Démocratie et culte de la personnalité

Posté par grosmytho le 8 novembre 2016

Je viens de discuter élections avec quelques amis américains. Ce qui m’a frappé est à quel point tous croient dur comme fer au pouvoir de leur voix et à l’effet cardinal qu’aura sur le destin de leur pays, du monde et donc leur destin personnel, la victoire de tel ou tel candidat. Dans aucun pays on ne rencontre une telle ferveur populaire. Dans tous les pays, surtout ceux à la démocratie imparfaite, le citoyen conserve une part de doute, de recul, de scepticisme. Pas ici : la candeur est totale.

Image result for election cartoonsL’un est d’origine mexicaine et plaisante (en y croyant à moitié) sur le risque qu’il a d’être déporté de l’autre côté du mur si Mr « Make America great again » l’emporte. L’autre, un Texan de gauche, végétarien et sportif (si, si, ça existe) m’affirme que « chaque voix compte ». Son État va voter GOP comme à chaque consultation depuis 1976. Que les démocrates texans fassent 30 ou 40 ou 49%, les 38 voix représentant le Texas au collège électoral tomberont dans l’escarcelle de M. Trump.

Ce qui étonne dans ce processus électoral, c’est sa capacité d’enthousiasmer ou d’indigner les foules sur des détails insignifiants. C’est plus intense qu’une coupe du monde de football. On se fiche généralement des problèmes du pays, tout est centré sur le candidat que l’on idéalise et qu’on porte aux nues. Deux cultes de la personnalité s’affrontent. On pleure, on rit, on se tord les bras. Des hurlements enthousiastes saluent sa moindre apparition. Huées dès qu’il mentionne son adversaire. Ce n’est plus de la politique-spectacle, c’est de la politique-téléréalité.   Image result for election cartoons

Pendant ce temps, les prisons restent surpeuplées, la population lourdement armée, les flics tirent toujours sur les ados noirs, les anciennes guerres, officielles ou non, se poursuivent, de nouvelles guerres secrètes se préparent. Les labos privés continuent de saigner Medicare et les malades non assurés, les « travailleurs pauvres » continuent de cumuler les jobs bidons à 7$ de l’heure. Après l’avoir longtemps nié, la NSA surveille désormais les citoyens en toute légalité. Les étudiants s’endettent de plus en plus tandis que le niveau des études se dégrade.

Image result for election cartoonsMais on oublie tout ça le temps d’une élection ! Il sera bien temps de retrouver, dès mercredi, les jobs mal payés sans réelle couverture sociale, les retraites non assurées par les entreprises en faillite, la discrimination raciale, l’avidité des banques et le « credit score » généralisé. C’est la fête, y’a des ballons bleu-blanc-rouge, on rase gratis !

On se dit et se répète « ma voix compte » et « je veux me faire entendre »… mais en fait, loin d’être entendu, c’est le citoyen-électeur qui est gavé de slogans simplistes et de promesses intenables, c’est lui que l’on bombarde de messages incessants, à qui l’on bourre le mou de demi-mensonges et de fausses vérités.

L’électeur se rêve en décideur alors qu’il est lui-même un pion sur l’échiquier. Effrayé par l’épouvantail Trump, il va voter pour la sorcière Clinton. Obéissant. Enthousiaste encore.

Résigné demain.

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L’encerclement (des cons par les salauds et réciproquement)

Posté par grosmytho le 11 janvier 2016

J’ai regardé sur les conseils d’un pote le documentaire sur les méfaits du capitalisme qui date déjà un peu, puisqu’il est sorti en 2008, appelé l’Encerclement, du Canadien Richard Brouillette.50 years of capitalism

C’est drôle ce documentaire ; comme il donne la parole aux uns et aux autres, on s’aperçoit d’une chose rarement vue (puisqu’on écoute normalement un camp et qu’on déteste l’autre comme la peste). Libertariens et altermondialistes ont peur de la même chose, qu’ils voient arriver de deux côtés opposés.

Leur hantise : qu’on leur prenne leur bien. Mais ils soupçonnent deux entités différentes.

la-crise-financiere-expliquee-aux-nulsLes premiers, les libertariens, ont peur d’un Etat totalitaire, confiscatoire, qui leur « vole », pour le redistribuer à d’autres, aux parasites, le produit de leurs efforts. Les altermondialistes partagent la même peur, en sens inverse : celle des corporations, des monopoles, des monstres mutants du CAC40 qui leur vendent sous forme privatisée, à des prix astronomiques, les services qui étaient autrefois assurés gratuitement ou presque, éducation, santé, etc. Ou qui du moins étaient largement encadrés, modérés par l’Etat, garantis aux plus démunis. Or avec la privatisation de la sncf, de l’électricité, de l’eau, bientôt des logements sociaux, toutes ces garanties s’envolent les unes après les autres.

 

Il est évidemment plus facile de compatir avec les seconds qu’avec les premiers.nature-humaine-capitalisme

D’abord, parce que les premiers ont le vent en poupe. Dans le monde entier l’Etat recule, cède à leurs caprices, le vent du libre-échange et de la privatisation souffle à tout va. Législation, barrières tarifaires, réglementation du travail, tout craque, s’effondre, cède à leurs exigences insatiables. Je m’engage à pleurer sur le sort des riches lorsque le balancier repartira dans l’autre sens, qu’ils seront expropriés et parfois fusillés (les riches lâchent moins volontiers leur magot que les pauvres, qu’il suffit souvent d’effrayer ou de distraire).

