Quand le storytelling craque de partout…

Posté par grosmytho le 16 décembre 2016

Rue89 vient de publier un article qui fera date. Sous le titre « Dans sa nouvelle vie, Pierre Le Corf défend le régime syrien sur Facebook » on a une journaliste parisienne, Nolwenn Le Blevennec, le cul bien au chaud dans son bureau parisien, qui nous explique placidement que le malheureux Pierre Le Corf, à Alep, ne comprend rien à la situation en Syrie.

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« Ce jeune Breton, qui témoigne sincèrement de ce qu’il voit autour de lui, mais qui n’a ni les moyens ni la volonté d’accéder à une vue d’ensemble, commence tout juste à s’interroger sur sa responsabilité. »

Le « jeune Breton » ne prétend pas fournir un tableau d’ensemble, simplement il rend compte de ce que lui disent les Syriens qu’il côtoie. Pleine de mansuétude, la Bretonne beaucoup plus expérimentée, recherche dans la courte biographie du globe-trotteur Le Corf les éléments qui peuvent expliquer sa confondante naïveté. Le jeune Breton, sensible et émotif, est « imprégné malgré lui par la propagande du régime de Damas » affirme la Parisienne, sans s’interroger une seule seconde sur sa propre imprégnation par la propagande du « régime » de Paris.Afficher l'image d'origine

Et pourtant, cinq ans après le début de cette horreur, il serait temps de se poser quelques questions. Le vernis propagandiste craque de toutes parts. On sait depuis des années que le « printemps arabe » syrien est dès le début un soulèvement armé financé par l’Arabie Saoudite et le Qatar avec le soutien des Américains pour une histoire de gazoduc dont Assad n’a pas voulu. Il est clair depuis longtemps que le camp occidental, en dépit de ses échecs et de ses crimes en Irak, en Afghanistan, en Libye, au Yémen, souhaite répéter une fois de plus sa stratégie du changement de régime en Syrie. Le flou entretenu par les Américains et les Européens sur leur soutien aux « rebelles modérés » ne tient plus : on comprend depuis au moins un an que les Russes disaient vrai lorsqu’ils affirmaient que l’Occident aidait en armes et en informations Al-Qaeda et Daech en Syrie, tout en prétendant les combattre dans le reste du monde. A partir de là, il est raisonnable de se demander, comme le faisait Poutine, si les préoccupations humanitaires affichées par l’Occident à grand renfort de trémolos, et même sa volonté de combattre le terrorisme à coups de « convois humanitaires », étaient bien sincères.

Des révélations lancées par Wikileaks, Sputnik news, Russia Today, le Canard enchaîné ou le blog d’Olivier Berrurier, remplies d’indices concordants et de faits irréfutables, documentent la déroute de l’information officielle. Toutes ces informations montrent que parmi les dirigeants démocrates, l’obsession anti-Bachar a balayé toute autre considération ; trahisons historiques, victimes civiles, crimes de guerre, mensonges énormes, alliances contre-nature, tout est considéré comme nécessaire, voire souhaitable (on se rappelle de Fabius et le « bon boulot » d’Al-Qaeda en Syrie). Personne ne se pose d’ailleurs sérieusement la question, au-delà de l’objectif de « faire partir Assad », du sort de la Syrie future.

Afficher l'image d'origineLes mensonges officiels s’effondrent les uns après les autres comme un château de cartes, on pourrait s’attendre à un mea-culpa de la part de la presse démocratique similaire à celui qui avait suivi les charniers de Timisoara. C’est le contraire qui se produit. Une offensive propagandiste sans précédent, une sorte de « mère de toutes les batailles » médiatiques, est lancée. Baroud d’honneur ou début d’aveu ?

