Saint Barack Obama, priez pour nous

Posté par grosmytho le 2 février 2017

Trump le balourd revient, trait de plume après trait de plume, sur les mesures progressistes qu’Obama a promulguées, pour la galerie, dans les derniers jours de sa présidence. Et tout est désormais de sa faute.

trumpDevilL’Histoire est injuste. Kennedy a commencé la guerre du Vietnam, Nixon l’a terminée. Mais ce que l’histoire a retenu, c’est le sourire du premier et les grimaces du second. Obama s’est inspiré de cet exemple pour vider habilement dans le jardin de Trump les poubelles de son double mandat.

Les deux mandats d’Obama ont été l’âge d’or du pétrole de schiste, ceux où Big-Oil s’est enrichi massivement en provoquant une catastrophe écologique sans précédent sur le territoire US ? Peu importe : d’un Executive Order précipité, il fait semblant de vouloir interdire les forages en Arctique. Comme prévu, Trump l’a annulé, et la tache d’huile orne son costume, tandis que celui de Barack retrouve sa virginité immaculée.

Pendant ses deux mandats, Obama a pourchassé impitoyablement les lanceurs d’alerte qu’il avait promis de protéger ? Il a assiégé Assange et promis à Snowden le traitement réservé à la haute trahison ? Ah tiens non, voilà qu’il gracie spectaculairement Chelsea Manning dans les derniers jours de son bail, passant les deux autres à son successeur qui enfile le costume de méchant persécuteur de justiciers.

Barack a pendant tout son mandat soutenu le terrorisme, protégé Daech et Al-Qaeda en Syrie et s’est livré, à coups de drones et de groupes terroristes « modérés », à un horrible « terrorisme télécommandé » dans des pays musulmans ? Heureusement, avec sa rhétorique islamophobe, c’est Trump qui joue au méchant flic, laissant à Obama, la larmichette à l’œil, le rôle du flic gentil.   saint obama

On doit à Obama la reconduction du Patriot Act qu’il a renforcé en autorisant la NSA à espionner les Américains et à enregistrer des données et des conversations sans mandat sur le territoire US. Mais il retrouve, grâce au grossier canular « Trump élu grâce aux cyberattaques russes », sa pucélitude effarouchée. L’Amérique se réveille cyber-victime du duo Trump-Poutine, Obama entre dans l’histoire comme le défenseur incorruptible des libertés individuelles !

Bien joué Barack ! Pas de cent jours, pas de période de grâce : à peine entré en fonctions, tout est désormais la faute à Trump. Et Saint Obama peut attendre tranquillement sa canonisation prochaine.

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Plantu se plante, Haski sait p’Haski dit!

Posté par grosmytho le 20 février 2015

Hilarante controverse entre Plantu et Haski. L’un semble se Plantu à skis, tandis que l’autre ne récolte p-Haski l’a planté !

merkel sous écouteJe résume pour ceux qui n’ont pas suivi : acte 1, l’ami Plantu se plante en direct dans une interview à la gazette israélienne Haaretz (attention lien payant), où il compare tout bonnement internet à l’armée allemande qui occupait la France (et d’autres pays j’imagine) et les gens-connectés-à-la-toile-mais-pas-d’accord-avec-lui à des nazis. Bref le genre de comparaison bancale à souhait. Un genre de point Godwin auto-décerné, phénomène fréquent chez les artistes du raccourci qui comparent par commodité à Hitler tout ce qui leur déplaît. snowden-nsa-2013

Plantage de Plantu immédiatement relevé par le grand manitou Haski, qui lui tombe dessus H-à bras-raccour-ski ! Acte 2, dans sa précipitation pour bien faire, l’ami Pierre se prend lui aussi un peu les pieds dans le tapis. Ce n’est pas internet qui occupe la France, nous informe le chef du « premier média internet de France », puisque les hordes terroristes nous terrorisaient déjà avant l’apparition de ce média, cf Salman Rushdie et la fatwa iranienne. Occupation oui, donc, mais pas à cause d’internet.

Gros Mytho arrive sur ces entrefaites pour renvoyer dos à dos nos deux comparateurs.

stop spyingN’en déplaise à Pierre, on peut bien parler d’occupation numérique de la France aujourd’hui, alors qu’on apprend, avec des détails chaque jour plus ahurissants, à quel point, avec quel systématisme, nos amis d’outre-Atlantique ont pris le contrôle total, absolu, monopolistique, de notre environnement numérique. Si c’est pas de l’occupation (de territoire numérique), ça, je ne sais pas ce que c’est. D’ailleurs, preuve de leur pouvoir d’occupation, Google, Facebook et consorts se moquent ouvertement du fisc français qui aboie bien timidement dans leur direction…

N’en déplaise à Plantu, même si les « islamistes » (aidés de quels mystérieux commanditaires ?) parviennent parfois à nous frapper, et douloureusement, comme en janvier, on ne peut pas sans quelque mauvaise foi comparer cela à une occupation. EA moins d’accréditer la thèse du « Grand remplacement » de Renaud Camus et d’Eric Zemmour. En fait d’occupation, il faudrait plutôt parler des guerres que nous menons (avec nos alliés) mondialement contre des ennemis assez vaguement identifiés (si vaguement qu’il s’agit le plus souvent de personnes neutres à, voire amies de, notre « cause »). Notre cause entre guillemets, tant elle est mal définie…  Caricature_Algerie

La propagande perd-elle de son efficacité lorsqu’elle recourt à des contre-vérités trop flagrantes ? Ou alors « plus c’est gros, plus ça passe » ? Les deux écoles n’ont pas fini de s’affronter. Le seul bénéficiaire de cet affrontement est le complexe militaro-industriel.

