Saint Barack Obama, priez pour nous

Posté par grosmytho le 2 février 2017

Trump le balourd revient, trait de plume après trait de plume, sur les mesures progressistes qu’Obama a promulguées, pour la galerie, dans les derniers jours de sa présidence. Et tout est désormais de sa faute.

trumpDevilL’Histoire est injuste. Kennedy a commencé la guerre du Vietnam, Nixon l’a terminée. Mais ce que l’histoire a retenu, c’est le sourire du premier et les grimaces du second. Obama s’est inspiré de cet exemple pour vider habilement dans le jardin de Trump les poubelles de son double mandat.

Les deux mandats d’Obama ont été l’âge d’or du pétrole de schiste, ceux où Big-Oil s’est enrichi massivement en provoquant une catastrophe écologique sans précédent sur le territoire US ? Peu importe : d’un Executive Order précipité, il fait semblant de vouloir interdire les forages en Arctique. Comme prévu, Trump l’a annulé, et la tache d’huile orne son costume, tandis que celui de Barack retrouve sa virginité immaculée.

Pendant ses deux mandats, Obama a pourchassé impitoyablement les lanceurs d’alerte qu’il avait promis de protéger ? Il a assiégé Assange et promis à Snowden le traitement réservé à la haute trahison ? Ah tiens non, voilà qu’il gracie spectaculairement Chelsea Manning dans les derniers jours de son bail, passant les deux autres à son successeur qui enfile le costume de méchant persécuteur de justiciers.

Barack a pendant tout son mandat soutenu le terrorisme, protégé Daech et Al-Qaeda en Syrie et s’est livré, à coups de drones et de groupes terroristes « modérés », à un horrible « terrorisme télécommandé » dans des pays musulmans ? Heureusement, avec sa rhétorique islamophobe, c’est Trump qui joue au méchant flic, laissant à Obama, la larmichette à l’œil, le rôle du flic gentil.   saint obama

On doit à Obama la reconduction du Patriot Act qu’il a renforcé en autorisant la NSA à espionner les Américains et à enregistrer des données et des conversations sans mandat sur le territoire US. Mais il retrouve, grâce au grossier canular « Trump élu grâce aux cyberattaques russes », sa pucélitude effarouchée. L’Amérique se réveille cyber-victime du duo Trump-Poutine, Obama entre dans l’histoire comme le défenseur incorruptible des libertés individuelles !

Bien joué Barack ! Pas de cent jours, pas de période de grâce : à peine entré en fonctions, tout est désormais la faute à Trump. Et Saint Obama peut attendre tranquillement sa canonisation prochaine.

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Quand le storytelling craque de partout…

Posté par grosmytho le 16 décembre 2016

Rue89 vient de publier un article qui fera date. Sous le titre « Dans sa nouvelle vie, Pierre Le Corf défend le régime syrien sur Facebook » on a une journaliste parisienne, Nolwenn Le Blevennec, le cul bien au chaud dans son bureau parisien, qui nous explique placidement que le malheureux Pierre Le Corf, à Alep, ne comprend rien à la situation en Syrie.

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« Ce jeune Breton, qui témoigne sincèrement de ce qu’il voit autour de lui, mais qui n’a ni les moyens ni la volonté d’accéder à une vue d’ensemble, commence tout juste à s’interroger sur sa responsabilité. »

Le « jeune Breton » ne prétend pas fournir un tableau d’ensemble, simplement il rend compte de ce que lui disent les Syriens qu’il côtoie. Pleine de mansuétude, la Bretonne beaucoup plus expérimentée, recherche dans la courte biographie du globe-trotteur Le Corf les éléments qui peuvent expliquer sa confondante naïveté. Le jeune Breton, sensible et émotif, est « imprégné malgré lui par la propagande du régime de Damas » affirme la Parisienne, sans s’interroger une seule seconde sur sa propre imprégnation par la propagande du « régime » de Paris.Afficher l'image d'origine

Et pourtant, cinq ans après le début de cette horreur, il serait temps de se poser quelques questions. Le vernis propagandiste craque de toutes parts. On sait depuis des années que le « printemps arabe » syrien est dès le début un soulèvement armé financé par l’Arabie Saoudite et le Qatar avec le soutien des Américains pour une histoire de gazoduc dont Assad n’a pas voulu. Il est clair depuis longtemps que le camp occidental, en dépit de ses échecs et de ses crimes en Irak, en Afghanistan, en Libye, au Yémen, souhaite répéter une fois de plus sa stratégie du changement de régime en Syrie. Le flou entretenu par les Américains et les Européens sur leur soutien aux « rebelles modérés » ne tient plus : on comprend depuis au moins un an que les Russes disaient vrai lorsqu’ils affirmaient que l’Occident aidait en armes et en informations Al-Qaeda et Daech en Syrie, tout en prétendant les combattre dans le reste du monde. A partir de là, il est raisonnable de se demander, comme le faisait Poutine, si les préoccupations humanitaires affichées par l’Occident à grand renfort de trémolos, et même sa volonté de combattre le terrorisme à coups de « convois humanitaires », étaient bien sincères.

