ou la Vierge Marie en train de faire le trottoir ? Est-ce qu’on ne recouvrirait pas ces affreux blasphèmes au nom de la sauvegarde de l’ordre public ? Bien sûr que si. On est toujours fiers de bafouer les tabous des autres, parce qu’on n’a pas de tabous, nous autres. Nous, c’est des valeurs qu’on a. Faut pas confondre ! Et surtout pas question de les bousculer, hein, sinon gare ! 

vue d'ensemble

Où l’on apprend à distinguer la liberté ressentie et la liberté objective. L’adhésion aux thèses du colonisateur fait que l’on renonce à la seconde pour se repaître de la première.

Tiens ça pourrait faire un sujet pour le bac de philo: « La liberté existe-t-elle ou  bien n’est-elle que le choix d’un asservissement consenti ? »

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Le blaireau qui valait 100 milliards

Posté par grosmytho le 30 décembre 2015

Tim Cook devrait prendre exemple sur François Hollande : lorsqu’on a le charisme d’un blaireau, il vaut mieux la fermer, parce que tout ce que vous dites finit par se retourner contre vous.

Qu’a dit le nouveau patron d’Apple ? Dans une récente interview, il s’est affirmé prêt à rapatrier le magot de 100 milliards de dollars qui dort dans les paradis fiscaux, le jour où l’imposition US qui serait aujourd’hui de 40% tomberait en dessous de 10%.Tim Cook

Ajoutant comme argument imparable que « le système fiscal est né de l’ère industrielle, il est inadapté à l’ère d’internet »… Ce que Tim Cook fait, par cette interview, c’est une proposition aux autorités fiscales étasuniennes : « je veux bien payer ce que je vous dois, si vous me consentez une ristourne de 75 à 80%. »

Son argument tient-il la route ? Je dis que non, et je diagnostique chez Monsieur Cook un syndrome psychiatrique : il se prend pour dieu.

Lorsqu’il dit « le système fiscal vient de l’ère industrielle » il a raison. A l’ère industrielle, on a vu des gens employer des dizaines, voire des centaines de milliers de personnes, les maintenir à un niveau de tout-juste subsistance, et amasser des fortunes colossales. Il a bien fallu inventer, mettre au point un système de redistribution pour permettre à l’Etat d’exercer son rôle et aussi de fournir les services que ces capitaines d’industrie ne fournissaient pas à leurs employés : retraites, écoles, routes, etc. Cela dit, les industries aussi redistribuaient directement une partie de leurs profits : employant des milliers de travailleurs, la masse salariale (même si elle était maigre) entretenait une grande partie de la population. Souvent les usines construisaient des logements, conduisaient des programmes de charité ou de bienfaisance.

apple poorQuid de l’ère internet selon Monsieur Cook ? Ressemble-t-elle à un système de type agraire, où la redistribution était automatique et donc l’impôt, inutile ? Bien au contraire, on arrive à une époque où plus rien n’est redistribué. C’est moins vrai pour Apple, qui a encore un pied dans l’industriel et qui fournit du hardware. C’est plus vrai pour Google, Twitter, LinkedIn, Amazon etc : des petits génies brevettent une idée, la mettent en œuvre par des contrats de service, font mouliner des algorithmes, font travailler gratuitement les internautes par le « crowdsourcing », et finalement bâtissent en dix ou quinze ans des empires pesant des centaines de milliards de dollars.Apple-Taxes

Des génies ? Certes. Des dieux ? N’exagérons pas. Certes ils sont génialement parvenus à mettre en place des systèmes qui emploient des centaines de milliers de personnes (très peu de salariés, surtout des prestataires), et à capter les sous de centaines de millions de clients. Formidable, génial, admirable, tout ce que l’on voudra. Mais leur système fonctionne parce que la société est là, développée, technologique, que des gens ont été alphabétisés, que des systèmes informatiques ont été inventés et mis au point par des programmes de recherche financés sur fonds publics, des infrastructures de télécoms sont en place, etc.

Et ils voudraient, Tim Cook, et ses copains actionnaires, être les seuls bénéficiaires ? Ils affirment sans rougir que leur idée et leurs 10 ans de travail valent 100 milliards de dollars, tandis que le reste, la société, l’Etat, les centaines de millions de gens qui travaillent gratuitement (à déchiffrer des captcha, liker, commenter, produire des contenus), les milliards de personnes qui cèdent gratuitement leurs données personnelles, tout cela compte pour du beurre ?

