Saint Barack Obama, priez pour nous

Posté par grosmytho le 2 février 2017

Trump le balourd revient, trait de plume après trait de plume, sur les mesures progressistes qu’Obama a promulguées, pour la galerie, dans les derniers jours de sa présidence. Et tout est désormais de sa faute.

trumpDevilL’Histoire est injuste. Kennedy a commencé la guerre du Vietnam, Nixon l’a terminée. Mais ce que l’histoire a retenu, c’est le sourire du premier et les grimaces du second. Obama s’est inspiré de cet exemple pour vider habilement dans le jardin de Trump les poubelles de son double mandat.

Les deux mandats d’Obama ont été l’âge d’or du pétrole de schiste, ceux où Big-Oil s’est enrichi massivement en provoquant une catastrophe écologique sans précédent sur le territoire US ? Peu importe : d’un Executive Order précipité, il fait semblant de vouloir interdire les forages en Arctique. Comme prévu, Trump l’a annulé, et la tache d’huile orne son costume, tandis que celui de Barack retrouve sa virginité immaculée.

Pendant ses deux mandats, Obama a pourchassé impitoyablement les lanceurs d’alerte qu’il avait promis de protéger ? Il a assiégé Assange et promis à Snowden le traitement réservé à la haute trahison ? Ah tiens non, voilà qu’il gracie spectaculairement Chelsea Manning dans les derniers jours de son bail, passant les deux autres à son successeur qui enfile le costume de méchant persécuteur de justiciers.

Barack a pendant tout son mandat soutenu le terrorisme, protégé Daech et Al-Qaeda en Syrie et s’est livré, à coups de drones et de groupes terroristes « modérés », à un horrible « terrorisme télécommandé » dans des pays musulmans ? Heureusement, avec sa rhétorique islamophobe, c’est Trump qui joue au méchant flic, laissant à Obama, la larmichette à l’œil, le rôle du flic gentil.   saint obama

On doit à Obama la reconduction du Patriot Act qu’il a renforcé en autorisant la NSA à espionner les Américains et à enregistrer des données et des conversations sans mandat sur le territoire US. Mais il retrouve, grâce au grossier canular « Trump élu grâce aux cyberattaques russes », sa pucélitude effarouchée. L’Amérique se réveille cyber-victime du duo Trump-Poutine, Obama entre dans l’histoire comme le défenseur incorruptible des libertés individuelles !

Bien joué Barack ! Pas de cent jours, pas de période de grâce : à peine entré en fonctions, tout est désormais la faute à Trump. Et Saint Obama peut attendre tranquillement sa canonisation prochaine.

Publié dans Politique, Propagande, Psycho, Socio | Pas de Commentaire »

Quand le storytelling craque de partout…

Posté par grosmytho le 16 décembre 2016

Rue89 vient de publier un article qui fera date. Sous le titre « Dans sa nouvelle vie, Pierre Le Corf défend le régime syrien sur Facebook » on a une journaliste parisienne, Nolwenn Le Blevennec, le cul bien au chaud dans son bureau parisien, qui nous explique placidement que le malheureux Pierre Le Corf, à Alep, ne comprend rien à la situation en Syrie.

Afficher l'image d'origine

 

« Ce jeune Breton, qui témoigne sincèrement de ce qu’il voit autour de lui, mais qui n’a ni les moyens ni la volonté d’accéder à une vue d’ensemble, commence tout juste à s’interroger sur sa responsabilité. »

Le « jeune Breton » ne prétend pas fournir un tableau d’ensemble, simplement il rend compte de ce que lui disent les Syriens qu’il côtoie. Pleine de mansuétude, la Bretonne beaucoup plus expérimentée, recherche dans la courte biographie du globe-trotteur Le Corf les éléments qui peuvent expliquer sa confondante naïveté. Le jeune Breton, sensible et émotif, est « imprégné malgré lui par la propagande du régime de Damas » affirme la Parisienne, sans s’interroger une seule seconde sur sa propre imprégnation par la propagande du « régime » de Paris.Afficher l'image d'origine

Et pourtant, cinq ans après le début de cette horreur, il serait temps de se poser quelques questions. Le vernis propagandiste craque de toutes parts. On sait depuis des années que le « printemps arabe » syrien est dès le début un soulèvement armé financé par l’Arabie Saoudite et le Qatar avec le soutien des Américains pour une histoire de gazoduc dont Assad n’a pas voulu. Il est clair depuis longtemps que le camp occidental, en dépit de ses échecs et de ses crimes en Irak, en Afghanistan, en Libye, au Yémen, souhaite répéter une fois de plus sa stratégie du changement de régime en Syrie. Le flou entretenu par les Américains et les Européens sur leur soutien aux « rebelles modérés » ne tient plus : on comprend depuis au moins un an que les Russes disaient vrai lorsqu’ils affirmaient que l’Occident aidait en armes et en informations Al-Qaeda et Daech en Syrie, tout en prétendant les combattre dans le reste du monde. A partir de là, il est raisonnable de se demander, comme le faisait Poutine, si les préoccupations humanitaires affichées par l’Occident à grand renfort de trémolos, et même sa volonté de combattre le terrorisme à coups de « convois humanitaires », étaient bien sincères.

Des révélations lancées par Wikileaks, Sputnik news, Russia Today, le Canard enchaîné ou le blog d’Olivier Berrurier, remplies d’indices concordants et de faits irréfutables, documentent la déroute de l’information officielle. Toutes ces informations montrent que parmi les dirigeants démocrates, l’obsession anti-Bachar a balayé toute autre considération ; trahisons historiques, victimes civiles, crimes de guerre, mensonges énormes, alliances contre-nature, tout est considéré comme nécessaire, voire souhaitable (on se rappelle de Fabius et le « bon boulot » d’Al-Qaeda en Syrie). Personne ne se pose d’ailleurs sérieusement la question, au-delà de l’objectif de « faire partir Assad », du sort de la Syrie future.

