Ce que nous enseigne le conflit syrien

Posté par grosmytho le 16 octobre 2016

Alors que la propagande russe est dénoncée par les médias chargés de la propagande atlantiste, que les « experts » de tout poil échafaudent de hasardeuses hypothèses et que les politiciens de tout bord continuent d’habiller les faits d’éléments de langage, tirons quelques conclusions provisoires de cette boucherie.Afficher l'image d'origine

1)    Un dictateur vaut mieux qu’une guerre civile.

On l’a vu en Irak, en Libye, on le voit en Syrie : un dictateur en place, aussi antipathique soit-il, vaut toujours mieux que la guerre civile. Laissons là le marketing militaire qui suggère qu’après la bienfaisante pluie de frappes démocratiques on verrait fleurir une oasis d’élections pluripartites départageant de charmants politiciens plus modérés et polis les uns que les autres : dans des pays en proie au sous-développement et aux rancunes ethniques, c’est immanquablement la guerre civile qui vient remplacer un pouvoir fort qui était là pour une bonne raison.

D’ailleurs « le régime » de Damas voué aux gémonies par la presse internationale est vu par les malheureux Syriens comme leur seul rempart contre le chaos, et c’est bien vers les zones sous contrôle gouvernemental que fuit l’immense majorité des réfugiés. Le Monde, pourtant viscéralement anti-Assad, l’avoue lui-même, à mots couverts : « cette banlieue de Damas, (…)  Sa population avait été évacuée vers des zones sous contrôle gouvernemental, tandis que les combattants étaient transférés par bus vers Idlib, une autre place forte de la rébellion » Que les terroristes se sauvent vers une autre place forte de la rébellion, OK. Mais quid de cette mystérieuse « évacuation » des civils vers « des zones sous contrôle gouvernemental » ? Evacués par qui ? Pas par les terroristes en déroute, je suppose. Ni par « le régime » qui a d’autres chats à fouetter. Ce sont donc bien les civils eux-mêmes qui se sont réfugiés dans des zones relativement les moins dangereuses.

Afficher l'image d'origineC’est un secret de polichinelle savamment entretenu : si demain la Syrie devait voter, Assad l’emporterait largement, et non pas d’illusoires « rebelles modérés. »

2)    Les rebelles modérés n’existent pas.

Magie du marketing militaire : on accole deux termes antinomiques pour faire naître un concept vague mais enchanteur qui arrange tout le monde. Prendre les armes pour combattre, faire la guerre, tuer, même si l’objectif final est le triomphe de la paix, ce n’est pas être modéré. Les Américains le comprennent parfaitement mais maintiennent cette fable officielle complaisamment reprise par toute la presse démocratique.

Afficher l'image d'origineQui sont-ils, ces « modérés » ? Ceux que l’on a vu sur une vidéo égorger un soldat de l’armée syrienne capturé, avant de lui arracher le cœur et de mordre dedans à pleines dents ? Qui est modéré en Syrie ? Les groupes armés salafistes-jihadistes ? Ceux financés par l’Arabie Saoudite et le Qatar peut-être ? Ou alors cette force de 5000 hommes, formés et équipés par les Américains, qui a fait défection en quasi-totalité pour rejoindre Al-Nusra (autrefois Al-Qaeda, désormais rebaptisée Jabhat Fatah al-Sham) ?

On a beau chercher, arguer, insinuer, chipoter : il n’y a pas en Syrie d’opposition démocratique armée, pas plus qu’il n’y a de terroristes modérés. Les calembredaines du début se transforment de plus en plus ouvertement en mensonges. Qui nous ment et pourquoi ?

3)    Le cynisme de nos dirigeants démocratiques ne connaît pratiquement pas de limites.

Terroristes modérésLa guerre, pour un dirigeant démocratique entravé par toutes sortes de limites et de contre-pouvoirs, c’est un ballon d’oxygène. Oui, certes, il y a des victimes et des morts, mais vous connaissez le premier principe de la politique « on ne fait pas d’omelette sans casser d’œufs. » Et l’omelette est délicieuse ! Une opposition muselée par l’impératif patriotique ! Un recours au secret-défense à chaque fois qu’une question embarrassante est posée ! Une menace terroriste savamment attisée qui tétanise l’opinion ! Le chef martial se pose là dans les sondages, auréolé de ses échecs qui lui font comme de vénérables blessures de guerre. Sans compter le soutien des milieux d’affaires pour qui la guerre est une aubaine. Bush a eu sa guerre, Sarkozy a eu sa guerre, et Hollande en serait privé ?