Monsieur Cook devrait s’estimer heureux, et non pas lésé, d’être imposé au tarif industriel. Si j’étais à la place du fisc américain, je serais moins tendre et je ferais passer ce taux à 80%.  

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Le rêve éveillé

Posté par grosmytho le 9 décembre 2015

Réflexion au saut du lit : l’idéologie politique est aujourd’hui totalement dominée par la droite.Comme on a pu le voir aux élections régionales, c’est désormais FN et LR qui se tirent la bourre, tandis que le PS idéologiquement umpisé leur court après.le-reve-picasso détourné

Nécessité d’équilibrer les comptes de l’Etat, mythe de la réussite financière proportionnelle aux mérites de chacun… C’est ridicule mais ça marche : le bon peuple a complètement intégré le fait que les chômeurs sont des petits saligauds qui cherchent à profiter du système, qu’il faut réduire les impôts des riches sous peine de les voir s’exiler, etc… Incroyable : la gauche, maintenant qu’elle a abandonné toute prétention idéologique, cherche à comprendre, avec ses économistes et ses sociologues, à dépassionner, à analyser rationnellement, mais ses arguments ne portent plus. Todd a été lynché médiatiquement pour son analyse des attentats de janvier, alors que les Sorman, Zemmour et consorts pleurnichent sur toutes les chaînes qu’on veut les faire taire… Piketty a certes connu un succès de librairie, mais c’est l’exception qui confirme la règle.

Le-reve-de-Kush

 

La gauche a eu son heure de gloire. Dans les années 60, c’était Mao qui fascinait la jeunesse. Le rapport de forces était inversé : alors que les communistes se déchaînaient avec leurs expériences stupides et cruelles, ils avaient le soutien de toute l’intelligentsia ! C’était la droite qui ramait à l’époque pour expliquer la nécessité des petites entreprises, du privé, de l’investissement et de la recherche. Le bon peuple se laissait bercer par des fadaises faites de propriété collective des moyens de production et des histoires d’autogestion…ben

 

 

Encore avant, c’était l’Eglise qui faisait recette, contre les représentants de la rationalité et du progrès technique. Superstitions et Bible comme uniques sources d’info, réfutation hystérique de tout ce qui était matériellement observable… Relire les Travailleurs de la mer…Tant que l’Eglise était rigoriste et bottait les culs, assénait du latin et excommuniait, on la suivait. Mais dès qu’elle s’est adoucie, qu’elle a commencé à parler d’un dieu gentil, aimant et pardonnant, de partage et de respect de l’autre, ç’a été le début de la fin !

Comme quoi le populo est et reste une bête. Navigant dans une sorte de rêve éveillé, il préférera toujours celui qui sait raconter à celui qui sait faire.

 

LE REVE AMERICAIN

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« A ceux qui font le jeu du FN » … par Cassandre

Posté par grosmytho le 19 septembre 2015

Des conflits ethniques en France, c’est ça que vous voulez ? L’apartheid ? Des territoires occupés, des murs de séparation ? Une guerre de religion ? Une guerre civile ? Une guerre de civilisation ?

Le monde se divise en pays prospères et en pays bordéliques. Les pays prospères, en gros, sont les pays mono-ethnie, ceux qui se sont formés lentement, et où, à force de siècles de guerres, de génocides et d’arrangements familiaux aristocratiques, on a fini par faire coïncider au mètre près ethnicité et territoire national. Grands ou petits, ils savent qui ils sont et où ils vont. Ils voisinent avec d’autres pays où, là aussi, on sait qui on est et où on va. Les pays bordéliques sont les pays multi-ethniques : en général ce sont les pays récemment formés, parfois à grands traits de règle sur une carte par des puissances totalement étrangères. Les ethnies s’y divisent en majoritaire et minoritaires, et elles se détestent ou se méprisent.

Ça n’existe plus en Europe, les groupes ethniques, enfin plus… ou pas encore. Chaque groupe ethnique dispose depuis quelques décennies au moins des trois éléments-clés : sa langue, son histoire, son territoire. D’où un calme relatif. Les Français sont contents d’être français, les Allemands d’être allemands, etc. A part quelques têtes brûlées (Basques, Corses, peut-être ?), il ne vient plus à l’idée de personne de contester violemment des frontières établies à un prix aussi exorbitant.

L’identité nationale, ou ethnicité, c’est à la fois facile et difficile à définir : c’est instinctif, viscéral, épidermique. C’est la tribu à laquelle vous vous sentez instinctivement appartenir. La tribu pour laquelle vous sentez un pincement au cœur si elle subit un accident d’avion ou perd un match de foot. Toute ethnie repose sur un mensonge fondamental : on définit l’ethnicité comme ce qui se transmet par la naissance (génétique), alors qu’il s’agit d’un caractère acquis (culturellement). Pour paraphraser Simone de Beauvoir, « on ne naît pas (français, arabe, juif, russe, etc), on le devient [à force d’entendre d’autres Français parler de tout ce qui fait le caractère français] ».

