Saint Barack Obama, priez pour nous

Posté par grosmytho le 2 février 2017

Trump le balourd revient, trait de plume après trait de plume, sur les mesures progressistes qu’Obama a promulguées, pour la galerie, dans les derniers jours de sa présidence. Et tout est désormais de sa faute.

trumpDevilL’Histoire est injuste. Kennedy a commencé la guerre du Vietnam, Nixon l’a terminée. Mais ce que l’histoire a retenu, c’est le sourire du premier et les grimaces du second. Obama s’est inspiré de cet exemple pour vider habilement dans le jardin de Trump les poubelles de son double mandat.

Les deux mandats d’Obama ont été l’âge d’or du pétrole de schiste, ceux où Big-Oil s’est enrichi massivement en provoquant une catastrophe écologique sans précédent sur le territoire US ? Peu importe : d’un Executive Order précipité, il fait semblant de vouloir interdire les forages en Arctique. Comme prévu, Trump l’a annulé, et la tache d’huile orne son costume, tandis que celui de Barack retrouve sa virginité immaculée.

Pendant ses deux mandats, Obama a pourchassé impitoyablement les lanceurs d’alerte qu’il avait promis de protéger ? Il a assiégé Assange et promis à Snowden le traitement réservé à la haute trahison ? Ah tiens non, voilà qu’il gracie spectaculairement Chelsea Manning dans les derniers jours de son bail, passant les deux autres à son successeur qui enfile le costume de méchant persécuteur de justiciers.

Barack a pendant tout son mandat soutenu le terrorisme, protégé Daech et Al-Qaeda en Syrie et s’est livré, à coups de drones et de groupes terroristes « modérés », à un horrible « terrorisme télécommandé » dans des pays musulmans ? Heureusement, avec sa rhétorique islamophobe, c’est Trump qui joue au méchant flic, laissant à Obama, la larmichette à l’œil, le rôle du flic gentil.   saint obama

On doit à Obama la reconduction du Patriot Act qu’il a renforcé en autorisant la NSA à espionner les Américains et à enregistrer des données et des conversations sans mandat sur le territoire US. Mais il retrouve, grâce au grossier canular « Trump élu grâce aux cyberattaques russes », sa pucélitude effarouchée. L’Amérique se réveille cyber-victime du duo Trump-Poutine, Obama entre dans l’histoire comme le défenseur incorruptible des libertés individuelles !

Bien joué Barack ! Pas de cent jours, pas de période de grâce : à peine entré en fonctions, tout est désormais la faute à Trump. Et Saint Obama peut attendre tranquillement sa canonisation prochaine.

Publié dans Politique, Propagande, Psycho, Socio | Pas de Commentaire »

Quand le storytelling craque de partout…

Posté par grosmytho le 16 décembre 2016

Rue89 vient de publier un article qui fera date. Sous le titre « Dans sa nouvelle vie, Pierre Le Corf défend le régime syrien sur Facebook » on a une journaliste parisienne, Nolwenn Le Blevennec, le cul bien au chaud dans son bureau parisien, qui nous explique placidement que le malheureux Pierre Le Corf, à Alep, ne comprend rien à la situation en Syrie.

Afficher l'image d'origine

 

« Ce jeune Breton, qui témoigne sincèrement de ce qu’il voit autour de lui, mais qui n’a ni les moyens ni la volonté d’accéder à une vue d’ensemble, commence tout juste à s’interroger sur sa responsabilité. »

Le « jeune Breton » ne prétend pas fournir un tableau d’ensemble, simplement il rend compte de ce que lui disent les Syriens qu’il côtoie. Pleine de mansuétude, la Bretonne beaucoup plus expérimentée, recherche dans la courte biographie du globe-trotteur Le Corf les éléments qui peuvent expliquer sa confondante naïveté. Le jeune Breton, sensible et émotif, est « imprégné malgré lui par la propagande du régime de Damas » affirme la Parisienne, sans s’interroger une seule seconde sur sa propre imprégnation par la propagande du « régime » de Paris.Afficher l'image d'origine

Et pourtant, cinq ans après le début de cette horreur, il serait temps de se poser quelques questions. Le vernis propagandiste craque de toutes parts. On sait depuis des années que le « printemps arabe » syrien est dès le début un soulèvement armé financé par l’Arabie Saoudite et le Qatar avec le soutien des Américains pour une histoire de gazoduc dont Assad n’a pas voulu. Il est clair depuis longtemps que le camp occidental, en dépit de ses échecs et de ses crimes en Irak, en Afghanistan, en Libye, au Yémen, souhaite répéter une fois de plus sa stratégie du changement de régime en Syrie. Le flou entretenu par les Américains et les Européens sur leur soutien aux « rebelles modérés » ne tient plus : on comprend depuis au moins un an que les Russes disaient vrai lorsqu’ils affirmaient que l’Occident aidait en armes et en informations Al-Qaeda et Daech en Syrie, tout en prétendant les combattre dans le reste du monde. A partir de là, il est raisonnable de se demander, comme le faisait Poutine, si les préoccupations humanitaires affichées par l’Occident à grand renfort de trémolos, et même sa volonté de combattre le terrorisme à coups de « convois humanitaires », étaient bien sincères.