Afficher l'image d'origineLes mensonges officiels s’effondrent les uns après les autres comme un château de cartes, on pourrait s’attendre à un mea-culpa de la part de la presse démocratique similaire à celui qui avait suivi les charniers de Timisoara. C’est le contraire qui se produit. Une offensive propagandiste sans précédent, une sorte de « mère de toutes les batailles » médiatiques, est lancée. Baroud d’honneur ou début d’aveu ?

Le storytelling réagit avec ses armes, montant en épingle des situations ponctuelles (parfois totalement falsifiées, parfois simplement isolées de leur contexte) pour tirer les larmes du public. On a ces tweets de la fille de sept ans qui raconte dans un anglais parfait l’agonie de sa famille dans Alep-Est « bombardée par le régime » ;  on a ces histoires répétitives de « dernier hôpital bombardé » ; on a John Kerry qui en appelle à « la compassion » de Poutine pour qu’il accepte un cessez-le-feu au lieu de mener à son terme la reconquête d’Alep. La propagande de guerre est assiégée à Alep-Est. Va-t-elle se rendre à l’évidence et capituler ?

Voyez cet article surprenant des « Décodeurs » du Monde qui commencent à mettre prudemment un peu d’eau dans leur vin en avouant : « la désinformation n’est pas l’exclusivité d’un camp ou de l’autre. »

Publié dans Politique, Propagande | Pas de Commentaire »

Moutons à deux pattes

Posté par grosmytho le 25 novembre 2015

« La première victime du terrorisme, c’est la vérité. La seconde, c’est la liberté »

cabaleC’était assez extraordinaire de lire en janvier dans Charlie Hebdo (hebdo, rappelons-le, satirique) cette curieuse réfutation par avance, par présomption d’antisémitisme, de toute version non accréditée officiellement (voir ci-dessous). En novembre, c’est cette fois Rue 89 qui s’empresse de sauter à pieds joints dans le plat pour se moquer de leurs « théories du complot préférées ».

Alter-Info, de son côté, faisait la liste des hasards de calendrier et des coïncidences troublantes avant et après les attentats parisiens du 13 novembre.

conspiracy

Où l’on voit que le choc et la peur provoquent, chez les uns et les autres, deux réactions opposées. Complotistes et versionofficialistes.

 

Théories du complot : évidemment, des recoupements bizarres sont faits, des chronologies suspectes pointées, des hypothèses farfelues échafaudées. Notre esprit a besoin d’un continuum et les trous de notre matrice informationnelle doivent être colmatés. C’est humain. On sait de façon certaine que A, et on apprend soudain que B… manque le lien, notre cerveau est fait pour relier nos certitudes entre elles par des connexions logiques. Bien sûr, ces connexions sont plus ou moins inventives, plus ou moins détaillées, plus ou moins étayées par d’autres infos. Mais c’est normal d’échafauder un pont logique entre les événements. C’est le réflexe d’un mathématicien ou d’un mécanicien qui constate que le système étudié donne un résultat inattendu. On forme l’hypothèse mais comme il manque la possibilité de vérification expérimentale, on reste coincé dans le probable invérifiable.  

 

leonarda

L’autre réaction est plus bizarre mais tout aussi naturelle : c’est la ruée vers le bunker idéologique. Retour à la Bible et au curé, ou dans le contexte moderne, faire table rase de tout ce qui n’a pas été annoncé depuis le sommet de l’Etat, voire même de certains messages et lapsus officiels, s’ils contredisent la thèse autorisée d’ensemble.  Balayer d’un revers de main toutes les incohérences de la parole autorisée, les passeports ignifugés, contexte géostratégique pourtant bien connu, les petites manigances largement documentées.

Tout cela est oublié, et les dirigeants irresponsables dont les petits jeux dangereux nous ont pété à la figure se drapent dans une autorité renforcée. Nous expliquent les sacrifices auxquels nous allons devoir consentir.

Tout se passe comme si notre capitaine de pédalo et son équipage nous avaient depuis toujours convaincus de leur absolue compétence et de leur sincérité inébranlable. Ils peuvent compter une fois de plus sur le réflexe moutonnier des foules apeurées.

Comme autrefois les chrétiens qui se barricadaient dans la foi de charbonnier en un dieu tout-puissant infiniment bon aux voies impénétrables, même et d’autant plus lorsque frappaient le malheur et l’injustice.

Image-12

D’un côté une imagination boostée par la panique, une bouffée d’adrénaline créative, une recherche un peu brouillonne d’explications… de l’autre, une volonté farouche de se raccrocher à l’autorité de l’Etat, faisant fi des complicités, des culpabilités et des irresponsabilités pourtant connues.

Mi-humains, mi-moutons, finalement.