C’est l’absence de minorités nationales qui distingue les pays prospères des pays bordéliques : les minorités nationales sont la plaie du reste du monde. Certains pays ont crû trop vite : les tribus périphériques phagocytées n’ont pas eu le temps d’être digérées. D’autres ont été tracés à la diable à grands coups de règle par des gens peu au fait des subtilités locales, d’où minorités nationales étrangères dans leur propre pays et coupées de leurs racines ancestrales. Dans d’autres pays enfin, de douteuses mythologies nationales sont ranimées à grand renfort de budgets marketing débloqués par de mystérieux amis pas forcément toujours bien intentionnés…

Certains pays font très attention à ce que l’identification citoyenne reste la plus forte. Les USA, Cuba, la Chine, l’Iran, d’autres encore, parviennent, parfois difficilement, à sublimer les différences. L’égalité de droit et de traitement, la liberté (même insuffisante mais) également répartie, la conscience d’un danger externe, entretiennent un certain niveau minimal de fraternité.  D’autres, comme la Yougoslavie, l’URSS, le Soudan, le Yémen, cèdent soudain à l’hystérie ethnique et se déchirent en petits morceaux.

Avec vos prophéties auto-réalisatrices, c’est ce qui nous pend au nez. Les Hutus et les Tutsies, c’est ça votre idéal ? La guerre d’Algérie II, c’est ça que vous voulez chez nous demain ?  

L’antidote est pourtant simple. Les accusations et les reproches ne sont recevables que s’ils concernent un fait précis et s’adressent à des personnes précises. « Je reproche à Mohamed X. ces faits circonstanciés et datés » est recevable, « Les Arabes font ça tout le temps et souvent pire » ne l’est pas. « Untel a campé illégalement sur ma propriété de telle date à telle date » est recevable, « les Roms ont vocation à rentrer chez eux » ne l’est pas (quels Roms ? où est « chez eux » ? précisez). Les accusations précises (ou alors contre X lorsqu’on ne connaît pas l’identité du malfaiteur) font le jeu du droit, les accusations vagues et généralistes font le jeu du FN. C’est pourtant simple.

Au lieu de se déchirer entre droit du sol et droit du sang, appliquons le droit tout simplement. N’appelons plus « immigré » celui qui est français depuis trois générations. Cessons de tenir à l’écart ceux que nous invitons à « s’intégrer ». Cessons, en résumé, ces distinctions subtiles que la loi ne reconnait pas.

C’est simple mais c’est trop compliqué pour la majorité de nos concitoyens. Pas seulement les nôtres : la problématique des « étrangers trop nombreux » et des « étrangers qui veulent nous imposer leurs coutumes » est dominante dans tous les pays démocratiques, instrumentalisée dans toutes les élections du globe. C’est plus facile de s’insurger contre des généralités vaguement ressenties que de trouver un fait précis dont on a été victime personnellement. Ce qui tend à prouver que l’hystérie FN est basée sur du vent.

Ça ne l’empêchera pas de vaincre. Un billet d’humeur de temps en temps, le mien, le tien, ne peuvent rien contre le matraquage quotidien de TF1 et de M6. Contre tous ces « témoins oculaires par écran interposé » qui ont vu, de leurs yeux vu, et souvent, des salauds basanés commettre toutes sortes de méfaits. D’où la préférence nationale qui se décomplexe, la discrimination qui devient la norme, la stigmatisation et l’exclusion qui deviennent lieux communs, et la division ethnique du pays qui se parachève. Bientôt on aura des quartiers, des commerces, des transports, des discothèques ethniques. Les unes pour les BBR, les autres pour les « minorités visibles ». Plus on évoluera dans un environnement ethniquement séparé, plus facilement circuleront des rumeurs à faire dresser les cheveux sur la tête, plus se multiplieront les légendes urbaines horrifiantes. D’un côté comme de l’autre du mur de séparation, monteront la haine et la peur. La haine et la peur ont déjà leurs chefs tout désignés du côté majoritaire. Il suffit qu’il s’en désigne du côté minoritaire pour que puisse commencer la représentation. Ce vieux théâtre classique, il a toujours eu beaucoup d’acteurs et encore plus de spectateurs. On a souvent comparé ça à un incendie, qui prend ici puis embrase tout. Ou alors à une pièce de théâtre Shakespearien où soudain l’intrigue devient réalité, où tout le monde s’entretue à la fin…

