Souveraineté et compétitivité

Posté par grosmytho le 30 octobre 2013

Il y avait autrefois, il y a fort longtemps, un pays fort lointain, qui a un jour brusquement cessé d’exister. Comment ? Pourquoi ?

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Il n’a pas été envahi par un voisin belliqueux (son armée était réputée bien entraînée et motivée, équipée de matériel dernier cri). Il ne fut pas non plus noyauté par la CIA (le contre-espionnage de ce pays faisait l’envie et l’admiration des autres pays de la région). En crise économique, ce pays a baissé pavillon. Pas compétitif, il a préféré se suicider.

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Ses habitants, qui bénéficiaient de l’école, l’université, du logement et de la santé gratuits, n’étaient pas satisfaits. Ils auraient préféré du Coca et de la pornographie payants ! Las, ces biens et services si éminemment désirables & nécessaires, le Parti communiste refusait absolument de les leur fournir. C’est le dilemme de toute société socialiste : ses industries sont peu compétitives et ses produits de consommation, médiocres. On peut à la rigueur les importer, mais l’hémorragie de devises finit par mettre le pays sur la paille. On essaie de les interdire, mais on s’aperçoit qu’on provoque alors une hémorragie de citoyens. Les habitants du pays ont tellement envie de ces babioles qu’ils partent vendre leur âme au capitalisme étranger : déserter, quitter le navire, s’établir à l’étranger, à tout prix, illégalement s’il le faut, quitte à y faire des sales boulots, tout ça pour bouffer avec Ronald McDonald et conduire une bagnole étrangère ! Que voulez-vous, l’être humain est ainsi fait.

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C’est ce qui s’est passé en RDA, puis dans tous les autres pays socialistes d’Europe de l’Est. C’est ce qui se passe à Cuba. Et c’est ce qui se passera, forcément, en Corée du Nord.

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En Chine, on a trouvé la parade : puisque les citoyens communistes sont prêts à se prostituer et à entrer en esclavage à l’étranger capitaliste, et que l’étranger capitaliste a de moins en moins envie de leur donner des visas, on invite les sociétés étrangères à se délocaliser. Comme ça tout le monde y gagne : le citoyen chinois peut travailler comme un esclave pour Apple et se payer un iPhone comme les prolétaires capitalistes les plus aliénés. Le pays, couvert d’usines à capital et technologie étrangers, devient super-compétitif. Il ne se suicide plus faute de devises étrangères : il les accumule jusqu’à ce qu’un jour, ce soient ses débiteurs qui demandent grâce.

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Villages de Potemkine et/ou presse censurée ?

Posté par grosmytho le 10 juillet 2013

Corruption généralisée, bureaucratie, népotisme et favoritisme, atlantisme servile : on croyait avoir tout vu en Europe. Il manquait les villages de Potemkine, les devantures repeintes et la fausse prospérité pour donner aux leaders l’illusion qu’ils dirigent un pays à l’économie florissante. C’est désormais chose faite : Fermanagh et Dublin (Irlande) investissent dans les PME et le petit commerce de proximité, avec des affiches taille réelle collées sur les devantures des magasins fermés. Ils ont fait illusion le temps que passent les limousines du G8.

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C’est drôle parce que ces pauvres subterfuges, qui avaient cours dans les dernières années de faillite du système communiste en Roumanie ou en Russie, ne faisaient pas illusion même à l’époque, malgré la presse censurée et alors que n’existait pas internet. On se moquait des gazons peints en vert et des arbres morts sur lesquels on agrafait de fausses feuilles vertes pour Ceaucescu sans même avoir vu les photos ! Aujourd’hui, il suffit d’ouvrir l’internet pour avoir tous les détails !

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Comment ça vous n’en avez pas entendu parler ?