Le storytelling réagit avec ses armes, montant en épingle des situations ponctuelles (parfois totalement falsifiées, parfois simplement isolées de leur contexte) pour tirer les larmes du public. On a ces tweets de la fille de sept ans qui raconte dans un anglais parfait l’agonie de sa famille dans Alep-Est « bombardée par le régime » ;  on a ces histoires répétitives de « dernier hôpital bombardé » ; on a John Kerry qui en appelle à « la compassion » de Poutine pour qu’il accepte un cessez-le-feu au lieu de mener à son terme la reconquête d’Alep. La propagande de guerre est assiégée à Alep-Est. Va-t-elle se rendre à l’évidence et capituler ?

Voyez cet article surprenant des « Décodeurs » du Monde qui commencent à mettre prudemment un peu d’eau dans leur vin en avouant : « la désinformation n’est pas l’exclusivité d’un camp ou de l’autre. »

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Sarin… à voir !

Posté par grosmytho le 6 septembre 2013

Tous les individus normalement constitués se sont demandés à un moment devant le tsunami médiatique qui déferle depuis le 21 août : « en quoi tuer des gens avec du gaz est pire que tuer des gens par d’autres moyens ? ». 

Sarin... à voir ! dans Propagande explosifs-guimauve

Et il faut avouer que la presse, toute à son effort pour diaboliser Assad, ne fait pas grand-chose pour éclairer notre lanterne. Pourquoi, alors qu’on déplore 100,000 morts dans la guerre civile qui ravage depuis 2 ans la Syrie, cette hystérie soudaine à propos des armes chimiques qui auraient été utilisées par « le régime » contre « son propre peuple » ?

grenade-chupa-chups démocratie dans Propagande

Cette affaire de gaz sent mauvais. D’abord, ce n’est pas en ce 21 août qu’ils ont été utilisés pour la première fois en Syrie. Carla del Ponte (pratiquement la seule source crédible dans cette histoire, à mon avis) accusait déjà le 5 mai dernier les rebelles/al Qaida/l’armée syrienne libre/les islamistes/bref, les anti-Assad d’usage d’armes chimiques en mars et en avril. Avant que la machine médiatique ne noie le public sous les dépêches attribuant au « régime » ces attaques chimiques. On se demande donc quelle « ligne rouge » peut avoir être franchie ces derniers jours ?

Pourquoi 1300 civils tués au gaz (ou « une centaine » ? tous les chiffres intermédiaires circulent sans qu’on sache lequel est le bon), sur 100,000 morts de la guerre civile, représentent-ils soudain un inqualifiable profanation de tout ce qui est sacré ?

arme-blanche double standardAlors que les massacres à la kalachnikov, les bombardements, les exécutions sommaires, les tortures et les décapitations n’étaient considérés par la presse occidentale que comme les regrettables conséquences de toute guerre (hormis les guerres chirurgicales qui, elles, on le sait et on l’a vu à la télé, ne tuent que des méchants, et encore, proprement, sans cadavres visibles).

Pourquoi cette fixation sur les armes chimiques, alors même que l’on sait que les puissances occidentales en ont toutes usé à différentes époques (les Français apparemment en Algérie, les USA en Iran [par l’intermédiaire de leurs alliés irakiens] et avant ça au Vietnam, les Russes probablement en Afghanistan, etc). Et surtout ils en ont fourni d’importants stocks à leurs protégés du Tiers-monde pendant la guerre froide, à l’Irak et à la Syrie surtout. En pensant que ces obus chimiques serviraient éternellement de bibelots décoratifs ?mitraillette-a-eau drone

Charlie Hebdo propose une piste : d’après son éditorialiste, cette horreur occidentale pour l’arme chimique serait due (un peu paradoxalement) à son caractère télégénique. Evidemment, les victimes de bombardements, écrasées sous les décombres, éventrées, déchiquetées, les membres épars, on ne peut pas montrer ça au 20 heures. Alors que les gazés, entiers, sereins, avec leur petite mousse au coin des lèvres, eux au moins ils sont dénombrables, présentables, passables à la télé, eux ! Cette explication vaut ce qu’elle vaut, mais elle laisse un doute. faites-votre-choix-300x240 guerre