Tout fait en ce moment « le jeu du FN ». C’est l’accusation ultime : « Il/elle fait le jeu du FN ». Il y a le FN, bien sûr, et ce serait franchement trop lui demander que de ne pas faire son propre jeu. Et puis il y a les ténors « républicains » qui, à force d’accusations collectives, d’histoires invérifiables de pains au chocolat et de racisme anti-blanc, font le jeu du FN. Eux-mêmes accusent les socialistes (avec leurs impôts, leur attitude bisounours, leur bien-pensance, leur boboïtude, entre autres) de « faire le jeu du FN ». Et puis TF1, et puis M6, à force de chercher l’audience en remplaçant le traditionnel « Journal de 20 heures » par « Détective et invective », alimentent la haine et la crispation identitaires, font eux aussi, « le jeu du FN ». Cause ou résultat ? Les électeurs, à chaque élection, flirtent d’un peu plus près avec la tentation de « faire le jeu du FN ».

« Liberté, égalité, fraternité » : ce n’est pas une description mais un objectif. Un horizon, certes un peu idéaliste et un peu naïf. Inatteignable ? Oui, comme l’étoile polaire, qui donne le cap.

Ma prophétie n’est pas auto-réalisatrice, mais malheureusement elle se réalisera, grâce au patient travail de mes destinataires et à l’idiotie de leurs ouailles.

Cassandre, visionnaire

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Mariage à Cogolin

Posté par grosmytho le 22 mai 2015

RASSUREZ-VOUS! DETENDEZ-VOUS! RESPIREZ PAR LE NEZ !

Vous avez reçu, j’espère, d’un proche catastrophé, le lien et le récit d’horreur « Mariage à Cogolin », j’espère ? Pas si grave que ça cette histoire…

Maire FN de CogolinCa me paraissait bizarre cette hystérie du « maire obligé contre son gré de marier une sans-papiers ». Moi je me suis marié avec une étrangère et je me rappelle de la paperasse nécessaire. Tout au long du processus on m’a bien répété que rien n’est possible sans avoir produit TOUS LES PAPIERS, copies certifiées, traductions notariées etc etc (je mets des capitales un peu comme les propagateurs de DEMI-VERITES ça fait tout de suite PLUS CONVAINCANT ? PAS VRAI ?).

Quelques recherches rapides sur le site de la mairie et de l’Express qui a mené une enquête fournissent un éclairage un peu différent de l’histoire. Assez rassurant j’espère pour les fans de « la France aux Français » qui se seront une fois de plus monté le bourrichon sur un pet de lapin.

Témoignage d’un proche du dossier:

mariage gris« Je connais parfaitement la personne qui en fait, est arrivée étudiante étrangère et a travaillé à temps partiel, et comme tous les étudiants étrangers, elle a payé ses taxes d’habitation et quand elle a souhaité changer de statut et on le lui a refusé. Elle est arrivée en France à 13 ans et a eu son brevet des collèges, son Bac et sa Licence. Quand un étudiant étranger arrive en France il n’a pas droit à des bourses françaises, donc il est obligé de travailler à temps partiel (comme tout le monde) par contre si jamais il redouble trois fois il est exclu du pays. C’est aussi catégorique que ça. Le problème c’est que l’administration oublie qu’on parle d’êtres humains et un humain crée des liens et une vie familiale et on se rend compte finalement que c’est ça qui est protégé par des lois. C’est de ça dont on parle, d’un maire qui fait une video sur youtube, relayée sur tous les sites patriotes et néo-nazis. Et qui s’offusque car il est obligé de respecter la loi. Il faut savoir qu’avant qu’un vice procureur ne prenne une décision et accorde l’union de deux personnes, il est informé des auditions que le couple a eu avec la police, un interrogatoire, cette femme a eu droit à 2 auditions et rien d’anormal n’a été constaté. C’est un couple NORMAL qui a voulu s’unir avec l’ACCORD ECRIT d’un vice procureur, la seule différence c’est que cette femme avait un titre de séjour expiré depuis 4 mois. Entre vous et moi il y a pire comme cas, des sans-papiers qui le sont depuis des décennies, qui travaillent au black, ne parlent pas un mot de français. Ne mettons pas tous les immigrés dans le même sac, faisons la part des choses et méfions-nous des discours qui poussent à l’amalgame et à la haine comme ceux de Mr Lansade, qu’il aille créer des emplois à Cogolin et redresser sa ville au lieu de perdre du temps à interdire des spectacles de danse orientale et des mariages. »

Publicité mensongère !