 

charlie-hebdo-theorie-complot

Publié dans Propagande, Psycho, Socio | Pas de Commentaire »

Mistral : de Charybde en Scylla

Posté par grosmytho le 8 septembre 2015

Il faut reconnaître à François Hollande deux qualités majeures pour un homme d’Etat : il est persévérant (dans l’erreur) et perfectionniste (dans le fiasco). Grâce à ses soins attentifs, à sa vigilance de tous les instants, à son inventivité créative, à sa clairvoyance sur le long terme, l’affaire des Mistral rivalise désormais avec la campagne de Russie en termes de Berezina de proportions historiques.pédalo

Le Canard enchaîné a révélé les dessous de l’accord calamiteux passé avec les Russes ; le quotidien russe Izvestia se penche quant à lui sur l’avenir sombre des bâtiments que le Président veut croire « pratiquement vendus »…

D’après les données recueillies et compilées par l’hebdomadaire satirique paraissant le mercredi (déjà démenties par l’intéressé mais confirmées sur Sud Radio par le général Norlain), la facture d’1 milliard d’Euros est largement sous-estimée. Il faut compter les frais d’annulation du contrat, la perte du contrat d’entretient sur trente ans, l’annulation des autres contrats en vue pour d’autres systèmes d’armes avec la Russie… Au total, 2,3 milliards au bas mot. Les Russes rient sous cape : remboursés des sommes avancées, ils vont pouvoir construire eux-mêmes, dans leurs chantiers navals, les deux navires qui étaient prévus au titre du transfert de technologie… voire plus : suite à la dévaluation du rouble en raison des sanctions européennes, les 45 milliards de roubles qu’ils ont déboursés ont donné lieu à un remboursement de 60 milliards par la France. Plus l’adaptation des 52 hélicos russes et des quais de la base navale de Vladivostok, royalement remboursés dans la foulée par notre pays qui décidément déborde de liquidités excédentaires.

Mais la catastrophe financière ne s’arrête pas là. Il faudra, apprend-on, compter avec les frais d’entretien, d’assurance et de gardiennage des coques, en attendant leur revente, que des estimations très vagues en provenance de diverses sources situent dans une fourchette allant de 1 à 5 millions d’Euros par mois.

Notre génial stratège élyséen nous annonce que les bâtiments que l’on a refusé de livrer à ses propriétaires légitimes ont déjà trouvé preneur… Deux pays à la pratique démocratique absolument irréprochable auraient d’ores et déjà signifié leur accord pour reprendre les Mistral construits dont la marine française ne veut sous aucun prétexte : l’Egypte et l’Arabie saoudite.

Hélas, comme le souligne le quotidien russe (édition du 31 août) : il ne s’agit que d’une promesse intenable de plus. Premièrement, parce que si la France a effectivement recouvré son droit de propriété sur les coques désarmées, elle n’aura pas pour autant le droit de les fourguer à qui elle veut : la Russie dispose d’un droit de veto, (sans limite de durée, à en croire les Izvestia) dont elle pourra user, voire même abuser, à son gré pour se venger un peu des humiliations subies. Apparemment, le veto est mis pour l’Arabie saoudite mais l’option égyptienne bénéficierait d’un a priori favorable.

Deuxièmement, et c’est plus embêtant encore, le Mistral est un BPC (bâtiment de projection et de commandement) qui, comme son nom l’indique, est prévu pour commander un important groupe naval. Vedettes, destroyers, sous-marins d’attaque, sont censés entourer et défendre le navire-amiral, qui serait vulnérable et inutilisable sans eux… Des équipements que ne possèdent pas le Canada ou le Brésil, souvent cités comme candidats possibles au rachat. On voit mal l’Egypte investir dans ce genre de babioles complémentaires, même à prix cassés.

Il y a donc fort à parier que les deux Mistral vont rester en rade plusieurs mois, voire plusieurs années, avant qu’on ne finisse par leur appliquer la solution, déplorable sur les plans politique et environnemental, qui consiste à les couler ou à les démanteler.

Pas avant 2017, bien sûr, parce que ce serait là le dernier clou dans le cercueil politique de « Moi-Président »…

Publié dans Eco, Propagande | Pas de Commentaire »

#Not in my name

Posté par grosmytho le 28 septembre 2014

Des fois je me demande jusqu’où dans l’absurde va se prolonger la glissade de l’inversion des valeurs… verra-t-on la courbe des valeurs se réinverser dans l’autre sens jusqu’à redevenir normale ?

Al#Not in my name dans Propagande la-grosse-manip-300x144ors que les fanatiques de l’EI égorgent un leur troisième victime en quelques jours, l’opinion occidentale semble devenir folle, décapitée elle aussi, on la voit courir comme un poulet sans tête et se heurter à tous les obstacles conceptuels.

Voilà qu’on demande aux musulmans de s’afficher avec le hashtag #Not in my name. Paradoxe bien taclé et souligné par Rue89, qui est pour une fois tout seul contre le flot de louanges et de la bien-pensance du reste de la presse mainstream. A quel niveau de racisme décomplexé sommes-nous tombés s’il faut désormais que les musulmans se désolidarisent publiquement de criminels décapiteurs ? Pas étonnant que Sarko se frotte les mains et parle de revenir ! Quels remugles agitent l’inconscient collectif s’il met dans un même sac l’épicier arabe du coin, l’étudiant algérien dans le bus, et les guerriers de l’EI ? Quelle crise de nerfs traverse le pays s’il croit que toute une partie de la population se réjouit secrètement de crimes qui révulsent la not in my namemajorité ? La dictature de l’opinion en est-elle déjà à exiger l’autocritique des musulmans de France ? Et que fera-t-on à ceux qui ne se prêtent pas à cette mascarade ?

Notre société est-elle si proche de l’explosion ? De la guerre civile ? Faut-il acheter des armes et stocker des vivres ? Ah non, vous voyez bien : les musulmans sortent dans la rue pour protester : ils sont, eux aussi, contre les décapitations. On respire ! Quel soulagement !