 

Deuxièmement parce que la vision des premiers, conformément à leur théorie d’ailleurs, est très simpliste : occupés à faire de l’argent dans leur domaine d’expertise, ils n’ont que peu de temps à consacrer aux rébarbatives études de sociologie et d’économie, aux interactions et aux implications. Ils se contentent d’un slogan simple, qui est « l’Etat me vole pour donner mon argent aux pauvres, l’assistanat ruine le pays ». Alors que les altermondialistes, occupés à être chômeurs ou étudiants, disposent de temps pour aller sur internet, fouiller les forums, échanger des idées, refaire le monde, recalculer etc. D’où un discours bien plus diversifié, fouillé, argumenté, convainquant.

Troisièmement, enfin, parce que les premiers sont peu nombreux, minoritaires, souvent cyniques, brutaux, égomaniaques, tandis que les seconds représentent la foule, le pays, le monde, l’humanité finalement, dans sa diversité et sa touchante stupidité moutonnière.  

néo capitalisme

Reste qu’ils ont peur de la même chose : la perte matérielle, les uns par l’excès d’Etat, par l’insuffisance d’Etat pour les autres. Comment se fait-il que personne ne constate l’évidence ? Qu’il faut trouver un juste milieu ? Marre des balanciers qui tantôt arment les bolcheviks au couteau entre les dents, et tantôt les 200 familles ! Ce qu’il nous faut c’est un Etat fort, redistributeur, libéral avec les petites entreprises, vigilant avec les grosses, capable de tenir la bride des banques et des multinationales, comme de lâcher un peu la grappe aux PME. 

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Petite remarque complotiste pour conclure : comme à chaque fois qu’un film touche une question qui remet en cause la pensée unique, il est réalisé de façon à repousser le public. Plans fixes interminables, noir & blanc, intervenants au saut du lit qui expliquent, hésitent, se reprennent, se grattent le nez… des titres de chapitres et des résumés affichés sur fond noir et accompagnés de grincements sinistres… Jamais une image ou un graphique, un exemple, quelque chose d’autre que ce texte ultra-académique parlé ou écrit. Comme plus récemment Citizen four, il rafle les prix confidentiels du cinéma alternatif, mais n’atteint pas le public plus large. Seuls les altermondialistes les plus convaincus s’infligeront le visionnage intégral de ce monument de soporifisme qui dure 2h40…

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Le blaireau qui valait 100 milliards

Posté par grosmytho le 30 décembre 2015

Tim Cook devrait prendre exemple sur François Hollande : lorsqu’on a le charisme d’un blaireau, il vaut mieux la fermer, parce que tout ce que vous dites finit par se retourner contre vous.

Qu’a dit le nouveau patron d’Apple ? Dans une récente interview, il s’est affirmé prêt à rapatrier le magot de 100 milliards de dollars qui dort dans les paradis fiscaux, le jour où l’imposition US qui serait aujourd’hui de 40% tomberait en dessous de 10%.Tim Cook

Ajoutant comme argument imparable que « le système fiscal est né de l’ère industrielle, il est inadapté à l’ère d’internet »… Ce que Tim Cook fait, par cette interview, c’est une proposition aux autorités fiscales étasuniennes : « je veux bien payer ce que je vous dois, si vous me consentez une ristourne de 75 à 80%. »

Son argument tient-il la route ? Je dis que non, et je diagnostique chez Monsieur Cook un syndrome psychiatrique : il se prend pour dieu.

Lorsqu’il dit « le système fiscal vient de l’ère industrielle » il a raison. A l’ère industrielle, on a vu des gens employer des dizaines, voire des centaines de milliers de personnes, les maintenir à un niveau de tout-juste subsistance, et amasser des fortunes colossales. Il a bien fallu inventer, mettre au point un système de redistribution pour permettre à l’Etat d’exercer son rôle et aussi de fournir les services que ces capitaines d’industrie ne fournissaient pas à leurs employés : retraites, écoles, routes, etc. Cela dit, les industries aussi redistribuaient directement une partie de leurs profits : employant des milliers de travailleurs, la masse salariale (même si elle était maigre) entretenait une grande partie de la population. Souvent les usines construisaient des logements, conduisaient des programmes de charité ou de bienfaisance.

apple poorQuid de l’ère internet selon Monsieur Cook ? Ressemble-t-elle à un système de type agraire, où la redistribution était automatique et donc l’impôt, inutile ? Bien au contraire, on arrive à une époque où plus rien n’est redistribué. C’est moins vrai pour Apple, qui a encore un pied dans l’industriel et qui fournit du hardware. C’est plus vrai pour Google, Twitter, LinkedIn, Amazon etc : des petits génies brevettent une idée, la mettent en œuvre par des contrats de service, font mouliner des algorithmes, font travailler gratuitement les internautes par le « crowdsourcing », et finalement bâtissent en dix ou quinze ans des empires pesant des centaines de milliards de dollars.Apple-Taxes

Des génies ? Certes. Des dieux ? N’exagérons pas. Certes ils sont génialement parvenus à mettre en place des systèmes qui emploient des centaines de milliers de personnes (très peu de salariés, surtout des prestataires), et à capter les sous de centaines de millions de clients. Formidable, génial, admirable, tout ce que l’on voudra. Mais leur système fonctionne parce que la société est là, développée, technologique, que des gens ont été alphabétisés, que des systèmes informatiques ont été inventés et mis au point par des programmes de recherche financés sur fonds publics, des infrastructures de télécoms sont en place, etc.