Le plus drôle -là c’est de nouveau moi qui cause- c’est qu’à force de lancer ce genre de canular sur le mode « les affreux étrangers viennent facilement et illégalement dans le pays pour tout de suite faire la loi en France », nos chers cons-patriotes risquent de répandre cette croyance dans tout l’internet et que finalement les affreux étrangers, lisant ça dans leur affreux pays natal, vont y croire et venir tenter leur chance !papiers

La France n’est pas une poubelle !

Le deuxième truc le plus drôle c’est à quel point les patriotes de la France aux Français sont faciles à convaincre que le pays (qu’ils prétendent chérir comme la prunelle de leurs yeux) est en réalité une poubelle en décomposition, où les lois sont mauvaises et jamais appliquées, où les affreux étrangers sont partout et détruisent tout en permanence. Franchement, a-t-on envie de leur dire, la France, tu l’aimes ou tu la quittes !

C’était ma minute « la connerie me rend prolixe »

Sinon ça va? Pas de mariage blanc/mixte/forcé/arrangé/illégal/gay en vue près de chez vous ?

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Des racines économiques du racisme

Posté par grosmytho le 3 novembre 2013

Maintenant que je vous ai rappelé l’édifiante histoire de la RDA, rappelons-nous celle, non moins surprenante, de la RFA.

Il y avait autrefois un pays appelé la RFA. Il avait gagné, grâce à ses excellents produits made in Germany, le cœur et l’âme de ses frères ennemis, de l’autre côté du mur. La RDA avait baissé pavillon pour accéder aux précieux Deutsche Mark. Le mur de séparation est tombé, tout le monde est devenu, au terme d’une nuit de liesse, citoyens du même pays, démocratiques, libres et égaux en droit. Happy end ?

Des racines économiques du racisme dans Propagande racisme

Hélas ! On a rapidement découvert que se développait, dans le pays fraîchement réunifié, un racisme aussi ouvert et décomplexé que celui qui sévit aujourd’hui en France. Exactement le même que celui qui s’attaque, chez les Français-ras-le-bol, aux Roms, aux Arabes, aux ‘miséreux-du-monde-qui-viennent-jusque-dans-nos-bras’ etc, etc. Seule petite différence, ce racisme ordinaire, nourri de mépris et de clichés mais n’allant pas jusqu’au passage à l’acte, se dressait contre des personnes qui,  40 ans avant, étaient citoyennes du même pays ! Qui parlaient la même langue ! Séparés par quelques km et un peu plus d’une génération, vous pouviez les entendre lancer des anathèmes style «on ne peut pas les intégrer ! » « ils ne veulent pas s’intégrer ! » « ils menacent l’unité nationale ! ». C’est un peu comme si on voyait les partisans de l’Algérie française d’hier dire aujourd’hui « les Algériens ne seront jamais des Français ». (Ah bon, ils le disent ?)

sondage démocratie dans Psycho

Comme quoi le racisme n’est vraiment pas difficile. Climat propice, terreau nourricier ? Tu parles ! L’intolérance se nourrit vraiment de n’importe quoi. Marx avait raison: c’est la lutte des classes qui détermine tout.

zebres différence dans Socio

Les optimistes diront hourra ! C’est signe que le racisme est avant tout l’expression d’un égoïsme purement économique. Donc relativement facile à résoudre ? Voyez les USA: le racisme a reculé maintenant que les Noirs sont moins pauvres. D’ici que les Chinois et les Africains s’enrichissent un peu, on les aimera mieux?

panda-pas-raciste étrangers

Les pessimistes diront horreur ! C’est donc un ressort qui sera toujours à la disposition des dirigeants machiavéliques, de droite, de gauche, du centre, et des extrêmes ? Valls, Le Pen, Copé, même combat ? On pourra toujours trouver (et notamment à l’intérieur de nos frontières) des pauvres à mépriser, à stigmatiser, à clouer au pilori !

Avouez qu’il est difficile de trouver un pays démocratique où l’immigré n’est pas au centre du débat électoral. De mon côté je n’en vois pas.