Des révélations lancées par Wikileaks, Sputnik news, Russia Today, le Canard enchaîné ou le blog d’Olivier Berrurier, remplies d’indices concordants et de faits irréfutables, documentent la déroute de l’information officielle. Toutes ces informations montrent que parmi les dirigeants démocrates, l’obsession anti-Bachar a balayé toute autre considération ; trahisons historiques, victimes civiles, crimes de guerre, mensonges énormes, alliances contre-nature, tout est considéré comme nécessaire, voire souhaitable (on se rappelle de Fabius et le « bon boulot » d’Al-Qaeda en Syrie). Personne ne se pose d’ailleurs sérieusement la question, au-delà de l’objectif de « faire partir Assad », du sort de la Syrie future.

Afficher l'image d'origineLes mensonges officiels s’effondrent les uns après les autres comme un château de cartes, on pourrait s’attendre à un mea-culpa de la part de la presse démocratique similaire à celui qui avait suivi les charniers de Timisoara. C’est le contraire qui se produit. Une offensive propagandiste sans précédent, une sorte de « mère de toutes les batailles » médiatiques, est lancée. Baroud d’honneur ou début d’aveu ?

Le storytelling réagit avec ses armes, montant en épingle des situations ponctuelles (parfois totalement falsifiées, parfois simplement isolées de leur contexte) pour tirer les larmes du public. On a ces tweets de la fille de sept ans qui raconte dans un anglais parfait l’agonie de sa famille dans Alep-Est « bombardée par le régime » ;  on a ces histoires répétitives de « dernier hôpital bombardé » ; on a John Kerry qui en appelle à « la compassion » de Poutine pour qu’il accepte un cessez-le-feu au lieu de mener à son terme la reconquête d’Alep. La propagande de guerre est assiégée à Alep-Est. Va-t-elle se rendre à l’évidence et capituler ?

Voyez cet article surprenant des « Décodeurs » du Monde qui commencent à mettre prudemment un peu d’eau dans leur vin en avouant : « la désinformation n’est pas l’exclusivité d’un camp ou de l’autre. »

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Ce que nous enseigne le conflit syrien

Posté par grosmytho le 16 octobre 2016

Alors que la propagande russe est dénoncée par les médias chargés de la propagande atlantiste, que les « experts » de tout poil échafaudent de hasardeuses hypothèses et que les politiciens de tout bord continuent d’habiller les faits d’éléments de langage, tirons quelques conclusions provisoires de cette boucherie.Afficher l'image d'origine

1)    Un dictateur vaut mieux qu’une guerre civile.

On l’a vu en Irak, en Libye, on le voit en Syrie : un dictateur en place, aussi antipathique soit-il, vaut toujours mieux que la guerre civile. Laissons là le marketing militaire qui suggère qu’après la bienfaisante pluie de frappes démocratiques on verrait fleurir une oasis d’élections pluripartites départageant de charmants politiciens plus modérés et polis les uns que les autres : dans des pays en proie au sous-développement et aux rancunes ethniques, c’est immanquablement la guerre civile qui vient remplacer un pouvoir fort qui était là pour une bonne raison.

D’ailleurs « le régime » de Damas voué aux gémonies par la presse internationale est vu par les malheureux Syriens comme leur seul rempart contre le chaos, et c’est bien vers les zones sous contrôle gouvernemental que fuit l’immense majorité des réfugiés. Le Monde, pourtant viscéralement anti-Assad, l’avoue lui-même, à mots couverts : « cette banlieue de Damas, (…)  Sa population avait été évacuée vers des zones sous contrôle gouvernemental, tandis que les combattants étaient transférés par bus vers Idlib, une autre place forte de la rébellion » Que les terroristes se sauvent vers une autre place forte de la rébellion, OK. Mais quid de cette mystérieuse « évacuation » des civils vers « des zones sous contrôle gouvernemental » ? Evacués par qui ? Pas par les terroristes en déroute, je suppose. Ni par « le régime » qui a d’autres chats à fouetter. Ce sont donc bien les civils eux-mêmes qui se sont réfugiés dans des zones relativement les moins dangereuses.

Afficher l'image d'origineC’est un secret de polichinelle savamment entretenu : si demain la Syrie devait voter, Assad l’emporterait largement, et non pas d’illusoires « rebelles modérés. »

2)    Les rebelles modérés n’existent pas.

Magie du marketing militaire : on accole deux termes antinomiques pour faire naître un concept vague mais enchanteur qui arrange tout le monde. Prendre les armes pour combattre, faire la guerre, tuer, même si l’objectif final est le triomphe de la paix, ce n’est pas être modéré. Les Américains le comprennent parfaitement mais maintiennent cette fable officielle complaisamment reprise par toute la presse démocratique.

Afficher l'image d'origineQui sont-ils, ces « modérés » ? Ceux que l’on a vu sur une vidéo égorger un soldat de l’armée syrienne capturé, avant de lui arracher le cœur et de mordre dedans à pleines dents ? Qui est modéré en Syrie ? Les groupes armés salafistes-jihadistes ? Ceux financés par l’Arabie Saoudite et le Qatar peut-être ? Ou alors cette force de 5000 hommes, formés et équipés par les Américains, qui a fait défection en quasi-totalité pour rejoindre Al-Nusra (autrefois Al-Qaeda, désormais rebaptisée Jabhat Fatah al-Sham) ?