Et ils voudraient, Tim Cook, et ses copains actionnaires, être les seuls bénéficiaires ? Ils affirment sans rougir que leur idée et leurs 10 ans de travail valent 100 milliards de dollars, tandis que le reste, la société, l’Etat, les centaines de millions de gens qui travaillent gratuitement (à déchiffrer des captcha, liker, commenter, produire des contenus), les milliards de personnes qui cèdent gratuitement leurs données personnelles, tout cela compte pour du beurre ?

Monsieur Cook devrait s’estimer heureux, et non pas lésé, d’être imposé au tarif industriel. Si j’étais à la place du fisc américain, je serais moins tendre et je ferais passer ce taux à 80%.  

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Le rêve éveillé

Posté par grosmytho le 9 décembre 2015

Réflexion au saut du lit : l’idéologie politique est aujourd’hui totalement dominée par la droite.Comme on a pu le voir aux élections régionales, c’est désormais FN et LR qui se tirent la bourre, tandis que le PS idéologiquement umpisé leur court après.le-reve-picasso détourné

Nécessité d’équilibrer les comptes de l’Etat, mythe de la réussite financière proportionnelle aux mérites de chacun… C’est ridicule mais ça marche : le bon peuple a complètement intégré le fait que les chômeurs sont des petits saligauds qui cherchent à profiter du système, qu’il faut réduire les impôts des riches sous peine de les voir s’exiler, etc… Incroyable : la gauche, maintenant qu’elle a abandonné toute prétention idéologique, cherche à comprendre, avec ses économistes et ses sociologues, à dépassionner, à analyser rationnellement, mais ses arguments ne portent plus. Todd a été lynché médiatiquement pour son analyse des attentats de janvier, alors que les Sorman, Zemmour et consorts pleurnichent sur toutes les chaînes qu’on veut les faire taire… Piketty a certes connu un succès de librairie, mais c’est l’exception qui confirme la règle.

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La gauche a eu son heure de gloire. Dans les années 60, c’était Mao qui fascinait la jeunesse. Le rapport de forces était inversé : alors que les communistes se déchaînaient avec leurs expériences stupides et cruelles, ils avaient le soutien de toute l’intelligentsia ! C’était la droite qui ramait à l’époque pour expliquer la nécessité des petites entreprises, du privé, de l’investissement et de la recherche. Le bon peuple se laissait bercer par des fadaises faites de propriété collective des moyens de production et des histoires d’autogestion…ben

 

 

Encore avant, c’était l’Eglise qui faisait recette, contre les représentants de la rationalité et du progrès technique. Superstitions et Bible comme uniques sources d’info, réfutation hystérique de tout ce qui était matériellement observable… Relire les Travailleurs de la mer…Tant que l’Eglise était rigoriste et bottait les culs, assénait du latin et excommuniait, on la suivait. Mais dès qu’elle s’est adoucie, qu’elle a commencé à parler d’un dieu gentil, aimant et pardonnant, de partage et de respect de l’autre, ç’a été le début de la fin !

Comme quoi le populo est et reste une bête. Navigant dans une sorte de rêve éveillé, il préférera toujours celui qui sait raconter à celui qui sait faire.

 

LE REVE AMERICAIN

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Le Super-U du XXè siècle

Posté par grosmytho le 20 décembre 2014

Revenu du SuperU (enfin c’était il y a quelques jours) avec deux bonnes nouvelles qui réchauffent le cœur. C’était mieux avant, certes, mais ce mieux et cet avant repointeraient-ils timidement leurs nez bien amochés ? Je ne m’y attendais pas, mais force est de constater.

Ma montre pas chère, made in China, précise, avec alarme et éclairage, au bracelet caoutchouc curieusement solide (normalement c’est ce qui cède en premier) et au cadran d’une résistance aux rayures étonnante, m’avait tout de même lâché : pas trop grave, c’est l’un de ces petits tuyaux métalliques à ressort qui fixent le bracelet, voyez ? Frappé par une branche que je coupais, il a cédé. Tordu, il ne se remet pas en place. A la caisse de SuperU, la dame m’informe, désolée, que « Non, les bracelets, on ne fait plus… » Mais aussi que « attendez, il m’en reste quelques-uns, de quand on faisait encore, je vais voir si j’ai la bonne taille ». Et de sortir la boîte, et de trifouiller, sans mentir, dix minutes, pour en essayer plusieurs et trouver le bon.montre

La dame n’est plus toute jeune : elle est plus vingtième siècle que vingt-et-unième, voyez ? Elle a le temps, elle le prend, elle cherche à rendre service, transposant un peu de son savoir-vivre civil sur son lieu de travail (ça se faisait au vingtième siècle : prendre un café, discuter un peu, offrir un café, même, que personne ne payait  grâce à la carte personnel du magasin, pas comptabilisée). Au vingt-et-unième siècle, pour chaque centime, c’est l’abus de biens sociaux. Une minute passée avec un client qui n’achète rien, techniquement c’est du vol, du détournement de fonds (temps=argent), du bénévolat non autorisé par la hiérarchie. Alors pensez, dix ! Faute professionnelle, de quoi l’envoyer chez Paul Emploi sans préavis). Bref. Elle me trouve le bitoniau de la bonne taille mais n’arrive pas à l’enfiler.