C’est à la Convention de Genève de 1925 que tous se réfèrent. Mais en 1925, il n’y avait pas encore la télé ! La der des der vient de se terminer, on pense que les horreurs de 1914-1918 tirent un trait sanglant sur l’histoire militaire et que désormais une telle monstruosité ne pourra plus se produire. Et pourtant on prend la peine de se réunir et de décréter : les fusils, les obus, les chars, les baïonnettes, les mines anti-personnel, OK, les gaz, NON ! Ça ne pouvait pas être dicté par la télé, quand même ? mass-distraction presse

Un conspirationniste de mes amis a émis (après plusieurs Pastis) l’hypothèse suivante : le gaz, ça rappelle trop les horreurs de la seconde guerre mondiale, le Zyklon B, tout ça. Alors en plus, à quelques encablures d’Israël, contre des civils, ça rend tout le monde (occidental) nerveux. Rappelez-vous : c’est pour avoir gazé 148 chiites à Dujail en 1982, et non pour ses innombrables autres crimes, que Saddam fut pendu en 2006. Là encore, l’explication a ses mérites, mais elle ne satisfait pas l’analyste intransigeant que je suis.

En fait, on est devant un cas tout simple de doubles standards.

Lancées par un président démocratiquement élu, les bombes ne sont que bienfaisantes « frappes », équivalents géopolitiques de la fessée, qui punissent les méchants, mettent en garde leurs amis, et libèrent les peuples assoiffés de liberté. En revanche, qu’une casserole bricolée par un terroriste musulman explose au bord d’une route US, on a affaire à une terrible « arme de destruction massive ». Il en va de même pour les autres armes, chimiques ou téléguidées, employées par ces mêmes présidents démocratiques : c’est chirurgical, léger, sympathique, quasiment humanitaire. Un drone pro-Assad, même distribuant des photos dédicacées du président syrien, serait considéré comme un inqualifiable franchissement de ligne rouge. Alors qu’une bombe atomique larguée sur Damas par le Nobel de la paix serait accueillie avec des titres style « Obama met fin à la guerre civile en Syrie ». obamas-new-costume propagande

Vous voyez bien que le classement des armes n’a aucun sens.

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Des bombardements humanitaires, vite !

Posté par grosmytho le 20 juin 2013

C’est bizarre cette unanimité des éditoriaux pour bombarder la Syrie, ou du moins armer les rebelles ! BHL et Glucksmann, nos deux éditorialistes va-t-en guerre habituels, mis au chômage technique, boudent et se taisent.

C’est quand même paradoxal : les islamistes que nous combattons au Mali, il faut les soutenir en Syrie ? Ah oui – parce qu’Assad, aka le boucher de Damas, n’a pas été choisi par nous, alors que Monsieur Traoré, le Bienfaiteur du Mali, arrivé au pouvoir à la suite d’un coup d’Etat suivi de manigances internationales en Avril 2012, si.
Des bombardements humanitaires, vite ! dans Propagande hollande-et-traore-300x150
Double paradoxe : une fois de plus ce ne sont pas les politiciens qui doivent s’expliquer et tresser une rhétorique tortueuse, harcelés et poussés dans leurs derniers retranchements par la presse d’investigation. Non, c’est la presse qui leur sert d’avocat et de porte-parole ! C’est la presse qui relaie comme parole d’évangile leurs mensonges et soumet au crible du doute les quelques infos sensées qui filtrent çà et là. Rassurez-moi : ça ne peut pas être parce que la presse appartient dans notre pays aux groupes de l’armement, Lagardère, Dassault, Bouygues, Alstom ? Ni parce que les entreprises du CAC40, principaux annonceurs, préfèrent à tout prendre la guerre à l’encalminage ? Ni parce que la guerre est une promesse de gros titres par opposition à la paix ?