On a beau chercher, arguer, insinuer, chipoter : il n’y a pas en Syrie d’opposition démocratique armée, pas plus qu’il n’y a de terroristes modérés. Les calembredaines du début se transforment de plus en plus ouvertement en mensonges. Qui nous ment et pourquoi ?

3)    Le cynisme de nos dirigeants démocratiques ne connaît pratiquement pas de limites.

Terroristes modérésLa guerre, pour un dirigeant démocratique entravé par toutes sortes de limites et de contre-pouvoirs, c’est un ballon d’oxygène. Oui, certes, il y a des victimes et des morts, mais vous connaissez le premier principe de la politique « on ne fait pas d’omelette sans casser d’œufs. » Et l’omelette est délicieuse ! Une opposition muselée par l’impératif patriotique ! Un recours au secret-défense à chaque fois qu’une question embarrassante est posée ! Une menace terroriste savamment attisée qui tétanise l’opinion ! Le chef martial se pose là dans les sondages, auréolé de ses échecs qui lui font comme de vénérables blessures de guerre. Sans compter le soutien des milieux d’affaires pour qui la guerre est une aubaine. Bush a eu sa guerre, Sarkozy a eu sa guerre, et Hollande en serait privé ?

Pas de conclusion optimiste en vue puisque de partout, c’est le parti de la guerre qui l’emporte. Hillary-la-fauconne aux USA, Juppé ou Hollande chez nous, les « Amis de la [guerre en] Syrie » semblent devoir conserver le pouvoir. On va encore entendre ces bouchers se lamenter sur le sort des veaux syriens qu’ils font charcuter par d’autres depuis six ans.

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Comment voter sans se trumper ni provoquer l’hillaryté?

Posté par grosmytho le 28 septembre 2016

 

Bien des gens dans le monde considèrent la démocratie comme un système précieux et insurpassable, apanage de quelques peuples supérieurs. Ils devraient considérer d’un peu plus près l’élection présidentielle américaine.

 November 5, 2014

Si l’on en croit la liturgie officielle, le peuple américain est appelé aux urnes pour se choisir un nouveau président, et ainsi définir les grandes orientations de la politique pour les quatre ans à venir. Vraiment ?

 

On peut en douter devant la bataille de gougnafiers qui oppose les deux partis uniques. Certains font remarquer que les deux candidats sont impopulaires dans leurs camps respectifs. N’est-ce pas paradoxal, alors que l’on est en démocratie, que le peuple souverain se retrouve ainsi à choisir entre la peste et le choléra ? N’est-ce pas étonnant, dans un pays rempli de personnalités brillantes et charismatiques, que les seuls candidats restants soient un milliardaire ignorant, raciste et misogyne, et une vieille sorcière rongée par l’ambition ?

 Hillary

S’il n’y avait que les candidats ! Le niveau du débat lui-même est abyssal. Au lieu de discuter des problèmes du pays, dieu sait s’ils sont nombreux, les candidats se jettent à la figure insultes et insinuations. Hillary soupçonne Donald de dissimuler le niveau réel de sa fortune (qui serait en réalité plus importante, ou moins, on ne sait pas trop), Donald accuse Hillary de cacher la vérité sur sa terrible maladie (laquelle ?)

 

Donald Trump se pose en candidat anti-système (un grand classique) qui veut expulser les migrants et réduire la fiscalité des riches. Hillary Clinton, qui campe l’empathie démocrate, entend réduire les impôts des pauvres et aider les étudiants endettés. Mais on sait bien ce qui se passera, quel que soit le vainqueur ! Le républicain veut mettre fin aux guerres ruineuses dans lesquelles le pays se lance et s’embourbe depuis 2001, la démocrate aussi. Mais on sait déjà que, dès janvier 2017, le nouveau leader du monde libre annoncera une campagne de bombardements humanitaires dans quelque nouveau pays musulman assoiffé de démocratie.

 Trumpstupid

Si encore il y avait un processus de réflexion politique… mais toutes les déclarations des candidats sont calibrées dans le but unique de disqualifier l’adversaire et de grappiller quelques voix « indécises. » Jamais, au grand jamais, il ne s’agit de l’annonce réelle d’un programme.

 

Et la presse démocratique dans tout ça ? Joue-t-elle son rôle d’éclairage, de déchiffrage, d’investigation ? Entièrement acquise à la cause d’Hillary, elle semble hypnotisée comme un papillon dans la lumière. Elle a dissimulé avec la dernière énergie la maladie de la candidate avant d’admettre à contrecœur et avec bien du retard, le 11 septembre, qu’elle souffrait d’une « pneumonie. » Elle traîne Trump dans la boue depuis le début de la campagne, le traite de « bouffon » et d’« ignorant », des qualificatifs qu’il mérite, certes, mais qui semblent impuissants à freiner sa progression dans les sondages.

 

Sick & tiredC’est là le côté surprenant de cette campagne : le rouleau compresseur Clinton, qui pensait avoir verrouillé, intimidé ou acheté l’ensemble des forces politiques du pays, qui a dans sa poche les pontes du parti démocrate et une bonne partie de ceux du camp adverse, plébiscité par les milieux économiques, qui se prévaut du vote de pratiquement toutes les minorités, qui dépense des milliards en publicité pour salir l’adversaire républicain, peine à écraser celui qui devait jouer un simple rôle de méchant hollywoodien pour s’effacer théâtralement vers la fin.