 

Au bout d’un moment, le XXIème siècle planant, menaçant comme un drone, au-dessus de sa tête, elle me dit : « C’est la bonne taille, je vous le donne, si vous avez la patience, vous pourrez l’installer vous-même ? » et d’aller chercher un bout de scotch (pas facturé, çui-là non plus) pour le fixer au fond de ma montre. Je remercie bien bas, je m’éloigne sourire aux lèvres. Et à la maison, en deux minutes, je l’installe. Réparation gratuite ? Sur le temps de travail de la préposée à l’info ? Je sais, je sais, au vingtième siècle, ça ne surprenait personne. Au vingt-et-unième, c’est carrément de la science-fiction.

Ah oui je disais deux surprises : la seconde c’est au rayon « boîtes de thon ». Je suis fan des boîtes de thon, que je trouve assez réussies esthétiquement, et puis j’en aime la contenance (104 g, juste bien pour un, mais ça peut faire en salade pour deux aussi, voire plus), le goût (j’aime mieux les « à l’huile » que les « au naturel » ; l’huile d’olive a ma préférence, je me dis que poisson + huile d’olive… c’est pratiquement le menu crétois pour 2 Euros – manque la bouteille de vin rouge, quand même). Bref : tout à mon exercice de recherche de la boîte idoine (toutes choses égales par ailleurs, je préfère les « miettes » qui font plus « déchets, si tu prends pas on les jette », que « thon entier » qui m’inspire l’impression « ah bordel aujourd’hui il a fallu en jeter cinq avant d’en avoir un bon »), mais curieusement il arrive (et c’est pas rare) que les miettes soient plus chères au kilo que les entiers… mystère. Est-ce parce que l’huile d’olive est recyclée à base d’hydrocarbures usagées pour les entiers, et première pression, effectuée par une vierge effarouchée, à froid pour les miettes ? Dans ces cas-là, je ne vous dis pas le cas de conscience… mais là, ce jour-là, celui de la bonne nouvelle, mes yeux tombèrent sur une mention qui me remplit d’allégresse (avant que mon allégresse ne se contamine d’une petite dose fielleuse de doute cynique, et vous savez comme moi qu’une goutte de fiel suffit à contaminer toute une barrique d’eau de source…). Bref : la mention dit « pêché à la canne ».

miettes de thonOui, vous m’avez bien entendu. Du vingt-et-unième siècle, celui où l’on arrache, au filet raclant le fond, tout ce qu’un coin d’océan contient de bouffable, avant de faire le tri sur le pont et de rebalancer 90% à la mer, pour garder qui les thons, qui les ailerons de requin et qui les morues, on repasse carrément au XIXème, celui où l’on partait en mer avec des cannes à pêche et des appâts, pour tirer de la flotte des poissons carnivores (thons, espadons, que sais-je, je crois que la morue aussi, à l’époque, se pêchait comme ça). Eh bien si j’en crois l’étiquette de SuperU, cette époque revient, et (ce qui me fait quand même douter un peu) ce n’est même pas plus cher que le thon « normal », celui qu’on sélectionne au milieu de tonnes et de tonnes de poissons comestibles mais rejetés morts parce que, ici et maintenant, c’est du thon qu’on pêche (quotas, etc).

 

Peut-être qu’un jour on renoncera même à l’heure d’hiver (héritage débile et contre-productif d’une période où, le pétrole renchérissant spectaculairement, il fallait bien annoncer quelque mesure elle aussi spectaculaire) ?

Je suis un optimiste prudent (donc caché).

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Le nouveau service de Google

Posté par grosmytho le 1 mars 2014

« Une Américaine agressée parce qu’elle portait des GoogleGlass » titre Bigbrowser. Parce qu’elle les portait ? Ou parce qu’elle les utilisait sur des inconnus dans un bar ? Cet incident indécent soulève toutes les questions de ce début de siècle. Les possibilités techniques augmentent les pouvoirs des personnes et obligent à redéfinir les frontières entre droits et devoirs. google-glass-banned-sign

Imaginez qu’on puisse acheter et piloter un exosquelette métallique d’une puissance et d’une rapidité telles que vous risquez de tuer quelqu’un à la moindre fausse manœuvre. Il faudrait réglementer leur usage, encadrer leur vente et leur entretien, etc. Tiens, justement ça existe déjà : la voiture. Le code de la route, le permis de conduire. La gendarmerie, les alcootests, les radars automatiques.

Joy-of-Tech-Glass-vs-iWatchÇa va faire pareil avec les caméras et les Google glass. On a le droit de filmer dans les lieux publics : ça semble logique. Vous êtes touriste, vous filmez la rue, les monuments, vous-même dans un bar etc. A priori personne ne conteste. Petit distinguo tout de même : la loi parle de sujet principal et de sujets secondaires. Vous filmez la cathédrale, un quidam traverse le parvis, OK. Vous suivez ce quidam avec votre caméra dans les rues pour voir où il va, qui il rencontre, où il habite : pas OK.

L’idée de base, c’est que la rue est à tout le monde. Les gens s’attendent à être vus et éventuellement photographiés. Ils sont habillés et se comportent normalement. Quid dans un bar ? Bourrés, en train de chahuter avec leurs potes ? En train de draguer extra-conjugalement ? Au karaoké, en train de chanter faux ? Il y a des situations limite où on veut bien être vu mais pas filmé par des tiers. Mais il n’y a pas de mécanisme pour l’empêcher. On va dire que cela relève de l’appréciation de chacun.