« Ils nomment zèle leur propension vers la malignité et violence ; ce n’est pas la cause qui les échauffe, c’est leur intérêt ; ils attisent la guerre non parce qu’elle est juste, mais parce que c’est la guerre. » (Montaigne, Essais)

 

NSA

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Le Super-U du XXè siècle

Posté par grosmytho le 20 décembre 2014

Revenu du SuperU (enfin c’était il y a quelques jours) avec deux bonnes nouvelles qui réchauffent le cœur. C’était mieux avant, certes, mais ce mieux et cet avant repointeraient-ils timidement leurs nez bien amochés ? Je ne m’y attendais pas, mais force est de constater.

Ma montre pas chère, made in China, précise, avec alarme et éclairage, au bracelet caoutchouc curieusement solide (normalement c’est ce qui cède en premier) et au cadran d’une résistance aux rayures étonnante, m’avait tout de même lâché : pas trop grave, c’est l’un de ces petits tuyaux métalliques à ressort qui fixent le bracelet, voyez ? Frappé par une branche que je coupais, il a cédé. Tordu, il ne se remet pas en place. A la caisse de SuperU, la dame m’informe, désolée, que « Non, les bracelets, on ne fait plus… » Mais aussi que « attendez, il m’en reste quelques-uns, de quand on faisait encore, je vais voir si j’ai la bonne taille ». Et de sortir la boîte, et de trifouiller, sans mentir, dix minutes, pour en essayer plusieurs et trouver le bon.montre

La dame n’est plus toute jeune : elle est plus vingtième siècle que vingt-et-unième, voyez ? Elle a le temps, elle le prend, elle cherche à rendre service, transposant un peu de son savoir-vivre civil sur son lieu de travail (ça se faisait au vingtième siècle : prendre un café, discuter un peu, offrir un café, même, que personne ne payait  grâce à la carte personnel du magasin, pas comptabilisée). Au vingt-et-unième siècle, pour chaque centime, c’est l’abus de biens sociaux. Une minute passée avec un client qui n’achète rien, techniquement c’est du vol, du détournement de fonds (temps=argent), du bénévolat non autorisé par la hiérarchie. Alors pensez, dix ! Faute professionnelle, de quoi l’envoyer chez Paul Emploi sans préavis). Bref. Elle me trouve le bitoniau de la bonne taille mais n’arrive pas à l’enfiler.

 

Au bout d’un moment, le XXIème siècle planant, menaçant comme un drone, au-dessus de sa tête, elle me dit : « C’est la bonne taille, je vous le donne, si vous avez la patience, vous pourrez l’installer vous-même ? » et d’aller chercher un bout de scotch (pas facturé, çui-là non plus) pour le fixer au fond de ma montre. Je remercie bien bas, je m’éloigne sourire aux lèvres. Et à la maison, en deux minutes, je l’installe. Réparation gratuite ? Sur le temps de travail de la préposée à l’info ? Je sais, je sais, au vingtième siècle, ça ne surprenait personne. Au vingt-et-unième, c’est carrément de la science-fiction.

Ah oui je disais deux surprises : la seconde c’est au rayon « boîtes de thon ». Je suis fan des boîtes de thon, que je trouve assez réussies esthétiquement, et puis j’en aime la contenance (104 g, juste bien pour un, mais ça peut faire en salade pour deux aussi, voire plus), le goût (j’aime mieux les « à l’huile » que les « au naturel » ; l’huile d’olive a ma préférence, je me dis que poisson + huile d’olive… c’est pratiquement le menu crétois pour 2 Euros – manque la bouteille de vin rouge, quand même). Bref : tout à mon exercice de recherche de la boîte idoine (toutes choses égales par ailleurs, je préfère les « miettes » qui font plus « déchets, si tu prends pas on les jette », que « thon entier » qui m’inspire l’impression « ah bordel aujourd’hui il a fallu en jeter cinq avant d’en avoir un bon »), mais curieusement il arrive (et c’est pas rare) que les miettes soient plus chères au kilo que les entiers… mystère. Est-ce parce que l’huile d’olive est recyclée à base d’hydrocarbures usagées pour les entiers, et première pression, effectuée par une vierge effarouchée, à froid pour les miettes ? Dans ces cas-là, je ne vous dis pas le cas de conscience… mais là, ce jour-là, celui de la bonne nouvelle, mes yeux tombèrent sur une mention qui me remplit d’allégresse (avant que mon allégresse ne se contamine d’une petite dose fielleuse de doute cynique, et vous savez comme moi qu’une goutte de fiel suffit à contaminer toute une barrique d’eau de source…). Bref : la mention dit « pêché à la canne ».

miettes de thonOui, vous m’avez bien entendu. Du vingt-et-unième siècle, celui où l’on arrache, au filet raclant le fond, tout ce qu’un coin d’océan contient de bouffable, avant de faire le tri sur le pont et de rebalancer 90% à la mer, pour garder qui les thons, qui les ailerons de requin et qui les morues, on repasse carrément au XIXème, celui où l’on partait en mer avec des cannes à pêche et des appâts, pour tirer de la flotte des poissons carnivores (thons, espadons, que sais-je, je crois que la morue aussi, à l’époque, se pêchait comme ça). Eh bien si j’en crois l’étiquette de SuperU, cette époque revient, et (ce qui me fait quand même douter un peu) ce n’est même pas plus cher que le thon « normal », celui qu’on sélectionne au milieu de tonnes et de tonnes de poissons comestibles mais rejetés morts parce que, ici et maintenant, c’est du thon qu’on pêche (quotas, etc).