 

Comme un os en travers de la gorge, l’épouvantail refuse de tirer sa révérence ! Pire, l’unanimité des experts et des médias qui dénoncent avec suffisance le populisme agace les électeurs. Loin de calmer le jeu, elle attise le vote protestataire dans une Amérique profonde qui, loin des studios de télé où les élites papotent entre elles, balance entre colère et désespoir…      

 GOP-Minimum-Wage

Si le système de manipulation des esprits échoue, recourra-t-on, comme en 2000, à la manipulation des urnes ? C’est là l’unique suspense d’une démocratie usée qui révèle ses mécanismes tordus.

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Moutons à deux pattes

Posté par grosmytho le 25 novembre 2015

« La première victime du terrorisme, c’est la vérité. La seconde, c’est la liberté »

cabaleC’était assez extraordinaire de lire en janvier dans Charlie Hebdo (hebdo, rappelons-le, satirique) cette curieuse réfutation par avance, par présomption d’antisémitisme, de toute version non accréditée officiellement (voir ci-dessous). En novembre, c’est cette fois Rue 89 qui s’empresse de sauter à pieds joints dans le plat pour se moquer de leurs « théories du complot préférées ».

Alter-Info, de son côté, faisait la liste des hasards de calendrier et des coïncidences troublantes avant et après les attentats parisiens du 13 novembre.

conspiracy

Où l’on voit que le choc et la peur provoquent, chez les uns et les autres, deux réactions opposées. Complotistes et versionofficialistes.

 

Théories du complot : évidemment, des recoupements bizarres sont faits, des chronologies suspectes pointées, des hypothèses farfelues échafaudées. Notre esprit a besoin d’un continuum et les trous de notre matrice informationnelle doivent être colmatés. C’est humain. On sait de façon certaine que A, et on apprend soudain que B… manque le lien, notre cerveau est fait pour relier nos certitudes entre elles par des connexions logiques. Bien sûr, ces connexions sont plus ou moins inventives, plus ou moins détaillées, plus ou moins étayées par d’autres infos. Mais c’est normal d’échafauder un pont logique entre les événements. C’est le réflexe d’un mathématicien ou d’un mécanicien qui constate que le système étudié donne un résultat inattendu. On forme l’hypothèse mais comme il manque la possibilité de vérification expérimentale, on reste coincé dans le probable invérifiable.  

 

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L’autre réaction est plus bizarre mais tout aussi naturelle : c’est la ruée vers le bunker idéologique. Retour à la Bible et au curé, ou dans le contexte moderne, faire table rase de tout ce qui n’a pas été annoncé depuis le sommet de l’Etat, voire même de certains messages et lapsus officiels, s’ils contredisent la thèse autorisée d’ensemble.  Balayer d’un revers de main toutes les incohérences de la parole autorisée, les passeports ignifugés, contexte géostratégique pourtant bien connu, les petites manigances largement documentées.

Tout cela est oublié, et les dirigeants irresponsables dont les petits jeux dangereux nous ont pété à la figure se drapent dans une autorité renforcée. Nous expliquent les sacrifices auxquels nous allons devoir consentir.

Tout se passe comme si notre capitaine de pédalo et son équipage nous avaient depuis toujours convaincus de leur absolue compétence et de leur sincérité inébranlable. Ils peuvent compter une fois de plus sur le réflexe moutonnier des foules apeurées.

Comme autrefois les chrétiens qui se barricadaient dans la foi de charbonnier en un dieu tout-puissant infiniment bon aux voies impénétrables, même et d’autant plus lorsque frappaient le malheur et l’injustice.

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D’un côté une imagination boostée par la panique, une bouffée d’adrénaline créative, une recherche un peu brouillonne d’explications… de l’autre, une volonté farouche de se raccrocher à l’autorité de l’Etat, faisant fi des complicités, des culpabilités et des irresponsabilités pourtant connues.

Mi-humains, mi-moutons, finalement.

 

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Sorcellerie sur internet

Posté par grosmytho le 14 mars 2015

Signalé par Thierry Meyssan : le PS a commandé un rapport sur le complotisme en France pour amorcer la réflexion demandée par François Hollande sur la menace conspirationniste.

Pour entamer sainement une réflexion, rien de tel que d’interroger ses amis. C’est donc  à un certain Rudy Reichstadt que l’on a confié le boulot. N’est-il pas l’animateur d’un site de « chasse aux conspirationnistes » ? (l’Etat demande toujours aux chasseurs des rapports sur l’écosystème).URSS

Le rapport de 11 pages commence fort habilement par expliciter les mécanismes psychologiques qui poussent tout un chacun à chercher un sens caché aux événements, à étudier les liens de causalité possibles, à identifier des bénéficiaires et des complices éventuels. Transgression, anticonformisme, amour des énigmes, méfiance envers les élites, toutes ces motivations sont absolument légitimes, et je dirais même citoyennes ! Mais l’auteur du rapport y voit de dangereuses pathologies, qu’il met tout de suite en relation avec des exemples délirants, sans oublier d’aller sortir le poussiéreux « Protocole ». C’est la faute à la société… on est proche ici de la sortie de route. La société est pleine de psychopathes en puissance, apparemment. Mais si ç’a toujours été le cas, pourquoi devrions-nous nous alarmer ?

menace internetC’est que, nous signale l’auteur, « la montée en puissance de l’internet » a levé les barrières qui empêchent ces gens de s’exprimer dans les médias traditionnels. Encore une fois, Rudy frise le but contre son camp en affirmant, finalement, que la liberté d’expression « sans comptes à rendre à personne » serait dangereuse… Bon nous y voilà : l’internet, l’impossibilité de censurer les contenus, l’expression libre de tout et de n’importe quoi, favorise la diffusion des thèses malades et donc la « radicalisation ». En résumé, tant que les gens étaient des psychopathes isolés, on pouvait facilement les faire taire ; mais là, les pathologies en ligne deviennent collectives et donc plus dangereuses.

