L’arnaque du revenu universel

Posté par grosmytho le 4 février 2017

De même que l’homme fut longtemps en lutte contre la nature avant de finalement se mettre à la protéger, on continue de considérer le travail comme un fléau à éradiquer, avant de s’apercevoir (peut-être, un jour, bientôt ?) qu’il s’agit d’un bien à entretenir. « Moi président » tire sa révérence, les travailleurs fêtent dix ans de régime Dukon à base de couleuvres, et voilà relancée la parade des charlatans experts et des recettes miracles. Qui a raison ? La droite ou la gauche ?  placard

Ah, qu’il me débecte ce discours de gauche inspiré de la Genèse « pour ta punition tu devras travailler et gagner ta croûte à la sueur de ton front ! » 35 heures, lutte contre le travail de nuit, lutte contre le travail le dimanche, lutte contre tout ce qui peut arranger ces salauds de patrons ! Pour ces Jean Jaurès d’opérette, c’est toujours la lutte des classes. Moins de boulot pour le même blé, ça ne sort pas de là…

Ah, que je déteste ce discours de droite qui fait du salarié une bête de somme feignante et simulatrice, trop chère, poule de luxe, toujours susceptible de grève, d’absentéisme, de sabotage et qu’il faut à tout prix remplacer par des machines ou des esclaves du bout du monde. Moins de blé pour le même boulot, voilà leur panacée…

diminution-temps-travailA la jonction des deux, on a Hamon et son revenu universel. Hamon est un personnage historique : l’inventeur de l’ultime trahison des travailleurs par la gauche. Son revenu universel leur donne le coup de grâce : il les transforme en purs consommateurs, en fait des tributaires à de l’aumône publique, ôte leurs derniers arguments à ceux qui luttent pour l’emploi, donne raison à 100% à ceux qui dénoncent les feignants assistés qui « ne veulent pas bosser sinon ils en trouveraient, du boulot ». Sur le front de l’emploi, après tous ceux qui pendant quarante ans ont fait semblant de chercher des solutions, il est celui qui dit « laissons tomber ! »

De ce point de vue, on a raison de dire que la gauche et la droite, c’est kif-kif. Leur erreur est la même : faire du travail l’ennemi. Trop cher pour les uns, trop dur pour les autres, elles se relaient efficacement pour le laminer. Pas étonnant que le chômage augmente, avec l’alternance gauche-droite qui souffle le chaud et le froid ! Unies dans le culte du PIB qui affirme que la croissance seule créera l’emploi. La consommation est au taquet, les gens bardés d’iPhones et de tablettes s’endettent pour acheter leur troisième bagnole. De quelle croissance parle-t-on ? Jusqu’où peut-on accroître la consommation ? Le salarié occidental, déjà surmené au travail, est en plus un marathonien du loisir et un forcené des soldes. Doit-il se doper à la cocaïne-red bull pour faire encore mieux et plus ?

A quand un gouvernement d’extrême-clairvoyance qui lira Piketty et acceptera l’évidence ? La croissance à 3 ou 4 ou 5%, la croissance boostée par la consommation, c’est fini. Apprenons à vivre avec une croissance zéro. Et surtout, qui dépoussiérera ces études déjà plus toutes jeunes sur la sociologie du travail ? Qui redécouvrira que le travail est le meilleur lien social ? Que le lien social est indispensable aux citoyens ? Que ceux-ci, s’ils en sont privés, s’étiolent et végètent ? Deviennent dépressifs ? Agressifs ? Que le travail bien dosé, ni trop ni trop peu, assorti d’un stress modéré et de gratifications équitables, est un facteur de développement personnel, d’estime de soi et d’équilibre psychologique ?  valeur-travail

Trop nombreux sont ceux qui pointent la délocalisation vers les pays à bas salaires et l’automatisation comme des fléaux et des signes avant-coureurs de la fin du monde…

La délocalisation n’est pas, pour nos pays, la catastrophe que l’on nous décrit. Et d’une, elle débarrasse nos salariés de toute une foule de travaux dangereux, salissants, aliénants qu’ils ne peuvent ni ne veulent effectuer. Et de deux, elle a permis de réduire le prix de bien des babioles que peu de gens pourraient se payer si elles étaient fabriquées en France. Et de trois, 80% du prix de détail d’une babiole faite en Chine tombe en moyenne dans des poches françaises, qu’il s’agisse de la grande distribution, de l’Etat (impôts & taxes), des transporteurs, des concepteurs, des publicitaires, des commerciaux, etc. La question est de mieux répartir cette manne qui a tendance à tomber majoritairement dans quelques poches, toujours les mêmes.