Ce qui est interdit clairement, c’est la diffusion publique payante. Le droit à l’image, retrouver les quidams pour leur faire signer une autorisation de diffusion, les cinéastes amateurs ou professionnels connaissent bien ça. Photos de manifs, d’accidents : c’est le droit d’informer qui prend le dessus sur le droit à l’image.

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La vraie question, celle qui n’est pas résolue apparemment, c’est la diffusion gratuite. Autorisée ? Interdite ? Qui va empêcher et contrôler la mise de ces vidéos sur Facebook et sur Youtube ?  Le désagrément d’être vu bourré ne justifie probablement pas le fait de passer sa vie à traquer l’apparition de LA vidéo sur internet (d’autant qu’on a chacun quelques dizaines de cas où…). Donc il faut vivre avec ? Apparemment c’est une nouveauté qui ne plaît pas à tout le monde : la fille aux GoogleGlass illustre le cas d’école. Elle filme des gens, les gens lui demandent d’arrêter, l’agressent verbalement, elle poste la vidéo sur internet. Tout en se posant en victime d’ « agression », elle leur donne finalement raison : elle était bel et bien en train de les filmer, et elle a bel et bien posté le film sur internet, sans leur consentement.

Ça va finir comme avec la voiture : avec la généralisation des GG, les altercations de ce type vont disparaître du fait de l’égalisation des pratiques. Une fois que tout le monde filmera, plus personne ne s’indignera. Les gens non équipés seront comme les piétons d’aujourd’hui : on leur ménagera un territoire-alibi, des « trottoirs numériques » et des « cyber-passages cloutés », zones d’ombre où ils pourront se réfugier.  Des cas limite seront définis (relations sexuelles ? exhibitionnisme ? propos racistes ?) et des amendes seront fixées pour leur diffusion. Et puis la main invisible va vous caresser dans le sens du poil : des agences de gestion de votre image numérique vous proposeront leurs services. Vous signez, elles filtrent le net en permanence pour trouver les vidéos compromettantes de vous, elles engagent les procédures, récoltent les amendes et vous en reversent (ou non) une partie…

La protection de votre vie privée : le nouveau service de Google ! Ça va s’appeler GoogleParadox©.

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Souveraineté et compétitivité

Posté par grosmytho le 30 octobre 2013

Il y avait autrefois, il y a fort longtemps, un pays fort lointain, qui a un jour brusquement cessé d’exister. Comment ? Pourquoi ?

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Il n’a pas été envahi par un voisin belliqueux (son armée était réputée bien entraînée et motivée, équipée de matériel dernier cri). Il ne fut pas non plus noyauté par la CIA (le contre-espionnage de ce pays faisait l’envie et l’admiration des autres pays de la région). En crise économique, ce pays a baissé pavillon. Pas compétitif, il a préféré se suicider.

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Ses habitants, qui bénéficiaient de l’école, l’université, du logement et de la santé gratuits, n’étaient pas satisfaits. Ils auraient préféré du Coca et de la pornographie payants ! Las, ces biens et services si éminemment désirables & nécessaires, le Parti communiste refusait absolument de les leur fournir. C’est le dilemme de toute société socialiste : ses industries sont peu compétitives et ses produits de consommation, médiocres. On peut à la rigueur les importer, mais l’hémorragie de devises finit par mettre le pays sur la paille. On essaie de les interdire, mais on s’aperçoit qu’on provoque alors une hémorragie de citoyens. Les habitants du pays ont tellement envie de ces babioles qu’ils partent vendre leur âme au capitalisme étranger : déserter, quitter le navire, s’établir à l’étranger, à tout prix, illégalement s’il le faut, quitte à y faire des sales boulots, tout ça pour bouffer avec Ronald McDonald et conduire une bagnole étrangère ! Que voulez-vous, l’être humain est ainsi fait.

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C’est ce qui s’est passé en RDA, puis dans tous les autres pays socialistes d’Europe de l’Est. C’est ce qui se passe à Cuba. Et c’est ce qui se passera, forcément, en Corée du Nord.

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En Chine, on a trouvé la parade : puisque les citoyens communistes sont prêts à se prostituer et à entrer en esclavage à l’étranger capitaliste, et que l’étranger capitaliste a de moins en moins envie de leur donner des visas, on invite les sociétés étrangères à se délocaliser. Comme ça tout le monde y gagne : le citoyen chinois peut travailler comme un esclave pour Apple et se payer un iPhone comme les prolétaires capitalistes les plus aliénés. Le pays, couvert d’usines à capital et technologie étrangers, devient super-compétitif. Il ne se suicide plus faute de devises étrangères : il les accumule jusqu’à ce qu’un jour, ce soient ses débiteurs qui demandent grâce.

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Gros Mytho sauve la Syrie et distribue les Nobel !

Posté par grosmytho le 13 octobre 2013

On n’y croyait plus ! Gros Mytho avait-il disparu de la circulation, mystérieusement enlevé par les sbires de la DGSE aux ordres de la NSA ? Avait-il succombé à un AVC du nourrisson, comme son médecin l’en avait prévenu au vu de son embonpoint (BMI 31 tout rond) et son addiction aux oursons multicolores en gélatine de porc ? Pire ! Cent fois pire ! C’est bien simple, vous n’allez pas me croire ! Enfin si l’explication ci-dessous n’a pas l’heur de vous plaire, contentez-vous d’une des deux précédentes. Et pourtant ce qui suit est la pure vérité vraie.

