Ils décodent complètement !

Posté par grosmytho le 5 novembre 2018

Enfin ! En ces temps troublés où la multiplication des populismes n’en finit pas de rappeler les heures les plus sombres de gnagnagna, on l’attendait cet article des Décodeurs ! Tous s’y sont essayés, personne n’a su le faire ! Comment les définir ? Qui sont-ils ces « populistes » contre lesquels on nous met en garde ? Comment les reconnaître, ces loups dissimulés sous leur pelisse d’agneau ? Comment les débusquer, ces affreux qui se réclament de la volonté populaire ? Les Décodeurs, vous voyez bien qu’ils servent à quelque chose, apportent finalement les réponses tant attendues…

populisme définitionDes noms ! Ils ont bien raison de commencer par une liste (non exhaustive, bien sûr, hélas !) des affreux jojos auxquels vous ne devez en aucun cas ni sous aucun prétexte accorder votre précieux suffrage. Selon les pays, il s’agit de Donald Trump, de Jean Luc Mélenchon ou encore « Rodrigo Duterte, l’Autrichien Sebastian Kurz et son allié du FPÖ Heinz-Christian Strache, le duo italien Matteo Salvini-Luigi Di Maio et le Brésilien Jair Bolsonaro »… Enfin bon, du moment qu’ils apparaissent de partout comme des champignons après la pluie, il faudrait pour nous rassurer une recette claire, simple et facile pour les  détecter, les identifier, les démasquer !

Etape obligée quand on veut bien décoder : s’entendre sur les définitions. C’est le Larousse, dictionnaire préféré des décodeurs, qui s’y colle. Le populisme, y apprend-on, « est l’attitude politique consistant à se réclamer du peuple ».populist Erdogan

Heu… là, on peut connaître un instant de doute… Se réclamer du peuple, n’est-ce pas ce que font aussi tous les excellents démocrates estampillés premier choix, bio et sans hormones ? Il doit y avoir des critères plus précis, tout de même, non ? Ne jetons pas tout le monde dans le même sac ! Attention à la tentation du « tous pourris » qui est, me dit-on, le véritable cri de rappel des populistes ! Pas d’amalgame ! Pas de coupable confusion ! Séparons le bon grain de l’ivraie !

Des critères, nous rassure-t-on, il y en a ! Il y en a même tellement qu’une infographie est nécessaire pour y voir clair. Sans ménager leur peine, les Décodeurs ont identifié ces critères et passé les déclarations populistes au crible. Les voilà, les positions populistes bien alignées dans des tableaux, le champ sémantique se précise, on cerne au plus près la population contaminée : cette fois, plus d’échappatoire possible !

Sont populistes, donc, ceux qui se réclament de l’écologie… ou non ! Ceux qui veulent moins d’immigration… et ceux qui en demandent plus ! Ceux qui parlent protection sociale et souhaitent plus d’aides aux démunis. Mais aussi ceux qui veulent réduire ces aides ! Citons directement l’article, ça sera plus simple : « économie : de libéral comme Bolsonaro à interventionniste comme Orban… rôle de la religion dans la définition de la politique : important chez Erdogan, ou faible chez Duterte. » Embêtant… Le protectionnisme est classé populiste, mais le libre-échangisme ne l’est pas moins.

Duterte populisteNous voilà bien avancés ! Finalement, ce que nous disent les Décodeurs, c’est que le populisme est partout ! Il se cache potentiellement dans tous les discours. De gauche, de droite, violent ou modéré, classique ou novateur, tel un caméléon au milieu du carnaval de Rio, le populisme use de son mimétisme diabolique et de sa plasticité légendaire pour s’insérer dans les programmes politiques à première vue les plus irréprochables. Comme un véritable Aspartame politique, il vient saupoudrer tous les discours les mieux préparés. Et c’est cette ubiquité qui le rend si dangereux !

Comment faire dès lors, s’arrache-t-on les cheveux de désespoir ?

Rassurez-vous : les Décodeurs, fidèles à leur réputation d’incorruptibles pourfendeurs de mythes, sont parvenus à isoler trois signes de la bête féconde. Cette terrible engeance passe-muraille présente tout de même quelques marques de fabrique absolument infaillibles :

  • la fabrication de boucs émissaires… bon, là, désolé, mais ce qui me vient à l’esprit, c’était le « plombier polonais » du PS en 2005…
  • des « promesses d’autant plus exorbitantes que les moyens élaborés pour les satisfaire sont indigents » ; là encore, excusez-moi de faire du mauvais esprit, mais je revois la « courbe du chômage qui va s’inverser » en dépit (ou grâce à) l’absence de mesures nouvelles annoncées ;
  • la désignation d’un « ennemi à attaquer ou à détruire… alors là, si c’est pas Daech, le terrorisme international ou la recrudescence de l’antisémitisme qui sont visés, je donne ma langue au chat !  populisme français

On tourne en rond : même les trois critères soi-disant infaillibles ne le sont pas tant que ça…

 

 

 

populiste Trump

Comme on l’avait déjà constaté sur la problématique conspirationniste, l’autorité morale qui décide de distribuer les bons et les mauvais points se trouve vite enfermée dans ses contradictions. Le tri n’est pas si aisé à faire qu’il n’y paraît à première vue. Le choix se réduit à censurer tout le monde ou au contraire renoncer à réglementer.