Des révélations lancées par Wikileaks, Sputnik news, Russia Today, le Canard enchaîné ou le blog d’Olivier Berrurier, remplies d’indices concordants et de faits irréfutables, documentent la déroute de l’information officielle. Toutes ces informations montrent que parmi les dirigeants démocrates, l’obsession anti-Bachar a balayé toute autre considération ; trahisons historiques, victimes civiles, crimes de guerre, mensonges énormes, alliances contre-nature, tout est considéré comme nécessaire, voire souhaitable (on se rappelle de Fabius et le « bon boulot » d’Al-Qaeda en Syrie). Personne ne se pose d’ailleurs sérieusement la question, au-delà de l’objectif de « faire partir Assad », du sort de la Syrie future.

Afficher l'image d'origineLes mensonges officiels s’effondrent les uns après les autres comme un château de cartes, on pourrait s’attendre à un mea-culpa de la part de la presse démocratique similaire à celui qui avait suivi les charniers de Timisoara. C’est le contraire qui se produit. Une offensive propagandiste sans précédent, une sorte de « mère de toutes les batailles » médiatiques, est lancée. Baroud d’honneur ou début d’aveu ?

Le storytelling réagit avec ses armes, montant en épingle des situations ponctuelles (parfois totalement falsifiées, parfois simplement isolées de leur contexte) pour tirer les larmes du public. On a ces tweets de la fille de sept ans qui raconte dans un anglais parfait l’agonie de sa famille dans Alep-Est « bombardée par le régime » ;  on a ces histoires répétitives de « dernier hôpital bombardé » ; on a John Kerry qui en appelle à « la compassion » de Poutine pour qu’il accepte un cessez-le-feu au lieu de mener à son terme la reconquête d’Alep. La propagande de guerre est assiégée à Alep-Est. Va-t-elle se rendre à l’évidence et capituler ?

Voyez cet article surprenant des « Décodeurs » du Monde qui commencent à mettre prudemment un peu d’eau dans leur vin en avouant : « la désinformation n’est pas l’exclusivité d’un camp ou de l’autre. »

Publié dans Politique, Propagande | Pas de Commentaire »

Ce que nous enseigne le conflit syrien

Posté par grosmytho le 16 octobre 2016

Alors que la propagande russe est dénoncée par les médias chargés de la propagande atlantiste, que les « experts » de tout poil échafaudent de hasardeuses hypothèses et que les politiciens de tout bord continuent d’habiller les faits d’éléments de langage, tirons quelques conclusions provisoires de cette boucherie.Afficher l'image d'origine

1)    Un dictateur vaut mieux qu’une guerre civile.

On l’a vu en Irak, en Libye, on le voit en Syrie : un dictateur en place, aussi antipathique soit-il, vaut toujours mieux que la guerre civile. Laissons là le marketing militaire qui suggère qu’après la bienfaisante pluie de frappes démocratiques on verrait fleurir une oasis d’élections pluripartites départageant de charmants politiciens plus modérés et polis les uns que les autres : dans des pays en proie au sous-développement et aux rancunes ethniques, c’est immanquablement la guerre civile qui vient remplacer un pouvoir fort qui était là pour une bonne raison.

D’ailleurs « le régime » de Damas voué aux gémonies par la presse internationale est vu par les malheureux Syriens comme leur seul rempart contre le chaos, et c’est bien vers les zones sous contrôle gouvernemental que fuit l’immense majorité des réfugiés. Le Monde, pourtant viscéralement anti-Assad, l’avoue lui-même, à mots couverts : « cette banlieue de Damas, (…)  Sa population avait été évacuée vers des zones sous contrôle gouvernemental, tandis que les combattants étaient transférés par bus vers Idlib, une autre place forte de la rébellion » Que les terroristes se sauvent vers une autre place forte de la rébellion, OK. Mais quid de cette mystérieuse « évacuation » des civils vers « des zones sous contrôle gouvernemental » ? Evacués par qui ? Pas par les terroristes en déroute, je suppose. Ni par « le régime » qui a d’autres chats à fouetter. Ce sont donc bien les civils eux-mêmes qui se sont réfugiés dans des zones relativement les moins dangereuses.

Afficher l'image d'origineC’est un secret de polichinelle savamment entretenu : si demain la Syrie devait voter, Assad l’emporterait largement, et non pas d’illusoires « rebelles modérés. »

2)    Les rebelles modérés n’existent pas.

Magie du marketing militaire : on accole deux termes antinomiques pour faire naître un concept vague mais enchanteur qui arrange tout le monde. Prendre les armes pour combattre, faire la guerre, tuer, même si l’objectif final est le triomphe de la paix, ce n’est pas être modéré. Les Américains le comprennent parfaitement mais maintiennent cette fable officielle complaisamment reprise par toute la presse démocratique.

Afficher l'image d'origineQui sont-ils, ces « modérés » ? Ceux que l’on a vu sur une vidéo égorger un soldat de l’armée syrienne capturé, avant de lui arracher le cœur et de mordre dedans à pleines dents ? Qui est modéré en Syrie ? Les groupes armés salafistes-jihadistes ? Ceux financés par l’Arabie Saoudite et le Qatar peut-être ? Ou alors cette force de 5000 hommes, formés et équipés par les Américains, qui a fait défection en quasi-totalité pour rejoindre Al-Nusra (autrefois Al-Qaeda, désormais rebaptisée Jabhat Fatah al-Sham) ?