 

Peut-être qu’un jour on renoncera même à l’heure d’hiver (héritage débile et contre-productif d’une période où, le pétrole renchérissant spectaculairement, il fallait bien annoncer quelque mesure elle aussi spectaculaire) ?

Je suis un optimiste prudent (donc caché).

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#Not in my name

Posté par grosmytho le 28 septembre 2014

Des fois je me demande jusqu’où dans l’absurde va se prolonger la glissade de l’inversion des valeurs… verra-t-on la courbe des valeurs se réinverser dans l’autre sens jusqu’à redevenir normale ?

Al#Not in my name dans Propagande la-grosse-manip-300x144ors que les fanatiques de l’EI égorgent un leur troisième victime en quelques jours, l’opinion occidentale semble devenir folle, décapitée elle aussi, on la voit courir comme un poulet sans tête et se heurter à tous les obstacles conceptuels.

Voilà qu’on demande aux musulmans de s’afficher avec le hashtag #Not in my name. Paradoxe bien taclé et souligné par Rue89, qui est pour une fois tout seul contre le flot de louanges et de la bien-pensance du reste de la presse mainstream. A quel niveau de racisme décomplexé sommes-nous tombés s’il faut désormais que les musulmans se désolidarisent publiquement de criminels décapiteurs ? Pas étonnant que Sarko se frotte les mains et parle de revenir ! Quels remugles agitent l’inconscient collectif s’il met dans un même sac l’épicier arabe du coin, l’étudiant algérien dans le bus, et les guerriers de l’EI ? Quelle crise de nerfs traverse le pays s’il croit que toute une partie de la population se réjouit secrètement de crimes qui révulsent la not in my namemajorité ? La dictature de l’opinion en est-elle déjà à exiger l’autocritique des musulmans de France ? Et que fera-t-on à ceux qui ne se prêtent pas à cette mascarade ?

Notre société est-elle si proche de l’explosion ? De la guerre civile ? Faut-il acheter des armes et stocker des vivres ? Ah non, vous voyez bien : les musulmans sortent dans la rue pour protester : ils sont, eux aussi, contre les décapitations. On respire ! Quel soulagement !

Mais… qu’est-ce qui fait qu’on ne respire tout de même pas si bien que ça ? Qu’est-ce qui reste quand même un tout petit peu oppressant ? Ne manque-t-il pas quelque chose à notre bonheur ?

not-in-my-name-what-300x170 drone dans SocioAh j’y suis. Les chrétiens. Quand verra-t-on apparaître des hastags contre les bombardements que nous déversons une fois de plus sur un pays musulman ? Quand verra-t-on les chrétiens de ce pays se réunir et protester, #Not in my name, contre l’usage belliqueux qui est fait de nos impôts ? Contre l’ingérence occidentale qui s’abat sans cesse sur ces pays et les maintient dans une guerre permanente, génératrice de terrorisme ? Irak, Libye, Syrie, mais aussi Afghanistan, Pakistan, Yémen…

slogan-incompris-300x200 guerreParce que bon, barbarie, horreur, abomination… je veux bien. Décapiter des gens, c’est pas sympa. Mais enfin, il s’agit de trois personnes décapitées par une poignée de fanatiques. En gros, trois faits divers. A mettre en perspective, peut-être, un tout petit peu, avec bientôt quinze ans de bombardements quotidiens dans ces pays. Une destruction méthodique, coûteuse, soignée, méticuleuse, pleine de sang-froid et d’ingéniosité scientifique, de tout, infrastructures, fierté nationale, liens amicaux et familiaux, absolument tout ce qui pourrait servir de terreau à un progrès quelconque dans ces sociétés. Que leur a-t-on laissé, en dehors du désespoir ? Que leur reste-t-il, sinon la haine enivrée de religion ? Derrière les discours larmoyants et les considérations sentimentales de nos grands prédicateurs, on ne cesse d’attiser des guerres civiles dans ces pays. Le survol constant des drones, le financement des milices extrémistes, et à l’occasion une petite opération de bombardement humanitaire. Prend-on seulement le temps d’imaginer quel doit être le ressenti sur place ? Et après on fait semblant de s’étonner que les guérilleros qui y prolifèrent soient de plus en plus méchants ? On proteste, la main sur le cœur, après avoir armé et financé ces mouvements ! On pousse de petits cris d’horreur et de dégoût comme si on n’y était pour rien !

iraq-demo-2003-300x187 LibyeAh oui le monde était terrible avec Saddam ! Kadhafi, quel salopard ! Oh et puis Assad, quel affreux jojo ! Mais depuis qu’on les a renversés, depuis qu’on a bombardé les villes et détruit les routes et les ponts, les gares, les ports, depuis qu’on a financé par l’intermédiaire du Qatar et de l’Arabie saoudite des mouvements islamistes, ces pays ont-ils fait beaucoup de progrès vers la démocratie ? Se sont-ils rapprochés de notre mode de vie et de nos valeurs ? Non ? Comme c’est surprenant…

Alors comme d’habitude on nous dit : la recette qui a tout envenimé va tout résoudre cette fois, suffit d’augmenter les doses ! S’ils deviennent fous dans ces pays, c’est parce qu’on ne les a pas suffisamment bombardés. CQFD.