Pas de conclusion optimiste en vue puisque de partout, c’est le parti de la guerre qui l’emporte. Hillary-la-fauconne aux USA, Juppé ou Hollande chez nous, les « Amis de la [guerre en] Syrie » semblent devoir conserver le pouvoir. On va encore entendre ces bouchers se lamenter sur le sort des veaux syriens qu’ils font charcuter par d’autres depuis six ans.

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#Not in my name

Posté par grosmytho le 28 septembre 2014

Des fois je me demande jusqu’où dans l’absurde va se prolonger la glissade de l’inversion des valeurs… verra-t-on la courbe des valeurs se réinverser dans l’autre sens jusqu’à redevenir normale ?

Al#Not in my name dans Propagande la-grosse-manip-300x144ors que les fanatiques de l’EI égorgent un leur troisième victime en quelques jours, l’opinion occidentale semble devenir folle, décapitée elle aussi, on la voit courir comme un poulet sans tête et se heurter à tous les obstacles conceptuels.

Voilà qu’on demande aux musulmans de s’afficher avec le hashtag #Not in my name. Paradoxe bien taclé et souligné par Rue89, qui est pour une fois tout seul contre le flot de louanges et de la bien-pensance du reste de la presse mainstream. A quel niveau de racisme décomplexé sommes-nous tombés s’il faut désormais que les musulmans se désolidarisent publiquement de criminels décapiteurs ? Pas étonnant que Sarko se frotte les mains et parle de revenir ! Quels remugles agitent l’inconscient collectif s’il met dans un même sac l’épicier arabe du coin, l’étudiant algérien dans le bus, et les guerriers de l’EI ? Quelle crise de nerfs traverse le pays s’il croit que toute une partie de la population se réjouit secrètement de crimes qui révulsent la not in my namemajorité ? La dictature de l’opinion en est-elle déjà à exiger l’autocritique des musulmans de France ? Et que fera-t-on à ceux qui ne se prêtent pas à cette mascarade ?

Notre société est-elle si proche de l’explosion ? De la guerre civile ? Faut-il acheter des armes et stocker des vivres ? Ah non, vous voyez bien : les musulmans sortent dans la rue pour protester : ils sont, eux aussi, contre les décapitations. On respire ! Quel soulagement !

Mais… qu’est-ce qui fait qu’on ne respire tout de même pas si bien que ça ? Qu’est-ce qui reste quand même un tout petit peu oppressant ? Ne manque-t-il pas quelque chose à notre bonheur ?

not-in-my-name-what-300x170 drone dans SocioAh j’y suis. Les chrétiens. Quand verra-t-on apparaître des hastags contre les bombardements que nous déversons une fois de plus sur un pays musulman ? Quand verra-t-on les chrétiens de ce pays se réunir et protester, #Not in my name, contre l’usage belliqueux qui est fait de nos impôts ? Contre l’ingérence occidentale qui s’abat sans cesse sur ces pays et les maintient dans une guerre permanente, génératrice de terrorisme ? Irak, Libye, Syrie, mais aussi Afghanistan, Pakistan, Yémen…