Mais… qu’est-ce qui fait qu’on ne respire tout de même pas si bien que ça ? Qu’est-ce qui reste quand même un tout petit peu oppressant ? Ne manque-t-il pas quelque chose à notre bonheur ?

not-in-my-name-what-300x170 drone dans SocioAh j’y suis. Les chrétiens. Quand verra-t-on apparaître des hastags contre les bombardements que nous déversons une fois de plus sur un pays musulman ? Quand verra-t-on les chrétiens de ce pays se réunir et protester, #Not in my name, contre l’usage belliqueux qui est fait de nos impôts ? Contre l’ingérence occidentale qui s’abat sans cesse sur ces pays et les maintient dans une guerre permanente, génératrice de terrorisme ? Irak, Libye, Syrie, mais aussi Afghanistan, Pakistan, Yémen…

slogan-incompris-300x200 guerreParce que bon, barbarie, horreur, abomination… je veux bien. Décapiter des gens, c’est pas sympa. Mais enfin, il s’agit de trois personnes décapitées par une poignée de fanatiques. En gros, trois faits divers. A mettre en perspective, peut-être, un tout petit peu, avec bientôt quinze ans de bombardements quotidiens dans ces pays. Une destruction méthodique, coûteuse, soignée, méticuleuse, pleine de sang-froid et d’ingéniosité scientifique, de tout, infrastructures, fierté nationale, liens amicaux et familiaux, absolument tout ce qui pourrait servir de terreau à un progrès quelconque dans ces sociétés. Que leur a-t-on laissé, en dehors du désespoir ? Que leur reste-t-il, sinon la haine enivrée de religion ? Derrière les discours larmoyants et les considérations sentimentales de nos grands prédicateurs, on ne cesse d’attiser des guerres civiles dans ces pays. Le survol constant des drones, le financement des milices extrémistes, et à l’occasion une petite opération de bombardement humanitaire. Prend-on seulement le temps d’imaginer quel doit être le ressenti sur place ? Et après on fait semblant de s’étonner que les guérilleros qui y prolifèrent soient de plus en plus méchants ? On proteste, la main sur le cœur, après avoir armé et financé ces mouvements ! On pousse de petits cris d’horreur et de dégoût comme si on n’y était pour rien !

iraq-demo-2003-300x187 LibyeAh oui le monde était terrible avec Saddam ! Kadhafi, quel salopard ! Oh et puis Assad, quel affreux jojo ! Mais depuis qu’on les a renversés, depuis qu’on a bombardé les villes et détruit les routes et les ponts, les gares, les ports, depuis qu’on a financé par l’intermédiaire du Qatar et de l’Arabie saoudite des mouvements islamistes, ces pays ont-ils fait beaucoup de progrès vers la démocratie ? Se sont-ils rapprochés de notre mode de vie et de nos valeurs ? Non ? Comme c’est surprenant…

Alors comme d’habitude on nous dit : la recette qui a tout envenimé va tout résoudre cette fois, suffit d’augmenter les doses ! S’ils deviennent fous dans ces pays, c’est parce qu’on ne les a pas suffisamment bombardés. CQFD.

#Not in my name

Publié dans Propagande, Socio | Pas de Commentaire »

Les amis vs la famille

Posté par grosmytho le 2 septembre 2014

« On choisit ses amis, on ne choisit pas sa famille » – oui, enfin ça c’est le cas général : lorsqu’on se marie, lorsqu’on décide d’avoir des enfants, lorsqu’on divorce, on remodèle bien quand même sa famille suivant ses choix. A contrario, quand on est ami avec le parrain de la mafia, on n’a pas toujours le choix, il faut rester pote avec lui… ou aller nourrir les poissons.

Au niveau des Etats, c’est presque pareil. Je vous parlais récemment des choix déchirants à venir entre amis (d’outre-Atlantique) et famille (Russie) pour la France et l’UE. On y est.

Nos amis étasuniens qui n’ont pas d’intérêt économique en Russie (0,5% de leurs échanges) poussent l’Europe à plus de sanctions. Obéissante, l’UE obtempère. Mais à chaque tour de vis supplémentaire, cent articles se demandent plaintivement : « La Russie risque-t-elle de riposter ? Et si elle décrétait un embargo sur nos pommes, nos radis et nos choux ? Aïe, aïe, aïe ».mistral en travers

Nos amis russes, qui n’ont pas tellement la fibre de l’économie, sont moins naïfs que nous en termes de géopolitique. La presse chez eux s’étonne ouvertement de cette mitraille gros calibre que l’Europe semble décidée à s’envoyer dans le pied. Alors que leur pays, pressentant un coup de tabac, prend méthodiquement le rythme d’une économie de guerre froide. OK, certaines marchandises vont faire défaut, certains produits de luxe seront plus chers…   Faire ceinture ? Ils n’ont pas encore complètement perdu l’habitude.

Et ils ont aussi du répondant. Sans parler des mesures extrêmes, comme couper le gaz, il y a les petites mesures vexatoires. L’espace aérien russe nous sépare de nos marchés d’avenir, en Asie, pourrait se fermer. Les négociations laborieuses avec l’Iran ou la Syrie, ou la Corée du Nord, pourraient s’arrêter. Et puis la Russie, c’est quand même un gros débouché pour l’Europe (8,2% des échanges extérieurs de l’UE) et dans certains secteurs, comme l’agroalimentaire ou le tourisme, ça peut faire mal. Ou dans celui du spatial, où l’Euro-GPS vient de subir un sale revers à cause des Russes (l’ont-ils fait exprès ?).