Le pire (ou le plus drôle, au choix), ce sont les commentaires des lecteurs du Monde : on s’attendrait à un déferlement trollesque devant un article aussi ridiculement mal ficelé… Eh bien non : louanges, petites rectifications de détail, quelques nuances polies, et plein de soupirs de soulagement et de commentaires élogieux. Pas un seul troll populiste pour se gausser de cette tentative de décodage si louable qui échoue si misérablement.

Le doute n’est plus permis : si on n’arrive pas à distinguer le bon grain de l’ivraie, si toutes les tentatives de définition du populisme, y compris celles, éminemment autorisées, des Décodeurs, peuvent potentiellement s’appliquer à des politiques tout ce qu’il y a de plus absolument honnêtes et irréprochablement républicaines, cela n’est-il pas la preuve que ces deux noms désignent une seule et même chose ? Qu’ils sont le substantif officiel et le substantif insultant d’un seul et même concept ? CQFD. De même qu’il y a Allemand et Fritz, juif et youpin, banquier et requin de la finance, il y a démocratie et populisme. Politicien et politicard, démocrate et populiste. Deux faces d’une même médaille !

A Larousse donc d’actualiser sa définition ! Suggestion : Populisme – n. masc., substantif péjoratif. Volonté de séduire l’électorat par des affirmations, des formules et des promesses simplistes. Synonyme : démocratie. Antonymes : élitisme, académisme.

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L’éternelle question russe

Posté par grosmytho le 18 janvier 2018

La Russie s’apprête à élire pour la quatrième fois Vladimir Poutine. Homme providentiel pour une majorité de Russes, il est un dictateur pire que Pinochet pour l’Occident et une petite frange d’opposants russes. Le point de la situation et des forces en présence en quelques tableaux concoctés par notre correspondant sur place Youri Popoff.

MOSCOU – L’élection présidentielle qui se tiendra en Russie le 11 mars 2018 pose une fois de plus la question, jamais résolue en Russie, du renouvellement du pouvoir central. Si l’alternance a souvent été relativement paisible, comme lorsque Boris Eltsine démissionna à minuit le 1er janvier 2000, elle n’a jamais été simple ni exempte de risques. Déjà à l’époque féodale, peu de tsars mouraient dans leur lit. L’Union soviétique a eu ces secrétaires généraux qui restaient en fonction jusqu’à leur dernier souffle, puis des foires d’empoigne entre successeurs potentiels aussi difficile à dissimuler qu’à éviter. La Russie eltsinienne a tenté de briser cette fatalité en adoptant le modèle français de république présidentielle basée sur l’élection au suffrage universel du chef de l’exécutif.

A deux mois seulement du jour J, la campagne électorale se poursuit dans une relative indifférence. Les Russes savent à quoi s’en tenir : avant même l’annonce définitive de la liste des candidats autorisés à se présenter, on connaît déjà le résultat qui, d’une façon ou d’une autre, sortira des urnes le 11 mars prochain. « La démocratie, c’est quand le processus est déterminé à l’avance mais le résultat incertain. En Russie, le résultat est prédéterminé, c’est le processus pour y parvenir qui varie » dit-on ici.

mikhail gorbatchevCette année, pour la première fois depuis vingt-cinq ans, on voit un « pluralisme neuf » s’opposer au « pluralisme ancien ». Depuis les années 1990, la politique russe est dominée par une poignée de patriarches qui s’opposent, certains disent pour la galerie, au clan Eltsine-Poutine. Il s’agit principalement de Vladimir Jirinovski (nationaliste), de Guennadi Ziouganov (communiste) et de Grigory Yavlinski (néolibéral). Depuis quelques années, et plus encore ces derniers mois, on voit une « jeune garde » entrer en scène pour défier ces reliques du passé, aux premiers rangs desquels Alexei Navalny et Ksenia Sobtchak. Si l’ancienne garde s’oppose dans un schéma proche de notre opposition droite-gauche, considérant comme entendus les principes de fonctionnement autoritaire de l’Etat russe, ces nouveaux venus veulent remettre en cause ce système lui-même. Alexei Navalny enfourche le cheval de bataille de la lutte contre la corruption et annonce son intention d’établir un Etat de droit, tandis que Ksenia Sobtchak milite pour une Russie moderne, démocratique, respectueuse des valeurs et des codes en vigueur en Europe.  guennadi ziouganov

