A potasser pour la rentrée !

Posté par grosmytho le 29 juillet 2013

Ah, l’école. Pas un quinquennat qui n’ambitionne pas de la réformer de fond en comble. Et toutes ces réformes ambitieuses qui se soldent invariablement par de ridicules histoires d’horaire, de cantine ou de date des vacances !

 A potasser pour la rentrée ! dans Fiches de lecture le-verbe-contre-la-barbarie A tous ceux qui la vouent aux gémonies ou au contraire la parent de toutes les vertus, je conseille la lecture d’un livre qui n’a pas pour sujet l’école, mais qui pourtant aborde de façon très intéressante son rôle, ses possibilités, et aussi quelques-unes des missions impossibles dont on l’accable.

Le verbe contre la barbarie d’Alain Bentolila, prof de linguistique à Paris-V, tente une approche chronologique de la façon dont l’enfant acquiert les compétences linguistiques dont il aura besoin dans la vie… en même temps Alain Bentolila examine ce qui se produit lorsque l’école, qui avait pour objectif de former 25% d’une classe d’âge préparée et sélectionnée pour cela, se voit brusquement confier l’ensemble de cette classe d’âge… avec la même mission et les mêmes moyens. alain-bentolila-300x164 chômage dans Socio

Il décrit l’insécurité linguistique des enfants dont le vocabulaire appauvri par la télé et les récentes évolutions sociétales (familles monoparentales, disparition des grands-parents du cercle familial, ghettoïsation des immigrés, etc) ne leur permet pas de faire face à l’apprentissage mis au point dans un contexte totalement différent. Encore et surtout, Alain Bentolila souligne ce qui est oublié à force d’être évident : la maîtrise du langage est un pouvoir, et sa non-maîtrise un esclavage. Le verbe contre la barbarie, c’est comment la parole souple et précise permet de résoudre les problèmes de la vie en société, et comment son absence mène inéluctablement à la confrontation physique.

Parler à ceux que l’on aime ne suffit pas : il faut apprendre à parler à ceux que l’on n’aime pas, construire une argumentation solide et faire valoir légalement ses droits. Ceux qui, faute d’une préparation adéquate à l’âge pré-scolaire, et faute d’un suivi adapté à l’école, se retrouvent en état de détresse linguistique, sont désarmés dans la société moderne. Marché du travail, code civil, administrations, tout leur semble conçu exprès pour les perdre et les embrouiller, d’où révolte qui ne peut s’exprimer que par la violence. Brûler des voitures ou caillasser des voitures de police : moyens d’expression spectaculaires mais peu efficaces, qui sont reçus avec mépris par les autorités.

Le pouvoir ne se donne pas, il se prend, c’est bien connu. Sauf à l’école « laïque et républicaine », où (pour l’instant) on veut encore le distribuer à tous équitablement.

Et le pouvoir (politique) est avant tout le pouvoir de la parole (à la télé). M. Bentolila décrypte le discours politicien : une simple analyse grammaticale permet de détecter une proportion anormale de phrases formulées au passif (sur le modèle « toutes les promesses faites seront tenues »), conçues pour noyer le poisson et éluder les questions précises (quelles promesses ? faites par qui ? tenues par qui et quand ?). La langue de bois alterne habilement avec le « moi je » et « moi seul » du bonimenteur de foire. Encore un exemple de la vertu émancipatrice du langage : questionnons les politiciens sur leur programme et leur bilan, au lieu d’entrer dans leur jeu de la télé-réalité axés sur la mise en scène du fait divers.

Bref la lecture de l’été, au lieu et en place de la télé.

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Gros Mytho Déteste … la télé

Posté par grosmytho le 12 juin 2013

Grâce à l’Europe, la Grèce est en train de devenir un paradis. Et les Grecs, au lieu de nous remercier, montent sur les barricades! Regardez-les réclamer leur dose de propagande comme des camés en manque!

Interruption brutale des programmes! Ecran noir! On ne sait pas qui cette mesure de provocation effraie le plus: les bureaucrates de Bruxelles ou les cons sommateurs? En tout cas, ce qui reste de gouvernement grec a décidé de les envoyer les uns contre les autres comme deux locomotives en folie!