Gros Mytho sauve la Syrie et distribue les Nobel ! dans Propagande groooos-mytho-300x126

Figurez-vous que je reçois l’autre jour un coup de fil de M. Poutine, Vladimir, en personne. J’étais aussi surpris que vous, croyez-moi, mais il semblerait que ce soit son pote Assad, Bachar-el, qui lui ait recommandé de m’appeler. Il faut dire que depuis que j’ai sauvé la Syrie d’une intervention éléphant-dans-un-magasin-de-porcelainesque …

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Ah oui, je m’aperçois que vous avez loupé quelques épisodes. Bref je résume ces dernières semaines d’absence en quelques lignes. Vous vous rappelez cet article estampillé GM qui préconisait d’essayer sur la Syrie la diplomatie du 4×4, eh bien figurez-vous qu’il n’est pas tombé dans l’oreille d’une sourde (la NSA étant réputée pour l’extrême finesse de ses oreilles) !

 

Recueillie, décryptée, traduite, résumée, ma bafouille avait fini par atterrir sur le bureau de John Kerry le 23 août (un peu plus de deux mois donc après sa publication). Et ledit John sembla trouver l’idée simple et géniale, puisqu’il s’empressa de concocter une note à l’attention de sa chef de cabinet pour en évaluer la faisabilité. Parallèlement, il en touchait un mot à son chef, M. Obama, pour  lui demander d’attendre les résultats de l’étude de faisabilité avant de déclencher l’opération « Flying Carpet Bombing » (bombardement de Damas aux sous-munitions et au phosphore) en riposte à la ligne rouge qui venait d’être franchie toutes sirènes hurlantes par on-ne-sait-pas-trop-qui-ni-quand. Bref, Barack promet à John de faire patienter le monde qui retient son souffle, et surtout le petit Français rondouillard qui, au lieu de traîner les pieds comme d’habitude à l’annonce d’une nouvelle aventure militaire, semble au contraire piaffer et trépigner d’impatience, voire même à menacer d’y aller seul.

Malheureusement, l’étude de faisabilité a donné des résultats plus que mitigés. Si GM et Chrysler se montraient enthousiastes et prêts à fournir des guimbardes de qualité en quantités industrielles, les militaires quant à eux faisaient la tronche et refusaient tout net (sous divers prétextes plus alambiqués les uns que les autres) de prêter les avions gros porteurs nécessaires à l’opération. A les en croire, la diplomatie du 4×4 n’annonçait rien de bon, on risquait de se voir aspiré dans une spirale incontrôlable de violence et de surenchère, la démocratie pouvait tarder à émerger du processus, bref on prenait, enfin, des risques inconsidérés à jouer comme ça les apprentis-sorciers dans une région aussi stratégique et instable. Alors que la diplomatie de la canonnière, convenons-en, est parfaitement rodée et maîtrisée, elle a fait ses preuves.

Bref, le 28 août, la décision a été prise de temporiser et de freiner les ardeurs de François-je-vais-punir-la-Syrie.

Pendant tout ce temps, les émissaires de John Kerry me bombardaient d’e-mails (heureusement pas avec des drones Predator) pour me demander des détails et des suggestions de présentation pour cette fameuse « diplomatie du 4×4 ». Je me fendais donc de petits modes d’emploi marketing format powerpoint quasiment quotidiens (je voudrais bien les mettre en ligne, mais bon, pour ma sécurité personnelle je préfère attendre l’avis de déclassification par le Pentagone, ce qui risque de prendre quelques années), ce qui explique mon manque de temps pour alimenter votre blog préféré.

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Mais bon, depuis qu’Assad a obtenu le prix Nobel de la paix (enfin pas lui mais presque : ceux qui supervisent la destruction de l’arsenal chimique syrien), évidemment, toute l’administration Obama est fumasse et je crains que ma brillante idée des 4×4 parachutés sur Damas ne soit enterrée pour de bon. Vladimir, lui, m’appelait pour savoir si je pouvais lui obtenir le prochain Nobel de la paix. Je lui ai dit que non, à moins qu’il ne se décide à bombarder massivement la Syrie et l’Iran. Il m’a dit qu’il allait y réfléchir, mais je crois que là non plus il n’y a pas beaucoup d’espoir.

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Enfin à quelque chose malheur est bon : je retrouve mon blog et on repart de plus belle. D’ailleurs comme je me relocalise à Pékin, attendez-vous à y trouver de succulentes news laquées.

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On n’est pas des petits pois !

Posté par grosmytho le 8 juillet 2013

Le degré de développement d’une civilisation se mesure à sa capacité de tout monnayer. 

Vous avez remarqué ? Société primitive – société sans argent. Société agraire : troc, valeur du travail proche de zéro, entraide non monnayée entre voisins. Révolution industrielle : avènement du salariat, puis de la consommation. Société socio-démocrate : il reste quelques îlots de service public, tout le reste est tarifé. Société ultralibérale anglo-saxonne : on vend l’aide. Partout le sourire Pepsodent qui demande « how can I help you ? » qui se traduit par « que puis-je vous vendre ? ». Et à des prix variables.