Hé oui, le scoop ce n’est pas le G8 qui a recours aux méthodes de Ceaucescu, c’est que la presse libre se transforme en Pravda ! Silence assourdissant de la presse libre : tapez ‘G8 fausses devantures’ et toutes les variantes possibles dans le moteur de recherche du Monde ou du Figaro ou de Libération… On vous répond « Aucun résultat trouvé ». On nous fait le coup du mépris. Pas une info. Un non-événement. C’est quand même surprenant, non ?

Imaginez la même chose en Chine ou en Iran ou en Corée du Nord ? Les gros titres pendant une semaine ?

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Ivan Petrovich Président !

Posté par grosmytho le 9 juin 2013

En me promenant dans les ruelles sombres de Moscou l’autre soir je me remémorais cet épisode assez surréaliste où, arrivé à Moscou depuis quelques mois, comprenant encore très peu le russe, je m’introduisis subrepticement dans un amphi de la faculté de psychologie pour y écouter un cours.

 

Ce que j’y entendis (mon imagination délirante complétant parfois ce que je ne pouvais saisir au vol) me stupéfia. Non seulement de découvrir la richesse de l’apport de l’école russe de psychologie, dont les grands noms sont peu connus en Occident (souvent à consonnance juive d’ailleurs). Mais plus encore d’entendre prononcer le nom du fondateur de cette école ! Ivan Petrovitch Pavlov (Ryazan 14 septembre 1849 – St Petersbourg 27 février 1936). Pavlov ! Le célèbre biologiste qui décrivit le réflexe conditionnel ou conditionné, que l’on appelle aujourd’hui pavlovien ! Lui-même en personne !

 

(comme toutes les grandes découvertes, celle-ci fut largement due au hasard. Pavlov était biologiste et effectuait des recherches sur le rôle de la salive dans les processus digestifs. C’est en cherchant des moyens de faire saliver des chiens qu’il remarqua que ceux-ci salivaient avant même d’être en contact visuel ou olfactif avec la nourriture, et, subodorant quelque découverte historique, il changea son fusil d’épaule et mit au point l’expérience de la clochette et du chien qui salive qui le rendit célèbre)Ivan Petrovich Président ! dans Psycho ivan-petrovitch-en-personne1-300x225

 

Pavlov psychologue ? Avouez que c’est pour le moins choquant ! Comment ces histoires de chiens saliveurs peuvent-elles avoir le moindre rapport avec les subtilités de la psychologie (par définition réservée à l’humain) ? Biologie ! Physiologie ! Pas psychologie ! Ne mêlons pas les torchons et les serviettes !

 

Hélas ! Le premier mouvement de surprise passé, il faut se rendre à l’évidence. Où commence la psychologie (donc l’étude des mécanismes intellectuels) sinon au réflexe conditionné, c’est-à-dire en ce point d’intersection entre le purement fonctionnel (les réflexes innés) et le purement intellectuel (la réflexion) ? Comment étudier les interactions compliquées des symboles, des mythes, des névroses et des complexes si l’on prétend ignorer leur part de conditionné ? Si l’on rejette avec mépris dans la cuisine des biologistes ce dernier cordon qui nous retient encore, nous hommes, dans le règne animal ? Qui nous empêche, nous créatures supérieures, de disposer en toute liberté de nos facultés ? Qui pose les limites indépassables de la condition humaine ?

 

Freud a inventé la psychanalyse et établi une méthode de psychothérapie. Mais le titre de fondateur de la psychologie en tant que science revient manifestement à Pavlov. Et encore : Ivan Petrovitch est bien plus que cela. Il est la clé du monde post-moderne.

 

Pavlov est le saint patron des publicitaires ! Sur quoi se basent les techniques publicitaires, sinon sur le réflexe pavlovien de reconnaissance inconsciente des produits (vus à la télé, associés à ces éclatants sourires témoins du bonheur sans nuage causé par la consommation dudit produit) ? Depuis le positionnement de la marque, en passant par la promesse consommateur, l’accroche publicitaire, le design des emballages, l’ergonomie du produit, l’image de marque, etc tout se base sur un conditionnement du consommateur. Sur la mise en place de réflexes d’identification et de reconnaissance, de recherche, de comportement, typiquement pavloviens.