On a beau chercher, arguer, insinuer, chipoter : il n’y a pas en Syrie d’opposition démocratique armée, pas plus qu’il n’y a de terroristes modérés. Les calembredaines du début se transforment de plus en plus ouvertement en mensonges. Qui nous ment et pourquoi ?

3)    Le cynisme de nos dirigeants démocratiques ne connaît pratiquement pas de limites.

Terroristes modérésLa guerre, pour un dirigeant démocratique entravé par toutes sortes de limites et de contre-pouvoirs, c’est un ballon d’oxygène. Oui, certes, il y a des victimes et des morts, mais vous connaissez le premier principe de la politique « on ne fait pas d’omelette sans casser d’œufs. » Et l’omelette est délicieuse ! Une opposition muselée par l’impératif patriotique ! Un recours au secret-défense à chaque fois qu’une question embarrassante est posée ! Une menace terroriste savamment attisée qui tétanise l’opinion ! Le chef martial se pose là dans les sondages, auréolé de ses échecs qui lui font comme de vénérables blessures de guerre. Sans compter le soutien des milieux d’affaires pour qui la guerre est une aubaine. Bush a eu sa guerre, Sarkozy a eu sa guerre, et Hollande en serait privé ?

Pas de conclusion optimiste en vue puisque de partout, c’est le parti de la guerre qui l’emporte. Hillary-la-fauconne aux USA, Juppé ou Hollande chez nous, les « Amis de la [guerre en] Syrie » semblent devoir conserver le pouvoir. On va encore entendre ces bouchers se lamenter sur le sort des veaux syriens qu’ils font charcuter par d’autres depuis six ans.

Publié dans Politique, Propagande | Pas de Commentaire »

#Not in my name

Posté par grosmytho le 28 septembre 2014

Des fois je me demande jusqu’où dans l’absurde va se prolonger la glissade de l’inversion des valeurs… verra-t-on la courbe des valeurs se réinverser dans l’autre sens jusqu’à redevenir normale ?

Al#Not in my name dans Propagande la-grosse-manip-300x144ors que les fanatiques de l’EI égorgent un leur troisième victime en quelques jours, l’opinion occidentale semble devenir folle, décapitée elle aussi, on la voit courir comme un poulet sans tête et se heurter à tous les obstacles conceptuels.

Voilà qu’on demande aux musulmans de s’afficher avec le hashtag #Not in my name. Paradoxe bien taclé et souligné par Rue89, qui est pour une fois tout seul contre le flot de louanges et de la bien-pensance du reste de la presse mainstream. A quel niveau de racisme décomplexé sommes-nous tombés s’il faut désormais que les musulmans se désolidarisent publiquement de criminels décapiteurs ? Pas étonnant que Sarko se frotte les mains et parle de revenir ! Quels remugles agitent l’inconscient collectif s’il met dans un même sac l’épicier arabe du coin, l’étudiant algérien dans le bus, et les guerriers de l’EI ? Quelle crise de nerfs traverse le pays s’il croit que toute une partie de la population se réjouit secrètement de crimes qui révulsent la not in my namemajorité ? La dictature de l’opinion en est-elle déjà à exiger l’autocritique des musulmans de France ? Et que fera-t-on à ceux qui ne se prêtent pas à cette mascarade ?

Notre société est-elle si proche de l’explosion ? De la guerre civile ? Faut-il acheter des armes et stocker des vivres ? Ah non, vous voyez bien : les musulmans sortent dans la rue pour protester : ils sont, eux aussi, contre les décapitations. On respire ! Quel soulagement !

Mais… qu’est-ce qui fait qu’on ne respire tout de même pas si bien que ça ? Qu’est-ce qui reste quand même un tout petit peu oppressant ? Ne manque-t-il pas quelque chose à notre bonheur ?

not-in-my-name-what-300x170 drone dans SocioAh j’y suis. Les chrétiens. Quand verra-t-on apparaître des hastags contre les bombardements que nous déversons une fois de plus sur un pays musulman ? Quand verra-t-on les chrétiens de ce pays se réunir et protester, #Not in my name, contre l’usage belliqueux qui est fait de nos impôts ? Contre l’ingérence occidentale qui s’abat sans cesse sur ces pays et les maintient dans une guerre permanente, génératrice de terrorisme ? Irak, Libye, Syrie, mais aussi Afghanistan, Pakistan, Yémen…

slogan-incompris-300x200 guerreParce que bon, barbarie, horreur, abomination… je veux bien. Décapiter des gens, c’est pas sympa. Mais enfin, il s’agit de trois personnes décapitées par une poignée de fanatiques. En gros, trois faits divers. A mettre en perspective, peut-être, un tout petit peu, avec bientôt quinze ans de bombardements quotidiens dans ces pays. Une destruction méthodique, coûteuse, soignée, méticuleuse, pleine de sang-froid et d’ingéniosité scientifique, de tout, infrastructures, fierté nationale, liens amicaux et familiaux, absolument tout ce qui pourrait servir de terreau à un progrès quelconque dans ces sociétés. Que leur a-t-on laissé, en dehors du désespoir ? Que leur reste-t-il, sinon la haine enivrée de religion ? Derrière les discours larmoyants et les considérations sentimentales de nos grands prédicateurs, on ne cesse d’attiser des guerres civiles dans ces pays. Le survol constant des drones, le financement des milices extrémistes, et à l’occasion une petite opération de bombardement humanitaire. Prend-on seulement le temps d’imaginer quel doit être le ressenti sur place ? Et après on fait semblant de s’étonner que les guérilleros qui y prolifèrent soient de plus en plus méchants ? On proteste, la main sur le cœur, après avoir armé et financé ces mouvements ! On pousse de petits cris d’horreur et de dégoût comme si on n’y était pour rien !