On n'est pas des petits pois ! dans Eco pepsodent

Monnayer ok, mais pourquoi pas à des prix fixes ? A qui profite de cette spéculation au trentième degré où l’argent est aspiré dans des paris sur l’évolution possible à telle date de tel indice ? Où les liquidités sont magiquement créées par les bonnes nouvelles (licenciement, guerre, pénurie) mais aussi facilement détruites par les mauvaises nouvelles (baisse de la consommation des ménages, augmentation de l’épargne, pessimisme dû à des inquiétudes sur l’avenir de la croissance économique). Pas d’intérêt pour la société, mais même pour l’économie ? 

baril-de-petrole corruption dans Psycho

Qui a décrété (par exemple) que le prix du pétrole doit être un cirque permanent ? Pourquoi, me demandais-je, ne ferait-on pas appel à la simple concurrence, comme on le fait pour les petits pois, le ciment, l’acier, etc ? Chaque producteur aurait intérêt à chercher des clients solvables à qui refiler sa marchandise, et à faire baisser ses coûts de production pour augmenter son bénef … quoi de plus simple ? La concurrence aurait pour effet de faire baisser les prix, et le prix du baril s’équilibrerait à un niveau plus ou moins stable, je sais pas moi, autour de $50 ? Et fini le yo-yo des cours du pétrole pour distraire les foules, fini de faire se tordre les bras les présentateurs du 20 heures, s’arracher les cheveux les commentateurs, experts, analystes, consultants, etc ? Pourquoi pas ?

C’est tout simple. Si les producteurs de pétrole vendaient leur produit à des prix libres, ils chercheraient à trouver les acheteurs qui en ont le plus besoin (donc prêts à payer un max). Ces acheteurs dans le besoin seraient assaillis d’offres, ils pourraient donc choisir l’offre la plus compétitive. Les autres vendeurs, éconduits, iraient voir d’autres acheteurs pour leur refourguer leur pétrole non vendu ; le prix s’établirait par comparaison avec celui qui s’est pratiqué chez l’acheteur-phare. Et tout ce processus se répéterait sans cesse, jour après jour, avec des fluctuations, puisqu’aucun des acheteurs ne voudrait payer trop cher son pétrole, aucun des vendeurs ne voudrait le vendre trop bon marché. Tôt ou tard, pour avoir un peu de visibilité dans leurs bilans prospectifs, les acheteurs demanderaient des contrats à l’année : donc tout le monde se mettrait à réfléchir sur le prix du brut à trois mois, à six mois, etc. Et son prix varierait sans cesse, en fonction des besoins des acheteurs-phares (par exemple les Chinois ou les Américains, qui utilisent beaucoup de pétrole pour se chauffer, augmentent leur demande si l’hiver est froid, ou lorsque leur production industrielle croît), alors que les possibilités des producteurs (la production pétrolière dépend beaucoup d’infrastructures longues à installer) sont assez stables dans le temps (x barils par jour pour tel pétrolier, y pour tel autre). On aurait donc quelque chose qui ressemble assez au système boursier qui existe aujourd’hui. Tôt ou tard, lassés de dépenser une énergie folle à chercher sans cesse les meilleurs acheteurs et les meilleurs vendeurs (il y en a quand même des dizaines de milliers), les acheteurs et les vendeurs se mettraient d’accord pour qu’un organisme centralise et publie les prix de toutes les transactions pour permettre aux acteurs de fixer leurs prix facilement sans craindre d’être au-dessus ou en-dessous des prix actuellement pratiqués. La cotation du pétrole serait née. petrole-suicide économie

La vraie question, en fait, est : pourquoi n’en fait-on pas autant pour les petits pois ? Hein ? La ménagère de moins de cinquante ans serait sans doute ravie de pouvoir consulter sur internet la cote des petits pois avant de partir faire ses courses, et achèterait ses petits pois au prix du marché, ni plus ni moins. Problème : la ménagère de moins de cinquante ans a d’autres chats à fouetter (sa liste de courses est longue). Mais attendez un peu que le service apparaisse sur les téléphones portables reliés par bluetooth aux linéaires !

petits-pois marketingOn a déjà des systèmes de ce genre pour les ventes en ligne. Billets de train, d’avion : gros trafic – prix qui montent, vous prenez le retour (même sans l’utiliser) vous payez moins au total qu’avec un aller simple, etc. Bientôt vous pourrez acheter une place de concert au prix plancher (six mois à l’avance) pour la refiler à quelqu’un qui en a besoin (plus cher, bien sûr, puisqu’il en a besoin). Bientôt on sera tous boursicoteurs, sans cesse devant nos écrans à la recherche de l’affaire du siècle. La technologie de l’information met à la disposition du public un accès gratuit aux ressources les plus variées ; mais elle propose aussi aux requins d’intéressants moyens de facturer plus cher le même produit ou service.