C’est là que le rapport perd un peu les pédales : il faut bien répertorier ces groupes « radicalisés » et « complotisés », et la liste de cette « mouvance hétéroclite » est longue. « Admirateurs d’Hugo Chávez et inconditionnels de Vladimir Poutine. Un milieu interlope que composent anciens militants de gauche ou d’extrême gauche, ex- »Indignés », souverainistes, nationaux-révolutionnaires, ultra-nationalistes, nostalgiques du IIIe Reich, militants anti-vaccination, partisans du tirage au sort, révisionnistes du 11-Septembre, antisionistes, afrocentristes, survivalistes, adeptes des « médecines alternatives », agents d’influence du régime iranien, bacharistes, intégristes catholiques ou islamistes ». Presque toute la société, finalement ! Il balance quelques noms aussi, comme par exemple celui d’Etienne Chouard. On peut ne pas être d’accord avec toutes les conclusions de l’économiste, mais Rudy est un peu léger de le balancer lui aussi dans la cellule de dégrisement complotiste où croupissent déjà Thierry Meyssan, Dieudonné, Alain Soral, etc.islamo fascisme

Enfin, il faut expliquer : quel danger représentent ces individus ? L’agitation d’idées n’est-elle pas une tradition nationale ? Base de la démocratie ? Pourquoi faut-il à tout prix combattre des idées, même éventuellement fausses ? Réponse de FH en personne dans son discours à Auschwitz : le danger fasciste ! La NSDAP est à nos portes !

Voilà donc l’image d’ensemble que devait brosser le rapport : le complotisme est en fait un antisémitisme mal déguisé. Celui-ci fourbit bien sûr (il ne sait rien fourbir d’autre) ses armes redoutables, qui ne pourront manquer de le porter à nouveau au pouvoir. On nous en menace depuis la fin de la guerre, JF Revel s’était déjà ému contre cette curieuse obsession des pouvoirs démocratiques qui toujours et partout voient, redoutent, et finalement créent, un « danger fasciste » largement fantasmé.

Le président Hollande, son parti socialiste, ont donc commandité un chasseur de complotistes proche de Caroline Fourest pour diagnostiquer ce « milieu interlope » constitué de toutes ces mouvances « hétéroclites » et le rassembler en une menace unique et catastrophique, celle du fascisme ! Suivant une tradition bien établie, ils traitent de fascistes tous ceux avec qui ils ne sont pas d’accord.

L’Etat en personne fait du complotisme ! L’idée que véhicule le rapport est que toute personne qui refuse de croire la version officielle sur un événement est classé conspirationniste (ou « révisionniste en temps réel » : jolie formule). Quiconque traite de menteur un dépositaire de l’autorité est automatiquement démasqué comme un dangereux paranoïaque. Wikileaks, Swissleaks, les armes de destruction massive, les viols de Kadhafi, l’aventure ukrainienne, ne démontrent rien : nos dirigeants sont toujours sincères, jamais il ne leur viendrait à l’idée de nous berner, tout soupçon est insultant à l‘encontre de personnes qui nous ont si systématiquement démontré leur absolue, universelle et permanente bonne foi.les bobards volent en escadrille

François Hollande en personne fait du révisionnisme ! A propos des camps de concentration, il dit «prendre conscience que les thèses complotistes prennent leur diffusion par internet et les réseaux sociaux. Or nous devons nous souvenir que c’est d’abord par le verbe que s’est préparée l’extermination». En gros, la Shoah n’aurait pas pu se produire si on avait censuré internet à temps… 

Cette lutte idéologique est finalement bien plus simple qu’elle n’en a l’air. Un grand classique : la religion établie cherche, par des procès en sorcellerie, à se débarrasser de ses concurrents.

A quand la Sainte inquisition numérique ?  

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Plantu se plante, Haski sait p’Haski dit!

Posté par grosmytho le 20 février 2015

Hilarante controverse entre Plantu et Haski. L’un semble se Plantu à skis, tandis que l’autre ne récolte p-Haski l’a planté !

merkel sous écouteJe résume pour ceux qui n’ont pas suivi : acte 1, l’ami Plantu se plante en direct dans une interview à la gazette israélienne Haaretz (attention lien payant), où il compare tout bonnement internet à l’armée allemande qui occupait la France (et d’autres pays j’imagine) et les gens-connectés-à-la-toile-mais-pas-d’accord-avec-lui à des nazis. Bref le genre de comparaison bancale à souhait. Un genre de point Godwin auto-décerné, phénomène fréquent chez les artistes du raccourci qui comparent par commodité à Hitler tout ce qui leur déplaît. snowden-nsa-2013

Plantage de Plantu immédiatement relevé par le grand manitou Haski, qui lui tombe dessus H-à bras-raccour-ski ! Acte 2, dans sa précipitation pour bien faire, l’ami Pierre se prend lui aussi un peu les pieds dans le tapis. Ce n’est pas internet qui occupe la France, nous informe le chef du « premier média internet de France », puisque les hordes terroristes nous terrorisaient déjà avant l’apparition de ce média, cf Salman Rushdie et la fatwa iranienne. Occupation oui, donc, mais pas à cause d’internet.