iraq-demo-2003-300x187 LibyeAh oui le monde était terrible avec Saddam ! Kadhafi, quel salopard ! Oh et puis Assad, quel affreux jojo ! Mais depuis qu’on les a renversés, depuis qu’on a bombardé les villes et détruit les routes et les ponts, les gares, les ports, depuis qu’on a financé par l’intermédiaire du Qatar et de l’Arabie saoudite des mouvements islamistes, ces pays ont-ils fait beaucoup de progrès vers la démocratie ? Se sont-ils rapprochés de notre mode de vie et de nos valeurs ? Non ? Comme c’est surprenant…

Alors comme d’habitude on nous dit : la recette qui a tout envenimé va tout résoudre cette fois, suffit d’augmenter les doses ! S’ils deviennent fous dans ces pays, c’est parce qu’on ne les a pas suffisamment bombardés. CQFD.

#Not in my name

Publié dans Propagande, Socio | Pas de Commentaire »

Crimée : tous à poil !

Posté par grosmytho le 18 mars 2014

C’est le printemps, il fait beau, et on a envie de chanter, avec JF Copé : tous à poil ! A poil l’Ukraine ! A poil l’UE ! A poil les USA ! A poil la presse !

crimea

 

L’aventure criméenne est un test en plusieurs dimensions.

Test avant tout pour l’Ukraine : son aptitude à évoluer vers la démocratie. Depuis son indépendance c’est le pays d’ex-URSS où l’expérience démocratique était la plus profonde mais aussi la plus chaotique. Contrairement aux pays baltes qui ont pris le pli assez facilement et sans grosses déconvenues, de l’intégration-éclair dans l’Otan à l’intégration dans l’UE, voire même pour l’Estonie et la Lettonie l’adoption de l’Euro. Contrairement aux « stans » (Kazakhstan, Kyrgizstan, Ouzbékistan, Turkménistan, Tadjikistan) qui ont tous opté pour des formes de dictature assez dure et généralement peu éclairée par les anciens chefs du PC régional reconvertis au capitalisme autocratique. Comme en Russie, en Arménie, en Géorgie, la démocratie se cherche en Ukraine. Il y a des germes et il y a des rechutes. Des élections généralement entachées de fraude et de coups de théâtre, des bagarres au parlement, les populismes toujours à fleur de peau. C’est un test d’aptitude de l’Ukraine à l’indépendance politique (envers la Russie, mais aussi l’Otan, l’UE), économique (gaz, aide internationale). Un test d’aptitude de l’Ukraine à cicatriser ses blessures territoriales et à reprendre une vie équilibrée après.

Un test pour la Russie. Oubliez ces histoires de minorités menacées : en Russie comme en Crimée, les deux minorités les plus importantes sont les Ukrainiens et les Tatars. Ces gens cohabitent depuis des siècles, en Russie, en Crimée, en Ukraine. La langue non plus n’est pas le problème : tous parlent russe (mais se réclament de cultures nationales différentes). Les questions sont autres. La Russie réussira-t-elle à intégrer rapidement la Crimée avec laquelle elle n’a pas de frontière terrestre ? Que se passera-t-il à Kharkov et à Donetsk ? Où passe réellement la frontière entre les peuples de Kiev et de Moscou ?

Sur ce test s’en greffent d’autres. La Crimée nous ramène à une véritable conférence de Yalta. La Russie vient à nouveau de gagner un coup de poker (après l’affaire géorgienne en 2008, après le sauvetage in extremis de la Syrie en 2013) : elle renaît donc en grande puissance capable de défendre ses intérêts contre la volonté d’une communauté mondiale soudée. L’Occident va-t-il prendre acte de ce changement et accepter la Russie comme acteur incontournable ? Ou va-t-il (comme c’est apparemment le cas aujourd’hui) la ranger dans la catégorie des Etats-parias contre lesquels on empile sanctions et menaces (Cuba, Corée du Nord, Iran, Syrie, Chine etc) ? Ces Etats que l’on n’ose pas attaquer militairement et contre lesquels on défoule une vertueuse et permanente indignation ?

L’Occident va devoir réévaluer la place de la Russie dans les affaires du monde, et cela peut conduire à une forme de découplage. Les USA vont sûrement refuser de prendre en compte les intérêts de la Russie en Europe de l’Est et continuer d’avancer leurs pions avec l’Otan : Kiev est la prochaine pièce à prendre sur cet échiquier. Mais l’Europe va retrouver ses choix déchirants d’autrefois entre amis (d’outre-Atlantique) et famille (Russie). Fin de la leçon d’anglais : on retrouve les réalités du gaz, des marchés en croissance, des opportunités de coopération technologique, militaire et même politique. L’Allemagne a la première compris cela – elle ne votera pas les sanctions.