La Constitution russe, calquée sur le modèle français de la Ve république, en reprend les principales dispositions : Parlement bicaméral, régime présidentiel, élection au suffrage universel des représentants régionaux (législatives) et du chef de l’exécutif (présidentielles). En Russie comme en France, le scrutin présidentiel se joue en deux tours, les deux candidats ayant obtenu les meilleurs scores au premier tour s’affrontant au second. Comme en France, le système des partis fait que différentes familles politiques se partagent les sièges au Parlement et proposent des candidats à la présidentielle. Ce qui distingue la Russie des démocraties « véritables », c’est que la séparation des pouvoirs reste très relative. La dépendance des branches judiciaire et législative vis-à-vis de l’exécutif donne au président russe des pouvoirs plus étendus encore que ceux, déjà excessifs, du président français. Cette concentration des pouvoirs rend très risquée l’élection au suffrage universel, un problème déjà identifié à l’époque par Tocqueville :

alexis de tocqueville« Il est clair que plus le pouvoir exécutif a de prérogatives, plus l’appât est grand; plus l’ambition des prétendants est excitée, plus aussi elle trouve d’appui dans une foule d’ambitions secondaires qui espèrent se partager la puissance après que leur candidat aura triomphé.

Les dangers du système d’élection croissent donc en proportion directe de l’influence exercée par le pouvoir exécutif sur les affaires de l’État.»[1]

Le choix fait par la Russie d’élire son président au suffrage universel illustre son côté « europhile » ; le fait de lui donner des pouvoirs de despote procède de son caractère « slavophile ». La Russie est éternellement tiraillée entre son admiration pour l’Europe et son besoin de suivre sa propre pente. D’où ce système politique hybride, ni entièrement démocratique, ni absolument monarchique, où l’on demande son avis au peuple tout en se méfiant de ses foucades. Le renouvellement ne peut s’y faire que par cooptation : Eltsine a nommé en Poutine son successeur, et Poutine, le jour venu, fera de même (il l’a fait en 2008 en nommant Dmitry Medvedev). Ce que l’on observe à l’approche d’une élection, ce n’est pas une campagne électorale à proprement parler, mais plutôt une sorte de prise de position, pour ou contre, de toutes les forces politiques. L’élection propose au peuple de valider et non de choisir. emmanuel todd

Ces périodes d’agitation politique sont perçues, en Russie et ailleurs, comme des périodes de vulnérabilité aux influences étrangères. En Russie, « vieille puissance européenne, la seule force indépendante du système globalisé qui a réussi à se maintenir »[2], le regain de tension avec l’Occident fait craindre le scénario d’une agitation démocratique pilotée de l’étranger sur le modèle des « révolutions de couleur » déjà observé en Géorgie en 2003, puis en Ukraine en 2004 (« révolution orange »), en 2005 avec le coup d’Etat « des tulipes » au Kirghizstan, puis à nouveau l’Ukraine en 2013-14 sur la place Maïdan. Voir la Russie sombrer dans un tel « chaos démocratique », c’est la hantise de Vladimir Poutine et de la « vieille garde » politique. C’est un tel soulèvement démocratique qu’espère ouvertement la « jeune garde ».

Une majorité de l’opinion préfère s’en remettre à un leader paternaliste, voire autoritaire, plutôt que de se risquer à nouveau dans un libéralisme politique qui renouerait avec la tragique expérience démocratique des années 90 accompagnée de la « thérapie de choc » économique. Il est difficile, pour un Occidental qui lisait quotidiennement des louanges sur Gorbatchev le démocrate, puis sur Eltsine le pragmatique, d’imaginer le niveau de ressentiment des Russes envers ces deux dirigeants auxquels ils doivent une des pages les plus sombres de leur histoire. Corruption, népotisme, hyperinflation, chômage, déclassement : l’effondrement économique, politique, social qui accompagna la démocratisation a laissé dans l’opinion une trace comparable à une guerre dont on commence seulement à se relever. Perçu depuis 1999 comme le « serreur de boulons », Vladimir Poutine, 65 ans, a donc beau jeu de se présenter comme la seule alternative au désordre.

clin d'oeilL’ancien chef du FSB (successeur du KGB), nommé Premier ministre en 1999, a fait de la « verticale du pouvoir » son credo. Depuis le premier jour de son règne, son obsession a été d’éliminer tout pouvoir qui ne découle pas en ligne directe de celui du président. Aucune autorité indépendante n’existe plus en Russie : ni la justice, qui est inféodée à l’exécutif dès que les affaires traitées prennent une nature politique, ni la branche législative, qui est sans cesse tenue par une très visible « laisse patriotique », ni même les partis politiques, qui doivent donner, pour être autorisés à fonctionner, toutes sortes de garanties exorbitantes, ni évidemment la télévision, considérée comme le 4e pouvoir. Les autorités se sont convaincues au fil des ans que ni la presse écrite, ni la radio, ni internet ne possèdent ce pouvoir d’influence sur l’opinion publique, c’est pourquoi ces trois types de médias y jouissent d’une liberté de ton similaire à celle qu’ils ont en Occident. Il serait intéressant de procéder à une analyse plus fine de l’attitude des autorités confrontées à l’apparition de blogueurs de plus en plus influents, de leaders d’opinion sur Twitter ou Facebook, et de « chaînes Youtube » suivies par des millions d’internautes. Certains politiciens s’en inquiètent et appellent à un contrôle plus strict des nouveaux médias. Tout cela fait du président, libre de conduire sa politique et maître de l’interprétation qui en est donnée au public, un être exceptionnel auquel personne ne peut réellement se comparer.