Gros Mytho arrive sur ces entrefaites pour renvoyer dos à dos nos deux comparateurs.

stop spyingN’en déplaise à Pierre, on peut bien parler d’occupation numérique de la France aujourd’hui, alors qu’on apprend, avec des détails chaque jour plus ahurissants, à quel point, avec quel systématisme, nos amis d’outre-Atlantique ont pris le contrôle total, absolu, monopolistique, de notre environnement numérique. Si c’est pas de l’occupation (de territoire numérique), ça, je ne sais pas ce que c’est. D’ailleurs, preuve de leur pouvoir d’occupation, Google, Facebook et consorts se moquent ouvertement du fisc français qui aboie bien timidement dans leur direction…

N’en déplaise à Plantu, même si les « islamistes » (aidés de quels mystérieux commanditaires ?) parviennent parfois à nous frapper, et douloureusement, comme en janvier, on ne peut pas sans quelque mauvaise foi comparer cela à une occupation. EA moins d’accréditer la thèse du « Grand remplacement » de Renaud Camus et d’Eric Zemmour. En fait d’occupation, il faudrait plutôt parler des guerres que nous menons (avec nos alliés) mondialement contre des ennemis assez vaguement identifiés (si vaguement qu’il s’agit le plus souvent de personnes neutres à, voire amies de, notre « cause »). Notre cause entre guillemets, tant elle est mal définie…  Caricature_Algerie

La propagande perd-elle de son efficacité lorsqu’elle recourt à des contre-vérités trop flagrantes ? Ou alors « plus c’est gros, plus ça passe » ? Les deux écoles n’ont pas fini de s’affronter. Le seul bénéficiaire de cet affrontement est le complexe militaro-industriel.

« Ils nomment zèle leur propension vers la malignité et violence ; ce n’est pas la cause qui les échauffe, c’est leur intérêt ; ils attisent la guerre non parce qu’elle est juste, mais parce que c’est la guerre. » (Montaigne, Essais)

 

NSA

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Charlie tu nous manques déjà…

Posté par grosmytho le 8 janvier 2015

C’est affreux cette histoire. GM comme presque tout le monde en France pleure l’assassinat de quelques-uns des esprits les plus brillants et les plus courageux du pays. Des plus nécessaires aussi, parce que franchement on se demande bien qui va les remplacer.

charbUne petite controverse nous avait opposé à Charlie à l’époque. Vous vous rappelez l’affaire Dieudonné-Valls. Valls voulait « faire taire » Dieudo « par tous les moyens ». Et Charlie-la-liberté-d’expression avait pris contre toute attente le parti de Valls-la-dérive-sécuritaire… GM n’avait pas pu s’empêcher de prendre son clavier et d’envoyer un petit mot à Charlie pour s’étonner de ce paradoxe. Charb avait répondu très fermement que non, certaines opinions mortifères doivent être exclues du débat public. Plus curieusement encore, il affirmait que Dieudonné l’antisémite devait lui aussi (en sa qualité d’antisémite) être interdit d’accès aux médias …

Question éternelle : si l’on doit exclure untel ou unautretel du débat parce que ses idées sont mauvaises, où place-t-on la limite ? Qui d’autre doit-on exclure ? Comment sait-on qu’untel-aux-idées-nauséabondes ne va pas aujourd’hui faire amende honorable et se rallier à celles que vous représentez ? La seule réponse possible est donc que toutes les opinions, toutes les expressions, tous les avis doivent être permis. Il faut séparer les actes des paroles. L’appel au meurtre (pour prendre un cas extrême) n’est pas un meurtre. Les délires de Zemmour, les fantasmes de Houellebecq, les blagues de Dieudonné ne sont pas des meurtres. Ils ne sont ni coupables, ni complices, ni inspirateurs de qui ou de quoi que ce soit. Ils font leur job d’humoristes et de romanciers.charb dernier dessin

On avait échangé quelques mails fort polis mais sans réussir à se mettre d’accord. La position de GM était et reste que ce ne sont pas les idées mais les actes qui tuent. Ceux qui ont tué Charb et Charlie Hebdo, ce n’est pas Dieudo, ce ne sont pas les antisémites, pas plus que les islamistes radicaux. Ceux qui ont tué, ceux qui ont du sang sur les mains, ce sont les deux (ou trois?) tueurs et leurs commanditaires, quels qu’ils soient.

Qui sont les commanditaires ?  Le professionnalisme des exécutants suggère des commanditaires professionnels et dotés de moyens importants. Et sans doute d’une stratégie de brouillage des pistes. Entre la carte d’identité oubliée dans la voiture, le terroriste qui se rend à la police mais qui finalement n’en est pas un, les tireurs cernés dans l’est de Paris puis en cavale en Picardie… pas facile d’affirmer quoi que ce soit pour l’instant.