La presse occidentale va elle aussi devoir évoluer ! Notre presse n’est libre que dans les limites qui vont de l’atlantisme modéré à extrême. Dans le cas de la Crimée, on l’a vue hésiter ; le challenge propagandistique était trop gros. Lisez les articles du Monde, et ensuite déroulez les commentaires : quand la ficelle est trop grosse, les contradictions trop évidentes, le public ne suit plus. Poutine n’est pas Hitler, les Criméens ne sont pas les Sudètes, un référendum n’est pas un crime contre l’humanité. Allons plus loin : les inquiétudes étasuniennes ne sont pas démocratiques mais géostratégiques ; le gouvernement putschiste de Kiev largement coopté par Washington n’est pas légitime ; la lumière doit être faite sur ces mystérieux snipers qui tiraient sur la foule et sur la police sur la place Maïdan.

Le cas criméen braque le projecteur sur les contradictions du monde occidental qui se voit toujours en chevalier blanc démocratique, parce que soudain les rôles sont renversés. C’est la Russie qui intervient et l’Occident qui se trouve face au fait accompli. Le droit des peuples à l’autodétermination fonctionnerait pour tous (l’Ecosse prépare un référendum en septembre), sauf lorsqu’ils choisissent la Russie ? L’intervention militaire dans des pays souverains serait toujours morale (Yougoslavie, Irak, Afghanistan, Libye, Mali, Centrafrique, la liste est trop longue) et légitime, sauf quand c’est la Russie ?

Aujourd’hui la Russie, demain la Chine, après-demain le Brésil et l’Inde : le monde est redevenu multipolaire. La réunion du G8 de Sotchi ne sera pas annulée : elle va servir de nouveau Yalta.

 DERNIERE MINUTE: le dossier le plus détaillé à lire pour ceux qui veulent vraiment comprendre la situation ukrainienne est là avec texte, vidéos, infographies et tout.

Publié dans Eco, Propagande, Socio | Pas de Commentaire »

Non, la France n’est pas accueillante

Posté par grosmytho le 26 octobre 2013

Je ne sais pas pour vous mais moi, la France, en ce moment me fait gerber. Au lieu de la lettre de Guy Moquêt, au lieu de l’abrutissant discours de la colonisation revue & positivée par Sarkozy, en antidote à la Valls des expulsions, lisez ou relisez les « Propos sur le colonialisme » d’Aimé Césaire (d’une actualité brûlante en 1950 comme aujourd’hui), faites-lui ce dernier plaisir, à lui qui nous a récemment faussé compagnie & nous regarde désormais de là-haut. « Une civilisation qui ruse avec ses principes est une civilisation moribonde ». Un texte féroce qui remue sans pitié nos consciences tranquilles. Un texte qui redéfinit la civilisation avec une impitoyable précision. Il inverse le sens du verbe civiliser. Aimé Césaire – le nègre civilisateur.

Non, la France n'est pas accueillante dans Fiches de lecture aime-cesaire-300x164

Une civilisation moribonde, voilà ce qu’est devenue la France. Sarkozy avait lancé le mouvement, lui, issu de l’immigration et doutant de ses racines, avec sa stupide « Identité nationale ». Valls, immigré de première génération, poursuit sur la même lancée. Admiratif de la stratégie de Sarkozy en 2007, il veut faire pareil en 2017. Et le pire est qu’ils ont raison : les Français sont si faciles à entraîner dans cette galère !

La civilisation est avant tout un mécanisme d’exclusion des non-civilisés. Vous ne me croyez pas ? Ah oui, c’est à cause de ces longs trémolos que l’on lit à longueur de colonne dans la presse ‘rue centrale’ sur ‘la France, terre d’accueil depuis toujours’ ? Ou bien parce que vous vous rappelez ce refrain d’un certain Michel Rocard (sorti de son contexte puis répété depuis, avec la caution morale du vieux, par tous les salopards que compte la politique française !*) : « la France ne peut pas accueillir toute la misère du monde ! ». Que veut-on nous faire croire ? Que nous sommes généreux ? Que nous accueillons les déshérités internationaux en grand nombre ? Lisez si vous en avez le cœur, le rapport annuel de l’OFPRA (Office de protection des réfugiés & apatrides) qui fait état d’une baisse de 50% des demandes (en réalité, des dossiers instruits. Mais admirez au passage la superbe langue de bois) depuis que cet organisme est passé sous la tutelle du nouveau ministère des Expulsions & des Quotas. 50 000 demandes par an environ avant 2005, 25 000 depuis. Et toujours 80% de demandes rejetées… après une instruction qui dure en moyenne un an ! Elle est jolie, la civilisation !

refugies démocratie dans Socio

Mais apparemment, les gens sont d’accord. L’internet passe quasiment sous silence les manifs étudiantes (il est vrai que les étudiants, on les fait manifester chaque année sous des prétextes assez variés, et à chaque fois ils croient que ça va être mai 68) ; en revanche on vous matraque ce sondage : 75% des Français sont favorables à ce que Leonarda reste chez elle. Et dire que Valls venait de parler des Roms, inintégrables et ingérables parce que soi-disant pas scolarisés… Faudrait savoir.

refugies2 différence

 

* Ce que tout le monde a oublié, en citant Rocard, c’est la fin de sa phrase: « … toute la misère du monde, mais elle DOIT faire sa part. »

Publié dans Fiches de lecture, Socio | Pas de Commentaire »

Gros Mytho sauve la Syrie et distribue les Nobel !