L’automatisation et la mécanisation ne sont pas non plus le diable incarné. Il faut les considérer avec lucidité : dans certains cas ils sont néfastes à la santé, destructeurs d’emplois, anxiogènes. C’est par exemple le travail à la chaîne, les bornes automatiques, les horribles centres d’appels. Mais dans d’autres cas ils sont au contraire libérateurs, protecteurs, ergonomiques. Citons les grues et nacelles qui évitent aux maçons de se casser le dos à coltiner des briques ou l’informatisation qui permet de conserver et de brasser efficacement des données. Ne jetons pas le bébé avec l’eau du bain, automatisons intelligemment.

Mais surtout, révisons notre jugement sur le travail. Que l’on soit de gauche ou de droite, il faut évoluer. Le revenu universel ? Ridicule et néfaste : c’est gaspiller notre ressource la plus précieuse, l’énergie et la créativité des gens, pour en faire de purs consommateurs. C’est, par un procédé nouveau, détruire des emplois chez nous pour en créer en Chine.

Une croyance s’est implantée qui dit que seules les entreprises sont créatrices d’emploi. Ce mensonge a coûté assez cher, il faut le faire cesser. L’Etat doit retrouver son rôle d’acteur économique et social. Son job est aussi de créer des emplois. Pas forcément rentables à 100% mais utiles. Utiles à la société, à l’écologie, au lien social, à la culture, au bien-être, à l’agriculture à l’ancienne, à la sécurité routière, à la réinsertion, à la prévention de la délinquance, que sais-je. Cela coûtera toujours moins cher de payer des gens à faire quelque chose d’utile qu’à s’ennuyer. 

Le chômage qui s’étend et se généralise dans certaines catégories de la population engendre la désœuvrance, une maladie mentale qui fait faire les pires conneries à des personnes qui voudraient trouver un sens à leur vie et dépenser cette énergie qui bout dans leurs veines. Tout aussi redoutable est le surmenage et la dépression qui frappent ceux qui « ont la chance de travailler ». Sous prétexte de concurrence sur le marché du travail, on leur impose des conditions de travail inhumaines, des cadences folles, des objectifs inatteignables. Résultat : burning-out, affections liées au boulot, voire suicides chez ces « privilégiés ».

Le travail c’est la santé, apprenons à le cultiver ! La croissance est une drogue, apprenons à nous en passer !

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Le blaireau qui valait 100 milliards

Posté par grosmytho le 30 décembre 2015

Tim Cook devrait prendre exemple sur François Hollande : lorsqu’on a le charisme d’un blaireau, il vaut mieux la fermer, parce que tout ce que vous dites finit par se retourner contre vous.

Qu’a dit le nouveau patron d’Apple ? Dans une récente interview, il s’est affirmé prêt à rapatrier le magot de 100 milliards de dollars qui dort dans les paradis fiscaux, le jour où l’imposition US qui serait aujourd’hui de 40% tomberait en dessous de 10%.Tim Cook

Ajoutant comme argument imparable que « le système fiscal est né de l’ère industrielle, il est inadapté à l’ère d’internet »… Ce que Tim Cook fait, par cette interview, c’est une proposition aux autorités fiscales étasuniennes : « je veux bien payer ce que je vous dois, si vous me consentez une ristourne de 75 à 80%. »

Son argument tient-il la route ? Je dis que non, et je diagnostique chez Monsieur Cook un syndrome psychiatrique : il se prend pour dieu.

Lorsqu’il dit « le système fiscal vient de l’ère industrielle » il a raison. A l’ère industrielle, on a vu des gens employer des dizaines, voire des centaines de milliers de personnes, les maintenir à un niveau de tout-juste subsistance, et amasser des fortunes colossales. Il a bien fallu inventer, mettre au point un système de redistribution pour permettre à l’Etat d’exercer son rôle et aussi de fournir les services que ces capitaines d’industrie ne fournissaient pas à leurs employés : retraites, écoles, routes, etc. Cela dit, les industries aussi redistribuaient directement une partie de leurs profits : employant des milliers de travailleurs, la masse salariale (même si elle était maigre) entretenait une grande partie de la population. Souvent les usines construisaient des logements, conduisaient des programmes de charité ou de bienfaisance.

apple poorQuid de l’ère internet selon Monsieur Cook ? Ressemble-t-elle à un système de type agraire, où la redistribution était automatique et donc l’impôt, inutile ? Bien au contraire, on arrive à une époque où plus rien n’est redistribué. C’est moins vrai pour Apple, qui a encore un pied dans l’industriel et qui fournit du hardware. C’est plus vrai pour Google, Twitter, LinkedIn, Amazon etc : des petits génies brevettent une idée, la mettent en œuvre par des contrats de service, font mouliner des algorithmes, font travailler gratuitement les internautes par le « crowdsourcing », et finalement bâtissent en dix ou quinze ans des empires pesant des centaines de milliards de dollars.Apple-Taxes

Des génies ? Certes. Des dieux ? N’exagérons pas. Certes ils sont génialement parvenus à mettre en place des systèmes qui emploient des centaines de milliers de personnes (très peu de salariés, surtout des prestataires), et à capter les sous de centaines de millions de clients. Formidable, génial, admirable, tout ce que l’on voudra. Mais leur système fonctionne parce que la société est là, développée, technologique, que des gens ont été alphabétisés, que des systèmes informatiques ont été inventés et mis au point par des programmes de recherche financés sur fonds publics, des infrastructures de télécoms sont en place, etc.