Mais il y a pire.russia-wants-war-look-how-close-they-put-their-country-to-our-military-bases

Il y a les Mistral. Oubliez les indignations vertueuses de nos pucelles effarouchées « on ne peut pas livrer des armes à un pays en guerre ! ». Pipeau. D’abord, on le fait tout le temps. Deuxièmement, les armes (surtout les Mistral) sont en service pendant des décennies, qui peut garantir la paix sur une aussi longue période ?

Oubliez aussi les exposés pseudo-cartésiens de nos économistes diplômés : 3000 emplois, 1,6 milliard d’Euros, emplois induits, etc etc. Pipeau encore.

Le vrai problème, qu’a compris mais pas résolu Molasson 1er, c’est la crédibilité de la France en tant que partenaire géopolitique. Le Mistral, c’est le cas emblématique qu’observent tous les ministres de la défense de tous les pays, et qui va conditionner nos ventes d’armes pour les décennies à venir. Pas convaincus ? Je m’explique.

Lorsqu’on vend des systèmes d’armes complexes, on s’engage sur la durée : opter pour des Mistral ou pour des Rafale, c’est faire le pari que la France sera là pour les pièces détachées, pour les réparations et l’entretien, coûte que coûte, quelle que soit la situation (notamment en situation de crise). A chaque fois qu’un pays organise un appel d’offres pour des avions de chasse, au-delà du prix d’achat et du rapport coût-performance, ce qui importe c’est la viabilité du partenariat stratégique. Si le Brésil, l’Inde, d’autres encore, examinent nos Rafale, ce n’est pas pour leurs formes affutées ni pour leur prix tellement attractif. C’est parce qu’ils seront fournis par un pays, la France, qui n’est pas les USA, et qui sera moins susceptible que ces derniers d’utiliser le chantage (aux pièces détachées, voire pire) pour les contraindre à quelque nouvelle aventure militaire, à quelque deal économique foireux, ou que sais-je. affaires étrangères

Le cas des Rafale illustre bien la situation : si on n’arrive pas à en vendre un seul, c’est tout simplement parce que la France est perçue (par l’Inde, par le Brésil) comme un partenaire peu fiable, trop obéissant à Oncle Sam, trop susceptible de servir de courroie de transmission aux imprévisibles caprices de ce dernier.

Voyez ce que dit l’affaire Mistral sur notre offre en matériel militaire : un contrat signé par la France en 2011, avec acomptes payés rubis sur l’ongle, peut être remis en question sur un simple froncement de sourcils étasunien. Obama fait sa grosse voix, et voilà déjà qu’on pétoche et qu’on cherche des prétextes pour ne pas livrer à nos partenaires ce que l’on s’est engagé à leur fournir.

Quand on vend des armes, on vend bien sûr un produit, mais on vend aussi la politique étrangère qui va avec. C’est pour cela que la Russie a repris la seconde place sur ce marché, que la Chine progresse à grands pas, alors que la France voit ses positions traditionnelles s’effriter. (Attention, les estimations varient grandement d’une source à l’autre. Normal, pour des machins qui se négocient en secret. Mais bon, la tendance reste nette).

 

Publié dans Emploi, Propagande | Pas de Commentaire »

Mon cher Vladimir,

Posté par grosmytho le 11 mai 2014

J’habitais à Moscou depuis déjà quelques années lorsque tu as pris le pouvoir en 2000. Je faisais partie de la petite minorité de gens qui étaient catastrophés par ta victoire. Et je reste convaincu que celle-ci était entachée de manœuvres particulièrement cyniques de la part des services secrets que tu dirigeais peu de temps avant. Des attentats utilisés comme prétexte à l’ « opération antiterroriste » en Tchétchénie etc.

Obama UkraineJ’étais à l’époque indigné par la rhétorique de guerre froide que tu déployais, par le serrage de boulons généralisé qui allait à rebours des progrès démocratiques de ton prédécesseur Eltsine. La presse démocratique n’avait pas de mots assez durs pour ton attitude de défi à l’Otan et aux « ONG de défense des droits de l’homme » que tu soupçonnais toujours de noirs desseins…

L’unité territoriale de la Fédération de Russie était ton obsession. Tu n’as pas hésité à organiser des massacres absolument épouvantables en Tchétchénie et ne cessais jamais d’indiquer, par des allusions transparentes, que le séparatisme de la « République d’Itchkérie » bénéficiait du soutien actif de mystérieuses puissances étrangères qui voulaient détruire la Russie. Ta paranoïa envers tout ce qui pouvait de près ou de loin ressembler à une ingérence étrangère primait sur tout. Ni la loi, ni le jeu démocratique encore hésitant, ni les libertés individuelles ne pouvaient à tes yeux exister s’il existait le moindre risque qu’ils puissent servir à accroître l’influence étrangère dans le pays. D’où tes campagnes impitoyables contre NTV (la chaîne de télé privée de Gousinski), contre certains oligarques rebelles (Berezovski, Khodorkovski), la censure impitoyable qui s’est abattue sur la presse, les limogeages, les élections truquées ou du moins « arrangées ».

Poutine Ukraine1 Poutine Ukraine2

J’étais scandalisé et je m’indignais. Quel cynisme, quelle paranoïa ! Alors que l’Ouest se réjouissait sous Eltsine des avancées démocratiques, qu’il encourageait comme il pouvait (investissements, ONG, relations diplomatiques, intégration au G8, etc), toi Vladimir tu me semblais le dernier des ingrats !

UkrainePourtant mes amis qui t’admiraient cherchaient à m’ouvrir les yeux : les avancées de l’Otan dans les pays de l’ex-URSS, violant la promesse faite à Gorbatchev en échange de la dissolution du Pacte de Varsovie. La guerre en Yougoslavie (ou plutôt contre la Serbie), malgré les vétos et les mises en garde de la Russie.