Posté par grosmytho le 13 octobre 2013

On n’y croyait plus ! Gros Mytho avait-il disparu de la circulation, mystérieusement enlevé par les sbires de la DGSE aux ordres de la NSA ? Avait-il succombé à un AVC du nourrisson, comme son médecin l’en avait prévenu au vu de son embonpoint (BMI 31 tout rond) et son addiction aux oursons multicolores en gélatine de porc ? Pire ! Cent fois pire ! C’est bien simple, vous n’allez pas me croire ! Enfin si l’explication ci-dessous n’a pas l’heur de vous plaire, contentez-vous d’une des deux précédentes. Et pourtant ce qui suit est la pure vérité vraie.

Gros Mytho sauve la Syrie et distribue les Nobel ! dans Propagande groooos-mytho-300x126

Figurez-vous que je reçois l’autre jour un coup de fil de M. Poutine, Vladimir, en personne. J’étais aussi surpris que vous, croyez-moi, mais il semblerait que ce soit son pote Assad, Bachar-el, qui lui ait recommandé de m’appeler. Il faut dire que depuis que j’ai sauvé la Syrie d’une intervention éléphant-dans-un-magasin-de-porcelainesque …

oursons-de-gelatine-300x199 drone dans Propagande

Ah oui, je m’aperçois que vous avez loupé quelques épisodes. Bref je résume ces dernières semaines d’absence en quelques lignes. Vous vous rappelez cet article estampillé GM qui préconisait d’essayer sur la Syrie la diplomatie du 4×4, eh bien figurez-vous qu’il n’est pas tombé dans l’oreille d’une sourde (la NSA étant réputée pour l’extrême finesse de ses oreilles) !

 

Recueillie, décryptée, traduite, résumée, ma bafouille avait fini par atterrir sur le bureau de John Kerry le 23 août (un peu plus de deux mois donc après sa publication). Et ledit John sembla trouver l’idée simple et géniale, puisqu’il s’empressa de concocter une note à l’attention de sa chef de cabinet pour en évaluer la faisabilité. Parallèlement, il en touchait un mot à son chef, M. Obama, pour  lui demander d’attendre les résultats de l’étude de faisabilité avant de déclencher l’opération « Flying Carpet Bombing » (bombardement de Damas aux sous-munitions et au phosphore) en riposte à la ligne rouge qui venait d’être franchie toutes sirènes hurlantes par on-ne-sait-pas-trop-qui-ni-quand. Bref, Barack promet à John de faire patienter le monde qui retient son souffle, et surtout le petit Français rondouillard qui, au lieu de traîner les pieds comme d’habitude à l’annonce d’une nouvelle aventure militaire, semble au contraire piaffer et trépigner d’impatience, voire même à menacer d’y aller seul.

Malheureusement, l’étude de faisabilité a donné des résultats plus que mitigés. Si GM et Chrysler se montraient enthousiastes et prêts à fournir des guimbardes de qualité en quantités industrielles, les militaires quant à eux faisaient la tronche et refusaient tout net (sous divers prétextes plus alambiqués les uns que les autres) de prêter les avions gros porteurs nécessaires à l’opération. A les en croire, la diplomatie du 4×4 n’annonçait rien de bon, on risquait de se voir aspiré dans une spirale incontrôlable de violence et de surenchère, la démocratie pouvait tarder à émerger du processus, bref on prenait, enfin, des risques inconsidérés à jouer comme ça les apprentis-sorciers dans une région aussi stratégique et instable. Alors que la diplomatie de la canonnière, convenons-en, est parfaitement rodée et maîtrisée, elle a fait ses preuves.

Bref, le 28 août, la décision a été prise de temporiser et de freiner les ardeurs de François-je-vais-punir-la-Syrie.

Pendant tout ce temps, les émissaires de John Kerry me bombardaient d’e-mails (heureusement pas avec des drones Predator) pour me demander des détails et des suggestions de présentation pour cette fameuse « diplomatie du 4×4 ». Je me fendais donc de petits modes d’emploi marketing format powerpoint quasiment quotidiens (je voudrais bien les mettre en ligne, mais bon, pour ma sécurité personnelle je préfère attendre l’avis de déclassification par le Pentagone, ce qui risque de prendre quelques années), ce qui explique mon manque de temps pour alimenter votre blog préféré.

ppt-4x41-300x208 marketing

 

 

Mais bon, depuis qu’Assad a obtenu le prix Nobel de la paix (enfin pas lui mais presque : ceux qui supervisent la destruction de l’arsenal chimique syrien), évidemment, toute l’administration Obama est fumasse et je crains que ma brillante idée des 4×4 parachutés sur Damas ne soit enterrée pour de bon. Vladimir, lui, m’appelait pour savoir si je pouvais lui obtenir le prochain Nobel de la paix. Je lui ai dit que non, à moins qu’il ne se décide à bombarder massivement la Syrie et l’Iran. Il m’a dit qu’il allait y réfléchir, mais je crois que là non plus il n’y a pas beaucoup d’espoir.

poutine-telephone Nobel

Enfin à quelque chose malheur est bon : je retrouve mon blog et on repart de plus belle. D’ailleurs comme je me relocalise à Pékin, attendez-vous à y trouver de succulentes news laquées.