 

Il est le saint patron des enseignants ! Que ce soit la conduite de véhicules de tourisme, le pilotage de vélos ou l’étude du chinois, tout apprentissage est conditionnement (acquisition de réflexes) ; tout savoir se décline en réflexes conditionnés où l’habitude remplace la réflexion ! Feu rouge, je m’arrête, feu vert, je démarre. J’attache ma ceinture en m’asseyant au volant, etc. J’accorde le verbe avec le participe sans me poser de questions existentielles.

 

Il est d’abord et surtout le saint patron des politiciens, et encore plus (en notre temps de démocratie plasmo-cathodique) celui des patrons de la télé ! Et par extension celui de leurs sponsors : le CAC 40 ! Les nouvelles du 20 h vous dépriment ? Pas étonnant. Laissez-moi (et mon ami Ivan Petrovitch) vous expliquer pourquoi.shar-pei2-300x250 Pavlov dans Socio

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Le moral des Français est bas parce qu’ils ne croient pas en l’action salvatrice du gouvernement. Hein que c’est bizarre, vu de Russie ? ou d’Angleterre ? Poutine ne fait rien pour mon pouvoir d’achat ! Cameron ne lutte pas suffisamment contre les licenciements ! Le moral des Français est fonction de leur confiance en l’action gouvernementale ? Mieux (ou pire), ces deux grandeurs sont considérées comme interchangeables et on passe de l’une à l’autre sans conversion ni transition. Foi dans votre avenir personnel = foi dans le gouvernement. Ah bon ? Quel est le rapport ? Qui, et surtout comment, est parvenu à persuader les vraies gens, celles qu’on voit à la télé, que leur avenir est piloté au quotidien par le gouvernement ?

 

La réponse est simple. Depuis longtemps la politique ne consiste plus à prendre des décisions, mais en une stricte mise en musique du message médiatique ambiant. Un véritable conditionnement pavlovien qui met magiquement en relation événements et promesses en réalité dépourvues de lien logique ou causal : voitures qui brûlent/kärcher dans les cités ; trou de la sécu/expulsions massives d’étrangers ; chômage/politique de prix des supermarchés, etc. Après le « président du pouvoir d’achat », c’est le « président normal » qui invite les Français à abuser de leur penchant naturel et à interpeler le gouvernement sur la moindre de leurs contrariétés domestiques. Hélas, il ne bénéficie pas de la même proximité que son prédécesseur avec les propriétaires de la télé.

 

Alors que ce sont eux qui font l’opinion. Si les nouvelles du 20 h vous remplissaient d’un allègre optimisme, vous voteriez à gauche, comme tous les idéalistes. On vous projette donc le film d’une société assiégée de l’intérieur et de l’extérieur par la conjugaison des forces maléfiques de l’immigration subie, des escroqueries à l’allocation-chômage et de l’insupportable inertie de la racaille bureaucratique. Les voitures brûlent au 20h? Frileux & angoissés, vous votez à droite.

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Le syndrome Gaston

Posté par grosmytho le 9 juin 2013

En rangeant mes albums de BD, je me suis replongé involontairement dans les aventures de Gaston Lagaffe.

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Vous vous rappelez Gaston, bien sûr, le sympathique employé de la rédaction de Spirou, qui a pour idéal de passer sa journée de bureau à dormir et dont l’ingéniosité laborieuse lui sert à échapper à toute tâche relevant de ses responsabilités (le tri du courrier). Il incarne à merveille cette partie de l’électorat qui trouve que les 35 heures ne représentent qu’un premier pas bien timide dans la bonne direction, que le CDI devrait être garanti à tous en dépit de toute considération économique et que licenciements et délocalisations devraient être passibles de prison.