A qui profite le crime ? Aux ennemis de Charlie. Des ennemis, malheureusement, Charlie en avait beaucoup.

Et pas que des islamistes…antimilitariste

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#Not in my name

Posté par grosmytho le 28 septembre 2014

Des fois je me demande jusqu’où dans l’absurde va se prolonger la glissade de l’inversion des valeurs… verra-t-on la courbe des valeurs se réinverser dans l’autre sens jusqu’à redevenir normale ?

Al#Not in my name dans Propagande la-grosse-manip-300x144ors que les fanatiques de l’EI égorgent un leur troisième victime en quelques jours, l’opinion occidentale semble devenir folle, décapitée elle aussi, on la voit courir comme un poulet sans tête et se heurter à tous les obstacles conceptuels.

Voilà qu’on demande aux musulmans de s’afficher avec le hashtag #Not in my name. Paradoxe bien taclé et souligné par Rue89, qui est pour une fois tout seul contre le flot de louanges et de la bien-pensance du reste de la presse mainstream. A quel niveau de racisme décomplexé sommes-nous tombés s’il faut désormais que les musulmans se désolidarisent publiquement de criminels décapiteurs ? Pas étonnant que Sarko se frotte les mains et parle de revenir ! Quels remugles agitent l’inconscient collectif s’il met dans un même sac l’épicier arabe du coin, l’étudiant algérien dans le bus, et les guerriers de l’EI ? Quelle crise de nerfs traverse le pays s’il croit que toute une partie de la population se réjouit secrètement de crimes qui révulsent la not in my namemajorité ? La dictature de l’opinion en est-elle déjà à exiger l’autocritique des musulmans de France ? Et que fera-t-on à ceux qui ne se prêtent pas à cette mascarade ?

Notre société est-elle si proche de l’explosion ? De la guerre civile ? Faut-il acheter des armes et stocker des vivres ? Ah non, vous voyez bien : les musulmans sortent dans la rue pour protester : ils sont, eux aussi, contre les décapitations. On respire ! Quel soulagement !

Mais… qu’est-ce qui fait qu’on ne respire tout de même pas si bien que ça ? Qu’est-ce qui reste quand même un tout petit peu oppressant ? Ne manque-t-il pas quelque chose à notre bonheur ?

not-in-my-name-what-300x170 drone dans SocioAh j’y suis. Les chrétiens. Quand verra-t-on apparaître des hastags contre les bombardements que nous déversons une fois de plus sur un pays musulman ? Quand verra-t-on les chrétiens de ce pays se réunir et protester, #Not in my name, contre l’usage belliqueux qui est fait de nos impôts ? Contre l’ingérence occidentale qui s’abat sans cesse sur ces pays et les maintient dans une guerre permanente, génératrice de terrorisme ? Irak, Libye, Syrie, mais aussi Afghanistan, Pakistan, Yémen…

slogan-incompris-300x200 guerreParce que bon, barbarie, horreur, abomination… je veux bien. Décapiter des gens, c’est pas sympa. Mais enfin, il s’agit de trois personnes décapitées par une poignée de fanatiques. En gros, trois faits divers. A mettre en perspective, peut-être, un tout petit peu, avec bientôt quinze ans de bombardements quotidiens dans ces pays. Une destruction méthodique, coûteuse, soignée, méticuleuse, pleine de sang-froid et d’ingéniosité scientifique, de tout, infrastructures, fierté nationale, liens amicaux et familiaux, absolument tout ce qui pourrait servir de terreau à un progrès quelconque dans ces sociétés. Que leur a-t-on laissé, en dehors du désespoir ? Que leur reste-t-il, sinon la haine enivrée de religion ? Derrière les discours larmoyants et les considérations sentimentales de nos grands prédicateurs, on ne cesse d’attiser des guerres civiles dans ces pays. Le survol constant des drones, le financement des milices extrémistes, et à l’occasion une petite opération de bombardement humanitaire. Prend-on seulement le temps d’imaginer quel doit être le ressenti sur place ? Et après on fait semblant de s’étonner que les guérilleros qui y prolifèrent soient de plus en plus méchants ? On proteste, la main sur le cœur, après avoir armé et financé ces mouvements ! On pousse de petits cris d’horreur et de dégoût comme si on n’y était pour rien !

iraq-demo-2003-300x187 LibyeAh oui le monde était terrible avec Saddam ! Kadhafi, quel salopard ! Oh et puis Assad, quel affreux jojo ! Mais depuis qu’on les a renversés, depuis qu’on a bombardé les villes et détruit les routes et les ponts, les gares, les ports, depuis qu’on a financé par l’intermédiaire du Qatar et de l’Arabie saoudite des mouvements islamistes, ces pays ont-ils fait beaucoup de progrès vers la démocratie ? Se sont-ils rapprochés de notre mode de vie et de nos valeurs ? Non ? Comme c’est surprenant…

Alors comme d’habitude on nous dit : la recette qui a tout envenimé va tout résoudre cette fois, suffit d’augmenter les doses ! S’ils deviennent fous dans ces pays, c’est parce qu’on ne les a pas suffisamment bombardés. CQFD.