slogan-incompris-300x200 guerreParce que bon, barbarie, horreur, abomination… je veux bien. Décapiter des gens, c’est pas sympa. Mais enfin, il s’agit de trois personnes décapitées par une poignée de fanatiques. En gros, trois faits divers. A mettre en perspective, peut-être, un tout petit peu, avec bientôt quinze ans de bombardements quotidiens dans ces pays. Une destruction méthodique, coûteuse, soignée, méticuleuse, pleine de sang-froid et d’ingéniosité scientifique, de tout, infrastructures, fierté nationale, liens amicaux et familiaux, absolument tout ce qui pourrait servir de terreau à un progrès quelconque dans ces sociétés. Que leur a-t-on laissé, en dehors du désespoir ? Que leur reste-t-il, sinon la haine enivrée de religion ? Derrière les discours larmoyants et les considérations sentimentales de nos grands prédicateurs, on ne cesse d’attiser des guerres civiles dans ces pays. Le survol constant des drones, le financement des milices extrémistes, et à l’occasion une petite opération de bombardement humanitaire. Prend-on seulement le temps d’imaginer quel doit être le ressenti sur place ? Et après on fait semblant de s’étonner que les guérilleros qui y prolifèrent soient de plus en plus méchants ? On proteste, la main sur le cœur, après avoir armé et financé ces mouvements ! On pousse de petits cris d’horreur et de dégoût comme si on n’y était pour rien !

iraq-demo-2003-300x187 LibyeAh oui le monde était terrible avec Saddam ! Kadhafi, quel salopard ! Oh et puis Assad, quel affreux jojo ! Mais depuis qu’on les a renversés, depuis qu’on a bombardé les villes et détruit les routes et les ponts, les gares, les ports, depuis qu’on a financé par l’intermédiaire du Qatar et de l’Arabie saoudite des mouvements islamistes, ces pays ont-ils fait beaucoup de progrès vers la démocratie ? Se sont-ils rapprochés de notre mode de vie et de nos valeurs ? Non ? Comme c’est surprenant…

Alors comme d’habitude on nous dit : la recette qui a tout envenimé va tout résoudre cette fois, suffit d’augmenter les doses ! S’ils deviennent fous dans ces pays, c’est parce qu’on ne les a pas suffisamment bombardés. CQFD.

#Not in my name

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Crimée : tous à poil !

Posté par grosmytho le 18 mars 2014

C’est le printemps, il fait beau, et on a envie de chanter, avec JF Copé : tous à poil ! A poil l’Ukraine ! A poil l’UE ! A poil les USA ! A poil la presse !

crimea

 

L’aventure criméenne est un test en plusieurs dimensions.

Test avant tout pour l’Ukraine : son aptitude à évoluer vers la démocratie. Depuis son indépendance c’est le pays d’ex-URSS où l’expérience démocratique était la plus profonde mais aussi la plus chaotique. Contrairement aux pays baltes qui ont pris le pli assez facilement et sans grosses déconvenues, de l’intégration-éclair dans l’Otan à l’intégration dans l’UE, voire même pour l’Estonie et la Lettonie l’adoption de l’Euro. Contrairement aux « stans » (Kazakhstan, Kyrgizstan, Ouzbékistan, Turkménistan, Tadjikistan) qui ont tous opté pour des formes de dictature assez dure et généralement peu éclairée par les anciens chefs du PC régional reconvertis au capitalisme autocratique. Comme en Russie, en Arménie, en Géorgie, la démocratie se cherche en Ukraine. Il y a des germes et il y a des rechutes. Des élections généralement entachées de fraude et de coups de théâtre, des bagarres au parlement, les populismes toujours à fleur de peau. C’est un test d’aptitude de l’Ukraine à l’indépendance politique (envers la Russie, mais aussi l’Otan, l’UE), économique (gaz, aide internationale). Un test d’aptitude de l’Ukraine à cicatriser ses blessures territoriales et à reprendre une vie équilibrée après.

Un test pour la Russie. Oubliez ces histoires de minorités menacées : en Russie comme en Crimée, les deux minorités les plus importantes sont les Ukrainiens et les Tatars. Ces gens cohabitent depuis des siècles, en Russie, en Crimée, en Ukraine. La langue non plus n’est pas le problème : tous parlent russe (mais se réclament de cultures nationales différentes). Les questions sont autres. La Russie réussira-t-elle à intégrer rapidement la Crimée avec laquelle elle n’a pas de frontière terrestre ? Que se passera-t-il à Kharkov et à Donetsk ? Où passe réellement la frontière entre les peuples de Kiev et de Moscou ?