#Not in my name

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L’Ukraine – le test de nullité pour Obama et Hollande ?

Posté par grosmytho le 6 mars 2014

Certains admettent presque, à contrecœur et du bout des lèvres, que Poutine n’a pas tiré un coup de feu en Crimée.

Et puis bon, quand la Russie parle d’intérêts stratégiques pressants, c’est un peu plus convaincant, non, qu’Obama  qui nous sort la même tous les ans ? Un coup c’est sur les différents entre la Chine eukraine 2t Taïwan, un autre sur le Tibet ou le Yemen, puis sur le conflit entre Soudan du Nord et du Sud, après entre le Pakistan et l’Afghanistan ? Il a vraiment des intérêts vitaux partout, çui-là ?

Comme Hollande au Mali, en Centrafrique, au Niger ? Vitaux, vraiment, les intérêts ?

Madame Merkel rapporte sa conversation avec Poutine à Obama en disant « Il a perdu tout sens des réalités, il vit dans son monde… ». Remarque intéressante !

En fait, le monde réel est tout autour de nous, à nos portes, et nous, les Occidentaux, vivons dans une sorte de fable éducative made in Hollywood. Nous au moins, quand on bombarde humanitairement des pays lointains, c’est bon pour la démocratie ! Pas comme ces salauds de terroristes ! Des gens se retrouvent pris sous les décombres de leur immeuble, d’autres sont soudain menacés de mort par des islamistes sponsorisés par la liberté importée par nos amis Saoudis et Qataris … mais au moins, c’est pour la bonne cause ! Histoire d’aider le processus démocratique, on balance quelques missiles Hellfire par-ci par-là ! Sur la foi d’algorithmes qui n’établissent même pas l’identité de la cible !ukraine

C’est la technologie de la lasagne Findus appliquée à la politique étrangère : délocaliser le sale boulot à des partenaires étrangers, garder le marketing et la vente. La boucherie aux mains propres. En Syrie, au Mali, en Libye, en Centrafrique, on finance des groupes séparatistes et terroristes pour la partie sanglante, en gardant le marketing/ la télé/ les soldats héroïques. On distribue les bons points, on désigne les gentils et les méchants, des spots télévisés expliquent sous couvert d’info la nécessité d’une intervention…

C’est le bordel en Ukraine. Poutine, qui vit dans le monde réel, prend des mesures pragmatiques : manœuvres militaires dans le sud, sécurisation du territoire de la Crimée (où se trouvent ses bases navales et une population ethniquement russe qui l’accueille avec ferveur), présence sur le terrain… Pas des bombardements de drones : des soldats sans étiquette qui gardent les points stratégiques, aéroports, ports, gares, croisements, pour éviter les débordements. Pas de victime collatérale : juste une présence armée et organisée contre le chaos et l’hystérie ambiante. Même pour ceux qui ne sont pas forcément enthousiastes à l’idée d’être rattachés à la Russie, ça doit être rassurant en ces temps de panique démocratique, quand on-ne-sait-pas-trop-qui prend le pouvoir, on-ne-sait-pas-trop-comment ni pour combien de temps.

ukraine_3Dites-moi ce que vous en pensez : avec les dernières infos qui tombent (les mêmes snipers qui ont tiré sur la foule ET sur la police à la place Maïdan, le référendum en Crimée prévu pour le 16 mars), l’intervention de Poutine paraît de plus en plus claire, carrée, réfléchie. Plus constructive en tout cas que les stupides trémolos démocratiques de l’UE, ou que les menaces de Monsieur le Nobel de la Paix avec ses drones humanitaires … et son caniche Hollande qui promet des « sanctions » (après les « punitions » pour Assad) ! Ah bon on va se passer du gaz russe ? Ah bon les agences de notation vont punir la Russie ? Gageons que Poutine tremble dans ses braies !

Le plus drôle, c’est quand Obama en appelle au droit international ! Le coussin sur lequel il s’assied si confortablement d’habitude. Une fusillade sur la place centrale, un putsch qui renverse un président (antipathique, certes, mais élu), un nouveau gouvernement sorti d’un chapeau qui fait une large place à des extrémistes suprémacistes armés, qui refuse d’enquêter sur la fusillade, tout ça c’est ‘conforme à la constitution’. Mais que le parlement de Crimée organise un référendum, là c’est quasiment un crime contre l’humanité ! Soyons sérieux.