#Not in my name

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Les amis vs la famille

Posté par grosmytho le 2 septembre 2014

« On choisit ses amis, on ne choisit pas sa famille » – oui, enfin ça c’est le cas général : lorsqu’on se marie, lorsqu’on décide d’avoir des enfants, lorsqu’on divorce, on remodèle bien quand même sa famille suivant ses choix. A contrario, quand on est ami avec le parrain de la mafia, on n’a pas toujours le choix, il faut rester pote avec lui… ou aller nourrir les poissons.

Au niveau des Etats, c’est presque pareil. Je vous parlais récemment des choix déchirants à venir entre amis (d’outre-Atlantique) et famille (Russie) pour la France et l’UE. On y est.

Nos amis étasuniens qui n’ont pas d’intérêt économique en Russie (0,5% de leurs échanges) poussent l’Europe à plus de sanctions. Obéissante, l’UE obtempère. Mais à chaque tour de vis supplémentaire, cent articles se demandent plaintivement : « La Russie risque-t-elle de riposter ? Et si elle décrétait un embargo sur nos pommes, nos radis et nos choux ? Aïe, aïe, aïe ».mistral en travers

Nos amis russes, qui n’ont pas tellement la fibre de l’économie, sont moins naïfs que nous en termes de géopolitique. La presse chez eux s’étonne ouvertement de cette mitraille gros calibre que l’Europe semble décidée à s’envoyer dans le pied. Alors que leur pays, pressentant un coup de tabac, prend méthodiquement le rythme d’une économie de guerre froide. OK, certaines marchandises vont faire défaut, certains produits de luxe seront plus chers…   Faire ceinture ? Ils n’ont pas encore complètement perdu l’habitude.

Et ils ont aussi du répondant. Sans parler des mesures extrêmes, comme couper le gaz, il y a les petites mesures vexatoires. L’espace aérien russe nous sépare de nos marchés d’avenir, en Asie, pourrait se fermer. Les négociations laborieuses avec l’Iran ou la Syrie, ou la Corée du Nord, pourraient s’arrêter. Et puis la Russie, c’est quand même un gros débouché pour l’Europe (8,2% des échanges extérieurs de l’UE) et dans certains secteurs, comme l’agroalimentaire ou le tourisme, ça peut faire mal. Ou dans celui du spatial, où l’Euro-GPS vient de subir un sale revers à cause des Russes (l’ont-ils fait exprès ?).

Mais il y a pire.russia-wants-war-look-how-close-they-put-their-country-to-our-military-bases

Il y a les Mistral. Oubliez les indignations vertueuses de nos pucelles effarouchées « on ne peut pas livrer des armes à un pays en guerre ! ». Pipeau. D’abord, on le fait tout le temps. Deuxièmement, les armes (surtout les Mistral) sont en service pendant des décennies, qui peut garantir la paix sur une aussi longue période ?

Oubliez aussi les exposés pseudo-cartésiens de nos économistes diplômés : 3000 emplois, 1,6 milliard d’Euros, emplois induits, etc etc. Pipeau encore.

Le vrai problème, qu’a compris mais pas résolu Molasson 1er, c’est la crédibilité de la France en tant que partenaire géopolitique. Le Mistral, c’est le cas emblématique qu’observent tous les ministres de la défense de tous les pays, et qui va conditionner nos ventes d’armes pour les décennies à venir. Pas convaincus ? Je m’explique.

Lorsqu’on vend des systèmes d’armes complexes, on s’engage sur la durée : opter pour des Mistral ou pour des Rafale, c’est faire le pari que la France sera là pour les pièces détachées, pour les réparations et l’entretien, coûte que coûte, quelle que soit la situation (notamment en situation de crise). A chaque fois qu’un pays organise un appel d’offres pour des avions de chasse, au-delà du prix d’achat et du rapport coût-performance, ce qui importe c’est la viabilité du partenariat stratégique. Si le Brésil, l’Inde, d’autres encore, examinent nos Rafale, ce n’est pas pour leurs formes affutées ni pour leur prix tellement attractif. C’est parce qu’ils seront fournis par un pays, la France, qui n’est pas les USA, et qui sera moins susceptible que ces derniers d’utiliser le chantage (aux pièces détachées, voire pire) pour les contraindre à quelque nouvelle aventure militaire, à quelque deal économique foireux, ou que sais-je. affaires étrangères

Le cas des Rafale illustre bien la situation : si on n’arrive pas à en vendre un seul, c’est tout simplement parce que la France est perçue (par l’Inde, par le Brésil) comme un partenaire peu fiable, trop obéissant à Oncle Sam, trop susceptible de servir de courroie de transmission aux imprévisibles caprices de ce dernier.

Voyez ce que dit l’affaire Mistral sur notre offre en matériel militaire : un contrat signé par la France en 2011, avec acomptes payés rubis sur l’ongle, peut être remis en question sur un simple froncement de sourcils étasunien. Obama fait sa grosse voix, et voilà déjà qu’on pétoche et qu’on cherche des prétextes pour ne pas livrer à nos partenaires ce que l’on s’est engagé à leur fournir.

Quand on vend des armes, on vend bien sûr un produit, mais on vend aussi la politique étrangère qui va avec. C’est pour cela que la Russie a repris la seconde place sur ce marché, que la Chine progresse à grands pas, alors que la France voit ses positions traditionnelles s’effriter. (Attention, les estimations varient grandement d’une source à l’autre. Normal, pour des machins qui se négocient en secret. Mais bon, la tendance reste nette).

 

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