C’est bien ainsi que le député indépendant Vladimir Ryzhkov analyse la stratégie électorale probable du chef de l’Etat qui sera candidat pour la quatrième fois à sa propre succession. « Vladimir Poutine est arrivé au pouvoir sous la casquette de chef militaire inflexible, seul capable de mater l’insurrection tchétchène. En 2004, il incarnait l’ordre républicain et le retour d’une forme de fierté nationale. Passant la main à Dmitri Medvedev, c’est pourtant lui et non le président, qui a géré la crise en Géorgie en 2008. En 2012, il a repris les rênes avec pour objectif de restaurer l’influence internationale de la Russie. Cette année, c’est évident, il va se poser en ‘bon père de famille’ et transformer l’élection en plébiscite. » Dès lors, il est peu probable que des trublions, jeunes ou vieux, parviennent à perturber ce message de conservation des acquis qui sera le thème principal de la consultation : les premiers sondages du Centre Levada le créditent de 53% des intentions de vote, contre 3 à 4% pour ses concurrents les plus sérieux. Ce sera « lui ou le chaos. »  le résistant

« Le chaos, c’est lui » affirme en substance son principal opposant, Alexei Navalny, 41 ans. Ancien bureaucrate devenu entrepreneur, puis juriste blogueur, il a fait de la lutte contre la corruption son cheval de bataille, et son message porté par une carrure athlétique et une voix posée résonne dans une grande partie de l’opinion. Pour mémoire, il avait pu participer aux élections municipales à Moscou en 2013 et obtenu un score plus qu’honorable de 27% des voix. Il est aujourd’hui avec Vladimir Jirinovski l’un des rares politiciens en situation d’organiser des meetings à grande échelle dans toutes les principales villes du pays. Il ne s’en prive pas, malgré les menaces de mort qui lui sont régulièrement adressées. Que ce soit devant les foules de ses admirateurs ou sur son émission hebdomadaire diffusée à 20h18 sur Youtube, il ne mâche pas ses mots. Il martèle son message lors de chacune de ses interventions : « Poutine est le principal pourri », « ce qu’il faut combattre c’est le système Poutine », réfutant l’image traditionnelle du « bon tsar » impuissant à discipliner ses subordonnés.

Pourra-t-il être candidat ? C’est pratiquement exclu, la Commission électorale centrale l’a déjà annoncé de façon informelle. Condamné au pénal, il est frappé d’inéligibilité. C’est là le « paradoxe Navalny » : le pourfendeur de la corruption est lui-même sous le coup de plusieurs poursuites ayant trait à ses activités politico-économiques dans les régions de Kirov et de Yaroslavl. Bien entendu, dans un pays où l’indépendance de la justice est pour le moins relative, il bénéficie d’une immunité quasi-totale dans l’opinion publique, et les autorités judiciaires sont vues comme a priori au service du Kremlin. Certains affirment pourtant qu’il n’a endossé son pourpoint d’opposant politique que pour échapper aux poursuites dont il fait l’objet sur plusieurs dossiers d’enrichissement personnel dont le plus ancien remonte à 2009. D’autres pointent sa participation au programme américain de « Yale world fellow » pour suggérer son affiliation au « parti de l’étranger ».

« Opération mains propres » à l’intérieur, « opération réconciliation » à l’extérieur : sa plateforme électorale remet en cause les grandes orientations géopolitiques de l’époque Poutine. Alexei Navalny préconise une révision douloureuse des budgets militaires, un désengagement sur les théâtres extérieurs et une renégociation du statut de la Crimée. Sur le plan économique en revanche, son approche correspond à celle qui a été suivie jusque-là : non-remise en cause des privatisations de 1991-1996, poursuite de l’intégration à l’économie globalisée par le truchement de l’OMC et des accords multilatéraux.