C’est au moment de la guerre en Géorgie (en 2008, donc) que j’ai pour la première fois pris la mesure du cynisme occidental envers ton pays. L’Occident démocratique n’hésite pas à fomenter des coups d’Etat et des soulèvements « populaires » dans les pays où passent ses intérêts pétroliers ou autres. Ni à lancer des opérations terroristes et/ou militaires dans des pays souverains tout en accusant les dirigeants en place des pires crimes. En dépit des protestations de la Russie comme en Libye ou en Syrie.russiasputininukraine

C’est à partir de là que j’ai commencé à tout reconsidérer : les révolutions colorées en Ukraine n’étaient pas si idéalistes que ça finalement. Les Timoshenko et Iouchtchenko, à qui l’Ouest avait forgé une image de petits angelots démocratiques, montraient leur vrai visage : celui de dirigeants mafieux occupés à dépecer le pays et désormais à s’entre-déchirer. L’Otan « non agressif » s’apprêtait à installer des batteries de missiles en Pologne et en République tchèque. A intégrer l’Ukraine et la Géorgie. A resserrer, comme un boa constrictor, son étreinte pacifique autour de la Russie…

Poutine Ukraine4Cette dernière crise ukrainienne a fait tomber les masques. On accuse la Russie de « masser des troupes sur son propre territoire proche de l’Ukraine », tandis qu’agents de la CIA, secrétaires d’Etat, agitateurs béhachéliens et personnels militaires étasuniens s’y ébattent en toute quiétude ! Des « observateurs de l’OCDE » se révèlent en fait être des conseillers militaires ! Un putsch organisé et soutenu de l’étranger nous est vendu comme une avancée démocratique, alors que des referenda tenus localement sont quasiment considérés comme des crimes de guerre ! La machine de propagande occidentale, d’habitude si habile à habiller d’oripeaux humanitaires d’inqualifiables ingérences armées a cette fois connu des ratés. Elle est tombée sur un os et révèle ses peu avouables mécanismes !

Poutine Ukraine3

Le Monde titre « Entre apaisement et démonstration de force, à quoi joue Poutine ? ». Il joue à défendre l’intérêt de la Russie contre les agissements violents et illégaux de l’UE et des USA en Ukraine.

C’est toi qui avais raison, Vladimir. Pas sur les homos, pas sur le contrôle des médias. Mais sur la géopolitique. Le monde occidental est en guerre contre ton pays et ce dernier ne peut avoir de priorité plus haute que de sauvegarder coûte que coûte sa souveraineté et son indépendance.   

Une position d’ailleurs énoncée avec clarté, même si elle est un peu longuette (pour faire la place à tous les arguments, citations, références au droit international et comparaisons historiques), dans ton discours du 18 mars devant les deux chambres du Parlement russe. Le Monde et Marie Jégo (qui certainement dormait) n’y ont vu que « mise en scène du triomphe » et des « salves anti-occidentales », là où en fait il y avait a) un cours magistral de géopolitique qui met l’Occident devant ses contradictions ; b) un rappel des faits qui mentionne les agissements irresponsables et illégaux des puissances occidentales en Ukraine ; c) des assurances formulées sur l’avenir  de la Crimée et des relations avec l’Ukraine ; d) un appel aux Occidentaux à respecter le droit international, assorti il est vrai d’une mise en garde tout de même assez modérée.

Publié dans Propagande | 2 Commentaires »

Crimée : tous à poil !

Posté par grosmytho le 18 mars 2014

C’est le printemps, il fait beau, et on a envie de chanter, avec JF Copé : tous à poil ! A poil l’Ukraine ! A poil l’UE ! A poil les USA ! A poil la presse !

crimea

 

L’aventure criméenne est un test en plusieurs dimensions.

Test avant tout pour l’Ukraine : son aptitude à évoluer vers la démocratie. Depuis son indépendance c’est le pays d’ex-URSS où l’expérience démocratique était la plus profonde mais aussi la plus chaotique. Contrairement aux pays baltes qui ont pris le pli assez facilement et sans grosses déconvenues, de l’intégration-éclair dans l’Otan à l’intégration dans l’UE, voire même pour l’Estonie et la Lettonie l’adoption de l’Euro. Contrairement aux « stans » (Kazakhstan, Kyrgizstan, Ouzbékistan, Turkménistan, Tadjikistan) qui ont tous opté pour des formes de dictature assez dure et généralement peu éclairée par les anciens chefs du PC régional reconvertis au capitalisme autocratique. Comme en Russie, en Arménie, en Géorgie, la démocratie se cherche en Ukraine. Il y a des germes et il y a des rechutes. Des élections généralement entachées de fraude et de coups de théâtre, des bagarres au parlement, les populismes toujours à fleur de peau. C’est un test d’aptitude de l’Ukraine à l’indépendance politique (envers la Russie, mais aussi l’Otan, l’UE), économique (gaz, aide internationale). Un test d’aptitude de l’Ukraine à cicatriser ses blessures territoriales et à reprendre une vie équilibrée après.

Un test pour la Russie. Oubliez ces histoires de minorités menacées : en Russie comme en Crimée, les deux minorités les plus importantes sont les Ukrainiens et les Tatars. Ces gens cohabitent depuis des siècles, en Russie, en Crimée, en Ukraine. La langue non plus n’est pas le problème : tous parlent russe (mais se réclament de cultures nationales différentes). Les questions sont autres. La Russie réussira-t-elle à intégrer rapidement la Crimée avec laquelle elle n’a pas de frontière terrestre ? Que se passera-t-il à Kharkov et à Donetsk ? Où passe réellement la frontière entre les peuples de Kiev et de Moscou ?