Déjà, de partout, la presse monte au créneau. « Arrêt brutal » de la télé pour LeMonde.fr, « Atteinte sans précédent contre la liberté d’expression » pour tel pontificateur sur France Info… Alors que Gros Mytho, lui, se prend à rêver: en Grèce, déjà qu’ils ont le soleil et la mer, en plus libérés de la télé! Ce pays pourrait devenir un paradis pur & simple.

Gros Mytho Déteste ... la télé dans Propagande tv0

Je hais la télé comme l’ex-comateux hait son coma, pour toutes ces heures perdues alors que j’aurais pu dormir, lire, parler à quelqu’un, réfléchir, étudier, jouer au foot, voyager, ou vivre, tout simplement. Pour tous ces souvenirs factices et sans valeur qui encombrent ma cervelle, aussi polluants et imputrescibles que des bouteilles en plastique jetées dans le fossé au bord de la route.

 

Je hais la télé parce que c’est elle, finalement, qui aura la peau de la démocratie. La démocratie se nourrit d’information. Or une majorité de nos contemporains se contentent des informations télévisées pour comprendre et évaluer le monde. Les actualités télé ne sont pas de l’information (au sens de faits et analyses indiscutables parce que démontrables) mais un récit de fiction illustrée basé sur des faits réels mis en scène par les télés, entreprises privées financées par leurs annonceurs. C’est elle, en décrivant une France en proie à l’anarchie de bandes d’immigrés hors la loi se livrant à toutes sortes de dangereux trafics, qui a fait gagner Sarkozy en 2007. C’est elle qui désormais endort le public de merveilleuses fables sur les extraordinaires qualités entrepreneuriales de ses propriétaires et de leurs amis milliardaires créateurs d’emplois (qui en réalité sont presque tous des héritiers plus ou moins oisifs et corrompus) et fustige la gabegie de l’assistanat des RMIstes et des RSAstes paresseux et fraudeurs (alors que le volume de ces fraudes, bien réel, reste infinitésimal par rapport à celui de la fraude et de l’optimisation fiscale de ces mêmes ploutocrates).

Coluche résumait à l’époque : « On ne peut pas dire la vérité à la télé … il y a trop de monde qui regarde ! »

tv10 démocratie dans Socio

La liberté d’expression, me direz-vous! Quid de Gros Mytho défenseur farouche de l’expression libre? La télé, c’est pas pareil?

L’expression libre est écrite (ou dite à la radio, c’est pratiquement pareil) parce qu’elle permet d’exposer des arguments de manière civilisée (par opposition au poing sur la gueule) et loyale – permettant la réfutation point par point sur le même support, journal ou livre ou blog (par opposition à la télé).

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La télé est déloyale parce que

-c’est elle qui cause et personne ne peut répondre (il faut pour passer à la télé soit être membre de l’élite télévisuelle habituée des plateaux, soit l’abruti de service choisi par la télé pour délivrer un message d’un soir sans espoir d’y revenir). Gérant les questions et les réponses, elle crée un monde virtuel qui s’applique à tous.

-sous prétexte de «temps limité» la télé ne cesse de saucissonner / censurer ce que les gens ont a dire. Tout message qui ne tient pas en cinq secondes est anti-télégénique. Donc passe à la trappe. La pub est parfaitement télégénique, ça tombe bien, en plus c’est elle qui paie les salaires du monde de la télé. Elle a droit à 13 minutes par heure.

-au-delà de ce qui est dit, la télé crée un contexte qui exprime au besoin le contraire exact de ce qui est dit. Par exemple on verra un gars crier en étranger «Bande de salauds !» et le message télévisuel sera au choix (selon les besoins du moment): « cet homme est la victime d’une injustice scandaleuse » ou alors « cet homme est un dangereux fanatique qui menace la société » ou alors « cet homme est un alcoolique qui bat sa femme ». De toute façon il braille en patagon et a l’air vraiment méchant, alors allez savoir. Le message délivré par la personne qui parle à la télé est emballé et conditionné par le présentateur (et le monteur) qui donne le ton et impose sa vision du monde. Tout en se dédouanant hypocritement : n’a-t-il pas donné la parole à un témoin direct ?

-elle met (littéralement) les rieurs de son côté, avec ces affreux rires enregistrés et ces acclamations sur commande qui saupoudrent les plus insipides émissions et tournent en ridicule les rares interventions sensées qui arrivent à s’y glisser.