A l’opposé du spectre politique se trouve Guennadi Ziouganov, 73 ans, doyen et indéboulonnable secrétaire du parti communiste, vétéran électoral. Depuis vingt-cinq ans il préside à l’« européisation » de l’ancien parti unique qui a vu son potentiel électoral chuter de plus de 30% à environ 17% des voix aux dernières consultations électorales. Suffisamment autoritaire pour résister à ses opposants en interne, il se réserve depuis 2000 la place de candidat à chaque élection présidentielle. Fort de son image de représentant des travailleurs, de ses mains rugueuses et de sa voix caverneuse, exercé à débiter sur un registre funèbre mais convaincant les doléances du prolétariat, il est tragiquement dépourvu de charisme et incarne bien, par son débit laborieux et la lenteur de ses réparties, le passéisme dont l’accusent ses contradicteurs. Les premiers sondages d’opinion ne lui promettent pour l’instant que 3 à 4% des voix.

On peut en dire presque autant du chef du parti néo-conservateur Yabloko (la pomme), Grigori Yavlinski. Lui aussi vétéran de la politique et chef de parti inamovible depuis le début des années 1990, lui aussi martelant inlassablement les mêmes formules, il n’a cependant pas été candidat en 2008 et en 2012 faute de produire un nombre suffisant de signatures validées par la Commission électorale centrale. « Jeune réformateur » à l’époque Eltsine, il avait frappé les esprits par son « programme des 500 jours », une thérapie de choc inspirée de l’école américaine des Chicago Boys, similaire à celle qui fut mise en œuvre par son rival néo-conservateur Egor Gaïdar et qui avait provoqué faillites, licenciements de masse et hyperinflation. Comme tous les grands idéologues, il voit dans l’échec de sa méthode la preuve de sa justesse. Il propose donc logiquement de la répéter avec plus de rigueur et en augmentant les doses. Il est pour l’instant crédité d’un score inférieur à 1% des voix.

le clown fatigué devenu sageVladimir Jirinovski, 71 ans, troisième mousquetaire de la politique russe, bat tous les records de persévérance puisqu’il s’apprête à participer à sa 6e élection présidentielle. Après avoir obtenu un peu moins de 10% des voix en 2008 et en 2012, il est aujourd’hui crédité d’environ 4% des intentions de vote. Figure qualifiée d’ultra-nationaliste par la presse étrangère, considéré comme un épouvantail à l’époque Eltsine, il s’efface désormais derrière Vladimir Poutine qui a endossé dans les médias occidentaux le rôle du méchant. S’il est peut-être l’un des meilleurs analystes de la situation politique, il est sans conteste le plus redoutable orateur. Habile à mettre les rieurs de son côté par une tirade imprévisible lorsqu’il est désarçonné, il n’a que rarement recours à cet artifice tant c’est lui qui généralement domine les débats de sa voix curieusement criarde, parfois éraillée, grâce à des formules qui font mouche : « Des mécontents, il y en a toujours eu et il y en aura toujours. Citez-moi un pays, une époque où le peuple dit: ‘c’est bon, tout va bien, nous sommes contents, nous avons ce que nous voulons’ ». Il résume assez bien l’opinion générale lorsqu’il dit: « La démocratie n’est pas faite pour nous. La démocratie c’est la rue, la rue c’est l’émeute, l’émeute, c’est le sang et la tragédie. Assez de révolutions ! Assez de tragédies ! Il nous faut un tsar, un patriarche, un chef dont l’autorité morale apaise la politique. »

Mais la vedette de ces élections nouvelle formule est sans conteste Ksenia Sobtchak. A 36 ans, la candidate à la candidature est la cadette et la nouvelle venue, et c’est elle qui fait le buzz. Elle apporte de l’animation à une campagne qui menaçait d’être terne. Si elle peut à première vue passer pour la « Paris Hilton russe », force est de constater qu’elle est bien plus que cela. L’ancienne journaliste politique issue de la téléréalité est la personnalité la plus controversée du spectre politique : en témoignent les premiers sondages du Centre Levada qui la créditent de 1% seulement des intentions de vote, même si « 9% des personnes interrogées n’excluent pas de la soutenir ». Un potentiel intéressant pour la fashionista représentative de la jeunesse dorée du pays qui se pose en héritière morale de son père Anatoly Sobtchak, ancien maire de Saint Pétersbourg, mentor de Vladimir Poutine et père de la Constitution russe. Si son programme reste assez peu détaillé, elle tranche d’ores et déjà avec le reste de l’establishment par ses positions résolument pro-occidentales et pro-démocratiques.  la candidate