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Non, la France n’est pas accueillante

Posté par grosmytho le 26 octobre 2013

Je ne sais pas pour vous mais moi, la France, en ce moment me fait gerber. Au lieu de la lettre de Guy Moquêt, au lieu de l’abrutissant discours de la colonisation revue & positivée par Sarkozy, en antidote à la Valls des expulsions, lisez ou relisez les « Propos sur le colonialisme » d’Aimé Césaire (d’une actualité brûlante en 1950 comme aujourd’hui), faites-lui ce dernier plaisir, à lui qui nous a récemment faussé compagnie & nous regarde désormais de là-haut. « Une civilisation qui ruse avec ses principes est une civilisation moribonde ». Un texte féroce qui remue sans pitié nos consciences tranquilles. Un texte qui redéfinit la civilisation avec une impitoyable précision. Il inverse le sens du verbe civiliser. Aimé Césaire – le nègre civilisateur.

Non, la France n'est pas accueillante dans Fiches de lecture aime-cesaire-300x164

Une civilisation moribonde, voilà ce qu’est devenue la France. Sarkozy avait lancé le mouvement, lui, issu de l’immigration et doutant de ses racines, avec sa stupide « Identité nationale ». Valls, immigré de première génération, poursuit sur la même lancée. Admiratif de la stratégie de Sarkozy en 2007, il veut faire pareil en 2017. Et le pire est qu’ils ont raison : les Français sont si faciles à entraîner dans cette galère !

La civilisation est avant tout un mécanisme d’exclusion des non-civilisés. Vous ne me croyez pas ? Ah oui, c’est à cause de ces longs trémolos que l’on lit à longueur de colonne dans la presse ‘rue centrale’ sur ‘la France, terre d’accueil depuis toujours’ ? Ou bien parce que vous vous rappelez ce refrain d’un certain Michel Rocard (sorti de son contexte puis répété depuis, avec la caution morale du vieux, par tous les salopards que compte la politique française !*) : « la France ne peut pas accueillir toute la misère du monde ! ». Que veut-on nous faire croire ? Que nous sommes généreux ? Que nous accueillons les déshérités internationaux en grand nombre ? Lisez si vous en avez le cœur, le rapport annuel de l’OFPRA (Office de protection des réfugiés & apatrides) qui fait état d’une baisse de 50% des demandes (en réalité, des dossiers instruits. Mais admirez au passage la superbe langue de bois) depuis que cet organisme est passé sous la tutelle du nouveau ministère des Expulsions & des Quotas. 50 000 demandes par an environ avant 2005, 25 000 depuis. Et toujours 80% de demandes rejetées… après une instruction qui dure en moyenne un an ! Elle est jolie, la civilisation !

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Mais apparemment, les gens sont d’accord. L’internet passe quasiment sous silence les manifs étudiantes (il est vrai que les étudiants, on les fait manifester chaque année sous des prétextes assez variés, et à chaque fois ils croient que ça va être mai 68) ; en revanche on vous matraque ce sondage : 75% des Français sont favorables à ce que Leonarda reste chez elle. Et dire que Valls venait de parler des Roms, inintégrables et ingérables parce que soi-disant pas scolarisés… Faudrait savoir.

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* Ce que tout le monde a oublié, en citant Rocard, c’est la fin de sa phrase: « … toute la misère du monde, mais elle DOIT faire sa part. »

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A potasser pour la rentrée !

Posté par grosmytho le 29 juillet 2013

Ah, l’école. Pas un quinquennat qui n’ambitionne pas de la réformer de fond en comble. Et toutes ces réformes ambitieuses qui se soldent invariablement par de ridicules histoires d’horaire, de cantine ou de date des vacances !

 A potasser pour la rentrée ! dans Fiches de lecture le-verbe-contre-la-barbarie A tous ceux qui la vouent aux gémonies ou au contraire la parent de toutes les vertus, je conseille la lecture d’un livre qui n’a pas pour sujet l’école, mais qui pourtant aborde de façon très intéressante son rôle, ses possibilités, et aussi quelques-unes des missions impossibles dont on l’accable.

Le verbe contre la barbarie d’Alain Bentolila, prof de linguistique à Paris-V, tente une approche chronologique de la façon dont l’enfant acquiert les compétences linguistiques dont il aura besoin dans la vie… en même temps Alain Bentolila examine ce qui se produit lorsque l’école, qui avait pour objectif de former 25% d’une classe d’âge préparée et sélectionnée pour cela, se voit brusquement confier l’ensemble de cette classe d’âge… avec la même mission et les mêmes moyens. alain-bentolila-300x164 chômage dans Socio

Il décrit l’insécurité linguistique des enfants dont le vocabulaire appauvri par la télé et les récentes évolutions sociétales (familles monoparentales, disparition des grands-parents du cercle familial, ghettoïsation des immigrés, etc) ne leur permet pas de faire face à l’apprentissage mis au point dans un contexte totalement différent. Encore et surtout, Alain Bentolila souligne ce qui est oublié à force d’être évident : la maîtrise du langage est un pouvoir, et sa non-maîtrise un esclavage. Le verbe contre la barbarie, c’est comment la parole souple et précise permet de résoudre les problèmes de la vie en société, et comment son absence mène inéluctablement à la confrontation physique.