Le théorème du commerce est simple: plus le vendeur en sait sur l’acheteur, plus il est en mesure de le faire chanter (pardon – de facturer au plus près du prix psychologique). Le prix psychologique qui est le seul correct selon la théorie ultralibérale. C’est là qu’entrent en scène Google et Fesse-bouc et leurs merveilleux algorithmes. En analysant vos données de recherche, on distingue des signaux qui révèlent tout sur vos envies et besoins. On peut donc booster un peu les prix sur cette date et cette destination, vous achèterez quand même. J’ai hâte de savoir ce que dira le premier milliardaire pris à son propre piège : payer un milliard pour une bouteille d’eau. Ça ou mourir de soif.

krach-bourse psychologie

En attendant ce jour, la technologie du « juste prix » s’étend et les prix grimpent. Vous accusiez l’Euro? Regardez les algorithmes ! Bientôt la nourriture (plus cher si vous avez faim), la sécurité (vigiles privés si vous avez peur), les médicaments (« de marque » si vous êtes riche, « générique » si vous êtes à la Sécu, contrefaits si vous êtes pauvre). On monnaie la conscience, avec le commerce « équitable ». On monnaie l’inquiétude climatique, avec les « suppléments carbone » sur les biens et les services. Ça finira à la Santé, c’est moi qui vous le dis (pas mal ce petit jeu de maux). L’instinct de survie, cette ultime source de motivation, est la dernière terra incognita du marketing. « Un rein ? Voyons voir, vous pouvez en avoir un à 10,000 Euros dans trois semaines ou alors à 450 Euros dans huit mois. Vous pensez tenir combien de temps ? ». Et à l’hôpital de New-Delhi-sur-Seine : « j’ai un acheteur pour votre rein à 3500 Euros, moins les taxes et le transport par DHL ? ». 

Jusqu’où voulons-nous nous développer ?

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L’exception médicale, maintenant!

Posté par grosmytho le 20 juin 2013

Vous voyez bien qu’Hollande a des couilles au cul ! Seul contre tous, contre les Etats-Unis ET contre les Euro-désunis, il a défendu l’exception culturelle. Bravo ! Second sujet d’admiration pour le bonhomme qui signe tout de même, après le mariage gay, son second but en or.

C’est pas Sarkozy l’Américain qui aurait fait ça. Nos amis qui nous veulent du bien sont furax: Hollande résiste aux lobbies du tout-commercial (pour les mauvaises raisons, mais ça n’enlève pas tout à son mérite). Les mauvaises raisons ?

L’exception culturelle est la tentative d’ériger un mur protectionniste pour TF1, Doc Gynéco et Gaumont contre le rouleau-compresseur des séries TV, de Lady Gaga et de Hollywood. Si c’est ça la culture, me direz-vous… Mais bon, il y a des bénéficiaires collatéraux, Rimbaud, Berlioz, Truffaut.

Que devrait être l’exception culturelle ?

L’exception culturelle, au-delà de la protection des bénéfices de Bouygues et de Luc Besson, devrait être la conviction que certaines valeurs se situent hors du champ d’action de l’offre et de la demande. Que ce qui relève de la culture nationale ne peut pas être livré à la loi de la jungle du marketing.

L'exception médicale, maintenant! dans Propagande cocktail-medical

Qu’est-ce que le marketing ? La science appliquée du consommateur. La géographie des motivations et l’histoire des désirs, la cartographie des besoins et la chorégraphie de la vente. C’est la technique qui vend des frigos aux Eskimos et des capotes aux cathos.

Ancien marketologue, j’ai mon point de vue sur la question. J’ai dit marketologue, pas marketeux. Marketologue, j’ai été de ceux, je n’en tire aucune fierté, qui mesurent l’ampleur des dégâts. A ne pas confondre avec les marketeux, qui les occasionnent. Les seconds sont mieux payés que les premiers, ce dont ils sont très fiers. Les premiers sont moins coupables que les seconds, ce dont ils tirent une sorte de justification morale. Bref, j’ai baigné dans ce milieu et j’en connais les ficelles.

Certains produits sont un défi au marketeux (les frigos, les capotes), tandis que d’autres sont presque trop faciles à vendre (les petits pains, les iPhones). Le marketing est la science qui monnaie le désir. On comprend que la culture doit, le moins possible, être lâchée dans la fosse aux lions du privé, mais au contraire être disséminée le plus largement et le plus également possible au public. En exagérant à peine, disons que la culture doit être un service public.

Bien joué Pépère ! A l’étape suivante maintenant !

L’étape suivante ? L’exception médicale. La médecine doit soigner les gens indépendamment de l’épaisseur de leur portefeuille. Soumettre la médecine, comme on commence chez nous et comme on achève de le faire aux USA, aux lois du marketing, c’est non seulement bête mais criminel. C’est creuser le déficit de la Sécu au profit des labos et au détriment de la santé publique.

Le marketing des labos cherche, trouve et applique le prix psychologique (celui que le malade est prêt à payer pour guérir) là où devrait s’appliquer le coût de revient (ce que coûte effectivement le remède). C’est faire légal ce qui est immoral. C’est donner le droit aux pharmaceutiques de dire « le marché du cancer est en plein développement ». C’est en fait confondre (avec un peu de mauvaise foi) un besoin avec une demande.

La loi du marché est ici distordue, parce que la peur de mourir est une motivation plus puissante encore que celle de posséder le plus gros 4×4. Le pouvoir du labo bardé de brevets est trop disproportionné par rapport à celui du patient. fabirque-malades culture dans SocioLe malade paiera ce qu’il faudra (par l’intermédiaire des assurances qui augmentent leurs tarifs, des complémentaires qui réduisent leurs prestations, la Sécu qui creuse son déficit, etc), et c’est la raison de ne pas laisser ici libre cours à l’offre et à la demande.

D’autant que l’étape suivante du marketing médical, c’est comme dans le marketing classique : la création d’un besoin de toutes pièces. Créer une maladie avant d’en proposer (en payant) l’antidote.

L’exception médicale… on peut encore rêver gratos, quand même ?

Il n’y aura bientôt plus que ça de remboursé par la Sécu !

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