Publié dans Propagande | Pas de Commentaire »

Sarin… à voir !

Posté par grosmytho le 6 septembre 2013

Tous les individus normalement constitués se sont demandés à un moment devant le tsunami médiatique qui déferle depuis le 21 août : « en quoi tuer des gens avec du gaz est pire que tuer des gens par d’autres moyens ? ». 

Sarin... à voir ! dans Propagande explosifs-guimauve

Et il faut avouer que la presse, toute à son effort pour diaboliser Assad, ne fait pas grand-chose pour éclairer notre lanterne. Pourquoi, alors qu’on déplore 100,000 morts dans la guerre civile qui ravage depuis 2 ans la Syrie, cette hystérie soudaine à propos des armes chimiques qui auraient été utilisées par « le régime » contre « son propre peuple » ?

grenade-chupa-chups démocratie dans Propagande

Cette affaire de gaz sent mauvais. D’abord, ce n’est pas en ce 21 août qu’ils ont été utilisés pour la première fois en Syrie. Carla del Ponte (pratiquement la seule source crédible dans cette histoire, à mon avis) accusait déjà le 5 mai dernier les rebelles/al Qaida/l’armée syrienne libre/les islamistes/bref, les anti-Assad d’usage d’armes chimiques en mars et en avril. Avant que la machine médiatique ne noie le public sous les dépêches attribuant au « régime » ces attaques chimiques. On se demande donc quelle « ligne rouge » peut avoir être franchie ces derniers jours ?

Pourquoi 1300 civils tués au gaz (ou « une centaine » ? tous les chiffres intermédiaires circulent sans qu’on sache lequel est le bon), sur 100,000 morts de la guerre civile, représentent-ils soudain un inqualifiable profanation de tout ce qui est sacré ?

arme-blanche double standardAlors que les massacres à la kalachnikov, les bombardements, les exécutions sommaires, les tortures et les décapitations n’étaient considérés par la presse occidentale que comme les regrettables conséquences de toute guerre (hormis les guerres chirurgicales qui, elles, on le sait et on l’a vu à la télé, ne tuent que des méchants, et encore, proprement, sans cadavres visibles).

Pourquoi cette fixation sur les armes chimiques, alors même que l’on sait que les puissances occidentales en ont toutes usé à différentes époques (les Français apparemment en Algérie, les USA en Iran [par l’intermédiaire de leurs alliés irakiens] et avant ça au Vietnam, les Russes probablement en Afghanistan, etc). Et surtout ils en ont fourni d’importants stocks à leurs protégés du Tiers-monde pendant la guerre froide, à l’Irak et à la Syrie surtout. En pensant que ces obus chimiques serviraient éternellement de bibelots décoratifs ?mitraillette-a-eau drone

Charlie Hebdo propose une piste : d’après son éditorialiste, cette horreur occidentale pour l’arme chimique serait due (un peu paradoxalement) à son caractère télégénique. Evidemment, les victimes de bombardements, écrasées sous les décombres, éventrées, déchiquetées, les membres épars, on ne peut pas montrer ça au 20 heures. Alors que les gazés, entiers, sereins, avec leur petite mousse au coin des lèvres, eux au moins ils sont dénombrables, présentables, passables à la télé, eux ! Cette explication vaut ce qu’elle vaut, mais elle laisse un doute. faites-votre-choix-300x240 guerre

C’est à la Convention de Genève de 1925 que tous se réfèrent. Mais en 1925, il n’y avait pas encore la télé ! La der des der vient de se terminer, on pense que les horreurs de 1914-1918 tirent un trait sanglant sur l’histoire militaire et que désormais une telle monstruosité ne pourra plus se produire. Et pourtant on prend la peine de se réunir et de décréter : les fusils, les obus, les chars, les baïonnettes, les mines anti-personnel, OK, les gaz, NON ! Ça ne pouvait pas être dicté par la télé, quand même ? mass-distraction presse

Un conspirationniste de mes amis a émis (après plusieurs Pastis) l’hypothèse suivante : le gaz, ça rappelle trop les horreurs de la seconde guerre mondiale, le Zyklon B, tout ça. Alors en plus, à quelques encablures d’Israël, contre des civils, ça rend tout le monde (occidental) nerveux. Rappelez-vous : c’est pour avoir gazé 148 chiites à Dujail en 1982, et non pour ses innombrables autres crimes, que Saddam fut pendu en 2006. Là encore, l’explication a ses mérites, mais elle ne satisfait pas l’analyste intransigeant que je suis.

En fait, on est devant un cas tout simple de doubles standards.