C’est ce dernier aspect qui rend ces élections intéressantes: certains analystes les déclarent déjà « historiques ». Même si le débat politique russe a toujours été virulent entre les partisans de plus de libéralisme ou d’un retour au collectivisme, ceux d’une détente avec l’Occident et ceux qui prônaient une politique étrangère plus sourcilleuse, la question n’a jamais été soulevée d’un renoncement au statut de grande puissance au profit d’une intégration à l’Occident. Rendre la Crimée et se ranger aux exigences de la communauté internationale, notamment en matière de standards démocratiques et de droits humains, c’est en gros ce qui filtre pour l’instant du programme de Mme Sobtchak. Riche et célèbre, la « révolutionnaire en vison » est cependant très impopulaire jusque dans les rangs réformateurs où on lui reproche son mode de vie de jet-setteuse et ses déclarations volontiers méprisantes envers les « pouilleux » qu’elle n’aime pas retrouver sur son chemin lors de ses escapades dédiées au shopping, à Londres ou à Monaco. Sa prise de position au sujet de la Crimée a touché un nerf sensible dans l’opinion qui voit majoritairement dans « le retour de la Crimée dans le giron de la Patrie » une première réaffirmation, aussi rare que précieuse, de la capacité de la Russie à défendre ses intérêts vitaux.

sergei udaltsovSergei Udaltsov, un opposant à Poutine proche du PC, la décrit comme un « cheval de Troie du Kremlin ». Il n’est pas le seul à voir dans sa candidature ce que l’on appelle en Russie une « technologie sale », c’est à dire un artifice mis en place par le pouvoir pour manipuler l’opinion. Si c’est le cas, on pourra dire que le Kremlin aura fait d’une pierre deux coups : discréditer l’ensemble du mouvement anti-Poutine par la présence, aux côtés des opposants sincères et idéalistes, pro-démocratie, d’une candidate au profil et aux prises de position clivantes. Deuxièmement, elle pourrait contribuer à attirer vers les urnes les classes moyennes-supérieures, fortement dépolitisées, de l’électorat et ainsi accroître la participation, donc la légitimité du scrutin. D’autres analystes au contraire voient en l’émergence de Ksenia Sobtchak un signe de l’efficacité des sanctions internationales qui frappent surtout cette partie privilégiée de la population. « Les classes moyennes-supérieures sont frappées de plein fouet par les sanctions qui rendent plus difficiles l’obtention de visas et menacent leurs avoirs à l’étranger. Mme Sobtchak, qui propose de renoncer aux attributs de grande puissance de la Russie en échange d’une intégration au camp occidental, leur parle un langage qu’ils comprennent, même si le personnage en lui-même leur est antipathique. » Ivan Vichnievsky, journaliste politique, considère qu’elle « est la seule représentante des valeurs de l’Occident. Elle bénéficie à la fois de soutiens à l’étranger et de sympathies au cœur de l’appareil, et pourrait représenter, si une situation de type Maïdan devait se développer, une figure acceptable par les deux parties ».

Cela dit, l’option d’une réconciliation avec l’Occident est problématique pour une majorité de l’opinion.

Pour une raison historique : peu de gens croient que l’Occident soit prêt à renoncer à sa russophobie traditionnelle, quels que soient les efforts de la Russie pour se transformer. L’époque Eltsine est encore présente dans les esprits, où la main tendue russe n’a rencontré à l’Ouest que méfiance, voire mépris. L’Otan a profité de la dissolution du Pacte de Varsovie pour avancer ses pions en Europe de l’Est, les multinationales ont profité de l’effondrement économique pour racheter tout ce qui pouvait l’être et tenté de prendre le contrôle d’actifs stratégiques dans le pétrole, le gaz, la défense… A chaque fois que la Russie faisait mine de défendre telle ou telle parcelle de souveraineté, tel ou tel intérêt vital, une rhétorique de guerre froide réapparaissait  immédiatement dans les médias occidentaux pour dénoncer le « retour de l’ours russe » et brandir des menaces de sanctions économiques.

Pour une raison pratique : on voit mal ce que l’Occident aurait à offrir à la Russie en échange de son renoncement au statut de grande puissance. L’Otan ne reviendra pas sur ses avancées ni n’intègrera la Russie, l’UE n’offrira pas de coopération ou investissements sérieux à un pays seulement associé, encore moins ne voudra-t-elle s’encombrer d’un nouveau membre de cette importance. Les États-Unis en profiteront probablement pour prendre pied partout où la Russie laissera le champ libre, que ce soit en Syrie, en Ukraine, au Venezuela ou ailleurs. Le seul résultat tangible serait donc la levée des sanctions économiques, lesquelles ne présentent pas que des inconvénients à l’heure actuelle (redéploiement de l’économie, mobilisation nationaliste de l’opinion), ce qui ferait surtout l’affaire de l’Europe (en recouvrant son accès à son plus important marché d’export agricole).

C’est pourquoi il n’est pas absurde, du point de vue russe, de qualifier la candidature de Ksenia Sobtchak comme le « parti de l’étranger », et c’est là l’avis d’une majorité des analystes politiques. Elle-même ne fait rien pour le réfuter, puisqu’elle a choisi comme directeur de campagne Igor Malachenko, proche du clan Clinton et ancien conseiller de Boris Eltsine (artisan de sa réélection quasi-miraculeuse en 1996), en remplacement d’Alexei Sitnikov, lui aussi très lié aux milieux politiques américains.