Gaston représente la victoire ultime du prolétariat sur les forces aliénantes du libéralisme économique ; le triomphe de l’oisiveté sur le productivisme ; l’inertie tranquille de l’humanisme écolo-durable tenant tête aux aboiements des adjudants du grand capital. Il se rend encore sur son lieu de travail, non pas pour fournir le service minimum, mais pour y narguer ceux qui ont commis l’erreur de l’ « employer ». Non pas pour gagner sa vie, mais pour la meubler par des expériences de physique amusante, des bricolages dangereux, des initiatives contre-productives, de la recherche culinaire. Non content de dormir pendant les heures de bureau, Gaston se comporte en résistant, sapant et ridiculisant les activités professionnelles de ses collègues. En bande dessinée, c’est hilarant. La preuve, le succès éditorial de Gaston est énorme : 22 millions d’albums ont été vendus ces dernières décennies en France. Une génération entière a fait de Gaston son emblème.

C’est bien là que le bât blesse. De sympathique et attachant personnage de BD, Gaston a fait son chemin dans l’imaginaire populaire jusqu’à représenter un idéal social pour les sympathisants de la gauche. Calamité pour son employeur et ses collègues de bureau dont il complique singulièrement la tâche, Gaston ne se fait pourtant aucun souci pour son avenir dans la rédaction de Spirou. La crainte du licenciement, sans parler de celle du chômage, sont bien loin de troubler son sommeil. Il est le titulaire du CDI absolu, celui qui est libéré de toute contrepartie productive, de toute mesure disciplinaire, de toute contrainte autre que la présence sur le lieu de travail.

Et pourtant, sous la carapace de son apparente bonhomie, on devine un Gaston inévitablement très malheureux, tant il est impossible de faire de la fuite permanente devant les responsabilités le but d’une vie épanouie, à plus forte raison du parasitisme de longue durée une source durable d’estime de soi. Il s’ennuie, il maugrée, il soupire : le monde est mal fait, les gens sont méchants. Sa résistance héroïque aux forces du capital n’est pas reconnue. Son mode de vie jeans-pull-espadrilles ne fait pas d’adeptes ; il s’enfonce dans une exclusion autoproclamée. Loin de l’admirer, ses collègues tantôt amusés, tantôt exaspérés, le tiennent à distance. Ses engagements écolo et pacifiste, certes louables, ne suffisent pas à remplir de sens ses journées. Ses revenus, stables mais maigres, ne suffisent pas à le motiver. Son intelligence, indéniable, est monopolisée par de médiocres tactiques d’évitement. Comment ne pas faire le parallèle avec l’état d’esprit morose, défaitiste et revendicateur d’une bonne partie de nos contemporains ?

On se prend à rêver pour Gaston d’un changement brutal.

Licenciement, délocalisation, liquidation judiciaire ! Qu’il quitte enfin ce CDI où il se morfond, qu’il aille tenter sa chance dans un environnement qui fera meilleur cas de ses multiples talents. On l’imagine volontiers plombier, publicitaire, inventeur, commercial, activiste ONG, artiste de théatre, dresseur d’animaux, chercheur, que sais-je ! A mesure qu’on s’émerveille sur les vastes horizons qui lui sont ouverts, on s’afflige de son auto-enfermement dans une situation médiocre…   Pareil pour les représentants de la génération Gaston ; le CDI est mort, a-t-on envie de leur dire ! Pas plus que le mariage ne rend l’amour durable, le CDI ne peut bétonner pour toujours l’adéquation économique entre employeur & employé. Qu’on le veuille ou non (que le gouvernement le décrète ou pas) la tendance est au CDD, à la définition d’objectifs communs entre employeur & employé sur une période de plus en plus courte. A l’intérim, au free-lance, aux contrats de services négociés de gré à gré. Qui dit tâches ponctuelles plus variées autour d’une compétence centrale, dit recul de l’approche pavlovienne qui enchaîne mentalement le travailleur à sa machine. Celle qui produit ce curieux agrippement de certains salariés à leur emploi pourtant détesté.

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Moins de pavlovisme dans notre société, c’est un peu de liberté en plus. Mais je vous préviens, il va falloir arrêter la télé !

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