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Certes, il faut distinguer entre télé de gauche et télé de droite.

La télé de gauche, c’est la télé publique, celle du monopole étatique, celle qui véhicule la version officielle et entrelarde ses actualités d’émissions culturelles, de vulgarisation scientifique et de cours de langues. La télé de droite c’est celle du temps de cerveau disponible. « On donne aux gens ce qu’ils demandent », entendez des infos anxiogènes, de la télé-réalité, des histoires de people calibrées et prévisibles… et de la pub. Paradoxe : en France c’est un gouvernement de gauche qui a enterré la télé de gauche et ouvert la voie à la télé de droite. Et c’est un gouvernement de droite qui a relancé la pratique de la mainmise de l’Etat sur la propagande des infos.

A tout prendre, je déteste moins la première (mais elle a déjà perdu la partie) que la seconde (victoire à la Pyrrhus : elle sera bientôt phagocitée par la pub). La publicité télévisée, la publicité en général, est tout simplement scandaleuse. Loin d’être l’inoffensive poésie ou le charmant sophisme enjôleur que certains optimistes veulent y voir, elle est une insulte permanente à l’intelligence doublée d’une pollution toxique des esprits. Elle est la négation de toute tentative d’élever le niveau culturel, la perversion de toute culture. Elle transforme les sonates de Chopin en signal pavlovien pour acheter un dentifrice et dégrade les aphorismes de Mark Twain en slogans bêtifiants pour stimuler la vente de smartphones dernière génération.

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La Fontaine, décrivant les intrigues de cour, prédit Star-Ac :

« …Qu’ici-bas maint talent n’est que pure grimace,
Cabale, et certain art de se faire valoir,
Mieux su des ignorants que des gens de savoir… »

(La Fontaine, Le lion, le singe et les deux ânes)

Balzac, parlant de l’avenir du théatre, entrevoit la télé-réalité :

« Quand tout le monde aura de la gloire, comment pourra-t-on se distinguer ?  demanda Gazonal

- La gloire… ? Ce sera d’être un sot, lui répondit Bixiou ».

(Balzac, Les comédiens sans le savoir)

Nabilla répond

« Blazak me traite de conne ? Cé ki çui-là? Nan mais allô quoi ! On n’a pas été à la ferme des célébrités ensemble, a c’que je susse ? »

(Nabilla, Les Anges de la Téléréalité)

La télé : une auto-parodie. Un bêtisier érigé en grille de programmes. Une course aux sommets de la nullité ; chasse infatigable du record d’idiotie.

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La prolifération télévisuelle est double : ubiquité des écrans, multiplication des chaînes et des programmes.

La pandémie s’étend. On achète des écrans plats, on en met dans les cuisines et les chambres à coucher, les restaurants, les salles d’attente, les ascenseurs. Bientôt aux plafonds, sur les portables et dans les cagoinces.

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En France, on aime mieux la télé que le boulot : 3 h 47 min en moyenne PAR PERSONNE et PAR JOUR (Médiamétrie données 2011)! Pire que la grippe aviaire, que le réchauffement planétaire, que la crise monétaire ! Une véritable pandémie. Imaginez ces 83 milliards d’heures annuelles (j’arrondis – mais c’est plus que les heures travaillées) consacrées à quelque tâche utile, voire productive : 1,68 fois le PIB français en plus ! Lui qui peine à croître de 0.5% par an, il pourrait doubler d’un coup !

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Encore un petit effort : ces chiffres effarants ne représentent pas une limite indépassable ! « Aux USA (& demain en Chine, après-demain chez nous) 28 heures passées devant le téléviseur par semaine pour les enfants de 6 à 11 ans, et même 32 heures pour les 2 à 5 ans (soit une moyenne de 4 heures et 4 heures 30 respectivement). Ces chiffres, tels que relevés aux Etats Unis par Nielsen, représentent un record au cours des 8 dernières années d’après l’institut.

Sur 32 heures par semaine passées devant l’écran pour les plus petits, 25 vont d’après Nielsen à regarder la télévision classique, un peu plus de 5 à visionner des DVD ou des cassettes vidéo, et une heure et quart à jouer sur des consoles. Pour les plus âgés, les chiffres qui ressortent sont respectivement à 22 heures, un peu moins de 3 heures, et 2 heures et demi ». Dernière minute : les chiffres 2011 annoncent que la barrière psychologique des 5 heures quotidiennes est franchie ! Rien d’impossible donc pour ce média qui bientôt ne se gênera plus pour nous réveiller la nuit et nous accompagner jusque dans les chiottes et dans la voiture.