Sur ce test s’en greffent d’autres. La Crimée nous ramène à une véritable conférence de Yalta. La Russie vient à nouveau de gagner un coup de poker (après l’affaire géorgienne en 2008, après le sauvetage in extremis de la Syrie en 2013) : elle renaît donc en grande puissance capable de défendre ses intérêts contre la volonté d’une communauté mondiale soudée. L’Occident va-t-il prendre acte de ce changement et accepter la Russie comme acteur incontournable ? Ou va-t-il (comme c’est apparemment le cas aujourd’hui) la ranger dans la catégorie des Etats-parias contre lesquels on empile sanctions et menaces (Cuba, Corée du Nord, Iran, Syrie, Chine etc) ? Ces Etats que l’on n’ose pas attaquer militairement et contre lesquels on défoule une vertueuse et permanente indignation ?

L’Occident va devoir réévaluer la place de la Russie dans les affaires du monde, et cela peut conduire à une forme de découplage. Les USA vont sûrement refuser de prendre en compte les intérêts de la Russie en Europe de l’Est et continuer d’avancer leurs pions avec l’Otan : Kiev est la prochaine pièce à prendre sur cet échiquier. Mais l’Europe va retrouver ses choix déchirants d’autrefois entre amis (d’outre-Atlantique) et famille (Russie). Fin de la leçon d’anglais : on retrouve les réalités du gaz, des marchés en croissance, des opportunités de coopération technologique, militaire et même politique. L’Allemagne a la première compris cela – elle ne votera pas les sanctions.

La presse occidentale va elle aussi devoir évoluer ! Notre presse n’est libre que dans les limites qui vont de l’atlantisme modéré à extrême. Dans le cas de la Crimée, on l’a vue hésiter ; le challenge propagandistique était trop gros. Lisez les articles du Monde, et ensuite déroulez les commentaires : quand la ficelle est trop grosse, les contradictions trop évidentes, le public ne suit plus. Poutine n’est pas Hitler, les Criméens ne sont pas les Sudètes, un référendum n’est pas un crime contre l’humanité. Allons plus loin : les inquiétudes étasuniennes ne sont pas démocratiques mais géostratégiques ; le gouvernement putschiste de Kiev largement coopté par Washington n’est pas légitime ; la lumière doit être faite sur ces mystérieux snipers qui tiraient sur la foule et sur la police sur la place Maïdan.

Le cas criméen braque le projecteur sur les contradictions du monde occidental qui se voit toujours en chevalier blanc démocratique, parce que soudain les rôles sont renversés. C’est la Russie qui intervient et l’Occident qui se trouve face au fait accompli. Le droit des peuples à l’autodétermination fonctionnerait pour tous (l’Ecosse prépare un référendum en septembre), sauf lorsqu’ils choisissent la Russie ? L’intervention militaire dans des pays souverains serait toujours morale (Yougoslavie, Irak, Afghanistan, Libye, Mali, Centrafrique, la liste est trop longue) et légitime, sauf quand c’est la Russie ?

Aujourd’hui la Russie, demain la Chine, après-demain le Brésil et l’Inde : le monde est redevenu multipolaire. La réunion du G8 de Sotchi ne sera pas annulée : elle va servir de nouveau Yalta.

 DERNIERE MINUTE: le dossier le plus détaillé à lire pour ceux qui veulent vraiment comprendre la situation ukrainienne est là avec texte, vidéos, infographies et tout.

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BHL n’est pas philosophe, il est peintre en bâtiment

Posté par grosmytho le 23 juin 2013

« BHL, les peintres et les philosophes », c’est le thème de l’exposition qu’il organise à la Fondation Maeght de Saint-Paul-de-Vence durant tout cet été. Ah BHL ! La conscience tourmentée de la France, le penseur dans la tourmente cathodique, tourmenteur de nos consciences insouciantes. Malgré son embonpoint, Gros Mytho ne fait pas le poids. GM n’est pas aussi médiatique que lui. Il n’a pas autant de références littéraires, pas autant d’amis philosophes, pas autant de publications. Pourtant les apparences sont trompeuses : lui est philosophe, BHL non. Gros Mytho philosophe tranquillement sur son blog, sans faire de mal à quiconque. BHL organise un tapage médiatique où il se déclare mensongèrement philosophe. Il fait honte à la profession.BHL n'est pas philosophe, il est peintre en bâtiment dans Propagande i-want-you-300x219

Il a pu faire illusion parfois. Il est intelligent, il a lu tout Spinoza, il cite Botul, il parle de peuples, d’aspirations et de droits. Il écrit magnifiquement, la prose de son Bloc-Notes, sans cesse renouvelée, vous ensorcelle. Cela fait-il de lui un philosophe ? Que nenni.