Sans aller jusqu’à dire que le président russe a raison d’occuper militairement la Crimée, reconnaissons qu’il la joue responsable et pragmatique là où les dirigeants démocratiques paraissent contradictoires et hystériques. Ils ont sponsorisé le bordel sous prétexte de démocratie et maintenant ne savent pas quoi en faire. Ils ont fait miroiter l’association mais sans l’intégration à l’UE, la démocratie mais sans le financement, l’amitié mais sans engagement. Poutine, lui, a observé le désordre qui se formait et en a tiré les avantages qu’il a pu trouver.

Ça a fait comme pour l’Iran avec l’invasion US en Irak. Ou comme le Pakistan avec l’invasion US de l’Afghanistan. Le grand frère trouve son intérêt lorsque l’inspecteur Harry vient semer la pagaille chez son rival de toujours.

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Crucifiez Snowden !

Posté par grosmytho le 18 janvier 2014

Internet remplace la religion : désormais c’est vers Google que se tournent les gens pour résoudre leurs problèmes et trouver des réponses à leurs questions. Comme le curé du village, Facebook collecte les confessions des pécheurs et organise les groupes de catéchisme. Amazon essaie de monopoliser le Livre, YouTube de le mettre en images. D’autres acteurs essaient de connecter les objets qui vous entourent, font la promotion d’une vidéosurveillance toujours plus totale, organisent la collecte et l’exploitation de vos métadonnées. On suit à la trace vos portables. On stocke les copies de tous vos e-mails, on connaît tous vos contacts. Dans certains pays, on analyse vos données pour décider si vous devez ou non être frappé par un drone. Chaque jour renforce un peu l’omniprésence d’internet, et on sait aujourd’hui que ses adeptes auront la vie (numérique) éternelle. snowden-demande-asile-r

Internet n’est pas humain : invisible, silencieux et omniscient, il vous suit partout. C’est Yahvé ! Il ne dit rien mais vous juge, il sait quand vous vous masturbez, et il sait que vous avez menti sur votre âge et vos qualifications lors de l’entretien d’embauche.

Dieu-Internet a envoyé son fils sur terre. Edward Snowden n’est pas né dans une crêche à Bethlehem, mais il est venu parmi nous pour prêcher la bonne nouvelle. Les rois mages Poutine, Morales et Hu se sont penchés sur son berceau. « Ceux qui croient en moi auront une place sur le Net qui ne connaît pas l’oubli des données » va-t-il répétant. Et nombreux sont ceux qui suivent ses préceptes.

Encore plus nombreux sont les Pharisiens et les Samaritains qui se méfient de lui. Obama-Ponce Pilate, qui aurait pu l’absoudre, vient de s’en laver les mains ! « Une enquête est en cours, je ne m’attarderai pas sur les actes de M. Snowden ou sur ses motivations » vient-il de lâcher, six mois après, dans son premier discours sur l’affaire ! Autrement dit, il laisse ses services le pourchasser, ses barbouzes le traquer, et le jour où il se retrouvera devant un tribunal US accusé de haute trahison, il le laissera emprisonner.

SnowdenIl ferait mieux de le faire crucifier. Snowden martyrisé, ressuscité, béatifié, c’est ça qui nous manque, à nous les nouveaux adeptes ! Un bouc émissaire pour racheter tous nos cyberpéchés (vantardise, luxure, colère, gourmandise) !

Alors tous les internautes pourront se demander avant chaque étape cruciale de leur vie : « What would Edward do ? ».

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Chine: arrêtons les procès d’intention

Posté par grosmytho le 14 décembre 2013

Alors que la Chine vient de faire alunir son « Lapin de jade », je guette les articles dénonçant l’impérialisme spatial de l’Empire du milieu. Où sont les articles alertant l’Occident que la Chine est sur le point de déclarer la lune sa propriété inaliénable ? Ça serait logique, après tout : l’argument qu’on lui oppose dans le cas des Diaoyu/Senkaku est qu’elle n’occupait pas les îlots qu’elle revendique. Personne ne récuse le fait que la Chine les a découverts en premier, en 1372. Alors, c’est sûr, les Chinois vont établir une base lunaire, puis déclarer la lune « territoire chinois ». Aux Etasuniens qui voudront faire valoir leur droit de premier occupant ils rétorqueront : « Premier occupant ? Mais vous n’y êtes pas retournés depuis 1972 ? Partagez-vous les Diaoyu avec vos amis les Japonais, et fichez-nous la paix ».

 lapin de jade

Est-ce l’approche des fêtes de noël ? Je suis surpris par l’insouciance d’une presse libre qui est normalement plus vigilante. Qui nous a dressés à trouver menaçant le moindre geste chinois, et à nous alarmer encore plus de chacun de ses non-gestes. A chaque fois que la Chine signe un contrat en Afrique, on a droit aux gros titres sur le « néo-colonialisme chinois ». A chaque fois que la dette des USA auprès de la Chine franchit une nouvelle barrière psychologique on a droit au couplet « les USA à la merci de la Chine ». Baptême du porte-avions, manœuvres militaires, lancement  d’un satellite, il ne se passe pas un jour sans que ne paraisse un article dénonçant l’agressivité ou l’impérialisme de la Chine.

impérialisme chinois C’est souvent amusant de constater comment la presse libre fait à la Chine le procès qu’elle n’ose pas faire aux USA. Elle accuse d’avance la Chine, future première puissance mondiale, d’un impérialisme… pour l’instant hypothétique ! Dans le même temps elle feint de ne pas remarquer l’impérialisme parfaitement observable et mesurable des Etats-Unis. On a envie de dire que la méthode douce qu’a la Chine pour nous imposer sa dictature contraste agréablement avec les façons musclées des USA pour asséner la démocratie aux pays qui n’en sont pas pourvus. Si c’est ça son agressivité impérialiste, admettons au moins qu’elle ne force pas trop sur les drones et les invasions militaires. Qu’elle fait preuve de retenue sur les sanctions économiques.