Parler à ceux que l’on aime ne suffit pas : il faut apprendre à parler à ceux que l’on n’aime pas, construire une argumentation solide et faire valoir légalement ses droits. Ceux qui, faute d’une préparation adéquate à l’âge pré-scolaire, et faute d’un suivi adapté à l’école, se retrouvent en état de détresse linguistique, sont désarmés dans la société moderne. Marché du travail, code civil, administrations, tout leur semble conçu exprès pour les perdre et les embrouiller, d’où révolte qui ne peut s’exprimer que par la violence. Brûler des voitures ou caillasser des voitures de police : moyens d’expression spectaculaires mais peu efficaces, qui sont reçus avec mépris par les autorités.

Le pouvoir ne se donne pas, il se prend, c’est bien connu. Sauf à l’école « laïque et républicaine », où (pour l’instant) on veut encore le distribuer à tous équitablement.

Et le pouvoir (politique) est avant tout le pouvoir de la parole (à la télé). M. Bentolila décrypte le discours politicien : une simple analyse grammaticale permet de détecter une proportion anormale de phrases formulées au passif (sur le modèle « toutes les promesses faites seront tenues »), conçues pour noyer le poisson et éluder les questions précises (quelles promesses ? faites par qui ? tenues par qui et quand ?). La langue de bois alterne habilement avec le « moi je » et « moi seul » du bonimenteur de foire. Encore un exemple de la vertu émancipatrice du langage : questionnons les politiciens sur leur programme et leur bilan, au lieu d’entrer dans leur jeu de la télé-réalité axés sur la mise en scène du fait divers.

Bref la lecture de l’été, au lieu et en place de la télé.

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(Sur)vive l’école laïque et républicaine…

Posté par grosmytho le 24 juillet 2013

J’allais l’autre jour à l’école récupérer les rejetons de la cousine du beau-frère de l’oncle de ma… enfin bref, peu importe. Des bons petits, bien élevés, qui apprennent leurs leçons et font leurs devoirs. 

Comme on approchait les vacances, j’étais là à suer sous le cagnard (tiens, ça devait pas être cette année, alors). Et puis j’observais les parents qui commençaient à se masser devant la grille d’entrée. Rien que du beau monde. Il faut vous dire que cette école primaire est sise au centre-ville. Pas dans une zone de non-droit ni un repaire à racailles, si vous voyez ce que je veux dire. Les parents arrivent, donc, les uns après les autres, qui à pied (on est en zone piétonne), qui en poussette. Rien que du BBR, dites voir.  (Sur)vive l'école laïque et républicaine... dans Emploi photo-de-classe-bbr

Pas une personne même vaguement basanée… Il faut vous dire que, histoire d’être sûre de garder à quai les hordes de l’immigration incontrôlée, cette école est en plus privée, et catholique. Ou alors catholique, et privée. Je ne sais pas si vous sentez la contradiction, ici, mais passons.

J’en étais donc là de mes réflexions, au milieu des parents de bonne famille, qui échangeaient à mi-voix des conseils boursiers, des adresses de docteur et ces petits sous-entendus qu’on échange entre gens de bonne compagnie. Moi je tournais doublement de l’œil : à cause du soleil (oui, nous les gros, on a toujours un problème avec la chaleur : on sue comme des morses) et à cause des phéromones toxiques de la pensée UMPFN qui se distillaient dans l’air. Je me sentais mal au milieu de ces gens bien.

photo-de-classe différence dans SocioSoudain, à la faveur d’un léger mouvement de je ne sais plus qui, je découvris un bras noir, appartenant à une jolie jeune fille sans doute « issue de l’immigration ». « Ah, me dis-je : tout de même UNE ! Vient-elle chercher son frère ou sa sœur ? Cette école décidément antipathique ajouterait-elle à la liste de ses péchés celui de la discrimination positive ? Ou celui de l’élève-alibi ? (un Rom, un handicapé, un pauvre, tares cumulables au demeurant) ?».   