Cette élection nous interpelle en tant qu’Européens nés et grandis dans l’idéal démocratique. Les Russes restent des Européens à part : même s’ils partagent avec l’Europe un grand nombre de valeurs et traditions, peu nombreux pourtant sont ceux qui voient dans la démocratie une panacée ou un objectif en soi. La raison en est la descente aux enfers qui a suivi la transition démocratique en 1991, et dont les effets se font encore sentir vingt cinq ans plus tard. Les estimations varient, mais l’ensemble de la classe politique s’accorde à considérer cette période comme un « génocide économique » qui aurait coûté au pays entre 20 et 30 millions de citoyens, suite aux effets cumulés de la surmortalité (libéralisation de la médecine, crise sanitaire, crise économique), du krach démographique et de l’émigration massive.  caricature3

Même si le « ras-le-bol-de-Poutine » existe en Russie, il a été balayé par une vague de patriotisme suite à l’annexion de la Crimée (ici, on dit « le retour de la Crimée dans la patrie »). Ce premier point marqué après une longue série de vexations infligées par l’Occident est venu juste à temps pour légitimer la ligne souverainiste qui a toujours été celle de Poutine. Les sanctions, les Russes sont largement d’avis de les supporter, et nombreuses sont les voix qui affirment que, sous ce prétexte ou un autre, l’Occident les aurait de toute façon mises en place. Depuis 2014, l’opposition à Poutine a du plomb dans l’aile, et la relative unité qu’on observait sur la place Bolotnaya en 2011 s’est dissoute. Les anciens, Kassianov, Kasparov, Koudrine, ont renoncé, jugeant que le jeu n’en valait plus la chandelle. Les jeunes, Navalny, Sobtchak, Udaltsov, se disputent tant sur le programme de l’opposition que sur la stratégie à adopter. Exilé à Londres, le milliardaire Mikhail Khodorkovski observe et soutient l’opposition à Poutine tout en remarquant : « Qu’Alexei Navalny soit ou non autorisé à participer, cette élection n’en sera pas une. Il faut refuser de participer à une farce électorale qui ne fera que légitimer le pouvoir en place. »

emil cioran« Par rapport à l’Occident, tout en Russie se hausse d’un degré » écrivait Cioran[3]. C’est vrai de ces élections aussi : farce pour les uns, étape historique pour les autres, l’hystérie sur les plateaux télé contraste avec la placidité de l’homme de la rue. La Russie est un miroir grossissant où l’Europe peut voir ses propres travers, exagérés. Jusqu’en 1991, elle a pu y admirer les défauts du socialisme privé de contre-pouvoirs, puis de 1991 à 2000 les affres de l’ultra-libéralisme dérégulé… Depuis 2000, la Russie nous joue une parodie qu’on pourrait appeler « la démocratie en état d’urgence ». Comme on aime dire ici, l’homme intelligent apprend de ses erreurs, l’homme sage apprend des erreurs des autres…


[1] Alexis de Tocqueville, De la démocratie en Amérique, 1835

[2] Emmanuel Todd, Ou en sommes-nous ? Une esquisse de l’histoire humaine. Seuil, 2017

[3] Cioran, Histoire et utopie (1960)

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Faut-il censurer la presse ?

Posté par grosmytho le 18 juin 2013

Curieuse terreur des régimes non démocratiques devant la prétendue toute-puissance du verbe. Ne pouvant interdire la pensée ni la parole, ils interdisent et censurent l’écrit !

Curieuse terreur des régimes démocratiques promoteurs des droits de l’Homme devant le pouvoir magique de l’écrit qui interdisent et censurent l’expression de « certaines idées qui ne sont pas des opinions mais des délits »…

Chez nous on préfère censurer les étrangers. Le mot d’ordre est : «surtout ne pas donner une tribune à tel dictateur ou tel terroriste !»  On ne sait jamais : et s’il arrivait à nous hypnotiser ? Pire : à nous faire changer d’avis ? A nous convaincre du bien-fondé de son combat ?

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Et pourtant je vous le demande : quel texte écrit (imprimé, publié) a jamais détruit ou rebâti un temple ? Quel pamphlet a jamais renversé un pouvoir en place ? La parole, je ne dis pas : des tribuns, il y en a eu, et ils ont fait des révolutions et lancé des guerres civiles, soulevé la foule par la force du verbe (pas uniquement – en général ils avaient aussi des milices, des financements et des armes venant de l’étranger). Mais l’écrit ?