L'UE NE LÈVE PAS IMMÉDIATEMENT SON EMBARGO SUR LES ARMES À LA CHINE

Agressive ? Impérialiste ? Je trouve au contraire qu’elle reste (pour l’instant) étonnamment fidèle à son principe de modestie sur le plan international (« profil bas et dissimulation »). Son refus de soutenir une intervention internationale en Syrie a été présentée comme le comble du cynisme alors qu’il reflète simplement l’approche chinoise de la « non-ingérence dans les affaires d’un pays souverain ». Principe chinois ? Il se trouve que c’est aussi celui du droit international.

On pourrait s’indigner si l’ingérence occidentale était souvent, ou même seulement  parfois, couronnée d’un succès au moins relatif. Mais les catastrophes en Libye, en Irak, en Afghanistan, où à chaque fois l’intervention avait été présentée comme un urgentissime devoir moral, doivent ou devraient inciter tout le monde à la même prudence que les Chinois.

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Gros Mytho sauve la Syrie et distribue les Nobel !

Posté par grosmytho le 13 octobre 2013

On n’y croyait plus ! Gros Mytho avait-il disparu de la circulation, mystérieusement enlevé par les sbires de la DGSE aux ordres de la NSA ? Avait-il succombé à un AVC du nourrisson, comme son médecin l’en avait prévenu au vu de son embonpoint (BMI 31 tout rond) et son addiction aux oursons multicolores en gélatine de porc ? Pire ! Cent fois pire ! C’est bien simple, vous n’allez pas me croire ! Enfin si l’explication ci-dessous n’a pas l’heur de vous plaire, contentez-vous d’une des deux précédentes. Et pourtant ce qui suit est la pure vérité vraie.

Gros Mytho sauve la Syrie et distribue les Nobel ! dans Propagande groooos-mytho-300x126

Figurez-vous que je reçois l’autre jour un coup de fil de M. Poutine, Vladimir, en personne. J’étais aussi surpris que vous, croyez-moi, mais il semblerait que ce soit son pote Assad, Bachar-el, qui lui ait recommandé de m’appeler. Il faut dire que depuis que j’ai sauvé la Syrie d’une intervention éléphant-dans-un-magasin-de-porcelainesque …

oursons-de-gelatine-300x199 drone dans Propagande

Ah oui, je m’aperçois que vous avez loupé quelques épisodes. Bref je résume ces dernières semaines d’absence en quelques lignes. Vous vous rappelez cet article estampillé GM qui préconisait d’essayer sur la Syrie la diplomatie du 4×4, eh bien figurez-vous qu’il n’est pas tombé dans l’oreille d’une sourde (la NSA étant réputée pour l’extrême finesse de ses oreilles) !

 

Recueillie, décryptée, traduite, résumée, ma bafouille avait fini par atterrir sur le bureau de John Kerry le 23 août (un peu plus de deux mois donc après sa publication). Et ledit John sembla trouver l’idée simple et géniale, puisqu’il s’empressa de concocter une note à l’attention de sa chef de cabinet pour en évaluer la faisabilité. Parallèlement, il en touchait un mot à son chef, M. Obama, pour  lui demander d’attendre les résultats de l’étude de faisabilité avant de déclencher l’opération « Flying Carpet Bombing » (bombardement de Damas aux sous-munitions et au phosphore) en riposte à la ligne rouge qui venait d’être franchie toutes sirènes hurlantes par on-ne-sait-pas-trop-qui-ni-quand. Bref, Barack promet à John de faire patienter le monde qui retient son souffle, et surtout le petit Français rondouillard qui, au lieu de traîner les pieds comme d’habitude à l’annonce d’une nouvelle aventure militaire, semble au contraire piaffer et trépigner d’impatience, voire même à menacer d’y aller seul.

Malheureusement, l’étude de faisabilité a donné des résultats plus que mitigés. Si GM et Chrysler se montraient enthousiastes et prêts à fournir des guimbardes de qualité en quantités industrielles, les militaires quant à eux faisaient la tronche et refusaient tout net (sous divers prétextes plus alambiqués les uns que les autres) de prêter les avions gros porteurs nécessaires à l’opération. A les en croire, la diplomatie du 4×4 n’annonçait rien de bon, on risquait de se voir aspiré dans une spirale incontrôlable de violence et de surenchère, la démocratie pouvait tarder à émerger du processus, bref on prenait, enfin, des risques inconsidérés à jouer comme ça les apprentis-sorciers dans une région aussi stratégique et instable. Alors que la diplomatie de la canonnière, convenons-en, est parfaitement rodée et maîtrisée, elle a fait ses preuves.

Bref, le 28 août, la décision a été prise de temporiser et de freiner les ardeurs de François-je-vais-punir-la-Syrie.