Un frisson parcourut la foule : ça y est, les petits étaient lâchés et progressaient sagement vers la grille. Je cherchai des yeux l’intrus(e). Hélas ! Aucun des élèves ne présente le plus petit trait de parenté avec la belle personne. Il fallut se rendre à l’évidence : la petite noire, c’était la nounou.

photo-de-classe-1986 droitisationphoto-de-classe-1956 étrangers

Ils ont désormais des cours de morale, des cours d’éducation civique. Bientôt des cours de Marseillaise, de politesse et sûrement un jour de patriotisme. Mais les travaux pratiques laissent à désirer. Dans les écoles du centre-ville, on croirait voir l’assemblée nationale quand ils étaient enfants. Dans celles des périphéries, on dirait plutôt la brigade de nettoyage des vestiaires quand ils étaient petits.

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The Network II – The Return

Posté par grosmytho le 6 juillet 2013

Je ne sais pas si vous vous rappelez, le premier et aussi pratiquement le seul film SUR internet. Non, je ne parle pas d’un film en streaming, mais bien d’un film dont le sujet EST internet. C’était tout au début, vers 1999, quand l’internet était encore ce mot magique chargé de promesses et de menaces, l’époque où on demandait les uns aux autres « tu sais ce que c’est, toi ? Tu as déjà essayé ? »

The Network, ça s’appelait. Il n’a curieusement pas fait de carton au box-office, pourtant le timing était parfait. C’est vrai qu’il n’était pas inoubliable, avec un casting assez maigrichon et une intrigue policière un peu embrouillée. Mais voilà qu’il reprend toute son actualité.

The Network II - The Return dans Propagande fox-network      hollywood1 censure dans Socio

Le sujet de ‘The Network’ c’était « qui contrôle vos données, et que peuvent-ils en faire ». Dans ce film, l’héroïne se trouve soupçonnée par le FBI de je ne sais plus quel méfait et, au lieu de se laisser arrêter, elle se sauve. Les flics aidés des agents de la NSA se mettent alors à sa poursuite virtuelle : modifiant son nom dans les enregistrements, vidant son compte bancaire, manipulant son casier judiciaire, ils cherchent à la cerner et à la contraindre à se rendre (toujours sans savoir si réellement elle est coupable). C’était les hantises d’autrefois, ce que l’on redoutait, au tout début d’internet pour tous. A l’époque il ne venait à l’idée de personne de mettre son numéro de carte bancaire sur internet.

Et puis on a appris à apprivoiser internet. On apprivoise, on s’apprivoise aussi. De paiements sécurisés en blogs anonymes, on s’est senti de plus en plus en sécurité. Et c’est tant mieux. C’est vrai que les risques sont limités et maîtrisables. Jusqu’à ce qu’on déplaise aux autorités.

Et là, regardez ce qui se passe avec Snowden, comme avec Assange avant lui, et d’autres encore. On ferme les comptes, on bidouille le casier judiciaire, on traque et on piste ses e-mails, on révoque son passeport. Plus de passeport et plus de carte bleue, l’innocent présumé ! Vous y avez déjà pensé ? Qu’est-ce qu’il mange, Snowden, depuis trois semaines ? Où est-ce qu’il dort ? Comment il paie ? Peut-être avait-il préparé une réserve d’argent liquide ? Ou alors, est-ce que les autorités russes lui servent des rasades de vodka en échange d’infos sur le menu (top-secret) de la cantine à la NSA ? Assange, comptes bancaires bloqués, recherché par toutes les polices pour des crimes inventés de toutes pièces, vit depuis un an aux frais de la princesse d’Equateur.

Mais il s’agit de personnes qui ont réussi à faire tout un buzz médiatique autour de leur combat, à soulever l’enthousiasme et la solidarité de ceux qui s’inquiètent du pouvoir excessif des officines. Mais vous, mais moi, mais lui et elle, les anonymes, dont les messages, les coups de téléphone et les déplacements sont espionnés, comment ferons-nous le jour où… ?

Mot-clé: Tarnac. Je ne sais pas qui, quoi comment, j’ai pas de scoop, loin de moi l’idée de défendre des gens qui défendent leurs idées en faisant dérailler des trains, mais avouez que c’était bizarre leur truc.

L’absurde persécution qui s’abat sur les défenseurs de la liberté poursuit un deuxième objectif : nous mettre en garde. Acceptez l’espionnage silencieux de vos données, sinon…

Comme dans la pub Axe: « vous blogguez, tout peut arriver »!

 

 

network-19761 différencePS – j’ai rêvé ou quoi? Pas moyen de retrouver

l’affiche ou l’histoire du film. Il y a bien celui-

ci mais il date de 1976, donc forcément rien à voir

avec internet. Si quelqu’un a des infos, faites-moi signe.

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