Lancées par un président démocratiquement élu, les bombes ne sont que bienfaisantes « frappes », équivalents géopolitiques de la fessée, qui punissent les méchants, mettent en garde leurs amis, et libèrent les peuples assoiffés de liberté. En revanche, qu’une casserole bricolée par un terroriste musulman explose au bord d’une route US, on a affaire à une terrible « arme de destruction massive ». Il en va de même pour les autres armes, chimiques ou téléguidées, employées par ces mêmes présidents démocratiques : c’est chirurgical, léger, sympathique, quasiment humanitaire. Un drone pro-Assad, même distribuant des photos dédicacées du président syrien, serait considéré comme un inqualifiable franchissement de ligne rouge. Alors qu’une bombe atomique larguée sur Damas par le Nobel de la paix serait accueillie avec des titres style « Obama met fin à la guerre civile en Syrie ». obamas-new-costume propagande

Vous voyez bien que le classement des armes n’a aucun sens.

Publié dans Propagande | Pas de Commentaire »

Les Arabes sont-ils cons ?

Posté par grosmytho le 2 septembre 2013

Oui. (Et je dis ça sans islamophobie et sans haine, mais avec tristesse).Les Arabes sont-ils cons ? dans Propagande images

Alors que l’Occident post-colonial a détruit le Liban, l’Irak et la Libye, et s’apprête à faire de même avec la Syrie, où sont les manifs monstres ? Les soulèvements ? Les attaques d’ambassades ? Le monde arabe semble attendre avec résignation la « punition » qu’on lui concocte (avec bien du mal, en plus). Tirs de missiles de croisière ? Drones ? Ou alors (la fameuse « ligne rouge » veut un châtiment exemplaire) allons-nous tester quelque arme secrète d’un genre nouveau ? Les Arabes acceptent le petit jeu sado-maso dans lequel ils sont invariablement les dominés et les punis.

Qu’attendent-ils pour dire ce qu’ils pensent des « frappes » dont on les menace ? Pour dénoncer l’affreux cynisme occidental qui ne veut pas voir que chacun de ses bombardements (même « humanitaire », même « chirurgical ») est cent fois pire, en dégâts matériels et en victimes civiles, que les attentats artisanaux qu’il redoute tant ?

ligue-arabe Arabes dans SocioSurtout alors que, hasard de calendrier presque trop beau pour être fortuit, on apprend le même jour que la CIA avait aidé Saddam à utiliser des gaz de combat et que l’armée US en a employé à Falloujah (Irak) en 2004.

On se le demande.

Quand vont-ils arrêter de s’entretuer comme des gladiateurs pour le bon plaisir de leurs néo-colons ? Quand cesseront-ils de prêter le flanc, de courber l’échine, de jouer les punching-ball ? Quand et où trouveront-ils l’indignation qui est le début de conscience politique ?

revolution-egypte-300x124 indignation  tunisie politique

Ce n’est pas qu’ils ne sachent pas s’indigner, pourtant. Il faut les voir, à chaque fois qu’un crétin en uniforme pisse sur un Coran. Ou à chaque fois que Charlie Hebdo publie une caricature de Mahomet. Manifs, menaces, soulèvement généralisé. Toujours au rendez-vous pour des futilités, jamais là quand c’est nécessaire !

Surtout les Arabes d’Occident ! Qu’attendent-ils pour montrer un peu d’indignation ? Pour utiliser leur droit démocratique au désaccord ? Pour boycotter symboliquement les impôts qu’ils paient et qui servent à martyriser leurs frères ? Pour se mettre en grève générale de solidarité ?


stupidite-arabe Prism

Publié dans Propagande, Socio | Pas de Commentaire »

Syrie : armez-les, et qu’on en finisse !

Posté par grosmytho le 5 juillet 2013

Dans une tribune publiée sur Le Monde, Glucksmann, Kouchner et BHL se prononcent pour une intervention armée en Syrie.

Ils n’en peuvent plus, ils trépignent, ils sanglotent. BHL sur son bloc-notes, Kouchner aux conférences internationales, Glucksmann dans une longue complainte publiée sur lemonde.fr où il se demande si, oui ou non, on est au XXIème siècle et se plaint de « l’immédiat et contradictoire tohu-bohu ». Bachar le tyran, Assad le sanguinaire, ils ne savent plus sur quel ton supplier qu’on aille enfin le combattre, le capturer, le zigouiller. C’est trop douloureux de les entendre ressasser sans fin leur passion et leur pitié pour le peuple syrien, de les voir sur le banc de touche, réduits à un statut d’observateur impuissant.

Syrie : armez-les, et qu'on en finisse ! dans Propagande bhl-patibulaire-150x150  glucksmann-patibulaire-150x150 guerre dans Psycho  kouchner-patibulaire-150x150 philosophe

Ça ne peut plus durer ! Qu’on les arme enfin, et qu’on en finisse ! Donnez-leur une kalachnikov chacun, un paquetage, et parachutez-les sur Damas ! Qu’ils passent enfin à l’action, qu’ils participent enfin à cet effort qu’ils demandent à tous ! Qu’ils mettent, une fois dans leur vie, leurs actions en conformité avec leurs paroles !

Avouez que ça nous changerait: une mort héroïque de martyrs de la liberté pour les vieux zombies du parti de la guerre !

Publié dans Propagande, Psycho | Pas de Commentaire »

12
 

ghd mini straighteners |
Pgdgsecondeespagnol |
Weixiu |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Sria037
| Ma renaissance
| Download2