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Parasitage du temps de veille, pollution intellectuelle ne sont rien. Ajoutez à ce diagnostic le formatage étasunien des esprits, comme le souligne l’extrait suivant :

« La télé vicie l’identité nationale, chère à nos élites de droite. « Vos petits « rebeus » en mal d’intégration, « baby-terroristes en devenir », sont des purs produits du terroir média-politico-financier français. Ils se prennent pour des Blacks Panthers américains qui luttent contre l’esclavage. Ils dealent, ils volent, ils braquent, ils brûlent, ils agressent en jurant à tour de bras. Tout cela au nom de ce que l’on a fait à leurs parents. Leur icône : Tony Montana. Scarface. Superproduction américaine. Leur musique : 50 Cent, Eminem, Marvin Gaye… Leur resto préféré : le McDo. Tu parles de rebelles, de terroristes… ils sont labélisés depuis leur caleçon jusqu’à leur ceinturon. Ils sont américains.

Et c’est un peu normal quand on sait que la seule activité qu’on leur proposait, enfants, en dehors de l’école ou de la rue, c’était la télé. Leur communautarisme grandissant n’est que l’écho de la mosaïque éclatée qui sévit à Harlem, à Watts, dans le Bronx. D’ailleurs nous sommes tous américains. Nos élites intellectuelles et artistiques, quand elles ne vivent pas à New York, même lorsqu’elles se revendiquent labélisées « Terroir de France », oublient tout dès qu’un contrat, un studio, une interview leur sont proposées à l’Ouest. » (tribune Idées sur le Monde.fr, de Mounir Berkane)

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Ivan Petrovich Président !

Posté par grosmytho le 9 juin 2013

En me promenant dans les ruelles sombres de Moscou l’autre soir je me remémorais cet épisode assez surréaliste où, arrivé à Moscou depuis quelques mois, comprenant encore très peu le russe, je m’introduisis subrepticement dans un amphi de la faculté de psychologie pour y écouter un cours.

 

Ce que j’y entendis (mon imagination délirante complétant parfois ce que je ne pouvais saisir au vol) me stupéfia. Non seulement de découvrir la richesse de l’apport de l’école russe de psychologie, dont les grands noms sont peu connus en Occident (souvent à consonnance juive d’ailleurs). Mais plus encore d’entendre prononcer le nom du fondateur de cette école ! Ivan Petrovitch Pavlov (Ryazan 14 septembre 1849 – St Petersbourg 27 février 1936). Pavlov ! Le célèbre biologiste qui décrivit le réflexe conditionnel ou conditionné, que l’on appelle aujourd’hui pavlovien ! Lui-même en personne !

 

(comme toutes les grandes découvertes, celle-ci fut largement due au hasard. Pavlov était biologiste et effectuait des recherches sur le rôle de la salive dans les processus digestifs. C’est en cherchant des moyens de faire saliver des chiens qu’il remarqua que ceux-ci salivaient avant même d’être en contact visuel ou olfactif avec la nourriture, et, subodorant quelque découverte historique, il changea son fusil d’épaule et mit au point l’expérience de la clochette et du chien qui salive qui le rendit célèbre)Ivan Petrovich Président ! dans Psycho ivan-petrovitch-en-personne1-300x225

 

Pavlov psychologue ? Avouez que c’est pour le moins choquant ! Comment ces histoires de chiens saliveurs peuvent-elles avoir le moindre rapport avec les subtilités de la psychologie (par définition réservée à l’humain) ? Biologie ! Physiologie ! Pas psychologie ! Ne mêlons pas les torchons et les serviettes !