Sur ce test s’en greffent d’autres. La Crimée nous ramène à une véritable conférence de Yalta. La Russie vient à nouveau de gagner un coup de poker (après l’affaire géorgienne en 2008, après le sauvetage in extremis de la Syrie en 2013) : elle renaît donc en grande puissance capable de défendre ses intérêts contre la volonté d’une communauté mondiale soudée. L’Occident va-t-il prendre acte de ce changement et accepter la Russie comme acteur incontournable ? Ou va-t-il (comme c’est apparemment le cas aujourd’hui) la ranger dans la catégorie des Etats-parias contre lesquels on empile sanctions et menaces (Cuba, Corée du Nord, Iran, Syrie, Chine etc) ? Ces Etats que l’on n’ose pas attaquer militairement et contre lesquels on défoule une vertueuse et permanente indignation ?

L’Occident va devoir réévaluer la place de la Russie dans les affaires du monde, et cela peut conduire à une forme de découplage. Les USA vont sûrement refuser de prendre en compte les intérêts de la Russie en Europe de l’Est et continuer d’avancer leurs pions avec l’Otan : Kiev est la prochaine pièce à prendre sur cet échiquier. Mais l’Europe va retrouver ses choix déchirants d’autrefois entre amis (d’outre-Atlantique) et famille (Russie). Fin de la leçon d’anglais : on retrouve les réalités du gaz, des marchés en croissance, des opportunités de coopération technologique, militaire et même politique. L’Allemagne a la première compris cela – elle ne votera pas les sanctions.

La presse occidentale va elle aussi devoir évoluer ! Notre presse n’est libre que dans les limites qui vont de l’atlantisme modéré à extrême. Dans le cas de la Crimée, on l’a vue hésiter ; le challenge propagandistique était trop gros. Lisez les articles du Monde, et ensuite déroulez les commentaires : quand la ficelle est trop grosse, les contradictions trop évidentes, le public ne suit plus. Poutine n’est pas Hitler, les Criméens ne sont pas les Sudètes, un référendum n’est pas un crime contre l’humanité. Allons plus loin : les inquiétudes étasuniennes ne sont pas démocratiques mais géostratégiques ; le gouvernement putschiste de Kiev largement coopté par Washington n’est pas légitime ; la lumière doit être faite sur ces mystérieux snipers qui tiraient sur la foule et sur la police sur la place Maïdan.

Le cas criméen braque le projecteur sur les contradictions du monde occidental qui se voit toujours en chevalier blanc démocratique, parce que soudain les rôles sont renversés. C’est la Russie qui intervient et l’Occident qui se trouve face au fait accompli. Le droit des peuples à l’autodétermination fonctionnerait pour tous (l’Ecosse prépare un référendum en septembre), sauf lorsqu’ils choisissent la Russie ? L’intervention militaire dans des pays souverains serait toujours morale (Yougoslavie, Irak, Afghanistan, Libye, Mali, Centrafrique, la liste est trop longue) et légitime, sauf quand c’est la Russie ?

Aujourd’hui la Russie, demain la Chine, après-demain le Brésil et l’Inde : le monde est redevenu multipolaire. La réunion du G8 de Sotchi ne sera pas annulée : elle va servir de nouveau Yalta.

 DERNIERE MINUTE: le dossier le plus détaillé à lire pour ceux qui veulent vraiment comprendre la situation ukrainienne est là avec texte, vidéos, infographies et tout.

Publié dans Eco, Propagande, Socio | Pas de Commentaire »

Le jihad de François est illégal, finalement

Posté par grosmytho le 9 mars 2014

Le tribunal correctionnel de Paris vient d’envoyer en prison 3 jeunes hommes interpellés à l’aéroport de St Etienne alors qu’ils prenaient le chemin de Damas.

Hollande qatar On comprend ce jugement du point de vue de l’émotion générale et des craintes suscitées : volonté de décourager les velléités jihadistes parmi les désœuvrés de l’Hexagone, volonté de montrer après la calamiteuse affaire Merah que l’Etat désormais suit, prévient, surveille et sévit. Du point de vue juridique, il est simplement aberrant. Il punit une intention, un crime qui n’a pas été commis, sur la foi de preuves bien maigres (visite de sites « faisant l’apologie de la violence »…).hollande jihad

Finalement, Youssef, Salah-Eddine et Fares vont en prison pour leur état d’esprit (« radicalisés » par la « propagande islamiste »)… qui était aussi celui de François Hollande ! Rappelez-vous, notre belliqueux Don Juan voulait, entre deux saillies officieuses rue du Cirque, aller punir Bachar El Assad et soutenir la guérilla islamiste qui met la Syrie à feu et à sang !

Dans les pays (France et Royaume Uni surtout) qui se sentaient des fourmis dans les jambes, c’est désormais l’alerte maximale : apparemment des centaines de jeunes s’embarquent pour le jihad syrien. La crainte est qu’ils en reviennent aguerris, endurcis, rompus à la clandestinité. Et se lancent dans un jihad européen… Comme quoi, en géopolitique comme dans les affaires familiales, on gagne à s’occuper de ses fesses plutôt que de celles de la voisine.