Diogène était philosophe. Socrate, Lao Tseu, Voltaire, Descartes, Hugo, ont été des philosophes. Ils ont réfléchi, pensé, formulé, écrit, enseigné une pensée indépendante des mots d’ordre et des circonstances politiques. Ils ont mis au point et formulé une pensée libre.

La pensée de BHL, au contraire, est serve. Elle se formule souplement au gré des commandes de ses clients. Il est le publicitaire talentueux des politiciens et des militaires, qui lui demandent de faire l’argumentaire de leurs futures campagnes. Il est celui qui nous vend la nécessité morale d’aller envahir tel ou tel pays. Il est celui qui nous fait miroiter des préoccupations humanitaires lorsque nous bombardons des musulmans. Qui nous peint l’héroïsme qu’il y a à tuer et à mourir pour défendre les intérêts du CAC40. Ecrivain engagé, c’est clair! Engagé par Total, Vinci et consorts.

bhl-engage BHL dans Socio

Comme au bac de philo, il planche sur le sujet qu’on lui donne, tentant par la force des citations, ne se gênant pas pour déformer par ses sophismes l’enseignement des plus grands, pour appeler sur sa prose empoisonnée les mânes des anciens. Sa conclusion est toujours la même : pour sauver les malheureux civils de tel pays, bombardons ce pays ! Arnaud Amalric des temps modernes, sa devise est : « Tuez-les tous, dieu reconnaîtra les siens ! ».

Ses supérieurs l’emmènent en jet privé se promener, la chemise échancrée et les cheveux au vent, sur leurs futurs champs de bataille. Dans les bataillons médiatiques, il est le brigadier chargé de tenir contre vents et marées la position que lui donne à garder le commandant Imbert (le Point) qui lui-même rend compte au colonel Artémis (médias et BTP) et au général Vinci (projets pétroliers en Irak et en Libye). BHL n’est pas un philosophe, il est un soldat. Le troufion médiatique du parti de la guerre.

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Par opposition au philosophe-peintre, qui peint pour tous la vérité toute nue sur sa toile, qui en détaille les couleurs, les formes et les perspectives, BHL est le peintre en bâtiment que l’on charge de recouvrir la réalité. De son gros pinceau, il barbouille et la travestit. Il masque d’une couleur unie les aspérités, uniformise les contours. Avec entrain, en sifflotant : BHL ne se pose pas de questions existentielles, du moment que son ouvrage est payé.

BHL n’est pas philosophe, il est peintre en bâtiment.

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Des bombardements humanitaires, vite !

Posté par grosmytho le 20 juin 2013

C’est bizarre cette unanimité des éditoriaux pour bombarder la Syrie, ou du moins armer les rebelles ! BHL et Glucksmann, nos deux éditorialistes va-t-en guerre habituels, mis au chômage technique, boudent et se taisent.

C’est quand même paradoxal : les islamistes que nous combattons au Mali, il faut les soutenir en Syrie ? Ah oui – parce qu’Assad, aka le boucher de Damas, n’a pas été choisi par nous, alors que Monsieur Traoré, le Bienfaiteur du Mali, arrivé au pouvoir à la suite d’un coup d’Etat suivi de manigances internationales en Avril 2012, si.
Des bombardements humanitaires, vite ! dans Propagande hollande-et-traore-300x150
Double paradoxe : une fois de plus ce ne sont pas les politiciens qui doivent s’expliquer et tresser une rhétorique tortueuse, harcelés et poussés dans leurs derniers retranchements par la presse d’investigation. Non, c’est la presse qui leur sert d’avocat et de porte-parole ! C’est la presse qui relaie comme parole d’évangile leurs mensonges et soumet au crible du doute les quelques infos sensées qui filtrent çà et là. Rassurez-moi : ça ne peut pas être parce que la presse appartient dans notre pays aux groupes de l’armement, Lagardère, Dassault, Bouygues, Alstom ? Ni parce que les entreprises du CAC40, principaux annonceurs, préfèrent à tout prendre la guerre à l’encalminage ? Ni parce que la guerre est une promesse de gros titres par opposition à la paix ?