 

Hélas ! Le premier mouvement de surprise passé, il faut se rendre à l’évidence. Où commence la psychologie (donc l’étude des mécanismes intellectuels) sinon au réflexe conditionné, c’est-à-dire en ce point d’intersection entre le purement fonctionnel (les réflexes innés) et le purement intellectuel (la réflexion) ? Comment étudier les interactions compliquées des symboles, des mythes, des névroses et des complexes si l’on prétend ignorer leur part de conditionné ? Si l’on rejette avec mépris dans la cuisine des biologistes ce dernier cordon qui nous retient encore, nous hommes, dans le règne animal ? Qui nous empêche, nous créatures supérieures, de disposer en toute liberté de nos facultés ? Qui pose les limites indépassables de la condition humaine ?

 

Freud a inventé la psychanalyse et établi une méthode de psychothérapie. Mais le titre de fondateur de la psychologie en tant que science revient manifestement à Pavlov. Et encore : Ivan Petrovitch est bien plus que cela. Il est la clé du monde post-moderne.

 

Pavlov est le saint patron des publicitaires ! Sur quoi se basent les techniques publicitaires, sinon sur le réflexe pavlovien de reconnaissance inconsciente des produits (vus à la télé, associés à ces éclatants sourires témoins du bonheur sans nuage causé par la consommation dudit produit) ? Depuis le positionnement de la marque, en passant par la promesse consommateur, l’accroche publicitaire, le design des emballages, l’ergonomie du produit, l’image de marque, etc tout se base sur un conditionnement du consommateur. Sur la mise en place de réflexes d’identification et de reconnaissance, de recherche, de comportement, typiquement pavloviens.

 

Il est le saint patron des enseignants ! Que ce soit la conduite de véhicules de tourisme, le pilotage de vélos ou l’étude du chinois, tout apprentissage est conditionnement (acquisition de réflexes) ; tout savoir se décline en réflexes conditionnés où l’habitude remplace la réflexion ! Feu rouge, je m’arrête, feu vert, je démarre. J’attache ma ceinture en m’asseyant au volant, etc. J’accorde le verbe avec le participe sans me poser de questions existentielles.

 

Il est d’abord et surtout le saint patron des politiciens, et encore plus (en notre temps de démocratie plasmo-cathodique) celui des patrons de la télé ! Et par extension celui de leurs sponsors : le CAC 40 ! Les nouvelles du 20 h vous dépriment ? Pas étonnant. Laissez-moi (et mon ami Ivan Petrovitch) vous expliquer pourquoi.shar-pei2-300x250 Pavlov dans Socio

shar-pei3-300x225 psychologie

Le moral des Français est bas parce qu’ils ne croient pas en l’action salvatrice du gouvernement. Hein que c’est bizarre, vu de Russie ? ou d’Angleterre ? Poutine ne fait rien pour mon pouvoir d’achat ! Cameron ne lutte pas suffisamment contre les licenciements ! Le moral des Français est fonction de leur confiance en l’action gouvernementale ? Mieux (ou pire), ces deux grandeurs sont considérées comme interchangeables et on passe de l’une à l’autre sans conversion ni transition. Foi dans votre avenir personnel = foi dans le gouvernement. Ah bon ? Quel est le rapport ? Qui, et surtout comment, est parvenu à persuader les vraies gens, celles qu’on voit à la télé, que leur avenir est piloté au quotidien par le gouvernement ?

 

La réponse est simple. Depuis longtemps la politique ne consiste plus à prendre des décisions, mais en une stricte mise en musique du message médiatique ambiant. Un véritable conditionnement pavlovien qui met magiquement en relation événements et promesses en réalité dépourvues de lien logique ou causal : voitures qui brûlent/kärcher dans les cités ; trou de la sécu/expulsions massives d’étrangers ; chômage/politique de prix des supermarchés, etc. Après le « président du pouvoir d’achat », c’est le « président normal » qui invite les Français à abuser de leur penchant naturel et à interpeler le gouvernement sur la moindre de leurs contrariétés domestiques. Hélas, il ne bénéficie pas de la même proximité que son prédécesseur avec les propriétaires de la télé.

 

Alors que ce sont eux qui font l’opinion. Si les nouvelles du 20 h vous remplissaient d’un allègre optimisme, vous voteriez à gauche, comme tous les idéalistes. On vous projette donc le film d’une société assiégée de l’intérieur et de l’extérieur par la conjugaison des forces maléfiques de l’immigration subie, des escroqueries à l’allocation-chômage et de l’insupportable inertie de la racaille bureaucratique. Les voitures brûlent au 20h? Frileux & angoissés, vous votez à droite.

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