Pendant tout ce temps, les émissaires de John Kerry me bombardaient d’e-mails (heureusement pas avec des drones Predator) pour me demander des détails et des suggestions de présentation pour cette fameuse « diplomatie du 4×4 ». Je me fendais donc de petits modes d’emploi marketing format powerpoint quasiment quotidiens (je voudrais bien les mettre en ligne, mais bon, pour ma sécurité personnelle je préfère attendre l’avis de déclassification par le Pentagone, ce qui risque de prendre quelques années), ce qui explique mon manque de temps pour alimenter votre blog préféré.

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Mais bon, depuis qu’Assad a obtenu le prix Nobel de la paix (enfin pas lui mais presque : ceux qui supervisent la destruction de l’arsenal chimique syrien), évidemment, toute l’administration Obama est fumasse et je crains que ma brillante idée des 4×4 parachutés sur Damas ne soit enterrée pour de bon. Vladimir, lui, m’appelait pour savoir si je pouvais lui obtenir le prochain Nobel de la paix. Je lui ai dit que non, à moins qu’il ne se décide à bombarder massivement la Syrie et l’Iran. Il m’a dit qu’il allait y réfléchir, mais je crois que là non plus il n’y a pas beaucoup d’espoir.

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Enfin à quelque chose malheur est bon : je retrouve mon blog et on repart de plus belle. D’ailleurs comme je me relocalise à Pékin, attendez-vous à y trouver de succulentes news laquées.

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Sarin… à voir !

Posté par grosmytho le 6 septembre 2013

Tous les individus normalement constitués se sont demandés à un moment devant le tsunami médiatique qui déferle depuis le 21 août : « en quoi tuer des gens avec du gaz est pire que tuer des gens par d’autres moyens ? ». 

Sarin... à voir ! dans Propagande explosifs-guimauve

Et il faut avouer que la presse, toute à son effort pour diaboliser Assad, ne fait pas grand-chose pour éclairer notre lanterne. Pourquoi, alors qu’on déplore 100,000 morts dans la guerre civile qui ravage depuis 2 ans la Syrie, cette hystérie soudaine à propos des armes chimiques qui auraient été utilisées par « le régime » contre « son propre peuple » ?

grenade-chupa-chups démocratie dans Propagande

Cette affaire de gaz sent mauvais. D’abord, ce n’est pas en ce 21 août qu’ils ont été utilisés pour la première fois en Syrie. Carla del Ponte (pratiquement la seule source crédible dans cette histoire, à mon avis) accusait déjà le 5 mai dernier les rebelles/al Qaida/l’armée syrienne libre/les islamistes/bref, les anti-Assad d’usage d’armes chimiques en mars et en avril. Avant que la machine médiatique ne noie le public sous les dépêches attribuant au « régime » ces attaques chimiques. On se demande donc quelle « ligne rouge » peut avoir être franchie ces derniers jours ?

Pourquoi 1300 civils tués au gaz (ou « une centaine » ? tous les chiffres intermédiaires circulent sans qu’on sache lequel est le bon), sur 100,000 morts de la guerre civile, représentent-ils soudain un inqualifiable profanation de tout ce qui est sacré ?

arme-blanche double standardAlors que les massacres à la kalachnikov, les bombardements, les exécutions sommaires, les tortures et les décapitations n’étaient considérés par la presse occidentale que comme les regrettables conséquences de toute guerre (hormis les guerres chirurgicales qui, elles, on le sait et on l’a vu à la télé, ne tuent que des méchants, et encore, proprement, sans cadavres visibles).

Pourquoi cette fixation sur les armes chimiques, alors même que l’on sait que les puissances occidentales en ont toutes usé à différentes époques (les Français apparemment en Algérie, les USA en Iran [par l’intermédiaire de leurs alliés irakiens] et avant ça au Vietnam, les Russes probablement en Afghanistan, etc). Et surtout ils en ont fourni d’importants stocks à leurs protégés du Tiers-monde pendant la guerre froide, à l’Irak et à la Syrie surtout. En pensant que ces obus chimiques serviraient éternellement de bibelots décoratifs ?mitraillette-a-eau drone

Charlie Hebdo propose une piste : d’après son éditorialiste, cette horreur occidentale pour l’arme chimique serait due (un peu paradoxalement) à son caractère télégénique. Evidemment, les victimes de bombardements, écrasées sous les décombres, éventrées, déchiquetées, les membres épars, on ne peut pas montrer ça au 20 heures. Alors que les gazés, entiers, sereins, avec leur petite mousse au coin des lèvres, eux au moins ils sont dénombrables, présentables, passables à la télé, eux ! Cette explication vaut ce qu’elle vaut, mais elle laisse un doute. faites-votre-choix-300x240 guerre

C’est à la Convention de Genève de 1925 que tous se réfèrent. Mais en 1925, il n’y avait pas encore la télé ! La der des der vient de se terminer, on pense que les horreurs de 1914-1918 tirent un trait sanglant sur l’histoire militaire et que désormais une telle monstruosité ne pourra plus se produire. Et pourtant on prend la peine de se réunir et de décréter : les fusils, les obus, les chars, les baïonnettes, les mines anti-personnel, OK, les gaz, NON ! Ça ne pouvait pas être dicté par la télé, quand même ? mass-distraction presse

Un conspirationniste de mes amis a émis (après plusieurs Pastis) l’hypothèse suivante : le gaz, ça rappelle trop les horreurs de la seconde guerre mondiale, le Zyklon B, tout ça. Alors en plus, à quelques encablures d’Israël, contre des civils, ça rend tout le monde (occidental) nerveux. Rappelez-vous : c’est pour avoir gazé 148 chiites à Dujail en 1982, et non pour ses innombrables autres crimes, que Saddam fut pendu en 2006. Là encore, l’explication a ses mérites, mais elle ne satisfait pas l’analyste intransigeant que je suis.