La guerre civile a fait 100 000 morts en Syrie. D’où vient ce chiffre, ressassé en boucle par tous les médias ? D’où vient, surtout, le fait qu’on a pour la Syrie des chiffres précis qui sont publiés jour après jour, alors qu’on n’a que des données controversées dans les pays où l’Occident promeut déjà, avec le succès qu’on sait, la démocratie ? Combien de morts dans la guerre civile en Irak ? Dans le bourbier afghan ? Dans la guerre civile en Libye ?

Poutine-le-cynique résume parfaitement la situation dans son discours au G8 : « En ce qui concerne la livraison d’armes au gouvernement Assad. Au sujet de la question de savoir qui a du sang sur les mains, et notamment le sang de civils et d’enfants, je pense que personne parmi vous ne va nier que les deux camps ont du sang sur les mains. [temps d’arrêt, cherchant les yeux de Cameron à côté de lui, qui reste coi en faisant semblant de ne pas entendre] Dans ces cas se pose toujours la question de savoir : A qui la faute ? Je ne pense pas que vous allez nier qu’on ne peut sûrement pas aider des gens qui non seulement tuent des gens, mais découpent le corps de leurs victimes pour manger leurs organes. Qui font cela en public et devant la caméra. Ce sont eux, les gens que vous voulez aider ? Ce sont eux, les gens que vous voulez armer ? Dans ce cas, ce n’est probablement pas des valeurs humanitaires que l’Europe met en avant depuis des siècles, qu’il est question ici. En tout cas nous, en Russie, nous ne pouvons pas imaginer une telle situation.

Maintenant, si on laisse de côté les émotions, et si on se concentre sur une approche purement pragmatique, je souhaite attirer votre attention sur le fait que la Russie livre des armes au gouvernement légal de la Syrie, en conformité absolue avec les normes du droit international. Nous ne faisons rien d’illégal, je veux le souligner. Rien-du-tout. Et j’appelle nos partenaires à faire de même. »
poutine Assad dans Propagande assad-300x166 censure

Cette dernière allusion a trait aux livraisons d’armes et au soutien occidental à la rébellion. Tout le monde sait que l’Occident livre déjà armes et conseillers aux insurgés par l’intermédiaire du Qatar. Mais personne ne souhaite trop s’étendre sur ce sujet puisqu’il s’agit d’actions clandestines et parfaitement illégales.

Poutine est cynique, cela n’est plus a démontrer. Mais dans le cas de la Syrie, il est aussi celui qui arrache les masques à ses collègues les super-cyniques occidentaux. Qui participent déjà depuis deux ans, sans avoir l’air d’y toucher, à la guerre civile syrienne. Qui fournissent armes, soutient matériel et informationnel, à tous les extrémistes qu’ils peuvent trouver. Et qui ont sur la conscience la moitié au moins des victimes du conflit, qui sans leur aide serait depuis longtemps terminé. Au profit du méchant Bachar, le boucher de Damas, certes.

Mais dites-moi: à qui profite le conflit actuel qui s’éternise, alors qu’Assad n’a pas l’air disposé à se laisser égorger sur un capot de 4×4 comme son ex-collègue ? Qui compose la bande organisée qui, contente de son hold-up sur le pétrole libyen, veut désormais en découdre en Syrie?

Si vous étiez préoccupé de démocratie, vous demanderiez aux Syriens, aux Irakiens et aux Afghans : « Que préférez-vous? La dictature du tyran connu de longue date, ou la sollicitude droit-de-l’hommiste des Occidentaux ? Les geôles de Saddam ou les bombardements humanitaires anglo-étasuniens ? La corruption de Karzaï ou les drones du Nobel de la Paix ? »

salopards démocratie  corrompus Libye

En termes de cynisme, on se demande qui, des dictateurs au couteau entre les dents ou des présidents démocratiquement élus la bouche en cul-de-poule, ont des leçons à prendre chez les autres.

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