François l’Infidèle a eu de la chance de tourner casaque à temps ! Radicalisé lui aussi par ces sites internet de propagande atlantiste qui diabolisent Assad, mais privé du soutien de son ami Barack, il a finalement décidé de renoncer à son projet de jihad sur la Syrie. Bien lui en a pris !Jihad africain

On imagine que sinon il serait en train de croupir en prison avec ses jeunes collègues…

Publié dans Propagande, Socio | Pas de Commentaire »

L’Ukraine – le test de nullité pour Obama et Hollande ?

Posté par grosmytho le 6 mars 2014

Certains admettent presque, à contrecœur et du bout des lèvres, que Poutine n’a pas tiré un coup de feu en Crimée.

Et puis bon, quand la Russie parle d’intérêts stratégiques pressants, c’est un peu plus convaincant, non, qu’Obama  qui nous sort la même tous les ans ? Un coup c’est sur les différents entre la Chine eukraine 2t Taïwan, un autre sur le Tibet ou le Yemen, puis sur le conflit entre Soudan du Nord et du Sud, après entre le Pakistan et l’Afghanistan ? Il a vraiment des intérêts vitaux partout, çui-là ?

Comme Hollande au Mali, en Centrafrique, au Niger ? Vitaux, vraiment, les intérêts ?

Madame Merkel rapporte sa conversation avec Poutine à Obama en disant « Il a perdu tout sens des réalités, il vit dans son monde… ». Remarque intéressante !

En fait, le monde réel est tout autour de nous, à nos portes, et nous, les Occidentaux, vivons dans une sorte de fable éducative made in Hollywood. Nous au moins, quand on bombarde humanitairement des pays lointains, c’est bon pour la démocratie ! Pas comme ces salauds de terroristes ! Des gens se retrouvent pris sous les décombres de leur immeuble, d’autres sont soudain menacés de mort par des islamistes sponsorisés par la liberté importée par nos amis Saoudis et Qataris … mais au moins, c’est pour la bonne cause ! Histoire d’aider le processus démocratique, on balance quelques missiles Hellfire par-ci par-là ! Sur la foi d’algorithmes qui n’établissent même pas l’identité de la cible !ukraine

C’est la technologie de la lasagne Findus appliquée à la politique étrangère : délocaliser le sale boulot à des partenaires étrangers, garder le marketing et la vente. La boucherie aux mains propres. En Syrie, au Mali, en Libye, en Centrafrique, on finance des groupes séparatistes et terroristes pour la partie sanglante, en gardant le marketing/ la télé/ les soldats héroïques. On distribue les bons points, on désigne les gentils et les méchants, des spots télévisés expliquent sous couvert d’info la nécessité d’une intervention…

C’est le bordel en Ukraine. Poutine, qui vit dans le monde réel, prend des mesures pragmatiques : manœuvres militaires dans le sud, sécurisation du territoire de la Crimée (où se trouvent ses bases navales et une population ethniquement russe qui l’accueille avec ferveur), présence sur le terrain… Pas des bombardements de drones : des soldats sans étiquette qui gardent les points stratégiques, aéroports, ports, gares, croisements, pour éviter les débordements. Pas de victime collatérale : juste une présence armée et organisée contre le chaos et l’hystérie ambiante. Même pour ceux qui ne sont pas forcément enthousiastes à l’idée d’être rattachés à la Russie, ça doit être rassurant en ces temps de panique démocratique, quand on-ne-sait-pas-trop-qui prend le pouvoir, on-ne-sait-pas-trop-comment ni pour combien de temps.

ukraine_3Dites-moi ce que vous en pensez : avec les dernières infos qui tombent (les mêmes snipers qui ont tiré sur la foule ET sur la police à la place Maïdan, le référendum en Crimée prévu pour le 16 mars), l’intervention de Poutine paraît de plus en plus claire, carrée, réfléchie. Plus constructive en tout cas que les stupides trémolos démocratiques de l’UE, ou que les menaces de Monsieur le Nobel de la Paix avec ses drones humanitaires … et son caniche Hollande qui promet des « sanctions » (après les « punitions » pour Assad) ! Ah bon on va se passer du gaz russe ? Ah bon les agences de notation vont punir la Russie ? Gageons que Poutine tremble dans ses braies !

Le plus drôle, c’est quand Obama en appelle au droit international ! Le coussin sur lequel il s’assied si confortablement d’habitude. Une fusillade sur la place centrale, un putsch qui renverse un président (antipathique, certes, mais élu), un nouveau gouvernement sorti d’un chapeau qui fait une large place à des extrémistes suprémacistes armés, qui refuse d’enquêter sur la fusillade, tout ça c’est ‘conforme à la constitution’. Mais que le parlement de Crimée organise un référendum, là c’est quasiment un crime contre l’humanité ! Soyons sérieux.

Sans aller jusqu’à dire que le président russe a raison d’occuper militairement la Crimée, reconnaissons qu’il la joue responsable et pragmatique là où les dirigeants démocratiques paraissent contradictoires et hystériques. Ils ont sponsorisé le bordel sous prétexte de démocratie et maintenant ne savent pas quoi en faire. Ils ont fait miroiter l’association mais sans l’intégration à l’UE, la démocratie mais sans le financement, l’amitié mais sans engagement. Poutine, lui, a observé le désordre qui se formait et en a tiré les avantages qu’il a pu trouver.

Ça a fait comme pour l’Iran avec l’invasion US en Irak. Ou comme le Pakistan avec l’invasion US de l’Afghanistan. Le grand frère trouve son intérêt lorsque l’inspecteur Harry vient semer la pagaille chez son rival de toujours.

Publié dans Propagande, Psycho | Pas de Commentaire »

12
 

ghd mini straighteners |
Pgdgsecondeespagnol |
Weixiu |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Sria037
| Ma renaissance
| Download2