Vous me dites Mein Kampf ou le Petit livre rouge? Ou alors les Œuvres complètes de Lénine ? Ces manuels de la pensée du Chef n’ont jamais passionné les foules ; peut-être ont-ils connu un éphémère succès de librairie lorsque le Chef, arrivé au pouvoir par la ruse et par la force, en a fait le livre de chevet obligatoire sous peine de poursuites judiciaires motorisées…  Mais de là à soulever spontanément les passions…

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Hugo, le détestateur le plus talentueux de l’homme du 2 décembre, a écrit les Châtiments, mais ce sont les Prussiens qui ont dû s’occuper du changement de régime en France. Mais les Châtiments ! Un monument littéraire, le summum du pamphlet, qui allie justes récriminations envers les crimes et la corruption du régime impérial de Napoléon III et immensité du talent évocateur. J’adore ses titres qui reprennent dans une mordante ironie les slogans du régime détesté pour en souligner la vacuité :

Livre I La société est sauvée

Livre II L’ordre est rétabli

Livre III La famille est restaurée

Livre IV La religion est glorifiée

Livre V L’autorité est sacrée

Livre VI La stabilité est assurée

Livre VII Les sauveurs se sauveront

Les sauveurs se sauveront ! Victor Hugo exilé par le pouvoir en place s’installe à Guernesey, loin des mondanités de Paris où il brillait, et décrit (déclame et écrit) les turpitudes et la répression féroce du second Empire. De 1855 à 1872 il exprime en vers sa haine du régime qui mettait en boîte les espoirs nés de la Révolution. Il fustige, avec une violence et une verve inouïes, la corruption et les atteintes à la liberté d’expression. Il moque magnifiquement la petitesse d’esprit et la vanité du monarque.

Victor a perdu, mais Hugo a gagné. Il n’a pas renversé le pouvoir en place, il n’a pas eu les honneurs factices & éphémères dont Napoléon le Petit s’est couvert ; mais il a gravé pour toujours les principes de la démocratie et de la justice sociale ; il a rêvé la société social-démocrate : Droits de l’homme, justice, abolition de la peine de mort, intégration européenne, ONU. Cent cinquante ans plus tard, certaines de ses idées ont été mises en pratique, d’autres attendent encore leur heure.

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Mais le pouvoir en place, me direz-vous ? N’est-il pas composé de gens qui, contrairement au donneur de leçons d’outre-Manche, ont à gérer au quotidien la stabilité et la sécurité du pays ? Qui, écrasés de responsabilités, pensent agir au mieux des intérêts nationaux ? Qui, inscrivant leur action dans la continuité historique, se targuent de prendre les ingrates décisions qui leur sont imposées par la situation? Qui ont pris sur eux la responsabilité concrète des affaires?

Napoléon III, Fidel Castro, Poutine, Ahmadinedjad, Hugo Chavez, Hu Jintao ne sont-ils pas aussi ces capitaines inflexibles qui, à force de mesures draconiennes, de sacrifices douloureux et d’entorses à la morale bien-pensante, posent dans leur pays les bases d’un futur meilleur ? D’ailleurs leurs efforts ne sont-ils pas reconnus par la majorité silencieuse qui  préfère toujours l’élévation du niveau de vie à l’idéal démocratique ? N’en déplaise à nos amis les moralistes, ces personnages sont relativement populaires dans leurs pays respectifs. Largement autant voire plus que les dirigeants démocratiquement élus chez nous. N’est-il pas naturel qu’ils détestent ces mouches du coche qui, libres de tout engagement, les harcèlent de leurs sarcasmes et sapent leur grandeur ?

Qui faut-il croire, et qui soutenir ? Le chef ou le dissident ? Ma conviction est que, le monde étant ce qu’il est, les deux sont nécessaires. Il n’y a pas de bons ni de mauvais chefs, celui qui est dépourvu de contempteurs a vite fait de se croire infaillible : sa poigne naturellement s’abat sur tout ce qui ne pense pas comme lui, écrase la contradiction et remet sans cesse à plus tard le débat démocratique. L’imperator avait son Tertullien (Hominem te esse memento! Souviens-toi que tu n’es qu’un homme), le roi son bouffon, le démocrate son opposition. Tout dictateur a besoin d’un bon bloggueur – incisif, méchant, ironique, irrévérencieux – pour bien faire son travail.

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Sommons donc Raoul Castro, Xi, et les autres, de libérer les prisonniers d’opinion, ceux qui n’ont fait qu’exprimer par écrit leur mécontentement. Si Victor Hugo n’a pas eu raison de Napoléon III, il est peu probable que Han Han renverse Xi Jinping, ou Calixto Martínez, Raoul Castro, avouez.

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De même, si je puis me permettre, un petit conseil à tous mes collègues les bloggueurs de la liberté : relisez les Châtiments et faites pareil. D’autant que c’est devenu tellement facile de nos jours, avec internet ! Préférez l’exil à la fausse gloire de l’emprisonnement ou du soulèvement populaire. Blogguez, écrivez, diffusez, pacifiquement, vos arguments irréfutables ! Construisez brique après brique un monument historique qui documentera le présent et fera fi des péripéties du futur ! Et, de grâce, jetez aux orties twitter et langage sms qui ne font franchement pas honneur à la profession…

(A suivre)

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