Et ils voudraient, Tim Cook, et ses copains actionnaires, être les seuls bénéficiaires ? Ils affirment sans rougir que leur idée et leurs 10 ans de travail valent 100 milliards de dollars, tandis que le reste, la société, l’Etat, les centaines de millions de gens qui travaillent gratuitement (à déchiffrer des captcha, liker, commenter, produire des contenus), les milliards de personnes qui cèdent gratuitement leurs données personnelles, tout cela compte pour du beurre ?

Monsieur Cook devrait s’estimer heureux, et non pas lésé, d’être imposé au tarif industriel. Si j’étais à la place du fisc américain, je serais moins tendre et je ferais passer ce taux à 80%.  

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La politique ou le bizness, il faut choisir !

Posté par grosmytho le 19 juillet 2013

La politique ou le bizness, il faut choisir ! dans Eco laurence-la-sorciereLaurence Parisot, la sorcière réactionnaire qu’adorent détester les gens de gauche (et qui semble décidée à garder sa place dans leurs cœurs) fait allusion à sa reconversion  prochaine : sur Europe 1, elle confirme vouloir rester « à la frontière de l’économique et du politique« . La proximité des grands fauves l’aura décomplexée : avant, pendant, mais surtout après la politique, le fric ! Faire du fric est désormais un objectif politique avouable… et avoué!

Et la séparation des pouvoirs ? les-200-familles chômage dans Emploi

Montesquieu a vu et décrit la nécessité de séparer les trois pouvoirs : exécutif, législatif, judiciaire. Celui qui fait la politique et celui qui écrit les lois doivent être à la merci, le cas échéant, des juges, comme tout autre citoyen. Ça nous paraît évident aujourd’hui, c’est depuis et grâce à Montesquieu.

Et pourtant ce grand bourgeois n’a rien dit de la nécessité de partager le pouvoir entre riches et démunis. A l’époque on comprenait la démocratie de façon censitaire, comme les Grecs anciens : égalité des droits et des chances pour la classe moyenne supérieure, mais pas question de faire voter les gueux, ou d’écouter les interminables jérémiades de la plèbe. Depuis la Révolution, on a régulièrement ergoté sur le quatrième pouvoir, celui de la presse. Peut-il, doit-il, être mis sur le même pied que les trois autres ? Mais finalement on s’est aperçu qu’il n’existait pas vraiment. Les journaux appartiennent toujours à quelqu’un, et ce quelqu’un paie les salaires des journalistes. Le pouvoir des journalistes est soumis au pouvoir économique.

Le vrai quatrième pouvoir, c’est celui du fric. Il est grand temps de le séparer, lui aussi. Mais il est peut-être déjà trop tard.

les-200-familles2 corruption dans Socio

Non seulement il existe, mais il se renforce de jour en jour. Je ne vous refais pas le topo, les banquiers qu’on renfloue au lieu de les mettre en prison ; les riches dont on fait baisser les impôts, en Europe comme aux US, sous des gouvernements de droite comme de gauche ; le CAC40 qui ne connaît pas la crise et bat record après record ; l’enrichissement spectaculaire des très riches depuis que la crise plombe les revenus salariés.

Comment se fait-il qu’en France, deux catégories seulement de personnes voient leur pouvoir d’achat exploser, tandis que les autres sont déchirées entre précarité et austérité ? C’est que ces deux catégories n’en font qu’une: la mafia du politique-business.

C’est l’enseignement des récentes affaires politico-financières qui se bousculent et engorgent les tribunaux. Le mal n’est ni à gauche, ni à droite. Il n’est ni dans la politique, ni dans le business. Ce n’est même pas la faute à l’Euro ! Le mal, c’est ce berlusconisme décomplexé qui fait qu’on mêle les deux. Qu’on est chef d’entreprise et chef d’Etat, lobbyiste et fonctionnaire, sénateur et marchand de canons, propriétaire de télé/radio/journaux et politicien. Qu’on achète les juges et qu’on intimide les journalistes (ou alors le contraire) pour leur faire dire à tous qu’on est le meilleur et le plus honnête politicien du monde.

Soit on travaille pour sa gueule, soit on travaille pour le bien public. Confondre les deux, c’est se tromper soi-même et tromper le public. Chez les autres, on appelle ca de la corruption. Mais chez nous, c’est different : conflit d’intérêt, indélicatesse, risque éthique… Sommes nous, oui ou non, le pays de l’euphémisme-roi ?

 

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La politique ou l’économie, il faut choisir ! Les deux sont (ou devraient être) éminemment nécessaires et respectables, mais pas d’inceste, s’il vous plait.

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