La guerre civile a fait 100 000 morts en Syrie. D’où vient ce chiffre, ressassé en boucle par tous les médias ? D’où vient, surtout, le fait qu’on a pour la Syrie des chiffres précis qui sont publiés jour après jour, alors qu’on n’a que des données controversées dans les pays où l’Occident promeut déjà, avec le succès qu’on sait, la démocratie ? Combien de morts dans la guerre civile en Irak ? Dans le bourbier afghan ? Dans la guerre civile en Libye ?

Poutine-le-cynique résume parfaitement la situation dans son discours au G8 : « En ce qui concerne la livraison d’armes au gouvernement Assad. Au sujet de la question de savoir qui a du sang sur les mains, et notamment le sang de civils et d’enfants, je pense que personne parmi vous ne va nier que les deux camps ont du sang sur les mains. [temps d’arrêt, cherchant les yeux de Cameron à côté de lui, qui reste coi en faisant semblant de ne pas entendre] Dans ces cas se pose toujours la question de savoir : A qui la faute ? Je ne pense pas que vous allez nier qu’on ne peut sûrement pas aider des gens qui non seulement tuent des gens, mais découpent le corps de leurs victimes pour manger leurs organes. Qui font cela en public et devant la caméra. Ce sont eux, les gens que vous voulez aider ? Ce sont eux, les gens que vous voulez armer ? Dans ce cas, ce n’est probablement pas des valeurs humanitaires que l’Europe met en avant depuis des siècles, qu’il est question ici. En tout cas nous, en Russie, nous ne pouvons pas imaginer une telle situation.

Maintenant, si on laisse de côté les émotions, et si on se concentre sur une approche purement pragmatique, je souhaite attirer votre attention sur le fait que la Russie livre des armes au gouvernement légal de la Syrie, en conformité absolue avec les normes du droit international. Nous ne faisons rien d’illégal, je veux le souligner. Rien-du-tout. Et j’appelle nos partenaires à faire de même. »
poutine Assad dans Propagande assad-300x166 censure

Cette dernière allusion a trait aux livraisons d’armes et au soutien occidental à la rébellion. Tout le monde sait que l’Occident livre déjà armes et conseillers aux insurgés par l’intermédiaire du Qatar. Mais personne ne souhaite trop s’étendre sur ce sujet puisqu’il s’agit d’actions clandestines et parfaitement illégales.

Poutine est cynique, cela n’est plus a démontrer. Mais dans le cas de la Syrie, il est aussi celui qui arrache les masques à ses collègues les super-cyniques occidentaux. Qui participent déjà depuis deux ans, sans avoir l’air d’y toucher, à la guerre civile syrienne. Qui fournissent armes, soutient matériel et informationnel, à tous les extrémistes qu’ils peuvent trouver. Et qui ont sur la conscience la moitié au moins des victimes du conflit, qui sans leur aide serait depuis longtemps terminé. Au profit du méchant Bachar, le boucher de Damas, certes.

Mais dites-moi: à qui profite le conflit actuel qui s’éternise, alors qu’Assad n’a pas l’air disposé à se laisser égorger sur un capot de 4×4 comme son ex-collègue ? Qui compose la bande organisée qui, contente de son hold-up sur le pétrole libyen, veut désormais en découdre en Syrie?

Si vous étiez préoccupé de démocratie, vous demanderiez aux Syriens, aux Irakiens et aux Afghans : « Que préférez-vous? La dictature du tyran connu de longue date, ou la sollicitude droit-de-l’hommiste des Occidentaux ? Les geôles de Saddam ou les bombardements humanitaires anglo-étasuniens ? La corruption de Karzaï ou les drones du Nobel de la Paix ? »

salopards démocratie  corrompus Libye

En termes de cynisme, on se demande qui, des dictateurs au couteau entre les dents ou des présidents démocratiquement élus la bouche en cul-de-poule, ont des leçons à prendre chez les autres.

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