En fait, on est devant un cas tout simple de doubles standards.

Lancées par un président démocratiquement élu, les bombes ne sont que bienfaisantes « frappes », équivalents géopolitiques de la fessée, qui punissent les méchants, mettent en garde leurs amis, et libèrent les peuples assoiffés de liberté. En revanche, qu’une casserole bricolée par un terroriste musulman explose au bord d’une route US, on a affaire à une terrible « arme de destruction massive ». Il en va de même pour les autres armes, chimiques ou téléguidées, employées par ces mêmes présidents démocratiques : c’est chirurgical, léger, sympathique, quasiment humanitaire. Un drone pro-Assad, même distribuant des photos dédicacées du président syrien, serait considéré comme un inqualifiable franchissement de ligne rouge. Alors qu’une bombe atomique larguée sur Damas par le Nobel de la paix serait accueillie avec des titres style « Obama met fin à la guerre civile en Syrie ». obamas-new-costume propagande

Vous voyez bien que le classement des armes n’a aucun sens.

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Mea Culpa

Posté par grosmytho le 10 juin 2013

Les blogs : théatres de toutes les passions ! On y expose avec gourmandise ce qui fait le sel de notre vie, on y échange recettes de cuisine et recettes contre le lumbago. On s’y extasie de telle saillie et on s’y indigne de telle bassesse. Terrain de chasse des trolls qui batifolent sur les fora pour y secréter qui leur bile, qui leur venin et qui leur mal-vivre… Et puis on trouve aussi des empoignades pour la juste cause, celles qui opposent d’ardents défenseurs de la pureté syntaxicale, également convaincus de leur bon droit et de la fiabilité de leurs sources.

La controverse du moment, celle qui fait le plus couler l’encre, crépiter les claviers et mousser la salive, c’est celle qui oppose les tenants d’ « au temps pour moi » aux partisans d’ « autant pour moi ».

Il faut avouer que les arguments des uns et des autres, mille fois ressassés avec plus ou moins de talent et de passion par leurs défenseurs, ne manquent pas de piquant. Malheureusement, ils sont dans l’erreur, les uns comme les autres. La victime en est cette charmante formule d’excuse par laquelle le coupable se signale avec élégance et endosse, sans exagération grotesque, la responsabilité d’une petite erreur personnelle et les légères conséquences négatives qui s’appliquent au groupe. Plus précis et plus sophistiqué que « Oooooops! »; moins ampoulé que « Mea maxima culpa ».

Rappelons les positions des uns et des autres. Pour les premiers, l’origine de l’expression est musicale : alors qu’un orchestre ou un groupe répète un morceau, il peut arriver que l’un des exécutants fasse une fausse note, obligeant le groupe à reprendre. « Au temps pour moi » signifie donc « Revenons au temps précédent par ma faute ». Pour les seconds, l’expression tire son origine des exercices militaires et des punitions collectives qui de tout temps ont été le ciment de l’esprit de corps. « Autant pour moi » est la formule d’excuse du troufion qui, par son retard ou son épuisement, fait rater un exercice au groupe et éructer l’adjudant « vous m’en remettrez autant ! » (c’est-à-dire « recommencez depuis le début »).

Malheureusement ces deux interpréations sont aussi fausses l’une que l’autre. La vraie expression est d’origine à la fois musicale et militaire, et elle s’épelle : « Otan pour moi ».

L’Otan (Organisation des Territoires de l’Atlantique Nord) est cette organisation militaire, financée par vos impôts et encouragée par votre silence, qui a pour vocation d’aller chercher querelle à des populations lointaines, d’asticoter les têtes brûlées et de nous maintenir dans un état de semi-guerre permanente. De diffuser la petite musique martiale, voire parfois de battre carrément le tambour, de sonner l’alerte permanente et parfois de faire retentir le chant des morts…

Elle prend son origine dans l’expression de regret modéré que pousse le pilote de drone lorsqu’il vient de larguer une bombe sur un mariage en Afghanistan, ou que le missile qu’il a tiré au Pakistan sur un terroriste fait s’effondrer un immeuble entier. « Otan pour moi » exprime le léger picotement au coeur qu’éprouve le défenseur des valeurs occidentales devant la bavure dont lui seul est le témoin, à dix mille kilomètres de distance, et qui déjà est absoute et excusée par sa hiérarchie.

« Otan pour moi » exprime le très léger relent de dégoût du civil occidental qui sait, mais fait de son mieux pour oublier, qu’il finance par ses impôts et encourage par son silence, ces crimes de guerre aux quatre coins du globe.

Mea Culpa dans Propagande reaper_drone-300x266 predator-300x240 drone dans Propagande

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